Après une année 2025 marquée par un regain d'activité, le marché de l'immobilier ancien pourrait connaître un nouveau coup de frein en 2026. La dernière étude du Groupe BPCE laisse entrevoir un recul des transactions, une baisse de la production de crédits immobiliers et une quasi-stagnation des prix. Entre tensions géopolitiques, inflation persistante et remontée des taux d'intérêt, plusieurs facteurs expliquent cette évolution attendue du marché.
Un marché immobilier ancien moins dynamique en 2026
Le rebond observé en 2025 semble avoir été de courte durée. Alors que les professionnels espéraient une reprise durable après plusieurs années compliquées, les perspectives pour 2026 apparaissent plus prudentes.
Selon les estimations du Groupe BPCE rendues publiques le 2 juin dernier, le volume des ventes dans l'ancien pourrait diminuer d'environ 6 % sur l'ensemble de l'année. Le nombre de transactions reviendrait ainsi sous le seuil symbolique du million de ventes pour atteindre près de 890 000 opérations en 2026. Pour mémoire, l’année 2025 avait enregistré 940 000 transactions.
Cette tendance baissière se manifeste déjà dans les statistiques du premier trimestre. Après un début d'année encore favorable, les ventes enregistrées au mois de mars ont montré un net ralentissement par rapport à la même période de l'année précédente.
Des acheteurs plus prudents
Dans un contexte économique incertain, de nombreux ménages préfèrent reporter leur projet immobilier. L'achat d'un logement représente un engagement financier important et les candidats à l'accession redoutent aujourd'hui une dégradation de leur situation budgétaire.
Plusieurs éléments alimentent cette prudence :
- la hausse du coût de la vie
- l'incertitude sur l'évolution des taux d'intérêt
- les tensions géopolitiques internationales
- la crainte d'un ralentissement économique
- le maintien d'une inflation supérieure aux objectifs des banques centrales.
Les acquéreurs prennent alors davantage de temps pour concrétiser leur projet et certains renoncent temporairement à acheter.
La remontée des taux de crédit continue de peser sur le marché immobilier
L'un des principaux freins à l'activité immobilière reste le financement. Depuis plusieurs années, les ménages doivent composer avec des conditions d'emprunt moins favorables qu'auparavant.
Des taux immobiliers attendus en hausse
Après la forte remontée observée entre 2021 et 2024, les taux de crédit immobilier pourraient poursuivre leur progression en 2026.
Le taux moyen des prêts à l'habitat, qui s'établissait autour de 3,22 % au printemps 2026, pourrait atteindre près de 3,43 % d'ici la fin de l'année (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). D’autres spécialistes sont plus pessimistes, et craignent une hausse nette des taux à l’automne 2026, à près de 3,80 %.
Cette évolution serait directement liée à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait maintenir une ligne stricte pour lutter contre les tensions inflationnistes.
Même si cette hausse peut sembler limitée, elle réduit significativement la capacité d'emprunt des ménages.
Un impact direct sur le pouvoir d'achat immobilier
Lorsque les taux augmentent, les mensualités nécessaires pour financer un même bien deviennent plus élevées.
À budget constant, les emprunteurs peuvent alors :
- acheter un logement moins cher
- réduire la surface recherchée
- s'éloigner des centres urbains
- reporter leur acquisition.
Cette perte de pouvoir d'achat immobilier contribue mécaniquement au ralentissement du marché.
Une baisse attendue de la production de crédits immobiliers
L'évolution des taux n'affecte pas seulement les acheteurs. Elle influence également le volume global des prêts accordés par les banques.
Des financements en repli
Le Groupe BPCE prévoit une diminution d'environ 6 % de la production de crédits à l'habitat en 2026. Celle-ci pourrait atteindre près de 175 milliards d'euros, un niveau inférieur à celui observé lors des périodes les plus dynamiques du marché.
Cette baisse s'explique à la fois par :
- un nombre réduit de transactions
- des critères d'octroi parfois plus exigeants
- une capacité d'emprunt en recul.
Les établissements bancaires restent attentifs au niveau d'endettement des ménages et à leur reste à vivre, ce qui limite l'accès au crédit pour certains profils.
Le rôle du crédit immobilier reste essentiel
Malgré cette évolution, le financement bancaire demeure le moteur principal du marché immobilier.
Au cours de la dernière décennie, près de 8 acquisitions sur 10 ont été réalisées grâce à un prêt immobilier. Toutefois, cette dépendance s'est réduite ces dernières années. La part des transactions financées par emprunt a fortement diminué depuis la remontée des taux, atteignant son niveau le plus faible depuis 2012 (65 %).
Cette situation témoigne des difficultés rencontrées par de nombreux acheteurs pour obtenir un financement adapté à leur projet.
Des prix immobiliers globalement stables malgré le ralentissement
Contrairement à certaines prévisions alarmistes, le marché immobilier ancien ne devrait pas connaître d'effondrement des prix en 2026.
Une légère correction attendue
Après plusieurs années de fortes variations, les prix devraient évoluer très modestement à l'échelle nationale.
Les projections du Groupe BPCE tablent sur un léger recul de l'ordre de 0,1 % à la fin de l'année. Cette baisse quasi imperceptible traduit un équilibre entre une demande moins soutenue et une offre qui demeure relativement limitée dans certaines zones attractives.
Le marché devrait donc davantage connaître une phase de stabilisation qu'une véritable correction.
Des écarts importants selon les territoires
Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois des situations très contrastées.
Les grandes métropoles, les villes moyennes attractives et certaines zones littorales continuent d'attirer les acheteurs, ce qui soutient les prix.
À l'inverse, les secteurs confrontés à une baisse démographique ou à un marché de l'emploi moins dynamique pourraient enregistrer des ajustements plus marqués.
Les disparités régionales devraient ainsi rester un élément clé de l'évolution du marché immobilier en 2026.
Les primo-accédants deviennent les acteurs majeurs du marché
Le profil des acheteurs évolue progressivement depuis plusieurs années.
Une présence renforcée des primo-accédants
Les ménages qui achètent leur première résidence principale occupent désormais une place centrale dans les transactions immobilières.
En 2025, leur niveau de financement a même dépassé celui observé avant la crise sanitaire. Plusieurs dispositifs de soutien à l'accession et une volonté forte de devenir propriétaire expliquent cette dynamique.
Les primo-accédants apparaissent aujourd'hui comme le principal moteur du marché ancien.
Investisseurs et secundo-accédants plus fragilisés
À l'inverse, d'autres catégories d'acheteurs rencontrent davantage de difficultés.
Les investisseurs locatifs doivent faire face :
- à des coûts de financement plus élevés
- à une rentabilité parfois réduite
- à des contraintes réglementaires croissantes
- à des exigences énergétiques renforcées.
Les secundo-accédants, qui souhaitent acheter un nouveau logement après la revente de leur résidence principale, sont également pénalisés par la hausse des taux et l'allongement des délais de vente.
Le marché du neuf reste confronté à de nombreux défis
Pendant que l'ancien ralentit, l'immobilier neuf peine toujours à retrouver son dynamisme.
Une offre insuffisante
La construction de logements reste freinée par plusieurs facteurs :
- le coût élevé du foncier
- l'augmentation des prix des matériaux
- les contraintes réglementaires
- la difficulté à équilibrer les opérations immobilières.
Même si les indicateurs liés aux permis de construire et aux mises en chantier montrent quelques signes d'amélioration, l'offre demeure insuffisante pour répondre à la demande.
Des prix encore trop élevés pour de nombreux ménages
Le neuf souffre également d'un positionnement tarifaire souvent inaccessible pour une partie des acheteurs.
Entre les exigences environnementales, les coûts de construction et les contraintes foncières, les prix restent élevés. De nombreux ménages se tournent alors vers l'ancien, considéré comme plus abordable malgré les travaux parfois nécessaires.
Vers une année de transition pour l'immobilier ancien
L'année 2026 devrait marquer une phase d'ajustement pour le marché immobilier ancien. La combinaison d'une conjoncture économique incertaine, d'une remontée des taux de crédit et d'un pouvoir d'achat immobilier sous pression devrait entraîner une baisse des transactions. Pour autant, les prix semblent appelés à rester globalement stables, évitant un retournement brutal du marché. Dans ce contexte, les primo-accédants pourraient continuer à jouer un rôle déterminant, tandis que les investisseurs et les secundo-accédants devront composer avec des conditions de financement plus contraignantes.