Assurance emprunteur : le choc réglementaire de la loi Lemoine

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Entrée progressivement en application le 1er juin 2022, la loi Lemoine révolutionne le marché de l’assurance de prêt immobilier. Elle repose sur 3 mesures qui viennent renforcer les droits des emprunteurs dont la première, à l’origine du texte, qui permet de changer de contrat à tout moment en cours de prêt. Voyons en détail les avancées permises par la loi Lemoine, au bénéfice de tous les emprunteurs, quel que soit leur profil.

La réglementation en assurance emprunteur

L’assurance emprunteur est une dépense incontournable quand on contracte un crédit immobilier. La banque exige la souscription à plusieurs garanties qui vont sécuriser les sommes prêtées jusqu’au terme. En cas de décès, d’invalidité et d’incapacité de travail, l’assurance entre en jeu pour rembourser tout ou partie des mensualités, à hauteur de la quotité définie lors de la souscription (en cas d’emprunt en couple).

Le coût de l’assurance est significatif, car il représente en moyenne un tiers du coût global d’un crédit immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts.

Libre choix avec la loi Lagarde

Bien que non obligatoire d’un point de vue légal, l’assurance de prêt reste un préalable pour obtenir le financement. Elle n’en demeure pas moins encadrée par une législation qui a évolué au fil du temps.

Premier texte fondamental, la loi Lagarde, entrée en vigueur en septembre 2010. Elle offre aux emprunteurs le libre choix du contrat ; grâce au principe de délégation, l’emprunteur peut refuser l’assurance proposée par sa banque et souscrire un contrat concurrent auprès d’un prestataire externe, sous réserve qu’il présente un niveau de garantie au moins équivalent.

Le droit au libre choix du contrat d’assurance de prêt immobilier peine toutefois à s’exercer en raison de la mauvaise grâce des banques à appliquer les règles : refus injustifié de délégation, manœuvres dilatoires, informations erronées, tout est fait pour dissuader l’emprunteur d’accéder à une assurance au juste prix. Les banques font de la résistance et cherchent à conserver leurs marges juteuses sur ce produit contraint pour l’emprunteur, quitte à être en délicatesse avec la loi : leurs contrats groupe sont jusqu’à 60% plus chers que la concurrence.

La substitution annuelle de l’assurance emprunteur

Puisqu’accéder à l’assurance de son choix est compliqué voire entravé lors de la demande de crédit, le législateur a mis en place deux dispositifs successifs qui autorisaient à changer d’assurance en cours de prêt. En fonction de l’antériorité du contrat, pouvait s’appliquer l’une ou l’autre réglementation suivante :

  • la loi Hamon de juillet 2014 qui permettait de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment durant la première année, au plus tard quinze jours avant la date d’anniversaire.

  • la loi Bourquin de janvier 2018 qui autorisait la substitution annuelle à date d’échéance, en respectant un préavis de deux mois avant la date d’anniversaire.

Ces deux textes désormais caduques n’ont pas libéralisé le marché de l’assurance crédit qui reste capté par les bancassureurs à près de 85%.

L’importance de la loi Lemoine

Le salut viendra avec la loi Lemoine, du nom de la députée à l’initiative d’un texte essentiel et attendu depuis des années par les emprunteurs et les assureurs alternatifs. Adoptée en février 2022 et entrée en vigueur dès le 1er juin 2022, cette loi remet l’église au centre du village en renforçant le droit cardinal de chaque emprunteur : le libre choix du contrat sur toute la durée de remboursement du prêt.

Chacun est libre de résilier l’assurance en cours à tout moment, pour la remplacer par le contrat de son choix. L’assurance de prêt immobilier devient ainsi le seul contrat d’assurance résiliable quand on le souhaite, sans engagement minimum de souscription, contrairement à l’assurance auto, l’assurance habitation et la mutuelle santé pour lesquelles l’assuré doit attendre une année révolue avant de pouvoir être couvert par une formule meilleur marché et mieux adaptée à ses besoins.

Depuis la mise en œuvre de la loi Lemoine, les contrats alternatifs sont en hausse, avec un doublement des demandes de substitution, preuve que les emprunteurs commencent à bien comprendre l’enjeu financier de la démarche.

Pour mesurer le gain potentiel d’un changement d’assurance emprunteur, cliquez sur notre baromètre du pouvoir d’achat immobilier d’octobre 2023.

Changer facilement d’assurance avec la loi Lemoine

Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur immobilier bénéficie d’une opportunité exceptionnelle de préserver son pouvoir d’achat. Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, sans devoir attendre la date d’échéance imposée par les dispositifs précédents, et ce, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt. Votre seule obligation est de respecter l’équivalence de garanties entre les deux contrats : la nouvelle assurance doit présenter a minima une couverture similaire à celle du contrat bancaire.

La banque est seule habilitée à définir les garanties qu’elle exige pour octroyer le prêt immobilier. Reportez-vous à la fiche standardisée d’information qu’elle vous a remise au moment de votre demande de financement : ce document détaille toutes les garanties et leur niveau, ce qui facilite la comparaison des offres.

Consultez nos réponses aux 5 questions à se poser avant de changer de contrat d’assurance emprunteur. La loi Lemoine facilite le changement de formule en supprimant le verrou de la date, et en contraignant davantage les banques :

  • Le prêteur dispose de 10 jours ouvrés pour donner réponse à une demande de substitution d’assurance de prêt et pour rédiger l’avenant ; cette procédure est entièrement gratuite.

  • Tout refus doit être motivé par écrit de manière exhaustive et sur un document unique.

Tout manquement à ces obligations peut entraîner une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000€.

Accéder plus facilement à l’assurance de prêt

La loi Lemoine offre choix et mobilité en 2023 et pour les années à venir. Elle renforce aussi les droits des emprunteurs jusque-là stigmatisés par leurs problèmes de santé. Quand on est touché par la maladie, accéder au crédit immobilier est une gageure en raison du coût de l’assurance, voire du refus clair et net de couvrir les risques. Les personnes concernées relèvent de la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), un dispositif opposable aux banques et aux assureurs qui facilite l’accès à l’assurance et au crédit aux profils discriminés par leur historique de santé.

Assurance emprunteur sans sélection médicale

En fonction des risques incarnés par l’emprunteur, la banque ou l’assureur peut toutefois appliquer une surprime (plafonnée selon la pathologie) qui peut se révéler rédhibitoire, ou une exclusion de garantie qui vient réduire la protection.

La loi Lemoine permet d’accéder à l’assurance de prêt sans surprime ni exclusion dues à un problème médicaux, car elle supprime le questionnaire de santé sous deux conditions cumulatives :

  • La part assurée est inférieure à 200 000€ (400 000€ pour un emprunt à deux avec quotité d’assurance de prêt à 50% sur chaque tête).

  • Le prêt arrive à terme avant le 60ème anniversaire de l’emprunteur.

En raison de la durée maximale de remboursement à 25 ans (voire 27 ans en cas d’achat dans le neuf ou dans l’ancien avec travaux importants), l’accès à une assurance sans questionnaire de santé concerne essentiellement les emprunteurs âgés de moins de 35 ans. Cette mesure permet aux jeunes foyers pénalisés par des risques médicaux d’acquérir leur logement aux mêmes conditions que les personnes en bonne santé.

Amélioration du droit à l’oubli

La loi Lemoine améliore par ailleurs un droit fondamental pour les emprunteurs victimes d’un cancer : le délai pour bénéficier du droit à l’oubli est passé de 10 à 5 ans après la fin du protocole et en l’absence de rechute. Ce droit est élargi aux personnes guéries d’une hépatite virale C. Les emprunteurs concernés n’ont pas à mentionner leur ancienne maladie dans le questionnaire de santé et échappent ainsi à un surcoût ou à une exclusion de garantie imputable à cette pathologie.

Quel que soit votre profil et la nature de votre crédit immobilier, minimisez la charge financière en mettant les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt immobilier. En quelques clics, vous accédez aux meilleurs contrats alternatifs du marché et pouvez sélectionner celui qui correspond à vos besoins dans le respect des exigences de votre banque.

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Aidant familial : quelles aides par les mutuelles santé en 2026 ?

Accompagner un parent âgé, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap fait aujourd'hui partie du quotidien de millions de Français. Ce rôle d’aidant, souvent invisible, use pourtant sur le plan physique, moral et professionnel. Or, au-delà des dispositifs publics, votre mutuelle santé peut elle aussi constituer un véritable filet de sécurité pour les aidants. Services d'écoute, soutien psychologique, aide à domicile, coup de pouce financier : voici comment votre complémentaire santé peut alléger ce quotidien. Être aidant : une charge qui pèse sur la santé La France compte une part croissante de seniors et de personnes en perte d'autonomie, et avec elle un nombre grandissant de proches qui organisent leur vie autour de cet accompagnement. Aujourd’hui, environ 4 millions de personnes aident un proche âgé de 60 ans ou plus, et parmi elles, 56% sont des femmes. Les études menées sur le sujet le confirment : la moitié des aidants estiment que cette mission a des répercussions concrètes sur leur propre santé, qu'il s'agisse de fatigue chronique, de troubles du sommeil, de tensions dorsales ou d'un état d'épuisement psychologique proche du burn-out. Cette charge mentale et physique touche en priorité les conjoints des personnes aidées, mais aussi les enfants qui jonglent entre vie professionnelle et accompagnement d'un parent. Face à ce constat, plusieurs organismes complémentaires ont développé des services spécifiquement pensés pour cette population, en complément des aides sociales existantes. Ce que propose concrètement une complémentaire santé aux aidants En plus des remboursements de soins classiques, de nombreux contrats de complémentaire santé intègrent désormais un panel de services dédiés à l'accompagnement des aidants :  téléconsultation médicale second avis médical assistance administrative aide à domicile en cas d'hospitalisation ligne d'écoute psychologique. Un accompagnement psychologique dédié Beaucoup de contrats santé complémentaire donnent accès à un service d'écoute confidentiel, animé par des psychologues, pour prévenir l'épuisement ou traverser une période difficile. Concrètement, l'assuré peut généralement bénéficier de plusieurs entretiens téléphoniques gratuits chaque année, ce nombre pouvant être renforcé si le contrat comprend des garanties dites de confort. Certaines formules permettent également une prise en charge partielle de séances de psychologue en cabinet, au-delà du simple soutien téléphonique. Des solutions en cas de coup dur pour l'aidant lui-même Que se passe-t-il si l'aidant tombe lui-même malade ou doit être hospitalisé ? C'est justement l'un des angles morts que certaines mutuelles ont choisi de couvrir. En cas d'hospitalisation programmée ou non, d'immobilisation prolongée ou de besoin de répit attesté médicalement, plusieurs garanties peuvent alors se déclencher : mise à disposition d'une auxiliaire de vie pour l'aidant ou pour la personne aidée solution de garde temporaire si un proche dépendant se retrouve seul au domicile services du quotidien : aide-ménagère, portage de repas, courses, petit bricolage, coiffure ou pédicure à domicile accompagnement social personnalisé et orientation vers les bons interlocuteurs. Ces prestations, variables selon les assureurs et les niveaux de garantie souscrits, visent un objectif commun : éviter que la santé de l'aidant ne se dégrade au point de compromettre sa capacité à continuer d'accompagner son proche. 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Associées aux services proposés par la mutuelle santé, ces aides publiques permettent de bâtir un accompagnement plus complet, à la fois humain et financier, pour traverser cette période exigeante. FAQ sur les aides des mutuelles pour les aidants familiaux Toutes les mutuelles proposent-elles des services pour les aidants ? Non, ces services sont rarement proposés et dépendent du contrat souscrit. Il est conseillé de vérifier les garanties incluses dans votre contrat, ou d'opter pour une formule intégrant explicitement un accompagnement dédié aux aidants. Le soutien psychologique proposé par la mutuelle est-il payant ? Dans la majorité des cas, un nombre défini d'entretiens téléphoniques annuels est inclus gratuitement dans le contrat santé. Des séances supplémentaires ou un accompagnement en cabinet peuvent nécessiter une option payante, avec un remboursement partiel selon les plafonds prévus. Comment savoir si je suis éligible à une aide financière via l'action sociale de ma mutuelle ? L'éligibilité dépend des ressources du foyer et de la situation individuelle de l'aidant. Un dossier doit généralement être constitué et soumis à l'organisme d'action sociale de votre assureur, qui statue au cas par cas.

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Assurance de prêt : difficulté d’accès pour 2 Français sur 10 pour raisons de santé

D'après la dernière édition du baromètre Ipsos BVA pour France Assos Santé, publiée en avril 2026, l'accès à l'assurance emprunteur demeure un parcours semé d'embûches pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Entre refus, garanties amputées et surprimes, 26 % des Français déclarent avoir déjà rencontré une difficulté de ce type. Parallèlement, les dispositifs censés protéger les emprunteurs les plus fragiles restent largement méconnus du grand public. Accès à l’assurance emprunteur : progression sensible des obstacles liés à la santé  Le baromètre 2026 confirme une tendance déjà amorcée les années précédentes : les difficultés d'accès à l'assurance de prêt immobilier pour raisons de santé ne reculent pas, bien au contraire. Or, sans assurance emprunteur, il est particulièrement difficile voire impossible de décrocher le financement d’un projet immobilier. Une hausse marquée par rapport à 2025 Un peu plus d’un quart des personnes interrogées (26%) indiquent avoir été confrontées, elles-mêmes ou par l'intermédiaire d'un proche, à au moins un frein lié à leur état de santé dans le cadre d'une demande de crédit immobilier. Ce chiffre progresse de 5 points en un an, alors qu'il était resté relativement stable entre 2022 et 2025 (autour de 21 à 25%). Certains profils apparaissent nettement plus exposés que la moyenne : les travailleurs non-salariés (39%) les personnes reconnues en affection de longue durée ou ALD (38%) les habitants des communes de moins de 2 000 habitants (34%) les personnes âgées de 50 à 64 ans (32%) Trois formes de difficultés d’accès à l’assurance de prêt Le baromètre distingue 3 types d'obstacles rencontrés, dont l'évolution diffère sensiblement d'une année sur l'autre. Le refus pur et simple d'assurance Cette situation, la plus radicale, concerne 13% des Français en 2026, contre 11% en 2025. Obtenir une assurance de prêt quand on souffre d’une affection de longue durée (ALD) reste problématique : la proportion grimpe à un quart (25%), et atteint 22% chez les 50-64 ans. C'est la difficulté la plus stable dans le temps, oscillant entre 11 et 14% depuis 2022. Les garanties réduites Cette composante enregistre la plus forte progression cette année : 17 % des Français déclarent s'être vu proposer une assurance aux garanties amoindries, contre 11% en 2025, soit un niveau inédit depuis le lancement de l'enquête. Les 50-64 ans (22%) sont là encore les premiers concernés. La surprime ou l'exclusion de garantie Avec 16 % de réponses positives, cette catégorie retrouve son niveau de 2023-2024. Il convient toutefois de noter une évolution méthodologique : en 2025, seule la surprime d’assurance de prêt était mentionnée dans le libellé, tandis qu'en 2026 l'exclusion de garantie y a été ajoutée, ce qui limite la comparaison directe. Les 50-64 ans (24 %) et les personnes en ALD (22 %) restent les plus touchés. Ce que révèlent ces chiffres sur l’accès à l’assurance de prêt pour les personnes malades L'ensemble de ces données dessine un constat clair : si le refus catégorique d'assurance reste relativement contenu, ce sont les pratiques plus insidieuses (réduction de garanties, surprimes, exclusions) qui progressent et pèsent le plus lourdement sur les personnes malades ou en situation de handicap souhaitant devenir propriétaires. Des dispositifs de protection encore mal connus des emprunteurs Face à ces difficultés, plusieurs mécanismes légaux existent pourtant pour faciliter l'accès au crédit des personnes présentant un risque de santé aggravé. Le baromètre 2026 met en lumière un déficit d'information persistant, bien qu'en légère amélioration. Près d'un Français sur deux ignore ses droits 49% des personnes interrogées déclarent n'avoir entendu parler d'aucun des 4 dispositifs légaux (lire plus bas). Ce chiffre, en recul par rapport à 2025 (56%), reste néanmoins élevé et masque de fortes disparités selon les profils : 74% chez les habitants des départements et régions d'outre-mer (DROM) 62% chez les moins de 35 ans 54% chez les catégories socioprofessionnelles modestes et les retraités appartenant à cette catégorie Le droit à l'oubli Le droit à l’oubli en assurance de prêt permet aux anciens malades du cancer et de l’hépatite C de ne pas déclarer leur pathologie à l'assureur passé un délai de 5 ans à l’issue du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute. Ce dispositif est le plus connu : 32% des Français en ont entendu parler, contre 28% en 2025. Sa notoriété est plus forte chez les 65 ans et plus (45%) et chez les cadres et retraités cadres (47%). La disparition du questionnaire de santé Préalable à toute souscription d’une assurance emprunteur, le questionnaire de santé est néanmoins supprimé sous certaines conditions : la part assurée n’excède pas 200 000 € pour un remboursement avant les 60 ans de l’emprunteur.  Cette mesure inclusive pour les personnes présentant des risques de santé est connue par 31% des répondants, en progression par rapport aux 24% de 2025. Les personnes en ALD (39%) et les cadres (39%) la connaissent davantage. Les grilles de référence Destinées aux personnes atteintes de pathologies chroniques, ces grilles restent identifiées par seulement 20% des Français, contre 18% l'année précédente. Les cadres et retraités cadres (38%) ainsi que les habitants des petites communes (38%) en ont une meilleure connaissance. La convention AERAS La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est le dispositif le moins connu du grand public, avec seulement 12% de notoriété, en léger recul par rapport à 2025 (15%). Même parmi les publics les plus informés, la connaissance reste limitée : 19% chez les cadres, 17% chez les personnes en ALD. On note ici une contradiction : comment les grilles de référence citées plus haut peuvent-elles être davantage connues que la convention AERAS, alors qu’elles sont définies par cette dernière ? Une amélioration générale, à l'exception d'AERAS À l'exception de la convention AERAS, dont la notoriété continue de s'éroder, l'ensemble des dispositifs voit sa connaissance progresser en 2026. Comme les années précédentes, les personnes âgées et celles en ALD demeurent globalement mieux informées que la moyenne des Français, probablement du fait de leur confrontation plus directe aux enjeux de l'assurance emprunteur. Cette édition 2026 du baromètre confirme un paradoxe préoccupant : alors que les difficultés d'accès à l'assurance de prêt s'intensifient pour les personnes présentant un risque de santé aggravé, les outils juridiques censés les protéger restent largement ignorés d'une large partie de la population. Ce déficit d'information touche en priorité les publics les plus jeunes et les moins favorisés, alors même que les personnes âgées ou en ALD, qui sont les plus concernées par ces problématiques, parviennent à mobiliser ces dispositifs. Notre conseil : si vous présentez un passif de santé, la solution est de faire appel au service d’un courtier en assurance de prêt. Cet expert vous accompagne dans le choix éclairé d’un contrat qui correspond à vos besoins et répond aux exigences de la banque en matière de couverture minimale.

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Soins d'optique : première fraude à la mutuelle santé en 2025

La fraude à l'assurance continue de progresser en France. En 2025, les assureurs ont détecté 947 millions d'euros de fraudes et de tentatives de fraude, soit une hausse de près de 5 % par rapport à l'année précédente. Si les contrats d'assurance dommages (IARD) restent les plus exposés, la branche santé connaît une accélération particulièrement marquée. Le constat est sans appel : les soins d'optique représentent désormais la première source de fraude à la mutuelle santé, concentrant plus de la moitié des montants frauduleux détectés dans ce domaine. Fausses factures, faux décomptes, documents falsifiés ou encore utilisation de l'intelligence artificielle pour créer des justificatifs crédibles : les techniques employées se perfectionnent, obligeant les complémentaires santé à renforcer leurs contrôles. La fraude à l'assurance atteint un niveau record en 2025 Selon le rapport annuel de l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa), 947 millions d'euros de fraudes ont été identifiés en 2025, contre environ 903 millions un an plus tôt. Le taux global de fraude atteint désormais 1,27 %. Cette hausse s'explique par plusieurs facteurs : des contrôles plus performants chez les assureurs  une professionnalisation des réseaux frauduleux  l'apparition de nouvelles techniques utilisant l'intelligence artificielle  une multiplication des faux documents numériques. Les principaux secteurs touchés Les montants de fraude détectés se répartissent ainsi : Branche d’assurance Montant détecté en 2025 Assurance IARD 827 M€ Assurance de prévoyance 182 M€ Assurance santé 112 M€ Assurance vie 24,8 M€ Si les contrats IARD (Incendies, Accidents et Risques Divers) demeurent les plus concernés en valeur absolue, la santé affiche l'une des plus fortes progressions, avec une hausse de 11,8 % en un an. Les soins d'optique représentent plus de la moitié des fraudes à la mutuelle santé Parmi les 112 millions d'euros de fraude détectés en complémentaire santé, 53 % concernent les soins d'optique. Autrement dit, plus d'un euro frauduleux sur deux remboursé par les complémentaires santé est lié à l'achat de lunettes ou d'équipements optiques. Pourquoi l'optique est-elle particulièrement exposée à la fraude ? Plusieurs éléments peuvent expliquer cette situation. Les équipements optiques présentent : un coût souvent élevé  des remboursements pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros  des factures relativement simples à falsifier  des renouvellements parfois difficiles à contrôler. Les fraudeurs profitent également du fait que plusieurs intervenants participent au remboursement : l'Assurance Maladie  la mutuelle santé  parfois un réseau de soins partenaire. Cette multiplicité des acteurs peut compliquer certains contrôles. Les fraudes les plus fréquentes Les assureurs identifient principalement : de fausses factures d'opticiens des faux décomptes de Sécurité sociale des justificatifs modifiés des achats jamais réalisés des montants volontairement majorés. Dans certains cas, les fraudeurs présentent également des ordonnances falsifiées afin d'obtenir un remboursement indu. Les autres fraudes concernent le dentaire, les audioprothèses et les établissements de santé Même si l'optique domine largement, d'autres postes de dépenses restent concernés. La répartition des fraudes sur le segment assurance santé est la suivante : Optique : 53 % Autres professionnels de santé : 21 % Soins dentaires : 15 % Audioprothèses : 8 % Établissements de santé : 3 % Les complémentaires santé concentrent désormais leurs investissements sur ces secteurs particulièrement sensibles. Le saviez-vous ? : inutile de frauder sa mutuelle pour payer moins ses lunettes, ses prothèses dentaires et ses appareils auditifs. Le dispositif 100 % Santé ou reste à charge zéro permet de s’équiper sans débourser un centime après intervention de la Sécu et de la mutuelle responsable. L'intelligence artificielle facilite les faux documents en assurance L'un des principaux enseignements du rapport 2025 concerne l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle (IA) par les fraudeurs. Des faux de plus en plus crédibles Les outils d'IA permettent aujourd'hui de produire rapidement : de fausses factures  des justificatifs parfaitement mis en page  des signatures imitées  des faux relevés bancaires  des documents administratifs difficiles à distinguer des originaux. Les fraudeurs utilisent également : les deepfakes (hyper trucages) le clonage de voix  la retouche automatisée de photographies. Ces nouvelles pratiques compliquent le travail des équipes chargées de détecter les anomalies. Les assureurs renforcent leurs contrôles Face à cette évolution, les mutuelles investissent elles aussi dans des solutions technologiques. Les contrôles reposent désormais sur : des algorithmes de détection  l'analyse des comportements inhabituels  le croisement automatique des données  la vérification numérique des justificatifs  des échanges renforcés entre organismes assureurs. L'objectif est d'identifier les dossiers suspects avant tout remboursement. La fraude touche aussi la prévoyance et l'assurance vie Les contrats de santé ne sont pas les seuls concernés. Une forte progression en prévoyance Les fraudes en prévoyance atteignent 182 millions d'euros en 2025. Les cas les plus fréquents concernent : les faux accidents  les déclarations mensongères  les documents médicaux falsifiés  les souscriptions frauduleuses. La progression dépasse 25 % en un an. L'assurance vie confrontée aux usurpations d'identité Les fraudes détectées en assurance vie passent de 13,3 à 24,8 millions d'euros. Les principales méthodes sont : l'usurpation d'identité  les faux RIB  les pièces d'identité falsifiées. Les contrats d'épargne représentent près de 98 % des fraudes observées sur cette branche. Quelles sanctions en cas de fraude à une mutuelle santé ? La fraude à l'assurance ne constitue jamais un simple oubli administratif. Lorsqu'elle est intentionnelle, elle expose son auteur à des sanctions civiles et pénales. Les conséquences prévues par le Code des assurances Selon les situations, l'assureur peut : annuler le contrat pour fausse déclaration lors de la souscription (article L113-8 du Code des assurances)  refuser toute prise en charge du sinistre  réclamer le remboursement des sommes indûment perçues  conserver les cotisations déjà versées. En cas de fraude découverte après indemnisation, l'assureur peut engager une procédure pour récupérer les montants versés. Les sanctions pénales Lorsque les faits constituent une escroquerie ou un faux en écriture, des poursuites pénales sont possibles. L'escroquerie est passible de 5 ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. Des peines complémentaires peuvent également être prononcées selon la gravité des faits. Comment éviter toute suspicion de fraude lors d'une demande de remboursement ? La majorité des assurés effectuent naturellement leurs démarches de bonne foi. Quelques précautions permettent néanmoins d'éviter tout blocage. Les bonnes pratiques à adopter Avant d'envoyer une demande de remboursement : conservez toujours les factures originales  vérifiez que les informations figurant sur les justificatifs sont exactes (feuille de soins en ligne ou papier) ne modifiez jamais un document transmis par un professionnel de santé  signalez immédiatement toute erreur constatée sur une facture  répondez rapidement aux demandes complémentaires de votre mutuelle. Une demande complète et transparente facilite le traitement du dossier tout en limitant les risques de contrôle approfondi. Une vigilance renforcée face à une fraude toujours plus sophistiquée L'année 2025 marque un tournant dans la lutte contre la fraude à l'assurance. Si les assureurs détectent davantage de dossiers grâce à des outils toujours plus performants, les fraudeurs utilisent eux aussi des technologies de plus en plus élaborées, notamment l'intelligence artificielle. Dans ce contexte, les soins d'optique demeurent le principal point de vigilance des mutuelles santé, avec plus de la moitié des fraudes détectées dans cette branche. Pour les assurés, le respect des règles de remboursement et la transmission de justificatifs authentiques restent la meilleure protection contre tout litige avec leur complémentaire santé.