Loi Lemoine : quels sont vos nouveaux droits en assurance emprunteur ?

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Adoptée au Parlement en février 2022, la loi Lemoine bouleverse le marché de l’assurance de prêt immobilier en renforçant les droits des emprunteurs. Elle leur offre davantage de liberté en autorisant le changement de contrat à tout moment et se veut plus inclusive pour les personnes avec des risques de santé. Voici en détails toutes les mesures introduites par la loi Lemoine depuis mi-2022 et les avantages qu’elle présente pour tous les emprunteurs.

Pourquoi la loi Lemoine ?

L’assurance emprunteur est une protection indispensable quand on contracte un crédit immobilier. Elle intervient auprès de la banque pour rembourser tout ou partie des mensualités en cas d’accidents de la vie qui priveraient l’emprunteur de moyens financiers de s’acquitter de sa dette. En cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail dont serait victime l’emprunteur, la banque est assurée de récupérer les sommes prêtées.

La loi cardinale en matière d’assurance emprunteur est la loi Lagarde : vous bénéficiez du droit de délégation d’assurance de prêt qui vous autorise à choisir un contrat externe concurrent de l’offre proposée par la banque. Le libre choix de l’assurance emprunteur est acté depuis septembre 2010.

Deux autres dispositifs ont été introduits successivement :

  • la loi Hamon de juillet 2014 qui offrait la possibilité de changer d’assurance de prêt à tout moment durant la première année de crédit.
  • la loi Bourquin de janvier 2018 qui s’appliquait au-delà de la première année et permettait de changer d’assurance à date d’échéance.

Les multiples entraves pratiquées par les banques quant au libre choix du contrat d’assurance et au droit au changement en cours de prêt ont incité le législateur à renforcer le cadre réglementaire. Les lois Hamon et Bourquin sont caduques, n’est plus valable que la loi Lemoine pour une demande de résiliation/substitution en cours de prêt. Sous l’impulsion de la députée Patricia Lemoine, les parlementaires ont validé le droit au changement d’assurance à tout moment. En parallèle, ils ont élargi les droits des personnes présentant un passif de santé.

Changement d’assurance emprunteur à tout moment

La mesure phare de la loi Lemoine, celle qui est à l’origine du texte, est le changement d’assurance emprunteur à tout moment. Depuis le 1er septembre 2022, quelle que soit l’antériorité de l’offre de prêt, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, sans attendre la date d’échéance, l’obstacle majeur soulevé par l’amendement Bourquin.

Au passage, les obligations de la banque se sont durcies :

  • Elle doit vous informer chaque année de votre droit au changement à tout moment de l’assurance de prêt, sur tout support durable.
  • Lors d’une demande de délégation, elle doit formuler sa réponse dans les 10 jours ouvrés et motiver tout refus par écrit de manière exhaustive, sur un document unique.
  • Elle doit vous informer du coût de l’assurance emprunteur sur 8 ans.

Tout manquement à la réglementation est passible d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000€.

Droit à l’oubli

Mis en place en 2016 dans le cadre de la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), le droit à l’oubli permet aux personnes ayant déclaré un cancer désormais guéri de ne pas informer l’assureur de leur ancienne maladie. Avant juin 2022, le délai pour en bénéficier était de 10 ans, à compter de la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute. La loi Lemoine le raccourcit à 5 ans, et étend ce droit aux personnes touchées par une hépatite virale C.

Cela signifie que l’emprunteur qui remplit ces conditions n’a pas à déclarer son cancer ou son hépatite C dans le questionnaire de santé remis lors de la souscription à l’assurance de prêt. Le droit à l’oubli concerne, en sus des prêts immobiliers, les prêts à la consommation affectés ou dédiés, les prêts professionnels pour l’acquisition de locaux et/ou de matériels et dont le terme des contrats d’assurance intervient avant le 71ème anniversaire de l’emprunteur.

Suppression du questionnaire de santé

En contrepartie de l’acceptation du droit au changement d’assurance emprunteur à tout moment, les sénateurs ont introduit une mesure qui facilite l’accès à l’assurance et au crédit immobilier aux personnes présentant des risques de santé.

La loi Lemoine met un terme à la sélection médicale si les deux conditions suivantes sont respectées :

  • la part assurée est inférieure à 200 000€ (400 000€ pour un crédit à deux avec une quotité assurance de prêt de 50% sur chaque tête).
  • le crédit est remboursé avant les 60 ans de l’emprunteur.

La suppression du questionnaire de santé assurance de prêt immobilier concerne uniquement les crédits destinés au financement de biens d’habitation ou à usage mixte (habitation et professionnel).

Quels sont les éléments à ne pas déclarer dans son questionnaire de santé ?

Hormis les conditions citées précédemment dans lesquelles il est supprimé, le questionnaire de santé est une étape incontournable lors de la souscription à l’assurance emprunteur. Ce document que vous devez remplir en toute bonne foi renseigne l’assureur sur votre historique de santé, et lui permet d’apporter une réponse assurantielle assortie d’un tarif en conséquence.

Vous répondez uniquement aux questions posées. Toutefois, certaines données de santé n’ont nullement besoin d’être déclarées :

  • les opérations courantes : appendicite, extraction des dents de sagesse, césarienne, IVG, ablation des amygdales ou des végétations, chirurgie esthétique
  • certains traitements : contraception, traitement contre la grippe saisonnière ou le Covid-19 sauf Covid long qui peut être considéré comme une maladie invalidante par l’assureur).

Attention : le formulaire de souscription à l’assurance emprunteur renseigne toujours l’assureur sur votre âge, le fait que vous soyez fumeur ou non-fumeur, votre profession et la pratique éventuelle d’un sport à risque.



Attention : le droit à l’oubli ne supprime pas le questionnaire de santé. Les conséquences de la maladie relevant du droit à l’oubli et celles des traitements ne sont pas couvertes par le dispositif et doivent être déclarées, ainsi que toute autre pathologie, qu’elle soit ou non en lien avec la maladie relevant du droit à l’oubli.

Comment résilier avec la loi Lemoine ?

La mesure phare de la loi Lemoine est le changement d’assurance à tout moment en cours de prêt. Elle vous offre le meilleur levier pour minimiser le coût de l’assurance et par extension celui de votre crédit immobilier.

Le marché de l’assurance de prêt est partagé entre les bancassureurs qui commercialisent des contrats groupe ou collectifs sur lesquels ils encaissent des marges jusqu’à 70%, et les prestataires alternatifs qui proposent des offres adaptées au profil de chacun, à des tarifs bien souvent beaucoup moins élevés. À garanties équivalentes, une assurance déléguée coûte jusqu’à trois fois moins chère que l’assurance bancaire.

Intégrée dans le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) qui agrège tous les frais liés à l’obtention du crédit immobilier, l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût total, bien plus en présence de risques identifiés (métier à risques, maladie, sports dangereux, tabagisme). En mettant les offres en concurrence via un comparateur d’assurance prêt immobilier, vous pouvez faire d’importantes économies et réduire votre taux d’endettement.

Sélectionnez l’offre la plus compétitive qui présente une équivalence de garanties, condition sine qua non pour obtenir l’aval du prêteur, et envoyez votre demande de changement à la banque accompagnée du nouveau contrat par courrier recommandé. Vous pouvez aussi vous laisser guider par un courtier en assurance emprunteur ; ce spécialiste vous aidera, gratuitement, à mieux appréhender l’étendue des garanties, à respecter la parité entre les deux contrats et prendra en charge toutes les démarches de résiliation/substitution à votre place.  

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Une dégradation de la prise en charge Retards de diagnostic Aggravation des pathologies Suivi médical insuffisant Une inégalité croissante face aux soins Les populations les plus fragiles sont les plus touchées : Personnes à faibles revenus Habitants des zones rurales Patients sans complémentaire santé Une pression accrue sur les hôpitaux Engorgement des urgences Conditions de travail dégradées pour les soignants Baisse de la qualité des soins La cherté des complémentaires santé creuse le phénomène de renoncement aux soins. Il faut compter au bas mot 80 € par mois pour une mutuelle santé senior avec des garanties minimales, les retraités étant davantage fragilisés que les actifs (mutuelle obligatoire pour les salariés et la fonction publique, mutuelle loi Madelin pour les TNS), puisqu’ils doivent assumer entièrement leur cotisation. Seuls les plus modestes peuvent accéder à la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) qui ouvre droit à une mutuelle gratuite ou à faible participation financière. Vers une crise durable de l’accès aux soins ? Les indicateurs montrent une tendance structurelle inquiétante. Un système à bout de souffle Les difficultés actuelles résultent de plusieurs facteurs cumulés : Vieillissement de la population Désertification médicale Manque d’attractivité des métiers de santé Organisation territoriale inadaptée Des solutions encore insuffisantes Malgré certaines initiatives, les réponses restent limitées : Développement de la télémédecine Réorganisation des parcours de soins Incitations à l’installation des médecins Ces mesures peinent encore à inverser la tendance. L’accès aux soins est aujourd’hui l’un des principaux défis du système de santé français. 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Prêt immobilier et assurance emprunteur : gare aux mensonges pour améliorer son dossier

Décrocher un crédit immobilier peut relever du défi, surtout quand la situation financière n'est pas au beau fixe. Face au durcissement des critères bancaires, certains emprunteurs franchissent une ligne dangereuse : celle du mensonge. Faux documents, omissions sur l'état de santé, revenus gonflés… Les tentations sont nombreuses, mais les conséquences peuvent être dévastatrices. Les experts comme Magnolia lèvent le voile sur cette réalité que beaucoup préfèrent ignorer. Pourquoi certains emprunteurs cèdent à la fraude La pression d'un marché de plus en plus exigeant Obtenir un financement immobilier n'a jamais été aussi contraignant. Les banques scrutent chaque ligne de compte, chaque contrat de travail, chaque relevé fiscal. Pour les profils atypiques, comme les indépendants, les personnes en CDD, les emprunteurs avec des antécédents de découvert, la validation peut sembler hors de portée. C'est dans ce contexte que naît la tentation de présenter une image plus flatteuse que la réalité. Pourtant, cette démarche est contre-productive. Les personnes qui falsifient leur dossier pensent se faciliter la vie, mais elles se fragilisent davantage. En cherchant à rassurer la banque par des moyens détournés, l'emprunteur s'expose à des risques bien plus lourds que le refus initial. Les formes les plus courantes de mensonge en prêt immobilier Les falsifications rencontrées dans les dossiers de crédit immobilier sont variées. Parmi les plus fréquentes : Bulletins de salaire modifiés, avec des montants revus à la hausse Attestations fiscales falsifiées pour masquer des revenus irréguliers ou insuffisants Omissions volontaires concernant des crédits en cours ou des incidents de paiement passés Fausses déclarations sur l'état de santé ou la pratique d’un sport à risques dans le cadre de l'assurance emprunteur Ce dernier point mérite une attention particulière. Pour réduire le montant des cotisations d'assurance, certains emprunteurs avec des risques de santé taisent des pathologies graves préexistantes. Une stratégie à très court terme, aux répercussions potentiellement catastrophiques pour toute la famille. Des contrôles bancaires de plus en plus sophistiqués lors d’une demande de prêt immobilier Des outils de détection renforcés Il serait illusoire de croire que les établissements prêteurs restent aveugles face à ces pratiques. Face à la multiplication des tentatives de fraude, banques et courtiers ont considérablement modernisé leurs méthodes de vérification.  Les outils utilisés aujourd'hui permettent de détecter les anomalies documentaires avec une précision croissante. Concrètement, les vérifications portent sur : l'authenticité des documents via des bases de données croisées la cohérence entre les revenus déclarés et les mouvements bancaires réels le recoupement avec les informations de l'administration fiscale l'analyse des métadonnées des fichiers transmis numériquement La fragilité des faux documents s'accroît donc à mesure que les technologies de contrôle progressent. Ce qui pouvait passer inaperçu il y a dix ans est aujourd'hui décelé bien plus facilement. Un risque qui ne disparaît pas après la signature Une idée reçue consiste à croire que si le mensonge n'est pas détecté au moment de l'instruction du dossier, le danger est écarté. C'est une erreur. La vérité peut émerger des années plus tard, lors d'un sinistre, d'un contrôle fiscal ou d'un contentieux, avec des conséquences tout aussi graves. “Quand le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier. Même si elle met plus de temps, la vérité finit toujours par arriver ! “ (citation anonyme) Les conséquences juridiques et financières d'une fausse déclaration La résiliation du contrat d'assurance emprunteur C'est l'une des sanctions les plus redoutables. L'article L.113-8 du Code des assurances autorise l'assureur à annuler rétroactivement un contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle. Cela signifie que toutes les primes versées sont perdues, et que l'assurance ne jouera pas son rôle protecteur en cas de coup dur. Les situations concernées incluent notamment : Un décès lié à une maladie non déclarée lors de la souscription Une incapacité de travail due à une pathologie préexistante dissimulée Un invalidité reconnue après la signature du contrat Dans ces cas, c'est l'emprunteur, ou sa famille, qui devra assumer seul le remboursement du prêt. Le remboursement immédiat du capital emprunté Si la banque découvre une fraude après l'octroi du crédit, elle est en droit d'exiger le remboursement anticipé de la totalité des sommes prêtées. Une clause de résolution du contrat de prêt peut être activée, plaçant l'emprunteur dans une situation financière bien plus difficile que celle qu'il cherchait initialement à éviter. Des poursuites judiciaires possibles Au-delà des sanctions contractuelles, la falsification de documents peut constituer un délit pénal. L'usage de faux est réprimé par le Code pénal et peut entraîner : des amendes significatives : 45 000 € pour faux et usage de faux ; 75 000 € en cas de falsification d’un document administratif (passeport, carte d’identité) des peines d'emprisonnement selon la gravité des faits : 3 ans pour faux et usage de faux ; 5 ans pour falsification d’un document administratif une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits (FICP) de la Banque de France rendant tout futur accès au crédit quasi impossible Obtenir son prêt immo : miser sur la transparence et l'accompagnement professionnel Le courtier, un allié face aux situations complexes Plutôt que de bâtir un dossier sur des fondations fragiles, il existe une voie bien plus sûre : celle de l'honnêteté accompagnée d'un expert. Le rôle du courtier en crédit immobilier est précisément d'identifier des solutions adaptées à des profils qui sortent des sentiers battus. Même quand la situation est compliquée, des solutions existent. Elles demandent parfois plus de temps, mais elles sont solides. Un dossier sincère, présenté intelligemment, a bien plus de valeur aux yeux d'un établissement prêteur qu'un dossier parfait sur le papier mais truffé d'inexactitudes. Quant au courtier en assurance de prêt, il accompagne l’emprunteur dans sa recherche d’une solution d’assurance adaptée à son profil au meilleur prix, son devoir de conseil l’obligeant à informer son client qu’il doit fournir des renseignements de toute bonne foi lors de la souscription. Ce que la transparence permet concrètement Opter pour une démarche honnête offre plusieurs avantages concrets : Une relation de confiance avec la banque et le courtier, facilitant les négociations Un contrat d'assurance valide, qui protège réellement en cas d'accident de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail) Une tranquillité d'esprit sur la durée du prêt, sans crainte d'être démasqué Des conditions de remboursement adaptées à la capacité réelle de l'emprunteur Une protection pour la famille, qui ne se retrouvera pas à hériter d'une dette impossible à honorer Mentir sur son dossier de crédit immobilier, c'est jouer à un jeu dangereux. Les banques disposent des outils pour détecter la fraude, le droit protège les assureurs contre les fausses déclarations, et les conséquences peuvent s'étendre sur des années. La transparence, même inconfortable au départ, reste la seule stratégie véritablement gagnante.