Assurance emprunteur : la résiliation ne met pas fin aux prestations

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L’assurance de prêt immobilier est un produit complexe qu’il est difficile à appréhender dans sa totalité étant donné la diversité des situations qui peuvent se produire. La loi autorise l’emprunteur à résilier le contrat d’assurance en cours de prêt. En cas de sinistre indemnisé avant la résiliation, l’assureur doit-il poursuivre le versement des prestations ? Éclairage avec le médiateur de l’assureur avec ce cas particulier.

Assurance emprunteur en cas d’arrêt de travail

L’assurance de prêt immobilier vise à garantir à la banque les sommes prêtées en cas de défaillance de l’emprunteur. Les risques couverts par l’assurance sont très précis : décès, dépendance totale, invalidité et incapacité, voire perte d’emploi. Tous les autres motifs de non-paiement des mensualités relèvent des autres frais de garantie (hypothèque ou caution).

La garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail) intervient en cas d’arrêt de travail de l’emprunteur pour maladie ou accident pour une durée maximale de 1 095 jours : les mensualités sont prises en charge selon le niveau de garantie et à hauteur de la quotité d’assurance de prêt dans le cadre d’un emprunt à deux.

Pour aller plus loin, si l’assuré n’est pas en mesure de reprendre son activité professionnelle à l’issue des 1 095 jours, et que son état de santé est consolidé (stabilisation, c’est-à-dire non détérioration ni amélioration), il peut activer, dès lors qu’elle a été souscrite, soit :

  • la garantie IPP (Invalidité Permanente Partielle) si le taux d’invalidité est compris entre 33% et moins de 66% après examen par le médecin-conseil ;
  • la garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) si le taux est supérieur à 66%, sans qu’il y ait perte totale et irréversible d’autonomie.

La garantie ITT est extrêmement importante pour protéger l’emprunteur victime d’un arrêt de travail ; elle est toujours exigée par la banque en cas d’achat résidentiel (résidence principale ou secondaire), moins souvent en cas d’achat locatif. Elle cesse automatiquement dès que l’assuré fait valoir ses droits à la retraite, et au plus tard à son 65ème anniversaire, sauf exception, comme le contrat d’assurance de prêt immobilier April qui maintient la garantie ITT jusqu’au 31 décembre de l’année du 71ème anniversaire de l’emprunteur si ce dernier poursuit une activité professionnelle rémunérée.

Droit au changement d’assurance emprunteur

La réglementation en matière d’assurance de prêt immobilier autorise l’emprunteur à changer de contrat en cours de prêt. Avant le 1er juin 2022, cette opportunité relevait des deux dispositifs applicables en fonction de l’antériorité du contrat :

  • la loi Hamon pour substituer l’assurance à tout moment durant la première année du crédit immobilier ;
  • la loi Bourquin pour changer annuellement à date d’échéance au-delà des douze premiers mois de remboursement.

Désormais s’applique uniquement la loi Lemoine qui permet de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment et sans frais, sans devoir respecter la date d’anniversaire du contrat et le délai de résiliation. Une énorme avancée pour les emprunteurs qui peuvent ainsi changer de formule beaucoup plus facilement sans contrainte de calendrier. Leur seule obligation, que le nouveau contrat présente a minima une équivalence de garanties avec l’ancien.

Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez économiser 20 000€ ou plus sur la durée restante de votre crédit immobilier, une opportunité à saisir sans tarder en pleine période d’inflation.

Résiliation ne signifie pas perte des prestations

Maintenant que sont posées les bases de la garantie ITT et de la réglementation sur le changement d’assurance de prêt, qu’en est-il de l’indemnisation si l’emprunteur résilie alors qu’il a postérieurement déclaré un sinistre ouvrant droit des prestations ?

Voici un cas relaté par le médiateur de l’assurance. En 2013, un emprunteur souscrit un contrat collectif d’assurance, assorti de la garantie ITT. En 2020, il est placé en arrêt de travail et indemnisé par l’assureur au titre de cette garantie. En avril 2021, il fait valoir la loi Bourquin et résilie l’assurance pour en souscrire une nouvelle qui lui coûte moins cher.

L’assureur initial cesse de verser les prestations, estimant que la résiliation entraîne de facto la cessation de l’indemnisation liée à l’arrêt de travail, puisque le prêt est dorénavant garanti par un autre assureur.

La jurisprudence confirme un principe général en matière d’assurance prévoyance complémentaire et applicable à l’assurance emprunteur : l’assureur est tenu de poursuivre le versement des prestations pour des sinistres survenus pendant la période de validité du contrat dans des situations où le contrat aurait été résilié par la suite. La théorie générale des assurances de personnes distingue la garantie, qui en l’espèce a disparu, et les prestations, qui sont maintenues malgré cette disparition.

Dès lors que l’arrêt de travail de l’emprunteur court au-delà de la date de résiliation/substitution du premier contrat, l’assureur initial, qui a commencé à verser les prestations, est obligé d’en maintenir le versement.

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Frais d'optique : 3 astuces pour payer ses lunettes moins cher

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Comment fonctionne le 100 % Santé ? Les opticiens ont l’obligation de proposer une sélection de montures et de verres intégrés dans un panier spécifique. Ce panier comprend des modèles encadrés en termes de prix et de qualité : Des montures pour adultes et enfants avec plusieurs coloris disponibles Des verres correcteurs couvrant la majorité des besoins visuels courants Un remboursement intégral lorsqu’ils sont associés à une mutuelle compatible Ces équipements ne génèrent aucun reste à charge pour l’assuré.  Il est possible de combiner les 2 univers : par exemple, choisir une monture du panier 100 % Santé avec des verres améliorés hors panier, ou inversement. Cette flexibilité permet d’ajuster son équipement selon ses priorités esthétiques ou techniques, tout en maîtrisant son budget. La prise en charge des frais supplémentaires dépend des garanties de votre mutuelle santé. Un dispositif encore sous-utilisé Malgré son intérêt économique évident, ce système reste parfois mal mis en avant dans les points de vente. Certains assurés ne sont pas informés de son existence ou se voient orientés directement vers des équipements plus coûteux. Il est donc essentiel de demander explicitement à voir les offres du panier 100 % Santé lors de l’établissement du devis. Celui-ci doit obligatoirement faire apparaître les différentes options disponibles, y compris les équipements sans reste à charge. Attention aux remboursements hors panier Si vous choisissez une monture ou des verres en dehors de ce dispositif, la prise en charge devient beaucoup plus limitée. L’Assurance Maladie intervient alors de manière symbolique sur la monture et les verres, tandis que le remboursement principal repose sur la mutuelle, selon le contrat souscrit. Dans certains cas, les plafonds de remboursement peuvent rester relativement faibles, ce qui augmente fortement votre reste à charge. Si vous n’êtes pas satisfait, pensez à changer de mutuelle santé. Après un an d’adhésion, vous pouvez résilier à tout moment, sans frais et sans motif à fournir. En comparant les offres en ligne, vous pouvez économiser jusqu’à 300 € par an à garanties équivalentes. 2. Conserver ses montures ou opter pour l’occasion Changer uniquement ses verres sans renouveler sa monture est une solution souvent négligée, mais particulièrement efficace pour réduire les frais d’optique. Pourquoi garder ses anciennes montures ? Dans de nombreux cas, la monture reste parfaitement utilisable même si la correction visuelle évolue. En conservant votre équipement actuel, vous ne payez que les verres, ce qui peut réduire la facture de manière significative. Cette option est particulièrement intéressante lorsque : la monture est en bon état ; elle reste confortable au quotidien ; vous êtes satisfait de son style. L’alternative de la seconde main Le marché de l’optique d’occasion se développe progressivement, avec des boutiques spécialisées et des plateformes en ligne dédiées. Il est désormais possible de trouver des montures reconditionnées, nettoyées et adaptées à de nouvelles corrections. Cette approche permet de : réduire fortement le coût d’achat ; donner une seconde vie à des montures de qualité ; tester des modèles plus haut de gamme à moindre prix. Certaines enseignes physiques et sites spécialisés proposent également des montures recyclées, contrôlées et garanties, offrant une alternative sécurisée à l’achat neuf. Bon à savoir : même en optant pour une monture d’occasion ou conservée, vous pouvez bénéficier des verres du panier 100 % Santé, ce qui permet parfois de supprimer totalement le reste à charge. 3. Limiter les options et traitements superflus sur les verres Le prix des lunettes ne dépend pas uniquement de la correction visuelle. Une grande partie du coût provient des options ajoutées aux verres, qui ne sont pas toujours indispensables selon l’usage réel. Les traitements les plus courants Parmi les options proposées, on retrouve souvent : le traitement anti-rayures le traitement antireflet les verres amincis le filtre lumière bleue le traitement antisalissure ou hydrophobe Ces améliorations peuvent améliorer le confort visuel, mais elles augmentent également le prix final de manière significative. Ce que couvre le 100 % Santé Dans le cadre du dispositif encadré, 3 traitements sont déjà obligatoirement inclus :   traitement anti-rayures traitement anti-reflet  amincissement du verre adapté au niveau de correction.  En revanche, les options plus spécifiques comme la filtration de la lumière bleue ou les finitions haut de gamme restent généralement hors panier. Faut-il vraiment toutes les options ? Le choix des traitements doit dépendre de votre usage réel : Pour une utilisation classique (lecture, conduite, vie quotidienne), les options basiques sont souvent suffisantes. Pour un usage intensif sur écran, le filtre lumière bleue peut être envisagé, mais il n’est pas systématiquement indispensable. Dans de nombreux cas, il est possible de réduire le coût en supprimant des options non essentielles sans impact majeur sur le confort visuel. Conseil pratique : avant de valider votre devis, demandez à l’opticien de détailler chaque option et son impact sur le prix final. Cette transparence permet souvent de faire des arbitrages plus éclairés et d’éviter des dépenses inutiles. Réduire ses frais d’optique ne signifie pas renoncer à une bonne correction visuelle ni à un confort satisfaisant. Au contraire, une meilleure compréhension des dispositifs existants et des options disponibles permet de faire des choix plus rationnels. Entre le recours au 100 % Santé, la conservation ou l’achat de montures alternatives et la limitation des traitements superflus, plusieurs leviers peuvent être activés et combinés pour diminuer significativement le coût des lunettes.

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Prêt immo et burn-out en 2026 : êtes-vous couvert par votre assurance emprunteur ?

Selon la Grande Enquête sur la Santé Mentale au Travail menée en 2025, 1 actif sur 4 (soit 24 %) a vécu un burn-out au cours des 5 dernières années. Certaines estimations placent même jusqu'à 2,5 millions de salariés en état de burn-out sévère. Malgré la forte prévalence du syndrome d'épuisement professionnel, au moment de souscrire un crédit immobilier, peu d'emprunteurs pensent à vérifier si leur assurance de prêt couvre réellement cette pathologie. Entre exclusions de garanties, délais de carence et conditions de prise en charge floues, le risque est grand de se retrouver seul face à ses mensualités en cas de burn-out.  Santé mentale : un risque exclu en assurance de prêt Une longue tradition d'exclusion des troubles psychiques Historiquement, les assureurs ont considéré les affections psychiatriques et psychologiques comme des risques trop difficiles à évaluer et à objectiver. Le burn-out, la dépression, l'anxiété généralisée ou encore les troubles bipolaires ont longtemps figuré dans les clauses d'exclusion standard de la quasi-totalité des contrats d'assurance emprunteur, en qualité de maladies non objectivables (MNO). Cela signifie que si vous étiez en arrêt de travail pour cause d’un burn-out, votre assurance emprunteur ne prend pas le relais pour rembourser vos mensualités de crédit immobilier, même si vous avez cotisé depuis des années. Pourquoi le burn-out pose un problème spécifique Le burn-out présente des caractéristiques qui compliquent sa prise en charge assurantielle : Durée d'arrêt imprévisible : quelques semaines à plusieurs années selon les cas Diagnostic subjectif et parfois contesté par les médecins-conseils des assureurs Risque de rechute élevé, qui inquiète les assureurs sur la durée totale de la prise en charge Même en l’absence de tableau des maladies professionnelles pour les pathologies psychiques dans le code de la Sécurité Sociale, le burn-out, comme toute autre pathologie psychique, peut être reconnu comme maladie d’origine professionnelle si les 2 conditions suivantes sont réunies :  un lien direct et essentiel (sans être exclusif) avec les conditions de travail doit être établi ; la pathologie doit avoir engendré une incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 25 %. Ce que disent les contrats en 2026 La situation a évolué ces dernières années, mais reste très hétérogène selon les contrats. Certains assureurs continuent d'exclure des garanties "toutes les affections de nature psychiatrique ou psychologique" dans leurs conditions générales. D'autres ont assoupli leur position, en autorisant une prise en charge sous conditions strictes (arrêt de travail avec hospitalisation durant un nombre de jours minimum, souvent 5 ou 7 jours). De nombreuses offres alternatives aux contrats bancaires proposent de racheter le risque via une surprime, ce qui valide la couverture en cas de burn-out. Il est donc indispensable de lire attentivement les termes du contrat avant de signer. Comment le burn-out peut-il être couvert en assurance emprunteur ? Les garanties concernées : ITT et IPT/IPP Deux garanties sont au cœur de la protection en cas de burn-out : La garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail) : elle prend en charge les mensualités de crédit lorsque vous êtes en arrêt de travail complet, pour une durée ne pouvant excéder 1 905 jours, après expiration de la franchise (entre 15 et 180 jours). La garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) : elle entre en jeu en cas d’invalidité supérieure à 66 % selon le barème de l’assureur (et non celui de l’Assurance Maladie). La garantie IPP (Invalidité Permanente Partielle) : elle s'active lorsque votre taux d'invalidité se situe entre 33 % et  66 %, ce qui peut survenir dans les cas de burn-out sévère avec séquelles durables (suite à une tentative de suicide par exemple). Le burn-out fait systématiquement partie des exclusions de garantie en assurance emprunteur. Pour qu’il soit couvert, il faut que le contrat prévoit une garantie MNO qui permet de racheter le risque exclu moyennant une surprime. Le surcoût varie entre 30 % et 40 % sur les garanties invalidité/incapacité. Les conditions à remplir pour être indemnisé Dans les contrats qui couvrent le burn-out via le rachat d’exclusion, plusieurs conditions s'appliquent généralement : Être en arrêt de travail total et continu (partiel souvent non pris en charge) Respecter le délai de franchise contractuel (souvent 30, 60 ou 90 jours avant indemnisation) Justifier d'un suivi médical régulier et documenté Exercer une activité professionnelle au moment de l'arrêt (les chômeurs sont exclus) Certains contrats ne conditionnent pas la mise en jeu de la garantie MNO à une hospitalisation d’une durée minimale. La déclaration de santé du burn-out Lors de la souscription de l'assurance emprunteur, vous devez remplir un questionnaire de santé. Si vous avez déjà subi un burn-out ou un épisode dépressif, vous êtes tenu de le déclarer.  Deux cas de figure existent : L'assureur accepte avec surprime d’assurance de prêt via la garantie MNO : votre cotisation sera plus élevée, mais vous serez couvert. L'assureur exclut ce risque spécifiquement : vous serez couvert pour tous les autres risques, mais pas pour les pathologies psychiques. Depuis la loi Lemoine de 2022, les questionnaires de santé supprimés pour les crédits allant jusqu’à 200 000 € remboursés avant 60 ans. Cela simplifie l'accès à l'assurance pour une partie des emprunteurs concernés. Quelles assurances de prêt couvrent le burn-out ? Vous avez parfaitement le droit de choisir l’assurance qui va garantir votre prêt immobilier (loi Lagarde de 2010). Vous n’êtes pas obligé de souscrire la proposition de par la banque prêteuse et pouvez lui préférer une offre alternative déléguée. Les assurances groupe bancaires : prudence de mise Les contrats d’assurance de groupe proposés par les banques (BNP, Société Générale, Crédit Agricole, etc.) sont souvent les moins favorables sur la question du burn-out. Standardisés, ils comportent encore fréquemment des exclusions larges sur les affections psychiatriques. Ils restent néanmoins accessibles et simples à souscrire. Les assurances individuelles : une couverture plus souple Les assureurs concurrents proposent des contrats individuels qui peuvent offrir une meilleure couverture du burn-out. Parmi les points à vérifier : L’option rachat du risque via la garantie MNO La définition de l'ITT : certains contrats couvrent l'incapacité à exercer votre métier (définition favorable) et non tout métier (définition défavorable) Le délai de franchise : plus il est court, mieux c'est en cas d'arrêt prolongé La prise en charge partielle de l'arrêt si vous reprenez à temps partiel thérapeutique Comment comparer les offres efficacement Pour trouver le contrat le mieux adapté à votre situation, voici la marche à suivre : Utilisez un comparateur en ligne spécialisé en assurance emprunteur Faites appel à un courtier en assurance de prêt : il connaît les subtilités des contrats et peut négocier en votre nom Demandez le tableau des garanties et comparez les exclusions, pas seulement les tarifs Relisez les définitions contractuelles des termes "arrêt de travail", "incapacité" et "affection psychique" Changer d'assurance si vous êtes mal couvert Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez désormais changer votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité. C'est une opportunité à saisir si votre contrat actuel exclut le burn-out : sous réserve d'équivalence de garanties, rien ne vous empêche de basculer vers un contrat plus protecteur.

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Remboursement Wegovy à partir de la mi-juin 2026 : tous les patients ne sont pas concernés

L'annonce du remboursement partiel des traitements Wegovy et Mounjaro à compter de la mi-juin 2026 marque un tournant important dans la prise en charge de l'obésité en France. Jusqu'à présent, ces médicaments innovants étaient entièrement financés par les patients, ce qui limitait fortement leur accès. Toutefois, derrière cette avancée attendue se cachent des critères particulièrement stricts. De nombreux patients souffrant d'obésité risquent de rester exclus du dispositif, tandis que les professionnels de santé s'inquiètent déjà des difficultés d'accès aux spécialistes habilités à prescrire ces traitements dans le cadre du remboursement. Wegovy et Mounjaro : des traitements efficaces mais coûteux Depuis leur arrivée sur le marché français, Wegovy et Mounjaro ont suscité un intérêt considérable en raison de leurs résultats significatifs sur la perte de poids. Des résultats prometteurs contre l'obésité Ces médicaments, administrés sous forme d'injections hebdomadaires, permettent d'obtenir des pertes de poids importantes lorsqu'ils sont associés à un accompagnement nutritionnel et à une activité physique adaptée. Selon les données cliniques : le médicament Wegovy permet une réduction moyenne du poids pouvant atteindre 15 % ; Mounjaro affiche des résultats encore plus élevés, avec une perte pouvant dépasser 20 % du poids initial chez certains patients. Ces performances ont profondément modifié les perspectives thérapeutiques dans la lutte contre l'obésité sévère. Un reste à charge important pour les patients Jusqu'à présent, l'absence de remboursement représentait un obstacle majeur. Le coût mensuel de ces traitements pouvait atteindre : entre 170 et 360 euros pour Wegovy ; entre 180 et 450 euros pour Mounjaro selon les dosages prescrits. Pour de nombreux patients, suivre un traitement sur plusieurs mois, voire plusieurs années, devenait financièrement impossible. Un problème en entraîne un autre : ces traitements anti-obésité n’étant pas pris en charge par la Sécu, les mutuelles santé ne les remboursent pas, même de manière partielle. Les complémentaires santé remboursent les médicaments prescrits faisant l’objet d’une prise en charge par le régime obligatoire. Toutefois, certaines offres de mutuelle haut de gamme proposent en option une couverture des médicaments non remboursés ou de l’automédication, mais elle reste très limitée. Un remboursement annoncé à partir de mi-juin 2026 Le gouvernement a décidé de prendre en charge une partie du coût de ces traitements afin d'améliorer leur accessibilité. Une prise en charge à hauteur de 65 % À compter de la mi-juin 2026, Wegovy et Mounjaro bénéficieront d'un remboursement par la Sécurité Sociale au taux de 65 % sur la base du tarif conventionné. Cette décision répond à une demande ancienne des associations de patients et des professionnels de santé qui dénonçaient une médecine à deux vitesses, réservant ces traitements aux personnes les plus aisées. Pour certains patients confrontés à une obésité sévère, cette mesure représente une véritable opportunité d'accéder enfin à une solution thérapeutique jusqu'alors inaccessible. Un impact financier surveillé de près L'État justifie toutefois les restrictions mises en place par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Selon les estimations gouvernementales, le remboursement de ces médicaments pourrait représenter près de 100 millions d'euros de dépenses annuelles à partir de 2027. Cette contrainte budgétaire explique en grande partie les conditions très encadrées retenues pour l'accès au remboursement. Remboursement des médicaments anti-obésité : des critères d'éligibilité très restrictifs L'une des principales critiques formulées par les médecins concerne le nombre limité de patients qui pourront réellement bénéficier de la prise en charge. Qui pourra être remboursé ? Le remboursement ne concernera que les adultes de plus de 18 ans présentant une obésité sévère. Les patients devront répondre à l'une des conditions suivantes : un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40 un IMC supérieur à 35 associé à au moins une comorbidité (affection de longue durée comme le diabète type 2, l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol). Le gouvernement considère que ces profils correspondent aux patients les plus exposés aux conséquences médicales de l'obésité. De nombreux patients exclus du dispositif Cette décision suscite néanmoins l'incompréhension de nombreux praticiens. Des personnes présentant un IMC compris entre 30 et 35, parfois déjà confrontées à d'importants problèmes de santé, resteront exclues du remboursement malgré une indication médicale potentielle. Certains spécialistes craignent que cette approche ne retarde la prise en charge de l'obésité alors qu'une intervention précoce permet souvent de limiter l'aggravation de la maladie. Wegocy et Mounjaro : une prescription désormais réservée aux spécialistes Au-delà des critères médicaux, une autre condition risque de limiter l'accès aux traitements. Les médecins généralistes écartés  Pour bénéficier de la prise en charge, le traitement devra être initié : dans un Centre Spécialisé Obésité (CSO)  ou par un médecin nutritionniste travaillant en coordination avec un CSO ou un service hospitalier d'endocrinologie. Les médecins généralistes ne pourront plus initier ces prescriptions dans le cadre du remboursement. Le ministère justifie cette décision par la volonté d'éviter les prescriptions hors indication et les risques de mésusage. Une décision contestée par les praticiens Cette mesure provoque une vive réaction chez de nombreux généralistes. Pour eux, le médecin traitant joue souvent un rôle déterminant dans l'identification de l'obésité et l'accompagnement des patients. Certains craignent que des personnes hésitant déjà à consulter un spécialiste renoncent totalement à engager une démarche thérapeutique. Ils soulignent également leur expérience dans la prescription de traitements similaires utilisés notamment pour le diabète de type 2. Des centres spécialisés anti-obésité déjà sous tension La limitation des prescriptions aux spécialistes soulève une autre problématique : la capacité du système de santé à absorber la demande. Seulement 42 centres spécialisés en France La France compte actuellement 42 Centres Spécialisés Obésité répartis sur le territoire. Or, les délais d'attente sont souvent particulièrement longs. Dans certaines régions, obtenir un premier rendez-vous peut nécessiter plusieurs mois. Jusqu'à un million de patients potentiellement concernés Les estimations évoquent près d'un million de personnes susceptibles de remplir les critères de remboursement. Cette situation fait craindre : un engorgement des centres spécialisés  une augmentation des délais de consultation  des difficultés d'accès dans certaines zones rurales  des inégalités territoriales renforcées. Pour les associations de patients, ces obstacles pourraient réduire fortement l'effet positif attendu du remboursement. L'arrivée du remboursement de Wegovy et Mounjaro constitue sans aucun doute une étape majeure dans la reconnaissance de l'obésité comme maladie chronique nécessitant une prise en charge adaptée. Cependant, les critères très restrictifs retenus par les pouvoirs publics limitent considérablement le nombre de bénéficiaires potentiels. Entre les seuils d'éligibilité élevés, l'exclusion des médecins généralistes du parcours remboursé et la saturation probable des centres spécialisés, de nombreux patients risquent de continuer à rencontrer des difficultés pour accéder à ces traitements. Si cette réforme améliore l'accès aux médicaments anti-obésité pour les cas les plus sévères, elle ne répond pas encore pleinement aux attentes de l'ensemble des personnes concernées par cette maladie qui touche aujourd'hui plusieurs millions de personnes. En France, l'obésité touche environ 17,4 % des femmes et 16,7 % des hommes, soit environ 10 millions de personnes.