Hausse des taux en 2023 : passez par un courtier en crédit immobilier

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Les taux d’intérêts ont plus que quadruplé en un an et demi, plombant la capacité d’emprunt des ménages qui souhaitent financer leur projet immobilier. Plutôt que de frapper seul à la porte des banques pour tenter d’obtenir une offre de prêt, à défaut d'être la meilleure, sollicitez les services d’un professionnel : avec l’aide d’un courtier, vous optimisez vos chances de décrocher le graal, tout en bénéficiant d’un suivi complet et de conseils avisés.

Crédit immobilier : toujours plus cher

De 1% (hors assurance emprunteur et autres frais de garantie) en décembre 2021, le taux moyen sur 20 ans tourne autour de 4,30% alors que novembre va s’amorcer, avec un taux d’usure fixé à 5,91%. Le coût du crédit immobilier subit une augmentation spectaculaire en un temps record, tirant la capacité d’emprunt des ménages vers le bas.

Voici l’évolution du coût d’un prêt immobilier de 200 000€ sur 20 ans sur la base des seuls intérêts :

 

 

Taux nominal moyen sur 20 ans

Coût des intérêts

Augmentation

(d’une période à l’autre)

Décembre 2021*

0,99%

20 535€

 

Août 2022*

1,85%

39 429€

+92%

Décembre 2023*

2,30%

49 703€

+26,05%

Août 2023*

3,92%

88 851€

+78,76%

Octobre 2023**

4,15%

94 678€

+6,55%

*chiffres Observatoire Crédit Logement/CSA
**projection

Le coût d’un même crédit a été multiplié par plus de 4 en moins de deux ans. Certains ménages s’autocensurent en annulant ou reportant leur projet immobilier dans une période de renchérissement constant du loyer de l’argent. D’autres font un choix judicieux en faisant appel à un courtier. 

Le courtier en crédit : un tiers de confiance

Selon une étude de l’Apic (Association des intermédiaires en crédit) réalisée en juin dernier, 43% des emprunteurs ont été aidés par un courtier, une ou plusieurs fois. Cette part déjà importante est vouée à progresser dans les années à venir compte tenu des difficultés persistantes d’accès au crédit immobilier, liées dernièrement à la hausse des taux, mais aussi aux règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière). 

Depuis janvier 2021, le régulateur impose aux banques de respecter deux limites lors de l’octroi d’un prêt immobilier :

  • Le taux d’endettement est plafonné à 35% des revenus nets de l’emprunteur, avant impôt et assurance de prêt immobilier comprise.

  • La durée de remboursement ne peut excéder 25 ans, voire 27 ans dans le neuf ou dans l’ancien avec travaux de rénovation importants.

Dans cette même étude, 72% des personnes interrogées considèrent que les normes du HCSF compliquent et retardent la mise en place de leur projet. Si la recherche d’un taux performant reste un élément important, le recours à un courtier revêt toute son importance par un besoin global d’accompagnement, dans un environnement réglementaire moins favorable. 

Le courtier apporte expertise tout au long du processus. Lui seul sait quelle banque est plus réceptive à tel ou tel profil d’emprunteur. Il saura mettre les établissements en concurrence mais aussi frapper à la bonne porte.

Le courtier vous aide au préalable à monter votre dossier de prêt (pièces justificatives à joindre, durée d’emprunt, assurance emprunteur), recherche les éventuelles aides financières auxquelles vous êtes éligible (PTZ et autres prêts aidés),  et pourra vous fournir une attestation de financement, exigée par les vendeurs fin 2023. Ce document certifie que vous êtes en capacité d’emprunter et va donc rassurer le vendeur du bien que vous convoitez, lui évitant de perdre son temps avec un acheteur peu crédible.

Qui paie le courtier pour un prêt ?

Les comparateurs de prêt immobilier n’offrent qu’une simple mise en relation et vous permettent de comparer les taux affichés par les banques à l’instant T. Le courtier propose un accompagnement complet pour l’ensemble de vos démarches, du montage du dossier de financement jusqu’à la négociation de l’offre de prêt en valorisant vos points forts.

Cet intermédiaire est rémunéré par la banque en tant qu’apporteur d’affaires. Cette rémunération correspond à un pourcentage du montant du prêt immobilier, qui oscille entre 0,5% et 0,8%, le plus souvent plafonné à 3 000€. De votre côté, vous êtes redevable des frais de courtage pour le service apporté : ceux-ci se situent généralement autour de 1% du montant du prêt ; ils dépendent de l’aide fournie et de la difficulté du dossier, et ne sont dus qu’à compter du déblocage des fonds ou après la signature de l’acte notarié.

Attention toutefois aux frais de courtage abusifs qu’on a pu observer dernièrement et qui visaient à rémunérer le service de conseil, quand bien même le prêt n’aurait pas été obtenu.

Facilitateur et bon conseiller, le courtier est votre allié pour décrocher le financement de votre projet immobilier. Le coût de cet accompagnement est largement compensé par les économies que vous allez réaliser, et même s’il n’est pas tenu à une obligation de résultat, vous optimisez vos chances de convaincre la banque en faisant appel à cet expert du crédit.

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Nouvelles règles en 2026 pour la rupture conventionnelle : quel impact sur votre assurance emprunteur ?

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Des durées d'indemnisation réduites selon votre âge Moins de 55 ans : la durée maximale passe de 18 à 15 mois, soit 3 mois de moins. 55 ou 56 ans : la durée passe de 22,5 à 20,5 mois, une réduction de 2 mois. 57 ans et plus : c'est la tranche la plus impactée, avec une chute de 27 mois à 20,5 mois — près de 6 mois et demi d'indemnisation en moins. Un accompagnement renforcé en contrepartie À la demande de la CFDT, l'accord prévoit la mise en place d'un accompagnement personnalisé et intensif assuré par France Travail pour les demandeurs d'emploi issus d'une rupture conventionnelle. Ces mesures devraient permettre de dégager 20 millions d'euros d'économies dès la première année, pour atteindre 940 millions d'euros par an à terme, selon les premières estimations. Rupture conventionnelle et assurance emprunteur : les règles à connaître La garantie perte d'emploi, option facultative de l'assurance emprunteur, couvre le remboursement des mensualités de crédit immobilier en cas de chômage involontaire. Mais elle ne s'applique pas automatiquement à la rupture conventionnelle, et les changements de 2026 renforcent l'importance de bien vérifier votre contrat. Les conditions générales de la garantie perte d'emploi Cette garantie est réservée aux salariés en CDI hors période d'essai. Elle est soumise à 2 délais clés : un délai de carence (6 à 12 mois après la date de souscription) un délai de franchise (3 à 6 mois après la perte d'emploi). Durant ces périodes, les mensualités restent entièrement à votre charge. Une fois les délais échus, la garantie perte d’emploi peut vous prendre en charge les mensualités du crédit immobilier (selon les contrats) : entre 30% et 80% du montant de la mensualité sur une durée maximale de 18 mois consécutifs Ce que dit réellement votre contrat sur la rupture conventionnelle La prise en charge dépend avant tout des termes exacts de votre assurance : Si votre contrat exclut expressément la rupture conventionnelle, aucune indemnisation n'est possible. S'il conditionne la garantie à une indemnisation par France Travail, vous pouvez être couvert, car la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage. Si le contrat ne mentionne rien sur ce cas, la jurisprudence considère généralement que la rupture conventionnelle, étant une décision conjointe, ne constitue pas une perte d'emploi subie ouvrant droit à la garantie. Pourquoi les changements 2026 sur la rupture conventionnelle modifient la donne pour votre prêt immobilier Avec la réduction de la durée d'indemnisation chômage, la période pendant laquelle un emprunteur ayant signé une rupture conventionnelle percevra des allocations est désormais plus courte. Cela signifie concrètement que la fenêtre de protection financière se réduit et que les mensualités du prêt risquent de ne plus être couvertes. Les emprunteurs de 57 ans et plus, les plus exposés Pour les emprunteurs de 57 ans et plus, la situation est particulièrement sensible : perdre près de 6 mois et demi d'indemnisation peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de mensualités non couvertes. Or, ce sont souvent des profils qui disposent encore de crédits immobiliers en cours, avec des montants d'emprunt parfois significatifs. Un profil d'emprunteur particulièrement concerné D'après l'Unedic, les personnes qui signent une rupture conventionnelle sont en moyenne plus jeunes et plus diplômées que l'ensemble des allocataires, avec des droits plus longs et une indemnisation journalière plus élevée (53 euros bruts contre 39 en moyenne). Ces profils, quand ils sont propriétaires avec un crédit en cours, sont donc directement dans la ligne de mire de ces nouvelles règles. Prenons comme exemple un emprunteur de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle avec son employeur et couvert par une assurance de prêt qui peut agir en cas de rupture conventionnelle :  France Travail l’indemnise pour une durée maximale de 15 mois, conformément aux nouvelles règles. La garantie perte d’emploi de l’assurance entre en jeu après 6 mois de franchise.  Elle couvre partiellement les mensualités du crédit pour une durée pouvant aller jusqu’à 18 mois, si l’emprunteur est toujours indemnisé par France Travail à l’issue de la période d’allocations chômage en cas de rupture conventionnelle. Comment adapter votre assurance emprunteur face aux nouvelles règles d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle Face à ce nouveau contexte, plusieurs démarches s'imposent avant d'envisager une rupture conventionnelle. Vérifiez votre contrat d'assurance emprunteur Relisez attentivement les conditions générales, la notice d'information et la fiche standardisée d'information (FSI) pour identifier si la rupture conventionnelle est explicitement mentionnée, exclue ou conditionnée à une indemnisation France Travail. En cas de doute, demandez une confirmation écrite à votre assureur ou votre courtier en assurance emprunteur. Profitez de la loi Lemoine pour changer de contrat Depuis 2022 et les dispositions de la loi Lemoine, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités, dès lors que les garanties du nouveau contrat sont au moins équivalentes. C'est une opportunité concrète pour renforcer votre couverture si vous envisagez une rupture conventionnelle dans les prochains mois. Anticipez avec votre banque et vos allocations chômage Si votre assurance ne couvre pas la rupture conventionnelle, contactez votre conseiller bancaire pour étudier un aménagement des mensualités :  suspension temporaire report ou modulation d'échéances de prêt immobilier.  Parallèlement, n'attendez pas pour vous inscrire auprès de France Travail : la rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE (Aide au Retour à l’Emploi) et chaque semaine de délai est une semaine d'indemnisation perdue. Ce qu’il faut retenir Les changements prévus en 2026 sur l'indemnisation chômage après rupture conventionnelle réduisent significativement la durée de protection financière des salariés concernés, en particulier pour les plus de 57 ans. Pour les emprunteurs immobiliers, cela peut fragiliser le remboursement du crédit si la garantie perte d'emploi n'est pas correctement adaptée. Avant de signer une rupture conventionnelle, vérifiez systématiquement les clauses de votre assurance emprunteur, évaluez vos droits à l'indemnisation chômage selon votre âge et votre ancienneté, et consultez un courtier spécialisé. Une anticipation rigoureuse reste le meilleur moyen de préserver votre équilibre financier et la sécurité de votre bien immobilier.

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Crédit immobilier : le HCSF maintient le taux d’endettement à 35%

Le message est clair : les règles d’octroi des prêts immobiliers ne seront pas modifiées. Réuni le 3 mars, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a confirmé le maintien du cadre actuel, estimant que les dispositifs en place assurent un équilibre satisfaisant entre soutien au marché immobilier et prévention des risques financiers. Malgré les demandes d’assouplissement formulées par certains professionnels, l’autorité macroprudentielle considère que les garde-fous instaurés depuis 2022 remplissent leur rôle. Le taux d’endettement maximal reste fixé à 35 %, la durée des crédits à 25 ans (hors exceptions encadrées), et la marge de flexibilité à 20 % de la production trimestrielle des banques. Des règles de financement maintenues en l’état Un cadre instauré depuis 2022 Depuis le 1er janvier 2022, les établissements bancaires doivent respecter des critères stricts lorsqu’ils accordent un prêt immobilier. Deux paramètres structurants s’imposent : une durée maximale de remboursement de 25 ans (27 ans en cas de différé lié à une VEFA ou à des travaux dont l’enveloppe représente au moins 10% du montant de l’opération) ; un taux d’endettement ou taux d’effort plafonné à 35 %, assurance emprunteur incluse. Ce taux d’endettement correspond à la part des revenus consacrée au remboursement du ou des prêts. Concrètement, un ménage ne peut pas affecter plus de 35 % de ses revenus nets mensuels au service de sa dette immobilière. Pour le HCSF, ces limites constituent un socle de prudence indispensable, notamment dans un environnement marqué par la volatilité des taux d’intérêt observée ces dernières années. Une reprise jugée “saine” du marché immobilier L’argument central avancé par l’institution repose sur la dynamique récente du crédit. Selon les données communiquées lors du point presse, la production de prêts destinés à financer l’immobilier résidentiel aurait progressé de 33 % en 2025 par rapport à 2024. Cette hausse est interprétée comme le signe d’un redémarrage maîtrisé du marché. Autrement dit, la réglementation actuelle n’entrave pas la distribution de crédits, contrairement aux critiques émises en 2023 et 2024, lorsque la contraction du marché était marquée. Pour le HCSF, le marché a retrouvé un “rythme de croisière” compatible avec la stabilité financière, sans emballement excessif ni blocage structurel. Le taux d’endettement à 35 % : un pilier inchangé Pourquoi ce plafond est stratégique Le taux d’effort plafonné à 35 % vise à prévenir le surendettement des ménages. Il s’agit d’un outil macroprudentiel destiné à limiter l’accumulation de risques systémiques dans le secteur bancaire. En période de hausse des taux ou de ralentissement économique, un taux d’effort trop élevé fragilise les emprunteurs et, par ricochet, les établissements prêteurs. Le maintien de cette limite répond donc à une logique de stabilité globale du système financier. Pour les banques, cette contrainte implique une analyse fine : des revenus stables et pérennes  du reste à vivre après remboursement  de la nature du projet financé  de l’apport personnel mobilisé. Le HCSF considère que ce niveau de 35 % demeure adapté au contexte économique actuel. Les courtiers en crédit ne cessent de rétorquer au HCSF qu’un ménage avec des revenus confortables peut s’endetter au-delà de la norme et conserver un reste à vivre très suffisant, tandis qu’un foyer au Smic ne peut vivre décemment s’il atteint ce plafond. Ce travail d’appréciation visant à prévenir les défauts de paiement a toujours été effectué par les banques sans qu’il y ait besoin de l’encadrer. Rappelons que le taux d’impayés en France est le plus faible de la zone euro (autour de 0,50% de la production de crédits immobiliers). Bon à savoir : un moyen très efficace de réduire le taux d'endettement est faire jouer la délégation d'assurance emprunteur. Les offres des alternatifs sont en effet jusqu'à 4 fois moins chères que les propositions des bancassureurs. Une norme qui ne serait pas “excessivement contraignante” Face aux critiques évoquant un accès au crédit trop restrictif, l’autorité estime que la réglementation n’entrave pas excessivement l’activité bancaire. L’un des indicateurs clés mis en avant est le taux d’utilisation de la marge de flexibilité. En moyenne, les banques mobilisent 17,1 % des 20 % autorisés (lire plus bas). Ce chiffre, en légère progression sur un an, reste en dessous du plafond réglementaire. Pour le HCSF, cette sous-utilisation démontre que les établissements disposent encore de marges de manœuvre significatives. La marge de flexibilité de 20 % : un levier encadré Un dispositif dérogatoire structuré Pour éviter un effet de rigidité excessive, le régulateur a introduit une soupape : 20 % des nouveaux crédits distribués chaque trimestre peuvent déroger aux critères standards (durée ou taux d’endettement). Cette flexibilité n’est toutefois pas laissée à la discrétion totale des banques. Elle obéit à une répartition précise : 70 % de cette enveloppe doivent concerner l’acquisition d’une résidence principale  au sein de ces 70 %, 30 % sont réservés aux primo-accédants. En volume global, cela signifie : 14 % de la production totale de crédits peuvent financer une résidence principale en dérogation ; 6 % de la production totale sont théoriquement fléchés vers les primo-accédants. L’objectif est clair : soutenir l’accession à la propriété tout en encadrant le risque. Une enveloppe encore sous-utilisée Le constat du HCSF est sans ambiguïté : les banques n’exploitent pas pleinement cette latitude. Avec un taux d’utilisation moyen de 17,1 % sur les 20 % autorisés, le système n’est pas saturé. Pour l’institution, cela prouve que les établissements n’ont pas besoin d’un relèvement du plafond pour financer davantage de dossiers atypiques. En d’autres termes, avant d’envisager un assouplissement réglementaire, il existe déjà des capacités inexploitées dans le cadre actuel. Investissement locatif : une flexibilité encore plus large Une marge spécifique de 6 % S’agissant de l’investissement locatif, la réglementation prévoit une part dédiée au sein de la flexibilité globale. Cette enveloppe représente 6 % de la production totale de crédits. Or, selon les chiffres communiqués, seulement 3,5 % seraient effectivement mobilisés à ce titre. Le potentiel de financement supplémentaire est donc loin d’être épuisé. Pour le HCSF, cet écart montre que les conditions d’octroi ne constituent pas le principal frein à l’investissement locatif. D’autres facteurs — rentabilité, fiscalité, contexte économique — jouent un rôle plus déterminant. Pas de justification pour un assouplissement Compte tenu de cette sous-utilisation, l’autorité ne voit pas de motif objectif pour modifier les règles. Les banques disposent, en théorie, de la latitude nécessaire pour accompagner les projets locatifs lorsque les dossiers présentent des fondamentaux solides. Ainsi, la décision de maintenir le cadre actuel repose sur un raisonnement quantitatif : tant que les marges disponibles ne sont pas intégralement utilisées, un relâchement des contraintes ne se justifie pas. Quels impacts pour les emprunteurs en 2026 ? Un cadre stable et prévisible Pour les ménages, la principale conséquence est la stabilité réglementaire. Les critères d’octroi restent identiques. Cette visibilité est un élément positif dans un environnement où les taux d’intérêt et les prix immobiliers ont fortement fluctué ces dernières années. Une sélection toujours exigeante En revanche, les emprunteurs aux profils atypiques doivent continuer à composer avec une analyse rigoureuse : revenus variables ou indépendants  projets d’investissement locatif avec cash-flow tendu  taux d’endettement proche du seuil maximal. Dans ces situations, la décision dépendra largement de la politique interne de la banque et de sa gestion de la marge de flexibilité trimestrielle.

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Crédit immobilier : toutes les infos pour emprunter en mars 2026

Le marché du crédit immobilier entre dans une phase de stabilisation en ce début de printemps. Si les taux ne s'inscrivent plus dans une dynamique de baisse franche, les conditions d'emprunt restent favorables, notamment grâce aux efforts ciblés de certaines banques en direction des primo-accédants. Pour combien de temps ? La guerre en Iran va inévitablement affecter les marchés financiers et provoquer une tension sur les taux d’intérêts. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans un projet d'achat immobilier en mars 2026. Des taux de crédit immobilier stables, plus attractifs pour les bons profils Quels taux moyens en mars 2026 ? Après plusieurs mois de fluctuations, les taux de crédit immobilier semblent avoir trouvé un point d'équilibre. Selon les barèmes compilés par les courtiers, les emprunteurs peuvent espérer décrocher, en moyenne (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : Sur 15 ans : entre 3,18 % et 3,45 % Sur 20 ans : entre 3,28 % et 3,50 % Sur 25 ans : entre 3,38 % et 3,60 % Des écarts importants selon les banques et les profils Ces chiffres varient néanmoins sensiblement selon les établissements. Ces écarts s'expliquent par les politiques commerciales propres à chaque banque en matière de prêt immobilier, mais aussi par les profils des emprunteurs et les disparités régionales. Soigner son dossier pour décrocher le meilleur taux Pour les dossiers solides, les décotes peuvent être significatives, avec des valeurs plus performantes que les taux moyens. Autrement dit, soigner son dossier — stabilité professionnelle, apport suffisant, taux d'endettement maîtrisé — peut faire une réelle différence au moment de négocier. Voici les taux bruts que peuvent négocier les meilleurs profils : Sur 15 ans : jusqu’à 2,80 % Sur 20 ans : autour de 3 % Sur 25 ans : 3,15 % Les banques à l’offensive Des baisses de taux ciblées en février et mars Dans ce contexte de stabilité globale, deux grandes banques nationales ont choisi de faire un mouvement significatif. La Banque Postale a réduit ses taux de crédit immobilier de 0,25 % en février, puis de 0,20 % supplémentaires en mars. De son côté, la Société Générale a abaissé ses barèmes de 0,10 % sur les deux mois. Un rôle de baromètre pour le marché Ces décisions ne sont pas anodines. Ces établissements répercutent plus sensiblement que les autres les évolutions des conditions de financement, ce qui leur confère un rôle de véritable baromètre du marché. Leur engagement traduit une volonté d'attirer de nouveaux emprunteurs, en particulier parmi les primo-accédants et les ménages de la classe moyenne. Des critères d'entrée assouplis Pour y parvenir, ces banques ont également revu leurs exigences à la baisse : certaines acceptent désormais un apport personnel de seulement 10 %, sans obligation de justifier d'une épargne préalable importante.  Cette évolution notable ouvre concrètement la porte à des profils autrefois freinés par des conditions trop strictes, en particulier les primo-accédants qui sont souvent des jeunes ménages sans épargne. Un environnement financier plus serein… mais pour combien de temps ? L'OAT 10 ans en repli : une bonne nouvelle pour les emprunteurs Cette tendance à la stabilisation des taux est en partie liée à l'évolution de l'OAT à 10 ans, le taux d'emprunt d'État qui sert de référence aux banques pour fixer leurs barèmes. Depuis le début du mois de février, cet indicateur est orienté à la baisse, ce qui allège mécaniquement le coût de refinancement des établissements bancaires. Le budget 2026 rassure les marchés L'adoption du budget de finances 2026 par le gouvernement a par ailleurs contribué à apaiser les marchés financiers, facilitant les conditions dans lesquelles les banques se financent elles-mêmes.  Le printemps, une saison stratégique pour négocier Le printemps est traditionnellement une période charnière pour le secteur immobilier, et les banques sont soucieuses de ne pas rater leur année. Autant dire que les candidats à l'achat ont tout intérêt à surveiller de près les annonces à venir. Le risque sur les taux avec la guerre en Iran La stabilité des taux est attendue pour les prochains mois, mais voilà que la guerre en Iran induit un aléa économique majeur qui va peser sur l’économie mondiale. C'est systématiquement par le pétrole que l'onde de choc se propage aux marchés financiers. Une progression durable des cours du brut ne reste jamais cantonnée au secteur énergétique : elle se diffuse progressivement à l'ensemble de l'économie en alourdissant les coûts du fret, de la production manufacturière et des matières premières agricoles. L'effet inflationniste va peser sur les marges des entreprises comme sur le pouvoir d'achat des ménages. Une inflation élevée entraîne généralement une hausse des taux de crédit, car les banques centrales augmentent leurs taux directeurs pour limiter la quantité d’argent en circulation et freiner ainsi la hausse des prix. L'impact de la guerre en Iran sur le marché immobilier français se traduit par une réduction du pouvoir d'achat immobilier des emprunteurs (capacité d'emprunt diminuée) et des nouveaux crédits beaucoup plus coûteux. Les primo-accédants, chouchous des banques Le PTZ, toujours au cœur des dispositifs d'aide Le mouvement de soutien aux primo-accédants ne se limite pas à la baisse des taux. Il prend aussi la forme de dispositifs complémentaires, souvent cumulables entre eux, qui permettent de réduire significativement le coût total d'un crédit.  Le Prêt à taux zéro (PTZ), prolongé et élargi à la maison individuelle, reste l'un des leviers les plus puissants pour financer une première acquisition, combiné à des conditions avantageuses pour les projets de rénovation énergétique. Il peut financer jusqu'à 50 % du montant de l'opération et doit toujours être garanti par une assurance emprunteur, même en l'absence d'intérêts bancaires pour l'emprunteur. Des prêts bonifiés pour les moins de 35 ans À noter parmi les offres du moment : le Crédit Coopératif propose un prêt complémentaire de 20 000 euros à 0 % (dans la limite de 10 % du montant financé) pour les emprunteurs de moins de 35 ans bénéficiant du PTZ. Une aide concrète qui peut faire pencher la balance pour un jeune ménage hésitant. Des offres prolongées au-delà de décembre 2025 De nombreuses offres destinées aux primo-accédants (prêts bonifiés), initialement prévues pour prendre fin en décembre 2025, ont finalement été reconduites en 2026. Un signal fort pour tous ceux qui souhaitent franchir le cap de la propriété cette année. Assurance emprunteur : un levier souvent négligé pour réduire le coût du crédit Un poste de dépense qui pèse lourd dans le coût total Lorsqu'on parle de crédit immobilier, on se concentre naturellement sur le taux nominal. Pourtant, l'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût total d'un prêt immobilier. C'est un poste de dépense majeur, et surtout un levier d'optimisation puissant que de nombreux emprunteurs sous-estiment. La loi Lemoine : changer d'assurance à tout moment Depuis la loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat. Cette liberté accrue permet de mettre les offres du marché en concurrence et de réaliser des économies substantielles — parfois plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Délégation d'assurance : pourquoi ne pas rester avec sa banque ? La banque prêteuse propose systématiquement son contrat groupe lors de la souscription du crédit. Mais rien ne vous oblige à l'accepter : en vertu de la loi Lagarde de 2010, vous pouvez opter pour une délégation d'assurance de prêt, c'est-à-dire souscrire un contrat individuel auprès d'un assureur externe, souvent moins coûteux et mieux adapté à votre profil (âge, état de santé, profession). Bien souvent, la délégation est difficile à mettre en place par peur des réticences du prêteur et par ignorance des droits des emprunteurs. Pas de panique : grâce à la loi Lemoine, vous pouvez négocier dans un deuxième temps sans compromettre l’obtention du financement bancaire. Le TAEA : l'indicateur clé pour comparer les offres Pour comparer efficacement, il convient de se référer au TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance), un indicateur standardisé qui évalue le vrai coût de l'assurance, indépendamment du taux d'intérêt du prêt.  En mars 2026, face à des taux de crédit relativement proches d'un établissement à l'autre, c'est souvent sur l'assurance emprunteur que se joue la véritable compétitivité d'une offre globale. Ne signez jamais sans avoir comparé. Si vous avez un projet immobilier solide en ce début mars 2026, n’attendez pas ! Le climat géopolitique, déjà anxiogène mais aggravé par la guerre en Iran, va peser sur les conditions d’emprunt dans les prochaines semaines, à moins que le conflit soit résolu rapidement.