Prêt immobilier : difficile d’emprunter sans questionnaire de santé en 2023

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Entrée en application le 1er juin 2022, la loi Lemoine a redonné beaucoup d’espoir aux candidats à l’emprunt discriminés parce que malades ou anciens malades. La nouvelle réglementation élargit le droit à l’oubli et supprime le questionnaire de santé sous certaines conditions, mais les remontées du terrain font état de ratés à l’allumage. Voici les résultats édifiants de l’enquête menée par le magazine 60 Millions de consommateurs.

Loi Lemoine : mesures inclusives pour les emprunteurs

Avant d’aborder les difficultés rencontrées par certains emprunteurs pour bénéficier de la loi Lemoine, rappelons les deux mesures phares qu’elle contient :

  • La réduction du délai du droit à l’oubli : les personnes guéries d’un cancer n’ont pas à déclarer leur ancienne maladie dans le questionnaire de santé assurance prêt immobilier, passé un délai de 5 ans au lieu de 10 précédemment. Ce droit a été élargi à l’hépatite virale C.
  • La fin de la sélection médicale : pour les parts assurées de moins de 200 000€ remboursées avant les 60 ans de l’emprunteur, le questionnaire de santé est supprimé. L’assureur n’a plus le droit de rechercher aucune donnée relative à la santé du client.

La troisième mesure et non des moindres est la possibilité de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, c’était même l’intention première de la loi Lemoine. Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur peut résilier son assurance crédit immobilier quand il le souhaite, et ce, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt, pour la substituer par une offre moins chère à garanties équivalentes.

Suppression du questionnaire de santé : la loi mal interprétée

Le magazine 60 Millions de consommateurs a recueilli des témoignages d’emprunteurs s’estimant légitimes à bénéficier de la loi Lemoine, mais victimes d’obstacles à son application.

Selon l’association Séropotes, certains courtiers seraient mal informés, indiquant à leurs clients qu’il faut attendre le décret d’application. La loi Lemoine a été promulguée le 28 février 2022 et est entrée en vigueur le 1er juin 2022, aucun décret n’est attendu.

Âge limite en fin de prêt

Problème également sur la date de fin de prêt. L’association RoseUp qui accompagne les malades du cancer, et notamment les femmes victimes d’un cancer du sein, indique qu’une personne s’est vu refuser une assurance sans questionnaire de santé au prétexte que s’il demandait la suspension des mensualités du prêt, la limite des 60 ans serait dépassée. La loi est claire : « l’échéance de remboursement du crédit contracté est antérieure au soixantième anniversaire de l’assuré ». C’est la date de fin de prêt fixée à la signature de l’offre qui fait foi.

Montant maximum

Pour accéder à l’assurance de prêt immobilier sans questionnaire de santé, « La part assurée sur l’encours cumulé des contrats de crédit n’excède pas 200 000€ par assuré ». L’article 10 de la loi Lemoine peut être sujet à extrapolation, car il manque de clarté. La nature des encours n’est pas définie : comprend-elle les prêts à la consommation ? Certains assureurs intègrent ce type de crédit dans l’encours cumulé, ce qui peut outrepasser le plafond des 200 000€ et empêcher la personne d’accéder à l’assurance sans questionnaire de santé. Or, l’article 10 fait référence à l’article L.313-1 du code de la consommation qui concerne les contrats de crédit destinés au financement des immeubles à usage d’habitation ou usage mixte (habitation et professionnel).

Quotité

Banques et assureurs peuvent aussi jouer sur la quotité assurance de prêt, soit la part assurée par chacun en cas d’emprunt à deux. L’accès à l’assurance sans questionnaire de santé est possible si la part assurée par emprunteur n’excède pas 200 000€ ; en théorie, un couple qui emprunte 400 000€ (avec un terme avant leurs 60 ans) peut échapper à la sélection médicale si la quotité est de 50% sur chaque tête.

Malheureusement, la banque est souveraine en matière de garanties est de quotité, et peut ainsi imposer une quotité au-delà de 100% de la somme empruntée, ce qui oblige les candidats à devoir remplir le fameux questionnaire discriminant. 

Tarifs plus élevés sans questionnaire de santé

Autre effet de bord dénoncé, le fait de proposer une assurance avec questionnaire de santé pour bénéficier de tarifs plus avantageux, alors que la personne est éligible au dispositif qui permet d’éviter la sélection médicale. L’assureur peut ainsi détecter une personne avec des risques de santé et présenter ensuite un devis majoré, mais sans sélection médicale. Le questionnaire de santé « facultatif » n’est nullement une option ; dès lors que l’emprunteur respecte les conditions, il accède d’emblée à l’assurance sans questionnaire de santé.

Une chose est certaine, les contrats d’assurance de prêt immobilier sans questionnaire de santé sont plus chers que les autres en raison de la mutualisation des risques. C’est davantage vrai chez les assureurs alternatifs qui disposent de moins d’informations sur leurs clients que les banques. Ces dernières ont en effet un mouchard, le compte en banque, qui révèle les indemnités journalières de l’Assurance Maladie en cas d’arrêt de travail. Pour prévenir un taux de sinistralité élevé, les assureurs concurrents augmentent leurs tarifs en moyenne de 20%. Les emprunteurs jeunes et en bonne santé ont tout intérêt à rehausser la part assurable pour bénéficier d’une tarification ajustée.

Attention aux exclusions de garantie

Si les bancassureurs ont choisi de ne pas modifier leurs tarifs avec l’entrée en lice de la loi Lemoine, certains mégotent sur les garanties en excluant les maladies non objectivables (MNO), comme La Banque Postale-CNP qui s’était vantée de geler ses tarifs mais qui exclut les pathologies du dos (hernie discale, lombalgie, cervicalgie, sciatique, etc.). En cas d’arrêt de travail lié à une affection préexistante à la signature, l’emprunteur n’est pas couvert.

Pour Arnaud Chneiweiss, médiateur de l’assurance, il n’y a rien d’illégal, « l’assureur est libre de poser des exclusions de garanties ». Pour la fédération française des diabétiques, cette pratique « vide la loi de sa substance ». Rappelons toutefois que la plupart des contrats excluent les MNO (affections dorso-vertébrales, pathologies psychologiques et psychiatriques), mais que l’option rachat d’exclusion est souvent proposée moyennant une surprime assurance emprunteur.

La députée Patricia Lemoine, à l’initiative de la loi qui porte son nom, s’attendait à des effets de bords possibles, et les faits lui donnent raison. Le Sénat a introduit la suppression du questionnaire de santé sans étude d’impact. Il fallait que la loi soit validée avant la fin de la législature précédente.

Si uniquement les personnes malades ou anciennement malades accèdent à l’assurance sans questionnaire de santé, le principe de mutualisation perd son intérêt, et des dérives tarifaires sont à craindre. Or, un des objectifs de la loi était de rendre l’assurance emprunteur plus inclusive. Une évaluation de l’application de la loi Lemoine par le Comité Consultatif du Secteur Financier est attendue pour 2024 ; elle dira si des corrections sont nécessaires. Certaines associations de malades réclament déjà une refonte du dispositif puisque l’esprit de la loi a été détourné selon elles.

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Les banques centrales, la Banque Centrale Européenne en tête, maintiennent une politique monétaire prudente (taux de refinancement de la BCE maintenu à 2,15 %). Les taux obligataires français restent élevés, ce qui freine la baisse des taux immobiliers (OAT 10 ans à 3,70 % en avril 2026, marquant une hausse récente). La volatilité des marchés rend les établissements bancaires plus sélectifs dans leurs attributions de crédit. Ce que cela signifie concrètement pour votre emprunt En 2026, les taux de crédit immobilier oscillent autour de niveaux significativement plus élevés qu'en 2020-2021 (taux moyens, hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : Sur 15 ans : entre 3,20 % et 3,30 % Sur 20 ans : entre 3,35 % et 3,50 % Sur 25 ans : entre 3,45 % et 3,55 %. Pour un emprunt de 250 000 €, quelques dixièmes de point supplémentaires représentent des dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Plus que jamais, chaque décision doit être réfléchie et chaque poste, négocié. Préparer un dossier qui rassure les banques Les piliers d'un profil accepté Dans un environnement où les établissements bancaires restent sur leurs gardes, votre demande de prêt immobilier doit afficher une solidité irréprochable. Les critères fondamentaux restent identiques, mais leur examen est désormais plus rigoureux : Stabilité professionnelle : un CDI reste le passeport idéal ; les indépendants devront présenter plusieurs bilans comptables. Historique bancaire sain : aucun incident de paiement, pas de découvert bancaire, des comptes réguliers et maîtrisés. Épargne démontrée : une capacité à mettre de l'argent de côté rassure davantage que le solde brut d'un compte. Apport personnel : il doit couvrir au minimum les frais de notaire et de garantie, soit environ 10 % du prix du bien, parfois plus pour les profils atypiques. Le taux d'endettement : une règle à ne pas sous-estimer Le taux d'endettement reste fixé à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse. Dépasser ce plafond condamne la quasi-totalité des dossiers, à l'exception de quelques primo-accédants bénéficiant de dérogations accordées au cas par cas (marge de flexibilité sur les règles d’octroi, autorisée par le régulateur). Avant même de rencontrer un banquier : Soldez ou réduisez vos crédits à la consommation en cours. Évitez tout nouvel achat à crédit dans les 6 mois précédant votre demande. Calculez votre capacité d'emprunt avec précision, jusqu'au dernier euro. Constituez un apport personnel significatif. Taux fixe ou taux variable : que choisir en 2026 ? La solidité rassurante du taux fixe En France, le taux fixe d’un prêt immobilier constitue la norme et représente une protection réelle pour l'emprunteur. Contrairement à de nombreux pays anglo-saxons où la mensualité peut évoluer au gré des décisions des banques centrales, le système français garantit une mensualité stable du premier au dernier remboursement. Dans un contexte d'incertitude géopolitique persistante, cette prévisibilité prend une valeur supplémentaire. Le taux variable : un produit de niche Le crédit immobilier à taux variable existe encore sur le marché, le plus souvent assorti d'un cap de taux limitant la hausse ou la baisse maximale (taux capé à - ou + 1 ou 2 %). Mais il reste marginal et réservé à des profils très spécifiques : Emprunteurs prévoyant de revendre rapidement Projets à durée de détention courte Profils avec une forte capacité à absorber une éventuelle hausse de mensualité Pour la grande majorité des ménages, le taux fixe demeure le choix le plus prudent, surtout en période d'instabilité mondiale. L'assurance de prêt immobilier : un levier d'économies souvent négligé Un coût qui peut dépasser 30 000 € sur la durée du prêt L'assurance emprunteur est souvent traitée comme une formalité. C'est une erreur, il s’agit du deuxième coût après les intérêts d’emprunt, soit généralement des milliers d’euros sur la durée de remboursement. La bonne nouvelle : la loi vous donne désormais tous les outils pour agir. Comment optimiser ce poste Délégation d'assurance dès la signature : vous n'êtes pas obligé d'accepter le contrat groupe de votre banque (loi Lagarde). Résiliation à tout moment : depuis la réforme Lemoine de 2022, changer d'assurance emprunteur en cours de prêt est devenu simple et accessible. Comparaison sur les garanties réelles : 2 contrats affichant le même taux peuvent couvrir des risques très différents. Révision régulière : votre profil de risque évolue avec le temps ; revisiter son contrat après quelques années peut générer plusieurs milliers d'euros d'économies. 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Baisse du pouvoir d'achat en 2026 : plutôt qu'allonger votre prêt, optimisez votre assurance emprunteur

Face à la hausse des taux d’intérêts, aux prix immobiliers toujours élevés et au climat économique anxiogène, les ménages français ajustent leurs stratégies d'emprunt. Le premier trimestre 2026 marque un tournant : selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, la durée moyenne des prêts immobiliers atteint 252 mois, soit 21 ans — un niveau jamais enregistré jusqu'ici. Pour la moitié des financements, la durée se hisse à 25 ans ou plus, dans le trait du plafond réglementaire. L'allongement de la durée de remboursement s'impose comme le levier d'adaptation pour maintenir des mensualités accessibles. Mais cette solution, efficace à court terme, alourdit mécaniquement le coût total du crédit. Il existe une autre option pour faire baisser le coût d’un crédit immobilier : la délégation d’assurance emprunteur. Un prêt immobilier sur deux signé sur 25 ans ou plus Des chiffres historiques au premier trimestre 2026 Les données publiées le 16 avril 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA sont sans ambiguïté : 49 % des prêts immobiliers accordés en mars 2026 portent sur une durée de 25 ans ou plus. La durée moyenne a progressé de 6 mois en un an, atteignant 252 mois. Plus de 81,7 % des crédits sont désormais contractés sur 20 ans ou davantage. L'observatoire qualifie ces résultats de « niveaux les plus élevés jamais observés ». La part des prêts à 25 ans et plus avait culminé à 51,1 % en 2024, tandis que la tranche des 20-25 ans est passée de 27,9 % à 32,7 % sur la même période. Répartition des durées de prêt en mars 2026  Durée du prêt Part sur l’ensemble des crédits immo Moins de 10 ans 0,9 % De 10 à 15 ans 6,6 % De 15 à moins de 20 ans 10,8 % De 20 à moins de 25 ans 32,7 % 25 ans ou plus 49 % Source : Observatoire Crédit Logement – CSA, mars 2026 Les prêts courts (moins de 15 ans) ne représentent plus que 7,5 % de la production, confirmant leur marginalisation progressive sur le marché. Pour rappel, la durée maximale légale d’un prêt immobilier est de 25 ans, selon les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière. Elle peut toutefois aller jusqu’à 27 ans en cas de jouissance décalée du bien (achat en VEFA, achat dans l’ancien avec travaux dont le montant représente au moins 10% de l’opération). Pourquoi les Français empruntent-ils sur des durées toujours plus longues ? Une réponse directe à l'érosion du pouvoir d'achat immobilier Plusieurs facteurs combinés contraignent les emprunteurs à étaler leur prêt immobilier sur de longues périodes : Des taux d'intérêt encore élevés, qui amputent la capacité d'emprunt Des prix immobiliers qui ne reculent pas, notamment dans les grandes agglomérations Un environnement économique incertain, qui pousse les ménages à freiner leurs projets  Des critères d'octroi stricts, imposés par les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) En allongeant la durée du prêt, l'emprunteur réduit ses mensualités et se maintient sous le plafond légal du taux d'endettement de 35 % (assurance emprunteur comprise), condition indispensable à l'obtention du financement. Les banques contraintes de redoubler d'efforts Habituellement, le printemps stimule les offres commerciales bancaires pour capter les projets immobiliers saisonniers. En 2026, les établissements de crédit ont dû aller plus loin face à un repli marqué de la demande. L'Observatoire Crédit Logement/CSA souligne que « les banques ont dû faire encore plus, face au repli de la demande de crédits, alors que les ménages freinent leurs projets dans le climat anxiogène actuel ». Réduire le coût de son crédit autrement : la délégation d'assurance emprunteur Une alternative souvent négligée à l'allongement de durée Si étaler son prêt sur 25 ans permet de contenir les mensualités, cela augmente significativement la facture finale. Il existe pourtant un levier bien moins coûteux et trop souvent ignoré : la délégation d'assurance emprunteur. Cette démarche consiste à souscrire son assurance de prêt auprès d'un assureur externe plutôt qu'auprès de la banque prêteuse. Les avantages sont concrets : Des économies pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du crédit Des garanties équivalentes, voire supérieures, à celles proposées par l’assurance de groupe proposée par l’établissement bancaire Une liberté de résiliation annuelle, garantie par la loi Lemoine depuis 2022, permettant de changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment Pour une mensualité autour de 1 070 €, la durée de remboursement d’un prêt immobilier de 200 000 € peut être réduite de 25 à 23 ans en négociant le taux d’assurance de 0,34 % à 0,10 % (profil jeune et sans risque spécifique) grâce à la délégation. Ce que dit la loi Lemoine Quand la délégation d’assurance se révèle difficile à mettre en place lors de la demande de financement, elle peut se faire dans un deuxième temps. Depuis le 1er septembre 2022 (loi Lemoine), tout emprunteur peut résilier son contrat d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais, à condition de présenter un contrat de substitution offrant des garanties au moins équivalentes. Cette réforme majeure a ouvert la concurrence sur un marché longtemps dominé par les bancassureurs, au bénéfice direct des ménages. Les économies manquées initialement peuvent être réalisées a posteriori grâce à la loi Lemoine. Accès à la propriété : une mutation structurelle du marché Un endettement étalé sur plusieurs décennies Le basculement vers des crédits longs traduit une transformation profonde du modèle d'accession à la propriété en France. Acheter un bien immobilier repose désormais davantage sur la capacité à s'engager financièrement sur le long terme que sur une épargne préalable solide. Ce changement emporte plusieurs conséquences directes : Un coût total du crédit alourdi : plus la durée est longue, plus les intérêts versés sont importants. Un endettement prolongé : les primo-accédants restent engagés bien au-delà de la cinquantaine. Une sensibilité accrue aux fluctuations économiques sur toute la durée du remboursement. Une tendance qui s'ancre durablement La montée en puissance des prêts sur 25 ans ou plus — passés de valeurs marginales à près d'un crédit sur deux — signe une reconfiguration structurelle du marché, et non un simple effet conjoncturel. Tant que les prix immobiliers resteront à leurs niveaux actuels et que les taux ne baisseront pas significativement, l'allongement des durées continuera de constituer le principal mécanisme d'ajustement. Dans ce contexte, optimiser chaque poste de coût — à commencer par l'assurance emprunteur — devient une priorité pour tous les ménages qui empruntent.

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Hausse des forfaits médicaux en mars et avril 2026 : quel impact sur les mutuelles santé ?

Depuis le 1er mars 2026, les patients français font face à une nouvelle ponction sur leur budget santé. Trois forfaits médicaux ont été relevés de manière très significative (forfait journalier hospitalier, FPU et forfait actes lourds), avec des répercussions directes sur les remboursements et, in fine, sur le montant des cotisations versées aux complémentaires santé. Une participation forfaitaire en forte hausse Ce que prévoit le décret Un décret publié au Journal officiel le 31 mars 2026 officialise le relèvement de la participation forfaitaire applicable aux actes de soins dits "lourds". Concrètement, cette somme, qui représente la part non prise en charge par l'Assurance maladie obligatoire, grimpe de 24 à 32 euros, soit une augmentation de 33 % en un seul mouvement. Ce forfait s'applique à tous les actes médicaux dont le tarif atteint ou dépasse 120 euros, quel que soit le lieu où ils sont pratiqués : En cabinet médical En centre de santé À l'hôpital ou en clinique Au domicile du patient Cette mesure ne survient pas de manière isolée. Elle fait suite à 2 autres hausses intervenues le 1er mars 2026 : forfait journalier hospitalier : de 20 € à 23 € (de 15 € à 17 € en service psychiatrique) forfait patient urgences : de 19,61 € à 23 € (de 8,49 € à 9,96 € pour le forfait minoré pour les personnes vulnérables ou en ALD) En l'espace de quelques semaines, les patients se retrouvent donc confrontés à un alourdissement significatif de leur reste à charge. Un reste à charge qui pèse sur les ménages Dans la grande majorité des situations, c'est la complémentaire santé (mutuelle ou assurance) qui prend en charge cette participation forfaitaire, notamment dans le cadre des contrats dits "mutuelles responsables".  Ces contrats, qui bénéficient d'avantages fiscaux et sociaux, imposent aux organismes complémentaires de couvrir certaines dépenses non remboursées par la Sécurité sociale. En conséquence, lorsque la participation forfaitaire augmente, les complémentaires santé doivent assumer une charge financière plus importante. Et ce surcoût se répercute mécaniquement sur les cotisations payées par les assurés. Les patients et associations tirent la sonnette d'alarme Une grogne qui monte France Asso Santé, qui regroupe et représente les associations de patients à l'échelle nationale, n'a pas tardé à exprimer son indignation. Dans un communiqué publié dès le 20 février, la fédération interpelle les pouvoirs publics en ces termes : "Jusqu'où fera-t-on payer les malades ?", qualifiant la mesure d'"injuste et profondément choquante". La colère est d'autant plus vive que ces hausses successives ciblent précisément les personnes qui ont le plus besoin de recourir au système de soins : celles qui subissent des actes médicaux complexes et coûteux, souvent dans des contextes de pathologies sérieuses. Des hausses de cotisations inévitables Pour les assurés, la conséquence pratique est claire : les cotisations versées à leur mutuelle ou leur assurance santé vont augmenter. Les organismes complémentaires n'ont en effet pas d'autre choix que de répercuter sur leurs adhérents le surcroît de dépenses lié aux transferts de charges. Les personnes les plus exposées à ces hausses sont notamment : Les patients atteints de maladies chroniques nécessitant des actes réguliers et coûteux. Les assurés dont les contrats responsables couvrent intégralement la participation forfaitaire. Les ménages à revenus modestes, pour qui chaque euro de cotisation supplémentaire représente un effort réel. Réformer la mutuelle responsable Une mission de refonte en cours Face aux critiques convergentes des mutuelles, des assurances et des associations de patients, le gouvernement a pris un engagement : revoir en profondeur le contenu du contrat responsable. Pour préparer cette réforme, une mission dédiée à l'articulation entre l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé a été lancée en février 2026. L'objectif affiché est de mieux définir les responsabilités respectives de chaque acteur du financement des soins, afin de rééquilibrer un système jugé de plus en plus déséquilibré au détriment des patients et des complémentaires. Un chantier qui s'annonce complexe La refonte du contrat responsable constitue un dossier délicat, qui implique de nombreux acteurs aux intérêts divergents. D'un côté, l'État cherche à réduire le déficit de l'Assurance maladie sans alourdir directement les prélèvements obligatoires. De l'autre, les mutuelles, les assureurs, les syndicats et les associations de patients réclament davantage de transparence et d'équité dans la répartition des charges. En attendant les conclusions de cette mission, les assurés devront composer avec une réalité immédiate : des soins moins bien remboursés et des cotisations à la hausse, dans un contexte où le pouvoir d'achat reste une préoccupation centrale pour de nombreux Français.