Assurance de prêt : 2ème anniversaire de la loi Lemoine en septembre 2024

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L’encadrement réglementaire de l’assurance de prêt immobilier a considérablement évolué des deux dernières années grâce à la loi Lemoine. Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur a l’opportunité de changer de contrat quand il le souhaite afin de réduire le coût de cette dépense contrainte. La loi Lemoine est aussi un dispositif plus inclusif pour les profils avec des risques de santé. Retour sur un texte majeur qui manque encore de visibilité et qui mérite un nouvel éclairage à l’occasion de ce deuxième anniversaire.

Loi Lemoine : faciliter le changement d’assurance emprunteur en cours de prêt

Pour bien comprendre l’importance de la loi Lemoine, il convient de rappeler que l’assurance emprunteur est systématiquement requise pour obtenir son crédit immobilier. La banque l’exige pour se prémunir contre les éventuels défauts de paiement consécutifs à un accident de la vie dont serait victime l’emprunteur (décès, invalidité et incapacité de travail, voire perte d’emploi).

Libre choix du contrat difficile à exercer

Bien qu’imposée par le prêteur, l’assurance de prêt immobilier reste librement choisie par l’emprunteur en vertu de la loi Lagarde de septembre 2010, première loi majeure à venir renforcer les droits des emprunteurs. Le coût de l’assurance, en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, justifie pleinement de faire jouer la concurrence via un comparateur en ligne. Cet outil permet de mettre en balance l’assurance proposée par la banque avec les offres externes du marché.

D’un côté, les assurances groupe des banques qui présentent des garanties mutualisées destinées à couvrir une communauté d’emprunteurs ; de l’autre, les formules individualisées, conçues avec des garanties sur-mesure en adéquation avec la problématique de chaque emprunteur. Au-delà du périmètre assurantiel, les assurances alternatives sont jusqu’à 3 fois moins chères que les contrats bancaires. Sous réserve d’une équivalence de garanties entre les deux contrats, la banque est tenue d’accepter toute offre déléguée.

Sur le papier, la délégation est facilitée par la loi Lagarde. Dans les faits, elle peine à s’exercer, les banques ayant la mainmise sur le produit en raison de leur position dominante (ce sont elles qui distribuent les crédits) et de contours peu précis et peu contraignants de la réglementation. 

Le législateur prévoit alors la possibilité de changer en cours de prêt, afin que chaque emprunteur puisse payer son assurance au juste prix :

  • la loi Hamon de juillet 2014 : tout emprunteur peut résilier l’assurance à tout moment durant les douze premiers mois de remboursement du crédit immobilier et la substituer par une offre externe à garanties au moins équivalentes.
  • l’amendement Bourquin de janvier 2018 : l’assurance de prêt immobilier est substituable annuellement à date d’échéance au-delà de la première année.

Ces deux dispositifs n’ont pas permis de faire bouger les lignes. L’assurance de prêt immobilier reste captée par les banques à plus de 85%. Il faudra attendre la loi Lemoine de 2022 pour que les modalités de changement de contrat se détendent et rendent effective la substitution d’assurance en cours de prêt.

Changer d’assurance de prêt à tout moment

Initiée par la députée Renaissance Patricia Lemoine, la loi qui porte son nom supprime le principal obstacle au changement d’assurance emprunteur. Plus besoin d’attendre la date d’échéance pour faire une demande de substitution : la démarche peut être engagée à tout moment, et ce, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt.

L’emprunteur reprend la main et peut, quand il le juge opportun, se débarrasser de l’assurance bancaire qui lui coûte trop cher, sans être pour autant adaptée à sa situation. C’est une vraie révolution dans le domaine de l’assurance : l’assurance de prêt immobilier devient la seule assurance résiliable et substituable à tout moment, sans engagement minimum de souscription. En assurance auto/moto, assurance habitation et mutuelle santé, l’adhérent doit attendre au moins une année pour envisager de changer de formule.

Le changement à tout moment est accordé aux nouveaux emprunteurs dès le 1er juin 2022 et à tous à compter du 1er septembre 2022. L’engouement est au rendez-vous. Grâce au battage médiatique, la substitution d’assurance emprunteur progresse de 80% durant les premiers mois qui suivent sa mise en application. Le soufflet est depuis retombé, au détriment de l’intérêt des emprunteurs qui bénéficient, avec la loi Lemoine, d’un formidable levier d’économies à saisir en période de forte inflation. Le gain se chiffre en centaines voire milliers d’euros sur la durée résiduelle de remboursement du prêt.

La fuite massive vers les alternatifs n’a pas eu lieu. Entre décembre 2021 et mai 2023, les parts de marché des prestataires concurrents des bancassureurs sont timidement passées de 15,3% à 16,1% (chiffres du Comité Consultatif du Secteur Financier). Le bilan est donc mitigé, raison pour laquelle il est plus que jamais nécessaire de relancer la dynamique de changement d’assurance emprunteur.

Loi Lemoine : meilleur accès à l’assurance de prêt

L’adoption de la loi Lemoine est le fruit d’une âpre bataille législative entre députés et sénateurs. L’acceptation du changement de contrat à tout moment par la Chambre haute s’est faite sous réserve d’insérer des dispositions plus inclusives pour les personnes présentant des risques de santé.

Suppression du questionnaire de santé

La souscription à l’assurance emprunteur passe obligatoirement par le questionnaire de santé. Ce formulaire va renseigner l’organisme assureur sur les risques médicaux incarnés par l’emprunteur pour lui permettre de donner une réponse et d’appliquer une tarification.

En présence d’un passif de santé (maladie chronique, invalidité, arrêts de travail récurrents, etc.), l’accès à l’assurance devient un parcours du combattant. L’emprunteur écope d’une surprime qui peut être rédhibitoire, ou d’exclusions de garanties qui viennent diminuer sa protection, voire d’un refus pur et simple si le niveau de risque est trop élevé. 

L’accès à la résidence principale est le rêve de nombreux Français. Mais quand on est malade ou qu’on l’a été, ce rêve peine à se concrétiser en raison des difficultés liées à l’assurance emprunteur. Malgré la convention Aeras (s’Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), la souscription à l’assurance n’est pas garantie.

En supprimant le questionnaire de santé assurance de prêt immobilier, la loi Lemoine permet à certains profils à risques d’accéder à l’assurance et au crédit immobilier. Deux conditions doivent être réunies :

  • La part assurée n’excède pas 200 000€ (400 000€ pour un emprunt à deux avec quotité d’assurance de 50% sur chaque emprunteur).
  • Le prêt couvert par l’assurance est remboursé avant le 60ème anniversaire de l’emprunteur.

Les profils éligibles au dispositif ne sont plus stigmatisés par leur historique médical et peuvent ainsi bénéficier d’une assurance sans surprime ni exclusion en lien avec leur état de santé. Sont principalement concernés les jeunes emprunteurs jusqu’à 35 ans, compte tenu de la durée maximum légale de remboursement fixée à 25 ans (règles du HCSF).

Amélioration du droit à l’oubli

En complément de la fin de la sélection médicale sous certaines conditions, la loi Lemoine élargit le droit à l’oubli. Les personnes en rémission d’un cancer n’ont pas à déclarer leur ancienne maladie au bout de 5 ans au lieu de 10 précédemment, après la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute. Ce droit s’applique désormais aux emprunteurs guéris d’une hépatite virale C.

La loi Lemoine n’a pas pour autant résolu tous les problèmes rencontrés par les emprunteurs. Les banques perpétuent leurs pratiques indélicates pour empêcher leurs clients d’aller voir ailleurs. Elles pinaillent notamment sur l’équivalence de niveau de garanties qui reste une notion complexe pour l’emprunteur et mettent en place des formules packagées dotées de garanties superflues qui rendent difficile voire impossible le respect de cette obligation de couverture minimale. 

La parade pour faire respecter ses droits est de solliciter les services d’un courtier en assurance de prêt. Cet expert vous aide non seulement à sélectionner le contrat compétitif qui répond aux exigences de la banque, mais peut également prendre en charge toutes les démarches de résiliation/substitution à votre place. Produit complexe à appréhender, l’assurance de prêt immobilier au juste prix est maintenant plus accessible grâce à la loi Lemoine. Soyez bien accompagné pour profiter pleinement de vos droits.

 

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Entre les exigences environnementales, les coûts de construction et les contraintes foncières, les prix restent élevés. De nombreux ménages se tournent alors vers l'ancien, considéré comme plus abordable malgré les travaux parfois nécessaires. Vers une année de transition pour l'immobilier ancien L'année 2026 devrait marquer une phase d'ajustement pour le marché immobilier ancien. La combinaison d'une conjoncture économique incertaine, d'une remontée des taux de crédit et d'un pouvoir d'achat immobilier sous pression devrait entraîner une baisse des transactions. Pour autant, les prix semblent appelés à rester globalement stables, évitant un retournement brutal du marché. Dans ce contexte, les primo-accédants pourraient continuer à jouer un rôle déterminant, tandis que les investisseurs et les secundo-accédants devront composer avec des conditions de financement plus contraignantes.

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Frais de dossier de prêt immobilier : quelles sont les banques les moins chères en 2026 ?

L'achat à crédit d'un bien immobilier s'accompagne d'une multitude de frais annexes, et les frais de dossier bancaires en font partie. Souvent négligés lors de la comparaison des offres de prêt, ils peuvent pourtant représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros selon l'établissement choisi. En 2026, les écarts entre les banques les plus avantageuses et les plus coûteuses atteignent jusqu'à 1 600 euros pour un emprunt de 150 000 euros.  Qu'est-ce que les frais de dossier d'un crédit immobilier ? Lorsque vous faites une demande de prêt immobilier, la banque engage une procédure complète : analyse de votre situation financière (calcul de la capacité d’emprunt notamment) vérification des pièces justificatives montage du dossier étude de la faisabilité du projet…  Pour rémunérer cet ensemble de démarches administratives, l'établissement prélève ce que l'on appelle des frais de dossier. Ces frais sont dus une seule fois, au moment de la signature de l'offre de prêt, et viennent s'ajouter au coût global du crédit. Certaines banques en ligne se distinguent en offrant systématiquement les frais de dossier pour votre crédit immobilier, mais elles restent minoritaires et leurs offres ne sont pas toujours compétitives. Le secteur demeure très largement dominé par les banques de réseau, qu'elles soient nationales ou régionales, qui appliquent chacune leur propre grille tarifaire en matière de frais de dossier. Comment les frais de dossier de crédit immo sont-ils calculés ? Un pourcentage du montant emprunté Dans la quasi-totalité des établissements bancaires, les frais de dossier sont calculés en appliquant un pourcentage au capital emprunté. Ce taux oscille généralement entre 0,40 % et 1 % du montant du prêt. À ce calcul s'ajoutent le plus souvent : un montant minimum en dessous duquel les frais ne peuvent descendre, même pour un emprunt modeste un plafond maximum qui limite la facture pour les emprunts les plus élevés Des écarts considérables d'un établissement à l'autre Pour dresser un état des lieux précis du marché, le média MoneyVox a passé au crible les grilles tarifaires de 118 banques de réseau (nationales et régionales) au 1er avril 2026.  Pour un crédit immobilier de 150 000 euros, le montant moyen des frais de dossier s'établit à 1 487,68 euros. Mais derrière cette moyenne se cachent des disparités importantes, avec des frais allant de 500 euros à 2 100 euros selon l'établissement. Crédit immobilier : les frais de dossier les moins chers en 2026  Le podium des établissements les plus compétitifs Certaines banques se distinguent nettement par la compétitivité de leurs frais de dossier. Pour un emprunt de 150 000 euros, voici les établissements les plus avantageux : Caisse d'Épargne Normandie et Crédit Agricole Brie Picardie : à partir de 500 euros Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne et Crédit Agricole Île-de-France : 750 euros (soit 0,50 % du montant emprunté, avec un minimum de 700 euros) Louvre Banque Privée : 900 euros (0,50 % du montant emprunté, avec un minimum de 900 euros) Les établissements les plus chers À l'autre extrémité du classement, plusieurs banques affichent des frais de dossier particulièrement élevés : Crédit Agricole Atlantique Vendée, Ille-et-Vilaine, Côtes d'Armor et Morbihan, ainsi que la Banque de Savoie et la Banque Palatine : jusqu'à 1 800 euros Crédit Agricole Finistère : jusqu'à 2 100 euros, soit le tarif le plus élevé du marché analysé L'écart entre les établissements les moins chers et les plus coûteux atteint donc 1 600 euros pour un même montant emprunté, ce qui représente une somme loin d'être négligeable dans le budget global d'un achat immobilier. Comment réduire ses frais de dossier de son prêt immobilier ? Négocier avec sa banque Les tarifs affichés dans les brochures tarifaires ne sont pas immuables. Les frais de dossier font partie des éléments négociables lors de la souscription d'un crédit immobilier. Pour maximiser ses chances d'obtenir un geste commercial, plusieurs stratégies peuvent être adoptées : Mettre les banques en concurrence en sollicitant plusieurs établissements simultanément Faire appel à un courtier en crédit immobilier, qui dispose d'un pouvoir de négociation plus important grâce au volume d'affaires qu'il apporte aux banques Accepter des contreparties proposées par la banque, comme la domiciliation de ses revenus, l'ouverture d'un livret d'épargne ou la souscription d'une assurance emprunteur de groupe par exemple Opter pour des prêts aidés Certains types de financements immobiliers permettent de s'affranchir totalement ou partiellement des frais de dossier : Prêt à taux zéro (PTZ) : aucuns frais de dossier ne sont appliqués Prêt épargne logement obtenu via un PEL ou un CEL : également exonéré de frais Prêt Accession Sociale (PAS) et Prêt conventionné (PC) : les frais de dossier sont plafonnés par la réglementation Offres promotionnelles ponctuelles : certaines banques proposent régulièrement des opérations commerciales permettant de réduire, voire de supprimer, les frais de dossier pour une durée limitée Attention : le PTZ comme les autres prêts aidés sont toujours adossés à un prêt immobilier classique ; ils ne financent jamais la totalité de l’achat. Frais de dossier ou assurance emprunteur : quoi négocier en priorité ? Les frais de dossier comme les primes d’assurance emprunteur sont des dépenses obligatoirement intégrés dans le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), l’indicateur du coût final de votre prêt immobilier. La banque prêteuse vous propose systématiquement son contrat d’assurance de groupe. Ne souscrivez pas à cette proposition sans réfléchir sous prétexte qu’elle vous offre ou minimise les frais de dossier. Cet argument n’est pas suffisant pour attester de la compétitivité de l’offre globale. La loi vous autorise en effet à choisir librement l’assurance qui va couvrir votre prêt immobilier. Utilisez toujours un comparateur d’assurance emprunteur, et constatez que les contrats alternatifs sont jusqu’à 4 fois moins chers, une économie largement supérieure à celle éventuellement réalisée sur les frais de votre dossier. Négociez les 2 postes de dépenses si vous avez les compétences, mais un arbitrage s’impose pour confirmer le gain réel. Les frais de dossier représentent un poste de dépense souvent sous-estimé dans le cadre d'un crédit immobilier. Pourtant, le choix de la banque peut faire varier la facture de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros. D’autres économies importantes sont réalisables grâce à la délégation d’assurance emprunteur. Avant de signer votre offre de prêt, prenez le temps de comparer les établissements, de négocier et d'explorer les dispositifs aidés auxquels vous pourriez être éligible. Chaque euro économisé sur les frais annexes est un euro de plus pour votre projet.

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Changement d'assurance emprunteur : est-ce possible si un sinistre est en cours ?

Depuis la loi Lemoine, les emprunteurs peuvent changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment. Cette avancée a profondément transformé le marché de l’assurance emprunteur en permettant de faire jouer la concurrence et de réduire le coût global du crédit. Pourtant, une question revient régulièrement : peut-on changer d’assurance emprunteur lorsqu’un sinistre est déjà en cours, par exemple pendant un arrêt maladie ou après une mise en invalidité ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. En théorie, le changement d’assurance reste possible dans certaines situations. En pratique, plusieurs limites juridiques et médicales compliquent fortement l’opération. Le diable est dans les détails. Entre résiliation, substitution et délégation d’assurance de prêt, il est essentiel de distinguer les différents mécanismes prévus par la loi. Le droit de changer d’assurance emprunteur L’assurance emprunteur couvre le remboursement du crédit immobilier lorsque l’assuré ne peut plus honorer ses mensualités à cause d’un décès, d’une invalidité ou d’une incapacité de travail. Pendant longtemps, les banques ont imposé systématiquement leur contrat d’assurance de groupe,ce qui s'apparentait à une vente liée, pourtant prohibée par la réglementation. Les réformes successives ont progressivement renforcé les droits des emprunteurs (loi Lagarde, loi Hamon, amendement Bourquin et loi Lemoine). Aujourd’hui, un emprunteur peut non seulement choisir librement son assurance de prêt, mais également la remplacer à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat. La résiliation à tout moment La loi Lemoine permet de résilier son assurance emprunteur quand on le souhaite pendant toute la durée du crédit, sans délai de préavis ni pénalités. Cette possibilité offre plusieurs avantages : réduire le coût de l’assurance  obtenir de meilleures garanties  adapter le contrat à sa situation professionnelle  supprimer certaines exclusions  bénéficier d’une couverture plus personnalisée. Le changement d’assurance emprunteur reste toutefois soumis à une condition cardinale : le nouveau contrat doit présenter une équivalence de garanties avec le contrat de la banque. Le principe qui bloque la résiliation d’assurance de prêt en cas de sinistre Même si le droit de résiliation est désormais très large, le Code des assurances prévoit une exception importante souvent ignorée des emprunteurs. Lorsqu’un risque couvert par le contrat s’est déjà réalisé, la résiliation classique devient impossible (article L. 113-12-2 du Code des assurances). Que signifie “réalisation du risque” ? La réalisation du risque correspond à la survenance d’un événement garanti par l’assurance emprunteur. Cela peut concerner : un arrêt maladie indemnisé  une invalidité  une incapacité temporaire de travail  une perte totale et irréversible d’autonomie  le décès de l’assuré. Dès lors qu’un sinistre est déclaré et pris en charge par l’assureur, le contrat entre dans une phase particulière. L’assuré ne peut plus mettre fin librement à son assurance au titre du droit de résiliation classique. Pourquoi cette interdiction existe-t-elle ? Cette règle vise à préserver l’équilibre économique du contrat d’assurance. Le système repose sur la mutualisation des risques : les cotisations de l’ensemble des assurés financent les indemnisations ; l’assureur accepte de couvrir un risque futur et incertain ; le contrat ne peut pas être abandonné uniquement lorsque le risque devient certain ou déjà réalisé. Sans cette protection juridique, un assuré pourrait résilier son contrat juste après avoir obtenu une prise en charge, ce qui déséquilibrerait le fonctionnement de l’assurance. Une autre raison doit être invoquée : la banque exige que le prêt immobilier soit garanti à tout moment par une assurance ; la résiliation, sans substitution immédiate, lui ôte cette protection indispensable. Résiliation, substitution et délégation : 3 mécanismes différents De nombreux emprunteurs confondent encore les différentes procédures applicables à l’assurance de prêt. Pourtant, la distinction est fondamentale lorsqu’un sinistre est en cours. La résiliation simple du contrat La résiliation classique consiste à mettre fin au contrat sans remplacement immédiat. Or, cette solution devient impossible lorsque le risque s’est réalisé pendant la période couverte par le contrat. Un emprunteur en arrêt maladie indemnisé ne peut donc généralement pas résilier purement et simplement son assurance. La délégation d’assurance La délégation d’assurance emprunteur instaurée par la loi Lagarde permet de souscrire un contrat externe plutôt que le contrat proposé par la banque. Cette opération reste théoriquement possible même lorsqu’un sinistre est en cours. Cependant, l’emprunteur doit convaincre un nouvel assureur de reprendre le risque. La substitution d’assurance avec la loi Lemoine La substitution consiste à remplacer une assurance existante par une autre présentant des garanties équivalentes. Contrairement à la résiliation simple, la substitution reste juridiquement envisageable après la réalisation du risque. Mais là encore, tout dépend de l’acceptation du dossier par le nouvel assureur. Peut-on substituer son assurance de prêt pendant un arrêt maladie ? C’est la principale difficulté rencontrée par les emprunteurs. Même si la loi autorise la substitution, les compagnies d’assurance restent libres d’accepter ou non le risque. Un dossier médical souvent plus complexe Pour souscrire une nouvelle assurance, l’emprunteur doit se soumettre aux formalités médicales et remplir un questionnaire de santé. Le nouvel assureur examine attentivement les éléments suivants, d’autant plus s’il est en arrêt maladie au moment du processus : les antécédents médicaux  la durée de l’arrêt  le pronostic de reprise  les traitements en cours  le risque de rechute  la profession exercée. Dans certains cas, la compagnie refuse simplement d’assurer le prêt. Important : la loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé si la part assurée est inférieure ou égale à 200 000 € avec un remboursement avant les 60 ans de l’emprunteur. Les conséquences possibles Lorsque l’assureur accepte le dossier, plusieurs scénarios peuvent se présenter : Une surprime d'assurance de prêt : le nouveau contrat peut coûter beaucoup plus cher en raison du risque aggravé de santé. Des exclusions de garanties : l’assureur peut exclure certaines pathologies des garanties incapacité et invalidité. Un refus total : le refus reste fréquent lorsque le sinistre est récent ou lorsque l’état de santé est jugé trop fragile. Les limites du refus La banque ne peut pas s’opposer librement à une substitution d’assurance. Le nouveau contrat doit présenter des garanties équivalentes à celles du contrat initial. La seule et unique raison légalement retenue est le non-respect de ce principe et la banque doit obligatoirement motiver son refus par écrit de manière exhaustive dans un délai de 10 jours ouvrés. Le prêteur ne peut pas refuser un changement : pour des raisons commerciales  parce que le contrat externe est moins rentable  parce qu’il provient d’un concurrent. Important : en cas de refus de substitution d’assurance de prêt, la banque n’a pas le droit de résilier le contrat initial. Que devient l’assurance en cas de rachat de crédit ? Le rachat de crédit immobilier modifie totalement la situation juridique. Lorsque le prêt initial disparaît, l’assurance emprunteur perd également son objet. Dans le cadre d’un rachat de prêt, l’ancien crédit est remboursé par le nouveau prêteur et un nouvel emprunt est mis en place. L’ancienne assurance est automatiquement résiliée et un nouveau contrat doit être souscrit. Cette opération peut devenir compliquée si l’emprunteur est en arrêt maladie ou en invalidité au moment du rachat. L’organisme qui rachète le prêt exige une nouvelle couverture adaptée au risque actuel. Les difficultés rencontrées par les emprunteurs malades Dans la pratique, les emprunteurs concernés se retrouvent souvent dans une impasse. Les assurances bancaires collectives peuvent représenter une charge importante, surtout pour : les gros montants empruntés  les longues durées de prêt  les quotités élevées  les emprunteurs âgés. Lorsqu’un sinistre survient, l’impossibilité de changer facilement d’assurance peut devenir un véritable problème budgétaire. Une mobilité réduite en cas de risque de santé Même avec la loi Lemoine, la liberté de changer d’assurance reste limitée par : l’état de santé  les critères médicaux des assureurs  les exclusions de garantie les surprimes  les refus de couverture. Le droit existe donc juridiquement, mais il devient souvent difficile à exercer concrètement. Pour les personnes présentant un risque aggravé de santé, la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) peut faciliter l’accès à l’assurance. Le dispositif permet à certains emprunteurs d’obtenir une étude approfondie du dossier, de limiter certaines surprimes et d’accéder plus facilement à une assurance de prêt. Mais il ne garantit pas l’acceptation automatique du dossier, l’absence d’exclusion ou un tarif avantageux. Le dispositif améliore l’accès à l’assurance mais ne supprime pas totalement les obstacles liés au risque médical. Les points essentiels à retenir Un emprunteur victime d’un arrêt maladie ou d’une invalidité ne perd pas automatiquement tout droit au changement d’assurance. En revanche, il doit distinguer la résiliation simple de la substitution avec un nouveau contrat. La résiliation classique devient impossible après réalisation du risque. La substitution d’assurance reste théoriquement autorisée. Le nouvel assureur peut refuser de couvrir le dossier. La banque peut uniquement contrôler l’équivalence des garanties. Les surprimes et exclusions sont fréquentes. Le dispositif AERAS peut aider certains profils. Avant toute démarche, il est conseillé de comparer les contrats, d’anticiper les conséquences médicales et de vérifier précisément les conditions de prise en charge du sinistre en cours.