Immobilier : comment acheter à deux quand on vit en concubinage ?

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L'achat immobilier en commun est un des grands projets de la vie d'un couple. Quand on n'est ni marié ni pacsé, cet acte comporte des risques en cas de séparation ou de décès d'un des deux. Voici les précautions à prendre quand on acquiert un logement en concubinage.

 

Rappel sur la définition de concubinage : aucun statut juridique ni fiscal

Longtemps, le droit français a ignoré les situations de concubinage, ne reconnaissant que le mariage comme statut officiel. Les choses ont heureusement évolué, le mariage est une des trois formes de couples reconnues par le droit avec :

  • l'union libre ou en concubinage,
  • le Pacs (Pacte civil de solidarité), une situation intermédiaire créée par la loi du 15 novembre 1999, définit comme "un contrat conclu entre deux personnes physiques majeures de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune".

Cette même loi apporte aussi une définition de l'union libre. Selon l'article 515-8 du Code civil, "le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple". 

Le concubinage n'est subordonné à aucun formalisme, pas de cérémonie, ni de déclaration comme l'impose le mariage ou le Pacs, et la rupture se fait elle aussi sans forme, par décès ou séparation. Il est toutefois possible d'établir un certificat de vie commune ou de concubinage à la mairie par de simples justificatifs de domicile ou l’attestation de témoins. Ce document est utile notamment pour percevoir des aides sociales.

La question du patrimoine de chacun dans une situation de concubinage est centrale, mais elle a le mérite d'être simple. Les couples mariés peuvent choisir un des trois régimes matrimoniaux prévus par la loi, les couples pacsés peuvent soit conserver la propriété individuelle des biens que chacun achète, soit opter par convention pour le régime de l'indivision qui dure le temps que dure le Pacs. 

En union libre, chacun conserve la propriété exclusive de ce qu'il achète ou reçoit, et en cas d'achat en commun, c'est le régime de l'indivision qui s'applique.

La question fiscale est elle aussi très importante : considérés par la loi comme des étrangers l'un pour l'autre, les concubins ne bénéficient d'aucune faveur fiscale, à défaut des couples mariés ou pacsés qui bénéficient du régime avantageux de la donation au dernier vivant. En cas de décès d'un des concubins, les parts reviennent à ses héritiers (enfants, parents, frères ou sœurs) et non à l'autre concubin, et si un testament a été rédigé, le survivant sera soumis au même régime fiscal que les tiers, c'est-à-dire qu'il sera taxé sur la part nette disponible au taux de 60%, après abattement de 1 594€.

L'achat d'un bien immobilier quand on vit en concubinage implique d'anticiper toutes les éventualités pour se protéger mutuellement.

Crédit immobilier et concubinage

Comme il n'y a aucun lien juridique entre deux concubins, ceux-ci n'ont aucun devoir ni aucun droit l'un envers l'autre. Cette absence de statut juridique a un avantage : il n'y aucune solidarité financière entre concubins, chacun doit assumer ses dettes contrairement aux couples mariés.

Dans le cadre de l'achat en commun d'un logement, les concubins ont deux options :

  1. souscrire deux emprunts distincts, mais l'échec de l'obtention d'un des prêts va rendre caduque le compromis de vente conformément à la clause suspensive ;
  2. souscrire un seul et même prêt, chacun ayant le statut de co-emprunteur.

Cette seconde solution est privilégiée par la banque, car les deux concubins sont solidairement responsables du remboursement de la totalité des sommes empruntées. Il est primordial que la quotité d'assurance emprunteur soit justement calibrée pour qu'en cas de décès ou d'invalidité d'un des deux, l'autre n'ait pas à assumer une mensualité supérieure à sa réelle capacité d'endettement.

L'achat du logement en indivision pour un couple en concubinage

En l'absence de règle juridique, les concubins doivent prévoir des aménagements pour gérer le patrimoine acheté en commun en cas de séparation ou de décès d'un des deux.

L'indivision s'applique de plein droit, c'est-à-dire par défaut, en dehors de toute précision dans l'acte de vente. Elle est aussi une solution amiable pour organiser le partage des biens indivis. Chaque acquéreur est propriétaire du bien à hauteur de sa participation financière, et dans le cadre d'un achat immobilier, elle est obligatoirement établie par convention chez un notaire et doit faire l'objet d'une publication au Service de publicité foncière. 

La convention d’indivision permet d'indiquer la répartition de la participation financière de chacun, tenant compte des apports et des remboursements personnels du ou des prêts. Si les quote-parts sur le prix d'achat ne sont pas précisées, il existe une présomption d'acquisition à égalité (50/50).

Attention : favoriser son concubin en indiquant dans l'acte une répartition égalitaire alors que l'on finance la totalité ou la plus grande partie du bien immobilier peut être requalifié par l'administration fiscale en donation déguisée (droits taxés à 60%).

Conséquences de l'indivision en cas de séparation des concubins

Le régime de l'indivision a son revers : la vente du logement nécessite l'accord des deux concubins propriétaires. Si les deux parties s'entendent, chacun récupère le montant de la vente équivalent à sa quote-part ou l'un rachète la quote-part de l'autre et devient l'unique propriétaire du bien. Il devra alors assumer seul le remboursement du prêt restant dû.

S'il y a désaccord, le droit français prévoit que nul n'est tenu de rester dans l'indivision. En cas de séparation, l'un des concubins peut racheter la part de l'autre, à défaut, il est possible de saisir le Tribunal de Grande Instance pour procéder à la vente du bien, le partage se faisant selon la quote-part de chacun.

Conséquences de l'indivision en cas de décès d'un des concubins

Le concubin survivant est co-indivisaire avec les héritiers du concubin décédé. Comme nul ne peut être contraint de rester dans le régime de l'indivision, le bien acheté en commun est bien souvent vendu et le produit de la vente soumis au partage judiciaire.

Les concubins peuvent avoir prévu de se léguer mutuellement leur quota-part, mais ce legs devra respecter la réserve héréditaire et le concubin survivant s'acquitter d'importants droits de succession. En prévoyant un droit d'usage et d'habitation, ce qui permet au survivant d'occuper le logement à vie (sans la possibilité de le vendre ni de le louer), les droits de succession sont calculés à hauteur de 60% sur la valeur de l'usufruit qui va dépendre de l'âge du bénéficiaire (50% de la valeur du bien entre 51 et 60 ans, 40% entre 61 et 70 ans, etc.).

L'achat du logement en SCI

Le notaire qui réalise l'acte de vente peut aussi suggérer aux concubins d'acheter via une SCI (Société Civile Immobilière), un montage plus organisé que l'indivision, qui permet d'échapper en partie à la voracité de l'administration fiscale. La SCI permet également une traçabilité efficace de l'investissement réalisé par chacun et une meilleure prise en compte de ses investissements.

La SCI achète le logement et chaque concubin reçoit des parts sociales en proportion de sa part dans le capital social de la SCI. Les concubins rédigent librement les statuts de la SCI, ils peuvent ainsi se protéger l'un l'autre avec le démembrement croisé de propriété : chacun achète la moitié de parts de la SCI en nue-propriété et l'autre moitié en usufruit ; en cas de décès, le concubin survivant possède la pleine propriété de la moitié des parts et l'usufruit de l'autre moitié. Il peut ainsi rester dans le logement, les héritiers du concubin décédé ne conservant que la nue-propriété de la moitié des parts de la SCI.

La rédaction d'une clause d'agrément est l'autre précaution à prendre. Par la biais de cette clause, les statuts de la SCI prévoient que les héritiers du concubin décédé ne peuvent devenir propriétaires des parts sociales de la SCI qu'à la condition que le survivant donne son accord. Celui-ci peut s'opposer à la venue des héritiers dans la SCI, sous réserve d'acheter leurs parts.

En cas de séparation, la vente du bien est partagée en fonction des parts sociales de chacun.

 

Pour plus d'informations et de conseils sur l'acquisition de patrimoine, consultez notre guide complet sur l'achat immobilier !

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Assurances : comment faire le tri pour dépenser moins en 2026 ?

Les dépenses liées aux assurances représentent une part importante du budget des ménages. Entre l’assurance habitation, l’assurance auto, la complémentaire santé, l'assurance emprunteur si vous remboursez un crédit immobilier ou encore les garanties associées aux achats d’équipements, les contrats s’accumulent rapidement. Chaque année, les Français consacrent en moyenne près de 3 000 euros par an à leurs assurances, soit grosso modo 2 Smic mensuels nets. Face à ce montant conséquent, il devient essentiel de s’interroger sur l’utilité réelle de chaque contrat, d’identifier les garanties inutiles et de comparer les offres disponibles sur le marché. Un budget assurance élevé qui mérite réflexion Les assurances représentent une charge financière importante pour de nombreux foyers. Ce montant global élevé de 3 000 euros tous contrats confondus inclut les assurances obligatoires comme l’assurance habitation et l’assurance auto, mais aussi des garanties facultatives parfois souscrites sans réelle analyse des besoins. Vérifier l’adéquation entre prix et garanties Avant de penser à réduire ses cotisations, il est indispensable de lire attentivement les conditions générales de chaque contrat, d’examiner les plafonds d’indemnisation et de poser des questions précises à son assureur avant toute modification de police d’assurance. En effet, une baisse importante du tarif peut cacher une diminution du niveau de protection, ce qui n’est pas souhaitable. Certaines garanties essentielles peuvent être exclues ou insuffisantes, comme la couverture des objets de valeur, le bris de glace ou certaines indemnisations spécifiques. Adapter ses contrats à l’évolution de sa situation Les besoins en assurance évoluent avec le temps. Un changement de logement, de situation familiale ou de véhicule peut rendre certaines garanties obsolètes ou déficientes. Réévaluer régulièrement ses contrats permet d’éviter de payer pour des protections inutiles ou inadaptées. C’est là qu’interviennent les comparateurs d’assurance, des outils gratuits qui proposent de mettre en concurrence les meilleures offres du moment, et qui vous aident à identifier celle qui répond à vos besoins et à votre budget. Faut-il rester fidèle à son assureur ? C’est souvent le dilemme : est-ce préférable de rester fidèle à mon assureur ou d’aller voir ailleurs ? La fidélité ne paie pas en assurance car elle ne garantit pas toujours les meilleurs tarifs. Les offres commerciales sont souvent plus avantageuses pour les nouveaux clients que pour les assurés de longue date. Comparer les offres régulièrement Pensez à comparer vos différents contrats tous les ans ou tous les 2 ans. Cette démarche doit être réalisée à garanties équivalentes afin d’éviter de choisir une offre moins chère mais moins protectrice. La comparaison doit se faire sur une base objective. Les comparaisons permettent également de mieux négocier son contrat actuel en s’appuyant sur les prix pratiqués par la concurrence. Résilier plus facilement son contrat Aujourd’hui, la résiliation des contrats d’assurance est simplifiée. Après la première année de souscription, il est possible de changer d’assureur à tout moment. Dans de nombreux cas, le nouvel assureur prend en charge les démarches administratives.  La résiliation infra-annuelle en mutuelle santé vous permet de dénoncer votre contrat à tout moment après 12 mois révolus, et d’opter pour une offre mieux adaptée et moins chère pour économiser jusqu’à 300 € sur l’année. Une règle reste essentielle : il ne faut jamais résilier un contrat avant l’entrée en vigueur du nouveau afin d’éviter toute interruption de couverture. Grâce à un courtier en assurance, vous réussirez la concordance des temps entre les 2 contrats. Le cas particulier de l’assurance emprunteur Si vous remboursez un crédit immobilier, celui-ci est couvert par une assurance emprunteur. Cette protection indispensable en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité et incapacité de travail) représente entre 20% et 40% du coût de votre emprunt, soit la deuxième dépense après les intérêts. Savez-vous que l’assurance de prêt immobilier est non seulement négociable mais résiliable à tout moment, sans engagement de souscription, contrairement aux autres assurances citées plus haut ?  Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, sans délai de préavis ni motif à fournir. Votre seule obligation est de respecter l’équivalence de niveau de garanties entre les 2 contrats. Un courtier en assurance emprunteur peut vous aider à sélectionner le contrat qui correspond à votre situation, également s’occuper de toutes les démarches administratives à votre place. La substitution d'un contrat bancaire par une offre alternative peut vous faire économiser des centaines voire des milliers d'euros sur la durée restante de remboursement. À couverture équivalente, une assurance externe coûte jusqu'à 4 fois moins cher que la proposition du prêteur. Les assurances obligatoires à conserver Toutes les assurances ne peuvent pas être supprimées. Certaines sont imposées par la loi ou par la situation professionnelle. Toutefois, elles se négocient et peuvent être substituées à tout moment après une année de souscription. Assurance habitation et assurance auto L’assurance habitation est obligatoire pour tout locataire et fortement recommandée pour les propriétaires. Elle protège contre les principaux sinistres du quotidien et inclut généralement la responsabilité civile. L’assurance automobile est également indispensable pour tout véhicule en circulation, même pour une utilisation occasionnelle ou si l’engin reste au garage. Mutuelle d’entreprise et cas de dispense Les salariés du secteur privé (depuis janvier 2016) et de la fonction publique d’État (depuis janvier 2026) doivent adhérer à une mutuelle d’entreprise financée en partie par leur employeur. Toutefois, certaines situations autorisent la dispense et permettent d’éviter une double cotisation, notamment lorsqu’il est possible d’être rattaché à la complémentaire santé du conjoint en tant qu’ayant droit. Les assurances en doublon : une source d’économies importante De nombreux consommateurs paient plusieurs fois pour des garanties similaires sans en avoir conscience. Identifier ces doublons constitue l’un des moyens les plus efficaces de réduire ses dépenses. Garanties déjà incluses dans d’autres contrats La garantie légale protège les produits neufs pendant 2 ans contre les défauts. Dans ce contexte, certaines assurances proposées lors de l’achat d’un équipement ou appareil sont superflues. Certaines cartes bancaires incluent également des protections pour les achats, les voyages ou les locations de voiture, ce qui rend inutile la souscription de garanties supplémentaires. Assurance scolaire et responsabilité civile L’assurance scolaire constitue un autre exemple fréquent de doublon. La responsabilité civile incluse dans de nombreux contrats d’assurance habitation couvre déjà les dommages causés par les enfants. Les assurances proposées en magasin Lors de l’achat d’un appareil portable (téléphone, tablette, ordinateur), des assurances complémentaires sont systématiquement proposées. Pourtant, ces contrats comportent généralement de nombreuses exclusions (vol sans violence ni effraction, perte, casse résultant d’un défaut d’entretien) et une franchise élevée, et présentent un intérêt limité voire nul si vous disposez de garanties dans vos assurances (MRH) ou cartes bancaires. Les comparateurs d’assurances pour faire jouer la concurrence Les comparateurs en ligne permettent d’obtenir rapidement une vision globale des offres disponibles sur le marché. Ils facilitent la comparaison des tarifs, des garanties et des niveaux de couverture. Ces outils renforcent la transparence et encouragent la concurrence entre assureurs. Ils peuvent aider les consommateurs à identifier les contrats les plus adaptés à leur profil et à réaliser des économies substantielles. Toutefois, il reste essentiel d’examiner attentivement les conditions proposées, notamment les franchises, les exclusions et les plafonds d’indemnisation. Comment optimiser efficacement ses assurances ? Pour réduire ses dépenses sans compromettre sa protection, plusieurs bonnes pratiques peuvent être mises en place : analyser ses contrats chaque année comparer les offres du marché régulièrement supprimer les garanties inutiles vérifier les protections déjà incluses dans d’autres contrats ajuster les franchises selon ses besoins négocier les tarifs avec son assureur. Une gestion proactive de ses assurances permet de maîtriser son budget tout en conservant une couverture adaptée. Réduire le coût de ses assurances ne signifie pas diminuer sa protection, mais plutôt payer le juste prix pour des garanties réellement utiles. En examinant régulièrement ses contrats, en identifiant les doublons et en mettant les assureurs en concurrence, il est possible d’alléger significativement ses dépenses. Dans un contexte de hausse des charges contraintes, mieux gérer ses assurances constitue un levier d’économies durable et accessible à tous.

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Budget : pourquoi se priver de mutuelle santé en 2026 est un mauvais calcul

En 2026, face à l’inflation, à la hausse du coût de la vie et à la hausse importante des primes d’assurance, de nombreux ménages cherchent à réduire leurs dépenses. Parmi les arbitrages budgétaires envisagés, la résiliation de la mutuelle santé apparaît parfois comme une solution immédiate pour alléger les charges mensuelles. Pourtant, cette décision peut s’avérer financièrement risquée à moyen et long terme. Entre l’augmentation des frais médicaux, le désengagement progressif de l’Assurance maladie sur certains soins et l’augmentation du reste à charge, renoncer à une complémentaire santé peut exposer les assurés à des dépenses imprévues considérables. Voici pourquoi se passer de mutuelle santé constitue souvent un mauvais calcul financier en 2026. Une hausse continue du coût des mutuelles… et des dépenses de santé Ces dernières années, les prix des complémentaires santé ont fortement augmenté. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), les cotisations globales des complémentaires santé ont progressé de près de 20 % entre 2020 et 2024. En 2025, les tarifs ont encore augmenté d’environ 6 %, sous l’effet de plusieurs facteurs : la hausse générale des dépenses de santé le transfert d’une partie des remboursements vers les complémentaires l’augmentation des coûts en optique, dentaire et audiologie le vieillissement de la population. Même si le gouvernement a imposé aux organismes de geler les tarifs de complémentaire santé, certains avaient déjà augmenté leurs grilles avant l'annonce de cette obligation, et d'autres invoquent a posteriori des contraintes économiques. Les ménages modestes particulièrement touchés Les foyers aux revenus modestes subissent de plein fouet cette progression continue des tarifs de complémentaire santé. Retraités, familles monoparentales ou travailleurs indépendants doivent parfois consacrer une part importante de leurs revenus à leur complémentaire santé. Sans participation de l’employeur — contrairement aux salariés qui bénéficient d‘une mutuelle entreprise à adhésion obligatoire financée au moins à 50 % — la cotisation peut représenter plus de 100 € par mois pour un retraité vivant seul couvert par une mutuelle senior et jusqu’à plus de 200 € par mois pour une famille avec 2 enfants. Certains assurés prennent des décisions préjudiciables :  ils réduisent leurs garanties ils renoncent à des soins  ou ils envisagent de se passer totalement de mutuelle, au risque d’augmenter leur exposition financière. Le risque élevé de reste à charge sans complémentaire santé Se priver de mutuelle peut sembler rentable à court terme, mais cette stratégie comporte des risques importants. Une couverture limitée de l’Assurance maladie En France, l’Assurance Maladie rembourse correctement les affections graves et de longue durée sur la base des tarifs conventionnés, mais la prise en charge des soins courants reste souvent partielle : consultations chez certains spécialistes avec dépassements d’honoraires soins dentaires équipements optiques prothèses auditives hospitalisation (forfait journalier, chambre individuelle). Sans complémentaire santé, ces dépenses restent à la charge du patient. Cette situation favorise les inégalités d’accès aux soins et peut entraîner des renoncements pour raisons financières. Important : il est possible d’accéder à des équipements en optique, dentaire et audiologie avec un reste à charge zéro grâce au dispositif 100% Santé, mis en place en 2021. Après remboursement de la Sécu et de la mutuelle responsable, vous n’avez rien à débourser. Des coûts médicaux imprévisibles L’absence de mutuelle expose à un risque financier majeur en cas de problème de santé imprévu. Une hospitalisation, une intervention chirurgicale ou des soins spécialisés peuvent rapidement représenter plusieurs milliers d’euros. D’après les observations de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), une hospitalisation prolongée peut générer un reste à charge très élevé de plusieurs milliers d’euros sans complémentaire. Lors de la crise sanitaire liée au Covid-19, certaines prises en charge en réanimation pouvaient engendrer des coûts restant jusqu’à 10 000 € pour les patients non couverts. Autrement dit, économiser quelques dizaines d’euros par mois peut exposer à des dépenses exceptionnelles difficilement supportables. Le renoncement aux soins : une conséquence directe de l’absence de mutuelle santé L’un des effets les plus préoccupants de l’absence de mutuelle est le renoncement aux soins. Des soins reportés ou abandonnés Lorsque le coût des traitements devient trop élevé, certains patients préfèrent : repousser une consultation médicale renoncer à des soins dentaires différer l’achat de lunettes abandonner certains traitements spécialisés. Cette stratégie peut entraîner une aggravation de l’état de santé et, à terme, des dépenses encore plus importantes et pour le patient et pour la collectivité. Une inégalité sociale persistante Les données statistiques montrent qu’environ 4 % de la population française ne dispose pas de complémentaire santé, avec une proportion nettement plus élevée parmi les ménages les plus modestes (12%). Cette situation accentue les inégalités face à la prévention et à l’accès aux soins. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir alerte régulièrement sur l’impact des hausses tarifaires, qui touchent particulièrement : les retraités les jeunes actifs les demandeurs d’emploi les personnes sans contrat collectif. 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Adapter son contrat à ses besoins Il est également possible de réduire le coût de sa mutuelle en : ajustant les garanties supprimant certaines options non indispensables (médecine douce par exemple) comparant les offres choisissant des réseaux de soins partenaires. Une couverture adaptée permet de conserver une protection tout en maîtrisant son budget.  Grâce à la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé, vous pouvez dénoncer votre contrat à tout moment après un an de souscription et opter pour une formule moins chère qui correspond mieux à vos impératifs financiers. Pourquoi la mutuelle reste indispensable en 2026 Dans un contexte de hausse des dépenses de santé et de tensions économiques, la mutuelle santé reste un pilier de la protection sociale. Même si son coût augmente, s’en passer expose à des risques financiers importants, à des renoncements aux soins et à une vulnérabilité accrue face aux aléas médicaux. D’un point de vue strictement budgétaire, la suppression de la complémentaire santé peut sembler avantageuse à court terme, mais elle constitue généralement une stratégie risquée. La mutuelle représente moins une charge qu’un filet de sécurité indispensable pour préserver à la fois sa santé et son équilibre financier. En 2026, face à l’incertitude économique et au coût croissant des soins, conserver une couverture santé adaptée demeure donc un choix rationnel et protecteur sur le long terme.