Prêt immobilier et arrêt maladie en 2022 : bien protégé avec la garantie ITT

prêt-immobilier-arrêt-maladie-garantie-ITT

L'assurance emprunteur vous protège en cas d'aléas de la vie qui vous priveraient de moyens financiers d'assumer le remboursement de votre crédit immobilier auprès de la banque. L'arrêt maladie fait partie des situations courantes qui nécessitent l'entrée en jeu d'une garantie spécifique, la garantie ITT. Pourquoi cette couverture est-elle importante ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la prise en charge ? Toutes les réponses avec Magnolia.fr.

La garantie arrêt de travail

La souscription à une assurance emprunteur est exigée par la banque pour sécuriser votre prêt immobilier. En cas d'incidents tout au long de la durée du prêt, l'assurance se substitue à vous et intervient pour rembourser tout ou partie des mensualités au prêteur. Protection pour la banque, l'assurance l'est aussi pour vous et vos ayants droit, qui, si vous décédez en cours de prêt, n'ont pas à assumer la dette et se retrouvent propriétaires d'un bien immobilier via la succession.

L'assurance emprunteur entre en jeu également en cas d'arrêt de travail par le biais de la garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail). En cas de maladie ou d'accident qui vous empêche d'exercer votre activité professionnelle, vous êtes couvert par cette garantie qui rembourse une partie des mensualités à votre place.

Dans le détail, la garantie ITT est pleine de subtilités qu'il convient de bien appréhender pour ne pas être lésé ou se retrouver en litige avec l'assureur.

Pourquoi souscrire la garantie ITT ?

La garantie ITT est systématiquement requise par la banque dans le cadre d'un crédit immobilier destiné à financer la résidence principale ou secondaire. Elle est facultative pour les investisseurs qui peuvent faire valoir les futurs revenus locatifs comme soutien financier.

Selon les assureurs, la limite d'âge de couverture s'étend de 60 à 67 ans et cesse de facto le jour où vous liquidez vos droits à la retraite ou à la préretraite, sauf en cas de mise à la retraite pour inaptitude.

La garantie ITT vient compléter les garanties décès et PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie) qui sont les couvertures socles de tout contrat d'assurance de prêt immobilier. Impossible de souscrire à d'autres garanties indépendamment de ces deux-là qui couvrent les sinistres les plus lourds financièrement en assurance emprunteur. Le capital restant dû est alors intégralement remboursé à la banque.

Lors de la souscription à l'assurance, vous remplissez un questionnaire de santé qui renseigne l'assureur sur vos antécédents et votre état actuel de santé. Le formulaire de souscription informe également l'assureur sur l'exercice éventuel d'une profession à risques, comme policier ou pompier, ainsi que sur la pratique régulière d'un sport dangereux (escalade, sport automobile, équitation, etc.).

En fonction des risques incarnés, la garantie ITT peut être assortie d'une exclusion partielle ou totale. L'assureur peut ainsi refuser le bénéfice de la garantie ITT en cas de pathologie de longue durée, de maladie non objectivable (maux de dos, troubles psychologiques ou psychiatriques) ou pour tout sinistre lié à un sport dangereux.

La plupart des contrats proposent le rachat de certaines exclusions de garanties, notamment celles qui relèvent de maladies non objectivables ou MNO. Le mal de dos, qui renferme d'innombrables maux (lombalgie, cervicalgie, sciatique, hernie, lumbago, etc.), représente chaque année plus de 25% du total des indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale. Les lombalgies totalisent à elles seules 30% des arrêts de travail de plus de six mois et constituent la première cause d'invalidité au travail chez les moins de 45 ans. Le rachat génère une surprime assurance emprunteur qui renchérit le coût de l'assurance, mais s'avère indispensable si vous êtes sujet à une MNO.

À noter que les personnes qui contractent un crédit de moins de 200 000€ remboursés avant leur 60ème anniversaire ne sont plus soumises à la sélection médicale depuis le 1er juin 2022. La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé sous ces conditions et permet ainsi aux profils fragilisés par un passif de santé d'accéder plus facilement au crédit. La garantie ITT leur est alors acquise.

Les personnes touchées par une maladie de longue durée peuvent s'appuyer sur la convention Aeras pour accéder à l'assurance emprunteur et au crédit. En fonction de la maladie déclarée, elles bénéficient de conditions standards, sans surprime ni exclusion, d'un écrêtement des surprimes ou d'une GIS (Garantie Invalidité Spécifique) pour les assurés ne pouvant plus travailler de manière définitive suite à une maladie ou un accident ayant généré un taux d’invalidité d’au moins 70%.

Quel remboursement par la garantie ITT en cas d'arrêt maladie ?

La mise en jeu de la garantie ITT est conditionnée à une franchise, période durant laquelle vous n'êtes pas indemnisé en cas d'arrêt de travail. À compter de la déclaration d'arrêt de travail à l'assureur, le délai varie de 30 à 180 jours, et plus généralement il est fixé à 90 jours, soit 3 mois durant lesquels vous devez continuer à assumer le remboursement de vos mensualités.

Une fois le délai écoulé, la prestation de la part de l'assureur peut être forfaitaire ou indemnitaire. Ce mode d'indemnisation est précisé dans les conditions générales du contrat :

  • forfaitaire : l'indemnité est celle convenue au moment de la souscription à concurrence de la quotité assurance emprunteur et sera versée au prorata du nombre de jours d'incapacité.
  • indemnitaire : l'indemnité varie en fonction de la perte de salaire. Les indemnités journalières de la Sécu et les éventuelles prestations d'un contrat collectif de prévoyance sont déduites par l'assureur.

Sachez que dans certains cas il est possible de changer de quotités en cours de prêt.

Dernière nuance sur laquelle il convient de s'attarder, la notion de profession. Selon les contrats, la garantie ITT peut être définie par rapport à la profession de l'assuré ou à toutes les professions. Si la clause formule que l'état d'ITT vous contraint à cesser d'exercer toute activité professionnelle, vous ne pouvez prétendre à la garantie si vous êtes en capacité d'exercer un autre métier que le vôtre, l'absence de qualification n'étant pas un motif retenu par l’assureur.

Si vous n'êtes pas en mesure de reprendre votre travail après expiration de la durée d'indemnisation par l'assureur (au plus 1 095 jours consécutifs), peuvent être activées les garanties invalidité, sous réserve qu'elles aient été souscrites. Après consolidation de votre état de santé, vous pouvez faire valoir la garantie IPP (Invalidité Permanente Partielle) si le taux d'invalidité est compris entre 33% et 66% ; au-delà de 66%, c'est la garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) qui s'applique.

N’hésitez pas à consulter notre guide assurance emprunteur pour tout savoir sur les garanties de l’assurance de prêt immobilier.

Dernières publications

prévisions-taux-immobiliers-2027

Taux immobiliers 2027 : les prévisions des experts

Les perspectives du marché du crédit immobilier pour 2027 s'annoncent relativement tendues. En remontée progressive depuis septembre 2026, les taux immobiliers pourraient poursuivre leur progression au cours des prochains mois, avant une éventuelle stabilisation. Plusieurs facteurs économiques et financiers incitent en effet les banques à redoubler de prudence : hausse des rendements obligataires, incertitudes budgétaires en France, inflation persistante et évolution de la politique monétaire européenne. Pour les futurs acquéreurs, l'année 2027 pourrait donc être marquée par des conditions d'emprunt moins favorables qu'au premier semestre 2026. Une remontée généralisée jusqu'à 5 % reste toutefois un scénario extrême et non une prévision centrale. L'essentiel à retenir Taux immobiliers en hausse : les taux pourraient continuer à progresser jusqu'au début de 2027, sous l'effet des tensions obligataires. OAT à 10 ans : son franchissement du seuil de 5 % renchérit le coût de financement des banques. Politique de la BCE : un nouveau relèvement des taux directeurs en décembre pourrait accentuer la pression sur les crédits immobiliers. Aides à l'achat : le PTZ et le projet de PTZ parentalité pourraient soutenir l'accession à la propriété. Assurance emprunteur : comparer les contrats permet de réduire le coût global du crédit, même en période de hausse des taux. Une OAT à 10 ans supérieure à 5 % qui inquiète les banques L'évolution de l'OAT française à 10 ans constitue l'un des principaux indicateurs à surveiller pour anticiper les taux de crédit immobilier. Cette obligation assimilable du Trésor correspond au taux auquel l'État français emprunte sur les marchés financiers pendant 10 ans. Son rendement sert par ailleurs de référence aux établissements bancaires pour déterminer leurs conditions de financement à long terme. Or, cet indicateur a franchi le seuil symbolique des 5 % en octobre 2026, atteignant même 5,13 % le 22 octobre. Il s'agit de son niveau le plus élevé depuis 2002. Cette progression s'explique notamment par les inquiétudes des investisseurs concernant la situation budgétaire française et les tensions sur la dette publique. Cette remontée exerce une pression supplémentaire sur les banques, qui doivent intégrer un coût de refinancement plus élevé dans leurs grilles tarifaires. Elles peuvent alors répercuter une partie de cette augmentation sur les nouveaux crédits immobiliers. Hausse des taux début novembre 2026 Les conséquences sont déjà perceptibles, avec des surcoûts entre 10 et 17 points de base. Selon le baromètre CAFPI de novembre 2026, les taux moyens obtenus en octobre accusent entre 10 et 17 points de base supplémentaires par rapport au mois précédent (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : sur 15 ans : 3,40 % contre 3,30 %  sur 20 ans : 3,61 % contre 3,51 % sur 25 ans : 3,75 % contre 3,58 % Les meilleurs profils continuent néanmoins de bénéficier de conditions plus avantageuses, avec des décotes significatives qui font respectivement tomber les taux à 3,10 %, 3,25 % et 3,45 %. Retrouver toutes les infos pour emprunter en novembre 2026. Si les rendements obligataires restent durablement élevés, les banques vont continuer à relever leurs taux immobiliers en 2027. Toutefois, la transmission de l'OAT aux barèmes bancaires n'est ni immédiate ni systématique. Chaque établissement conserve une marge de manœuvre commerciale en fonction de ses objectifs de production, de ses ressources et de sa politique de risque. La politique monétaire de la BCE : un autre facteur de hausse des taux Les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) vont également avoir une influence importante sur les conditions d'emprunt en 2027. Le 29 octobre 2026, l'institution a opté pour le maintien de ses 3 taux directeurs. Cette décision intervient après une précédente augmentation de 0,25 point en septembre, motivée notamment par les tensions inflationnistes liées au contexte géopolitique et à la hausse des prix de l'énergie. Après cette pause, les marchés et certains responsables jugent très probable une hausse des taux lors de la prochaine réunion de décembre 2026 face au rebond de l'inflation. Dans la zone euro, l'inflation a atteint 4,0 % en octobre 2026, selon l'estimation rapide d'Eurostat. En France, elle est estimée à 3,4 %. Pour les emprunteurs, un nouveau resserrement monétaire pourrait contribuer à maintenir les taux immobiliers à un niveau élevé. Les décisions de la BCE influencent en effet le coût de l'argent dans la zone euro et les conditions de financement des établissements bancaires. La banque centrale va devoir trouver un équilibre entre la maîtrise de l'inflation et le soutien à l'activité économique. Une politique monétaire trop restrictive risquerait de ralentir davantage la croissance, ce qui pourrait à terme limiter les possibilités de nouvelles hausses. Taux immobiliers en 2027 : quels scénarios envisager ? Compte tenu de ces différents paramètres, plusieurs trajectoires peuvent être envisagées pour les taux de crédit immobilier en 2027. Période Évolution possible des taux immobiliers Fin 2026 Poursuite de la hausse progressive sous l'effet des tensions obligataires Premier trimestre 2027 Risque de nouvelle augmentation si l'inflation reste élevée Premier semestre Stabilisation possible à un niveau supérieur à celui de début 2026 Second semestre Éventuelle détente si l'inflation recule et que les marchés obligataires s'apaisent Dans le scénario le plus défavorable, les taux pourraient continuer à progresser au cours du premier semestre 2027. Une OAT durablement supérieure à 5 %, associée à un nouveau relèvement des taux directeurs de la BCE, accentuerait la pression sur les barèmes bancaires. À l'inverse, un apaisement des tensions sur les marchés financiers, une amélioration de la situation budgétaire française et un ralentissement de l'inflation pourraient favoriser une stabilisation, voire une légère diminution des taux au cours du second semestre. L’impact de l’échéance présidentielle sur les taux Une baisse importante des taux immobiliers dès le début de l'année 2027 semble donc difficile à anticiper dans le contexte actuel. Il faut toutefois rappeler que ces projections restent conditionnées à des événements économiques et géopolitiques susceptibles d'évoluer rapidement.  L'élection présidentielle aura inévitablement un impact sur les marchés obligataires. Le risque politique ne s'éteindra pas nécessairement dès le soir du résultat d'avril 2027, les marchés redoutant l'application de programmes économiques perçus comme expansionnistes ou peu compatibles avec une réduction rapide du déficit (qui dépasse les 3 600 milliards d'euros de dette globale). Le PTZ et le PTZ parentalité pourraient soutenir le marché immobilier en 2027 Malgré des perspectives de financement moins favorables, certaines mesures envisagées dans le projet de loi de finances (PLF) 2027 pourraient faciliter l'accession à la propriété. Le gouvernement prévoit notamment d’élargir le prêt à taux zéro (PTZ) en 2027, cette aide destinée aux primo-accédants de leur résidence principale sous conditions de ressources. Les jeunes actifs de moins de 35 ans qui achètent dans l’ancien pourraient en bénéficier dans les zones tendues (A bis, A et B1). Le projet de loi prévoit également la création d'un dispositif spécifique baptisé PTZ parentalité. Cette mesure vise à accompagner les familles qui ont besoin d'un logement plus grand à la suite d'une naissance. Le dispositif serait utilisable une seule fois par bénéficiaire. Il s'agit toutefois d'une proposition inscrite dans le PLF 2027, dont l'adoption définitive reste nécessaire avant toute entrée en vigueur. Ces aides pourraient améliorer la capacité de financement de certains ménages et compenser partiellement la hausse du coût des crédits immobiliers. Elles ne permettraient pas à elles seules de neutraliser les effets d'une remontée importante des taux. Dans le scénario d’un prêt immobilier de 250 000 € avec un taux nominal de 4 %, l’introduction d’un PTZ permet de faire l’économie de 20 % à 50 % des intérêts selon la quotité du PTZ dans l’opération. Faut-il attendre 2027 pour acheter un bien immobilier ? Une remontée des taux peut en effet réduire la capacité d'emprunt des ménages et augmenter le coût total du financement. Mais, il n'est pas recommandé d'attendre 2027 pour acheter, car une potentielle baisse des taux de crédit s'avère plus qu’incertaine.  Retenez cette règle d’or : un taux d'emprunt trop élevé un jour se renégocie plus tard, mais un prix d'achat trop haut ou un bien raté ne se rattrapent pas. Plusieurs leviers peuvent permettre de limiter le coût de son crédit : Comparer les offres bancaires afin de mettre les établissements en concurrence et de négocier le taux nominal. Optimiser son apport personnel pour réduire le montant à emprunter et rassurer la banque. Adapter la durée du crédit en fonction de sa capacité de remboursement et du coût total souhaité. Comparer les assurances emprunteur pour réduire le coût global du financement. Vérifier son éligibilité au PTZ et aux autres dispositifs d'aide à l'accession à la propriété. En 2027, la meilleure approche consistera donc à construire son plan de financement à partir des conditions réellement proposées par les banques, plutôt qu'à attendre une hypothétique baisse des taux. Comparer les offres de crédit et d'assurance emprunteur reste essentiel pour préserver son pouvoir d'achat immobilier.

refus-crédit-immobilier-causes-solutions

Crédit immobilier refusé : 3 causes fréquentes et les solutions pour emprunter

Dans un contexte de hausse des taux d’emprunt, obtenir son financement bancaire se révèle plus compliqué. Pourtant, un refus de crédit immobilier ne signifie pas nécessairement que votre projet d’achat est compromis. Plusieurs facteurs peuvent expliquer la décision de la banque, au premier rang desquelles un taux d’endettement trop élevé, un taux annuel effectif global (TAEG) supérieur au taux d’usure ou des difficultés à obtenir une assurance emprunteur. Pour chaque situation, des solutions existent afin d’améliorer votre dossier et de présenter une nouvelle demande dans de meilleures conditions.  1. Un taux d’endettement supérieur à 35 % Le taux d’endettement constitue l’un des principaux critères examinés par les banques avant d’accorder un crédit immobilier. Selon les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), le taux d’effort ne doit pas dépasser 35 %, assurance emprunteur comprise. Concrètement, l’ensemble de vos mensualités de crédit, auxquelles s’ajoute le coût de l’assurance, doit rester dans cette limite par rapport à vos revenus nets avant impôt. Si vos charges de remboursement sont trop importantes, la banque peut considérer que votre budget ne permet pas d’assumer l’emprunt dans des conditions satisfaisantes. Et même si votre reste à vivre est confortable, le prêteur ne peut déroger à cette norme des 35 %. Les établissements bancaires disposent néanmoins d’une marge de flexibilité encadrée, qu’ils peuvent utiliser pour certains dossiers : elle est centrée sur les acquisitions de résidences principales et la primo-accession. Cette possibilité ne constitue pas pour autant pas un droit pour l’emprunteur. Comment réduire son taux d’endettement ? Plusieurs solutions peuvent permettre de retrouver une capacité d’emprunt suffisante : Rembourser un crédit en cours : solder un prêt automobile ou un crédit à la consommation permet de réduire les charges mensuelles prises en compte par la banque. Allonger la durée du prêt immobilier : une durée de remboursement plus longue peut diminuer les mensualités, dans les limites réglementaires applicables (25 voire 27 ans selon conditions). Elle augmente néanmoins le coût total du crédit. Augmenter l’apport personnel : en empruntant une somme moins importante, vous pouvez réduire le montant des échéances et améliorer votre profil financier. Revoir le budget d’achat : rechercher un bien moins cher permet de rendre le financement plus compatible avec vos revenus. Comparer plusieurs établissements : les banques n'apprécient pas tous les dossiers de la même manière et peuvent appliquer des critères commerciaux différents, dans le respect des règles en vigueur. Avant de déposer une nouvelle demande, réalisez une simulation de votre capacité d’emprunt en intégrant toutes vos charges, y compris l’assurance. Vous pourrez ainsi ajuster votre projet avant de solliciter un autre établissement. 2. Un TAEG supérieur au taux d’usure Même si vos revenus sont suffisants et votre taux d’endettement acceptable, votre demande de crédit immobilier peut être refusée en raison du taux d’usure. Ce plafond légal correspond au taux annuel effectif global maximal auquel une banque peut accorder un prêt. Il est fixé par la Banque de France et varie selon la catégorie et la durée du crédit : il s’établit à 5,40 % pour les prêts d’une durée supérieure ou égale à 20 ans. Le TAEG ne se limite pas au taux d’intérêt proposé par la banque. Il englobe les différents frais nécessaires à l’obtention du financement, à savoir : les intérêts du crédit immobilier  les frais de dossier  les éventuelles commissions du courtier  le coût de l’assurance emprunteur exigée par la banque  les frais de garantie et les autres frais obligatoires entrant dans son calcul. Si le TAEG dépasse le taux d’usure applicable au moment de l’octroi du prêt, la banque n’a pas le droit d’accorder le financement. Ce blocage peut concerner des emprunteurs dont le dossier est pourtant solide, notamment lorsque le coût de l’assurance augmente sensiblement le coût global du crédit. Comment éviter un refus lié au taux d’usure ? Pour réduire le TAEG et tenter de débloquer votre dossier, plusieurs pistes peuvent être envisagées : Comparer les assurances emprunteur : le contrat proposé par la banque est rarement le plus économique. Une assurance externe jusqu’à 60 % moins chère permet de réduire le coût global du financement. Réduire les frais annexes : vérifiez les frais de dossier et les commissions éventuelles afin d’identifier les coûts susceptibles d’être négociés. Revoir les caractéristiques du prêt : un autre montant ou une autre durée de remboursement peut modifier le TAEG et le plafond d’usure applicable. Le premier réflexe consiste à demander à la banque une explication précise du refus. Si le coût de l’assurance est en cause, comparez les contrats présentant des garanties équivalentes avant de soumettre une nouvelle proposition. 3. Une assurance emprunteur difficile à obtenir L’assurance emprunteur représente un autre obstacle possible à l’obtention d’un crédit immobilier. Même si la loi ne la rend pas obligatoire, les banques l’exigent pour couvrir les risques liés au décès, à la perte totale et irréversible d’autonomie, à l’incapacité de travail et à l’invalidité. Or, certains profils rencontrent davantage de difficultés pour obtenir une couverture adaptée. C’est notamment le cas des personnes présentant un risque médical aggravé, exerçant une profession à risque ou pratiquant certaines activités sportives dangereuses. Après étude du dossier, l’assureur peut proposer une surprime, prévoir des exclusions de garantie ou refuser de couvrir certains risques. Si aucune solution d’assurance compatible avec les exigences de la banque n’est trouvée, le financement peut être compromis. Quelles solutions pour obtenir une assurance de prêt immobilier ? Un refus d’assurance emprunteur ou une proposition trop coûteuse ne signifie pas que vous devez abandonner votre projet. 1 - Comparer les assurances emprunteur Vous pouvez solliciter plusieurs assureurs, directement ou par l’intermédiaire d’un courtier en assurance de prêt. Chaque organisme applique ses propres critères d’évaluation du risque. Une autre compagnie peut donc proposer une couverture plus adaptée à votre situation, sous réserve de son acceptation médicale et de ses conditions contractuelles. 2 - Faire jouer les dispositifs de protection des emprunteurs Plusieurs mesures peuvent faciliter l’accès à l’assurance si vous présentez des risques de santé : La loi Lemoine : le questionnaire de santé est interdit lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le remboursement du crédit intervient avant le 60e anniversaire de l’assuré. Le droit à l’oubli : les personnes ayant été atteintes d’un cancer ou d’une hépatite C peuvent bénéficier de ce dispositif 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, en l’absence de rechute et sous réserve des conditions applicables. La convention AERAS : elle prévoit un dispositif d’examen spécifique des demandes d’assurance présentant un risque aggravé de santé, selon des critères déterminés. Elle ne garantit toutefois pas une acceptation systématique. 3 - Étudier d’autres garanties avec la banque Dans certaines situations, l’établissement prêteur peut examiner une garantie alternative, comme le nantissement d’un contrat d’assurance-vie, une hypothèque sur un autre bien immobilier ou d’un portefeuille de valeurs mobilières. Cette possibilité dépend de sa politique de risque et de votre patrimoine. Avant de renoncer à votre achat, demandez à la banque quelles garanties sont indispensables et recherchez une assurance correspondant à ses exigences. Vous pourrez ainsi déterminer si le problème vient du coût de la couverture, de ses exclusions ou de l'impossibilité d'assurer certains risques. Crédit immobilier refusé : que faire avant de déposer une nouvelle demande ? Un refus de prêt immobilier doit vous inciter à identifier précisément le point bloquant avant de solliciter un autre établissement. Vérifiez votre taux d’endettement, faites recalculer le TAEG et comparez les contrats d’assurance emprunteur. Identifiez aussi les aides financières auxquelles vous pourriez avoir droit, comme le PTZ (Prêt à taux Zéro), accessible aux primo-accédants de leur résidence principale. Si nécessaire, ajustez le montant de votre emprunt ou votre budget d’achat. Un courtier en crédit immobilier peut également vous aider à présenter votre dossier à des banques susceptibles d’étudier votre profil. L’objectif est de corriger la cause du refus plutôt que de multiplier les demandes sans préparation. Un dossier adapté à votre capacité financière, associé à une assurance emprunteur appropriée, augmente vos chances d’obtenir un accord de financement.

PTZ-accession-propriété-élargi-2027

PTZ : le dispositif d'accession à la propriété élargi en 2027

Le prêt à taux zéro (PTZ) va évoluer en 2027 pour faciliter l'accession à la propriété. Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, les députés ont adopté plusieurs amendements visant à élargir les conditions d'accès à ce financement. Prolongation jusqu'en 2030, création d'un PTZ parentalité, ouverture aux acquéreurs de logements en bail réel solidaire (BRS) : ces mesures permettraient à davantage de ménages de devenir propriétaires. D'autres évolutions concernent également l'achat dans l'ancien, notamment dans les territoires ultramarins et les zones tendues. Ces propositions doivent encore être confirmées dans le cadre de l'adoption définitive du budget 2027. L'essentiel à retenir Prolongation du PTZ jusqu'au 31 décembre 2030. Élargissement du PTZ dans l'ancien aux zones tendues pour les jeunes actifs de moins de 35 ans. PTZ parentalité : jusqu'à 180 000 € sans intérêts, sous conditions, pour les familles avec un enfant de moins de 5 ans. Bail réel solidaire : extension du dispositif aux acquéreurs successifs d'un logement en BRS. Extention du PTZ dans l'ancien aux territoires ultramarins. PTZ 2027 : une prolongation jusqu'en 2030 Initialement prévu jusqu'au 31 décembre 2027, le prêt à taux zéro (PTZ) sera prolongé de 3 années supplémentaires, soit jusqu'au 31 décembre 2030. Cette mesure poursuit 2 objectifs : Donner davantage de visibilité aux ménages qui préparent leur premier achat immobilier. Permettre aux promoteurs et aux professionnels du logement de planifier leurs opérations sur plusieurs années. La prolongation du PTZ serait particulièrement utile dans le neuf, où les délais entre la réservation d'un logement en VEFA et sa livraison peuvent être importants. Un PTZ parentalité pour les familles qui s'agrandissent Autre nouveauté envisagée : la création d'un PTZ parentalité, également appelé PTZ naissance. Ce dispositif permettrait à des ménages déjà propriétaires de bénéficier d'un prêt sans intérêts pour acheter une résidence principale plus adaptée à l'arrivée d'un enfant. Actuellement, le PTZ classique est réservé aux seuls primo-accédants. Pour être éligible, il faut ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des 2 années précédant l'offre de prêt. Le futur PTZ parentalité permettrait de déroger à cette condition. Quelles seraient les conditions d'accès au PTZ Parentalité ? Le dispositif concernerait les ménages qui : Attendent un enfant, dès la grossesse, ou ont un enfant de moins de 5 ans à charge ; Respectent les plafonds de ressources applicables ; Achètent un nouveau logement destiné à devenir leur résidence principale. Les familles adoptantes pourraient aussi être concernées. Un financement pouvant atteindre 180 000 euros Le montant du PTZ parentalité atteindrait 180 000 euros dans certaines configurations. Ce plafond dépendrait notamment des revenus du foyer, du nombre d'occupants, de la localisation et du prix du logement. Comme pour le PTZ classique, les conditions de remboursement et un éventuel différé dépendraient de la situation de l'emprunteur. Le PTZ étendu aux logements en bail réel solidaire Le bail réel solidaire (BRS) pourrait également bénéficier d'un assouplissement des règles du PTZ. Le bail réel solidaire permet de devenir propriétaire à prix réduit, grâce au principe de dissociation entre le foncier et le bâti : L'acquéreur devient propriétaire du logement. Le terrain reste la propriété d'un organisme de foncier solidaire (OFS). L'acheteur verse une redevance pour l'occupation du terrain. Les amendements adoptés par les députés visent à permettre aux acquéreurs successifs d'un logement en BRS de bénéficier du PTZ. L'objectif est de faciliter la revente de ces biens et de rendre ce mode d'accession plus attractif. Les ménages pourraient ainsi profiter d'un financement sans intérêts pour acheter un logement déjà occupé précédemment. Le PTZ dans l'ancien : une ouverture à de nouveaux territoires Le projet de budget 2027 prévoit aussi d'élargir les possibilités d'accès au PTZ dans l'ancien. Extension aux territoires ultra-marins Une première mesure concerne les territoires ultra-marins. Les députés ont voté un amendement visant à ouvrir le dispositif dans les communes de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de La Réunion et de Mayotte. Les conditions relatives aux travaux resteraient applicables. Pour rappel, dans le cadre du PTZ dans l'ancien, les travaux d'amélioration doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. PTZ ancien en zones tendues accessible aux jeunes actifs Un autre amendement vise les jeunes de moins de 35 ans souhaitant acheter un logement ancien dans les zones A bis, A et B1. Ces secteurs correspondent aux marchés immobiliers les plus tendus, où les prix d'acquisition peuvent constituer un frein important pour les jeunes primo-accédants, souvent dépourvus d'apport personnel suffisant. Cette évolution chercherait notamment à : Faciliter l'achat immobilier des jeunes actifs ; Encourager la rénovation des logements anciens ; Favoriser l'accession à la propriété dans les secteurs tendus. Faut-il attendre 2027 pour acheter avec un PTZ ? Le PTZ constitue un levier important pour réduire le coût d'un crédit immobilier. En finançant une partie de l'achat sans intérêts, il diminue le montant du prêt bancaire classique nécessaire, allégeant ainsi les mensualités globales. Important : le PTZ doit obligatoirement être garanti par une assurance emprunteur. A l’instar de tout crédit immobilier, le capital emprunté via un PTZ doit être couvert à 100 %, afin de protéger la banque et l’emprunteur en cas de défaillance (décès, invalidité, incapacité de travail). Obtenir un PTZ avant fin 2026 se heurte néanmoins aux contraintes administratives. Les banques arrêtent généralement d'étudier les nouvelles demandes de PTZ entre la mi-octobre et la fin du mois de novembre chaque année. Bien que le dispositif de l'État soit valable administrativement jusqu'au 31 décembre, les établissements bancaires appliquent leurs propres clôtures informatiques et commerciales anticipées.  Il faudra donc attendre 2027 pour profiter du PTZ, et, espérons-le, dans sa nouvelle version. Attention : les amendements votés ne constituent pas encore des droits acquis. Leur application dépend de l'adoption définitive du budget 2027 et de la rédaction finale des dispositions. Les futurs acquéreurs doivent donc rester attentifs aux annonces gouvernementales avant d'intégrer ces nouvelles aides à leur plan de financement.