Immobilier : comment acheter à deux quand on vit en concubinage ?

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L'achat immobilier en commun est un des grands projets de la vie d'un couple. Quand on n'est ni marié ni pacsé, cet acte comporte des risques en cas de séparation ou de décès d'un des deux. Voici les précautions à prendre quand on acquiert un logement en concubinage.

 

Rappel sur la définition de concubinage : aucun statut juridique ni fiscal

Longtemps, le droit français a ignoré les situations de concubinage, ne reconnaissant que le mariage comme statut officiel. Les choses ont heureusement évolué, le mariage est une des trois formes de couples reconnues par le droit avec :

  • l'union libre ou en concubinage,
  • le Pacs (Pacte civil de solidarité), une situation intermédiaire créée par la loi du 15 novembre 1999, définit comme "un contrat conclu entre deux personnes physiques majeures de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune".

Cette même loi apporte aussi une définition de l'union libre. Selon l'article 515-8 du Code civil, "le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple". 

Le concubinage n'est subordonné à aucun formalisme, pas de cérémonie, ni de déclaration comme l'impose le mariage ou le Pacs, et la rupture se fait elle aussi sans forme, par décès ou séparation. Il est toutefois possible d'établir un certificat de vie commune ou de concubinage à la mairie par de simples justificatifs de domicile ou l’attestation de témoins. Ce document est utile notamment pour percevoir des aides sociales.

La question du patrimoine de chacun dans une situation de concubinage est centrale, mais elle a le mérite d'être simple. Les couples mariés peuvent choisir un des trois régimes matrimoniaux prévus par la loi, les couples pacsés peuvent soit conserver la propriété individuelle des biens que chacun achète, soit opter par convention pour le régime de l'indivision qui dure le temps que dure le Pacs. 

En union libre, chacun conserve la propriété exclusive de ce qu'il achète ou reçoit, et en cas d'achat en commun, c'est le régime de l'indivision qui s'applique.

La question fiscale est elle aussi très importante : considérés par la loi comme des étrangers l'un pour l'autre, les concubins ne bénéficient d'aucune faveur fiscale, à défaut des couples mariés ou pacsés qui bénéficient du régime avantageux de la donation au dernier vivant. En cas de décès d'un des concubins, les parts reviennent à ses héritiers (enfants, parents, frères ou sœurs) et non à l'autre concubin, et si un testament a été rédigé, le survivant sera soumis au même régime fiscal que les tiers, c'est-à-dire qu'il sera taxé sur la part nette disponible au taux de 60%, après abattement de 1 594€.

L'achat d'un bien immobilier quand on vit en concubinage implique d'anticiper toutes les éventualités pour se protéger mutuellement.

Crédit immobilier et concubinage

Comme il n'y a aucun lien juridique entre deux concubins, ceux-ci n'ont aucun devoir ni aucun droit l'un envers l'autre. Cette absence de statut juridique a un avantage : il n'y aucune solidarité financière entre concubins, chacun doit assumer ses dettes contrairement aux couples mariés.

Dans le cadre de l'achat en commun d'un logement, les concubins ont deux options :

  1. souscrire deux emprunts distincts, mais l'échec de l'obtention d'un des prêts va rendre caduque le compromis de vente conformément à la clause suspensive ;
  2. souscrire un seul et même prêt, chacun ayant le statut de co-emprunteur.

Cette seconde solution est privilégiée par la banque, car les deux concubins sont solidairement responsables du remboursement de la totalité des sommes empruntées. Il est primordial que la quotité d'assurance emprunteur soit justement calibrée pour qu'en cas de décès ou d'invalidité d'un des deux, l'autre n'ait pas à assumer une mensualité supérieure à sa réelle capacité d'endettement.

L'achat du logement en indivision pour un couple en concubinage

En l'absence de règle juridique, les concubins doivent prévoir des aménagements pour gérer le patrimoine acheté en commun en cas de séparation ou de décès d'un des deux.

L'indivision s'applique de plein droit, c'est-à-dire par défaut, en dehors de toute précision dans l'acte de vente. Elle est aussi une solution amiable pour organiser le partage des biens indivis. Chaque acquéreur est propriétaire du bien à hauteur de sa participation financière, et dans le cadre d'un achat immobilier, elle est obligatoirement établie par convention chez un notaire et doit faire l'objet d'une publication au Service de publicité foncière. 

La convention d’indivision permet d'indiquer la répartition de la participation financière de chacun, tenant compte des apports et des remboursements personnels du ou des prêts. Si les quote-parts sur le prix d'achat ne sont pas précisées, il existe une présomption d'acquisition à égalité (50/50).

Attention : favoriser son concubin en indiquant dans l'acte une répartition égalitaire alors que l'on finance la totalité ou la plus grande partie du bien immobilier peut être requalifié par l'administration fiscale en donation déguisée (droits taxés à 60%).

Conséquences de l'indivision en cas de séparation des concubins

Le régime de l'indivision a son revers : la vente du logement nécessite l'accord des deux concubins propriétaires. Si les deux parties s'entendent, chacun récupère le montant de la vente équivalent à sa quote-part ou l'un rachète la quote-part de l'autre et devient l'unique propriétaire du bien. Il devra alors assumer seul le remboursement du prêt restant dû.

S'il y a désaccord, le droit français prévoit que nul n'est tenu de rester dans l'indivision. En cas de séparation, l'un des concubins peut racheter la part de l'autre, à défaut, il est possible de saisir le Tribunal de Grande Instance pour procéder à la vente du bien, le partage se faisant selon la quote-part de chacun.

Conséquences de l'indivision en cas de décès d'un des concubins

Le concubin survivant est co-indivisaire avec les héritiers du concubin décédé. Comme nul ne peut être contraint de rester dans le régime de l'indivision, le bien acheté en commun est bien souvent vendu et le produit de la vente soumis au partage judiciaire.

Les concubins peuvent avoir prévu de se léguer mutuellement leur quota-part, mais ce legs devra respecter la réserve héréditaire et le concubin survivant s'acquitter d'importants droits de succession. En prévoyant un droit d'usage et d'habitation, ce qui permet au survivant d'occuper le logement à vie (sans la possibilité de le vendre ni de le louer), les droits de succession sont calculés à hauteur de 60% sur la valeur de l'usufruit qui va dépendre de l'âge du bénéficiaire (50% de la valeur du bien entre 51 et 60 ans, 40% entre 61 et 70 ans, etc.).

L'achat du logement en SCI

Le notaire qui réalise l'acte de vente peut aussi suggérer aux concubins d'acheter via une SCI (Société Civile Immobilière), un montage plus organisé que l'indivision, qui permet d'échapper en partie à la voracité de l'administration fiscale. La SCI permet également une traçabilité efficace de l'investissement réalisé par chacun et une meilleure prise en compte de ses investissements.

La SCI achète le logement et chaque concubin reçoit des parts sociales en proportion de sa part dans le capital social de la SCI. Les concubins rédigent librement les statuts de la SCI, ils peuvent ainsi se protéger l'un l'autre avec le démembrement croisé de propriété : chacun achète la moitié de parts de la SCI en nue-propriété et l'autre moitié en usufruit ; en cas de décès, le concubin survivant possède la pleine propriété de la moitié des parts et l'usufruit de l'autre moitié. Il peut ainsi rester dans le logement, les héritiers du concubin décédé ne conservant que la nue-propriété de la moitié des parts de la SCI.

La rédaction d'une clause d'agrément est l'autre précaution à prendre. Par la biais de cette clause, les statuts de la SCI prévoient que les héritiers du concubin décédé ne peuvent devenir propriétaires des parts sociales de la SCI qu'à la condition que le survivant donne son accord. Celui-ci peut s'opposer à la venue des héritiers dans la SCI, sous réserve d'acheter leurs parts.

En cas de séparation, la vente du bien est partagée en fonction des parts sociales de chacun.

 

Pour plus d'informations et de conseils sur l'acquisition de patrimoine, consultez notre guide complet sur l'achat immobilier !

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Un taux d’effort plafonné à 35 % Le taux d’endettement correspond au poids des charges d'emprunt dans les revenus du ménage. Il ne doit pas dépasser 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Dans le calcul peuvent notamment entrer : les mensualités du nouveau crédit immobilier  les échéances des crédits déjà souscrits  certaines charges de remboursement récurrentes  les primes d’assurance emprunteur. Exemple : avec 4 000 € de revenus mensuels, une charge de crédit de 1 200 € représente un taux d’effort de 30 %. Le ménage reste donc sous le plafond réglementaire de 35 %. À l’inverse, une charge mensuelle de 1 500 € correspond à 37,5 %. Le dossier dépasse alors le seuil et doit, pour être accepté, entrer dans la marge de flexibilité autorisée à la banque (lire plus bas).  Une durée de remboursement limitée à 25 ans La deuxième règle concerne la maturité du crédit. La durée d’un prêt immobilier ne doit pas dépasser 25 ans. 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Une flexibilité principalement destinée à la résidence principale La réglementation encadre toutefois l'utilisation de cette enveloppe. Au moins 70 % de la flexibilité maximale doit être consacrée aux acquéreurs de leur résidence principale et au moins 30 % aux primo-accédants. La marge restante peut être utilisée plus librement par les établissements, notamment pour les investissements locatifs. Pour un emprunteur, cette dérogation n'est donc pas un droit automatique. La banque conserve son pouvoir d'appréciation et peut décider de ne pas financer un dossier dépassant les normes. Le reste à vivre reste déterminant pour la banque Le respect du taux d'effort ne constitue pas le seul élément analysé lors d'une demande de prêt immobilier. Les établissements examinent également la situation financière globale du ménage. Le reste à vivre correspond à la somme disponible après paiement des principales charges. Il permet à la banque d'apprécier la capacité du foyer à assumer ses dépenses courantes après le remboursement du crédit. Un ménage avec des revenus élevés peut ainsi présenter un taux d'effort proche de la limite tout en conservant un reste à vivre important. À l'inverse, un foyer aux revenus plus modestes peut faire l'objet d'une analyse plus prudente, même avec un taux d'endettement inférieur à 35 %. Les éléments examinés dans un dossier La banque peut notamment prendre en compte : la stabilité des revenus  la nature du contrat de travail  l'ancienneté professionnelle  l'épargne disponible  l'apport personnel  les crédits déjà en cours  les charges récurrentes  le montant du reste à vivre  la composition du foyer  la régularité des mouvements bancaires. Le taux d’effort de 35 % constitue donc une norme essentielle, mais il ne garantit pas l'obtention du financement. 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Un contexte à surveiller pour les emprunteurs Pour les candidats à l'achat immobilier en fin 2026, plusieurs paramètres restent donc importants : le niveau des taux d'intérêt  la capacité d'emprunt  le taux d'effort  le reste à vivre  le montant de l'apport  la stabilité professionnelle  le coût de l'assurance emprunteur. Sur ce dernier point, comparer les contrats d’assurance de prêt peut contribuer à réduire le coût global du financement sans modifier le montant emprunté. Que retenir des règles d'emprunt fin 2026 ? Les normes d'accès au crédit immobilier ne connaissent pas de changement à l'approche de la fin 2026. La réglementation continue de reposer sur un taux d'effort maximal de 35 %, une durée de référence de 25 ans et une marge de flexibilité limitée pour les banques. Pour maximiser ses chances d'obtenir un financement, l'emprunteur a donc intérêt à présenter un dossier cohérent, avec des revenus réguliers, une gestion bancaire saine et, lorsque cela est possible, un apport personnel significatif. La comparaison ne doit pas non plus se limiter au taux du prêt. Assurance emprunteur, frais annexes, garanties et coût total du crédit peuvent également peser significativement sur le budget immobilier. Le modèle français reste par ailleurs largement fondé sur les prêts à taux fixe : selon la Banque de France, ils représentent environ 99 % de la production et de l'encours de crédits immobiliers.

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Assurance de prêt : peut-on faire confiance à l'IA pour choisir son contrat en 2026 ?

Cela peut être tentant de confier le choix de son assurance de prêt à une intelligence artificielle, mais sans aucune vérification humaine, la démarche est risquée. Ces outils rendent de vrais services pour défricher un dossier complexe, mais ils ne remplacent ni l'expertise réglementaire ni la responsabilité d'un professionnel. Magnolia vous explique ce qu'il faut savoir avant de faire confiance à une IA pour choisir votre contrat d’assurance emprunteur. Ce que l'IA sait réellement bien faire Bien utilisée, une IA générative peut faciliter les premières étapes de votre recherche d'assurance emprunteur. Rendre le jargon technique accessible Les conditions générales d'un contrat d'assurance de prêt regorgent de termes techniques (quotité, carence, franchise, PTIA, ITT...) difficiles à appréhender pour une personne qui n’est pas de la profession. Une IA peut reformuler ces notions en langage courant, ce qui aide à mieux cerner l'objet d'une clause avant d'interroger un professionnel. Dégrossir la comparaison entre plusieurs devis Face à plusieurs propositions, l'IA peut extraire et synthétiser les grandes lignes de chaque devis :  taux d’assurance de prêt  montant des cotisations niveau de garanties annoncé.  Cela permet de gagner du temps sur un premier tri, avant l'analyse approfondie. Repérer les garanties essentielles et facultatives Un outil d'IA peut identifier dans un document les rubriques relatives aux garanties d’assurance de prêt  :  décès  perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) incapacité temporaire de travail (ITT) invalidité permanente totale ou partielle (IPT ou IPP) perte d’emploi et signaler leur présence ou leur absence dans un contrat. Les limites de l’IA et les risques à connaître avant de choisir son assurance emprunteur Les garanties d’assurance emprunteur peuvent s’accompagner de limites importantes, qui interdisent de s'en remettre uniquement à l'IA pour un choix aussi déterminant. Un taux d'erreur qui reste élevé Plusieurs études récentes montrent qu'une intelligence artificielle commet encore des erreurs ou omet des éléments déterminants dans l'analyse de contrats d'assurance, notamment sur les exclusions de garantie ou les délais de carence et de franchise. Une lecture automatisée ne dispense donc jamais d'une vérification attentive du contrat lui-même. Aucune obligation légale de conseil Contrairement à un courtier en assurance de prêt, une IA n'engage aucune responsabilité professionnelle, aucun devoir de conseil et d’information. Elle ne peut pas être tenue pour responsable d'une garantie mal adaptée à votre profil, et n'a aucune obligation légale de vous orienter vers le contrat le mieux adapté à votre situation. Un enjeu réel de confidentialité des données Choisir une assurance emprunteur implique de partager des informations médicales et financières sensibles. Les transmettre à une IA grand public expose ces données à des conditions de traitement pour le moins floues, sans garantie équivalente au secret professionnel encadrant les métiers du conseil. IA ou courtier en ligne pour son assurance de prêt : comparatif rapide Critère Intelligence artificielle Courtier en ligne Disponibilité Accessible à tout moment, réponse immédiate Accessible à tout moment, possibilité d’être contacté par un conseiller  Vulgarisation du jargon Efficace pour une première approche Explications adaptées à votre situation précise Fiabilité sur les garanties Variable, erreurs et omissions possibles Vérification contractuelle rigoureuse Responsabilité juridique Aucune Engagée, devoir de conseil réglementé Confidentialité des données Risque si informations médicales partagées sur outil public Cadre professionnel et secret encadré Négociation tarifaire Impossible Possible auprès des assureurs Bonnes pratiques pour utiliser l'IA sans prendre de risque pour trouver son assurance  Cadrer son usage : utilisez l'IA comme un outil pédagogique pour comprendre votre contrat ou préparer vos questions avant un rendez-vous téléphonique ou en agence. Protéger vos données : ne renseignez jamais d'informations médicales ou financières précises dans un outil d'IA grand public. Croiser les sources : comparez systématiquement les réponses obtenues avec le contrat réel et ses conditions générales. Magnolia vous permet de recevoir gratuitement des devis en ligne adaptés à votre situation. Valider avec un professionnel : faites confirmer votre choix final par un courtier en assurance de prêt ou un conseiller réglementé, seul habilité à engager sa responsabilité. Ce qui vaut pour l’assurance emprunteur vaut pour les autres assurances (mutuelle santé, habitation, auto, etc.). Signalons que certaines compagnies d'assurance comme la Maif ont intégré une application dans ChatGPT (le plus populaire des outils IA), mais se refusent pour l'heure à aller jusqu'à la distribution de produits d'assurance. L'outil sert uniquement de prévention des risques, éventuellement d'estimation tarifaire, et renvoie l'usager vers un appel téléphonique par un conseiller.  Une récente étude d’Accenture indique que 46 % des assurés interrogés font confiance à l’IA pour mettre en avant la qualité des offres d’assurance. On est loin du consensus sur cet outil. Pour le moment. Si la comparaison des offres via l'IA intéresse les particuliers, ces derniers sont réticents à passer à l'étape de la souscription et du paiement depuis l'IA. Reprenons à notre compte la phrase de Yann Le Cun (ex-directeur scientifique chez Meta) : “L’IA est un outil pour augmenter nos capacités, pas pour nous remplacer.” FAQ Une IA peut-elle remplacer un courtier en assurance emprunteur ? Non. Une IA peut aider à comprendre un contrat ou à préparer une comparaison, mais elle n'a ni la responsabilité professionnelle ni l'obligation de conseil qui incombent à un courtier ou un conseiller réglementé. Est-il prudent de partager ses données de santé avec une IA pour comparer des assurances ? Non, il est déconseillé de transmettre des informations médicales ou financières sensibles à un outil d'IA grand public, faute de garanties suffisantes sur la confidentialité de ces données. Dans quel cas l'IA est-elle utile pour choisir son assurance de prêt ? Elle est surtout utile en amont : décrypter le vocabulaire technique, dégrossir la comparaison entre plusieurs devis ou préparer les questions à poser à un professionnel avant de finaliser un choix.

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Assurances santé, auto, habitation : les tarifs vont encore grimper en 2027

Les primes d'assurance santé, auto et habitation devraient continuer à augmenter en 2027, selon les projections du cabinet d'actuariat Addactis. Ce sont les complémentaires santé qui décrochent la palme, avec des indexations pouvant grimper jusqu'à 10,8 %. L'habitation suivrait avec une progression de 6,5 % à 7,5 %, et l'auto resterait en retrait, entre 3,5 % et 4,5 %. Plusieurs causes se cumulent : sinistres climatiques à répétition, réparations qui coûtent plus cher, dépenses de santé en hausse et transferts de charges vers les complémentaires. Pourquoi cette flambée des tarifs d’assurance en 2027 ? Le coût des risques couverts augmente, et les assureurs le répercutent. Les catastrophes climatiques, plus fréquentes et plus violentes, pèsent lourd sur l'habitation et l'auto. En parallèle, les dépenses de santé continuent leur ascension, et certaines réformes déplacent la charge de l'Assurance maladie vers les organismes complémentaires. Concrètement, dès janvier 2027, les assurés verront : une prime d'habitation plus salée  une cotisation auto en hausse  des complémentaires santé parfois très fortement revalorisées  des écarts selon le profil et le niveau de garanties  un impact plus marqué sur certains contrats collectifs et individuels. Voici le détail, contrat par contrat. Assurance habitation : jusqu'à 7,5 % de hausse L'assurance habitation fait partie des contrats les plus touchés. Addactis table sur une prime pure en progression de 6,5 % à 7,5 %, avant certains prélèvements et contributions. Le climat, moteur principal Inondations, tempêtes, sécheresses, incendies, grêle, orages : les événements extrêmes se multiplient et leurs dégâts coûtent de plus en plus cher. Le retrait-gonflement des argiles joue aussi un rôle important. Les sécheresses font bouger les sols, ce qui fissure les bâtiments. Quelques repères : 55 % du territoire hexagonal présente une exposition moyenne ou forte à ce risque, et entre 10 et 12 millions de maisons individuelles sont bâties sur des sols argileux sensibles. Onze départements sont particulièrement concernés (Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne). La conséquence est que les assureurs intègrent désormais le risque climatique dans leurs modèles de tarification. Addactis le dit clairement, la sinistralité climatique devient un élément structurant de l'équilibre de la branche habitation. Une hausse au-dessus de l'inflation Comparée à l'évolution générale des prix, la progression des cotisations habitation saute aux yeux. Elle traduit surtout le renchérissement du risque assuré et du coût des indemnisations, pas une simple indexation sur l'inflation. En France, celle-ci s'établit à 2,4 % sur un an en août 2026 selon l'Insee, avec une moyenne annuelle anticipée à 2,5 % par la Banque de France. Pour les propriétaires comme pour les locataires, la facture assurance pourrait donc s'alourdir encore en 2027. On parle ici d’une dépense contrainte : l’assurance habitation est obligatoire pour tous les locataires et pour les propriétaires non occupants qui louent leur bien situé dans une co-propriété. Assurance auto : entre 3,5 % et 4,5 % L'automobile devrait aussi augmenter, mais moins fortement que l'habitation. Addactis prévoit une prime pure en hausse de 3,5 % à 4,5 % en 2027. Fait notable : la fréquence des sinistres baisse, portée par la diminution du kilométrage moyen parcouru. La raison en est sans doute l’envolée des prix des carburants depuis 6 mois (conflit USA/Iran). Réparer coûte de plus en plus cher Moins de kilomètres parcourus ne suffit pas à alléger la charge des assureurs. Le coût moyen des sinistres augmente, notamment à cause du prix des réparations. Les véhicules récents embarquent plus d'équipements technologiques, de capteurs et de systèmes électroniques. Les interventions deviennent plus complexes, donc plus chères. Le vieillissement du parc compte aussi. D'après les données citées par Addactis, l'âge moyen des véhicules est passé de 10,1 ans à 11,8 ans en dix ans. Le climat s'en mêle La grêle, notamment, abîme carrosseries et vitrages. Les véhicules électriques et hybrides, de plus en plus nombreux, pèsent également sur le montant des indemnisations à cause de leur technologie et du coût de certaines réparations. Autre élément pour 2027 : la contribution au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) pourrait augmenter. Cette « taxe attentat » passera de 6,50 € à 8,50 € par an et par contrat d'assurance de biens au 1er janvier 2027. Complémentaire santé : jusqu'à 10 % de hausse C'est la complémentaire santé qui devrait encaisser la plus forte hausse en 2027. Les projections d'Addactis font état de fourchettes allant jusqu'à 10,8 %, selon le contrat et les paramètres retenus. Pour les contrats individuels, les indexations se situeraient entre 5 % et 10,8 %, avec une médiane à 6,85 %. Pour les mutuelles collectives d'entreprises, la fourchette est estimée entre 4,1 % et 10,8 %, avec un taux médian de 7 %. Pourquoi une telle flambée en santé ? Plusieurs phénomènes se combinent. Entre 2016 et 2024, la consommation de biens et services médicaux a fortement progressé. Le vieillissement de la population et la hausse du nombre de malades chroniques alimentent aussi les dépenses. Et les complémentaires doivent absorber une part croissante des dépenses transférées par le régime obligatoire. Parmi les facteurs qui pèsent sur les cotisations, retenons : la revalorisation de certains actes médicaux ; la hausse du forfait journalier hospitalier, obligatoirement remboursé par les contrats de mutuelle responsable, quel que soit le nombre de jours ; la prise en charge de nouvelles dépenses ; les évolutions du dispositif 100 % Santé (reste à charge zéro) : remboursement intégral des fauteuils roulants et des prothèses capillaires, en plus des lunettes, des prothèses dentaires et auditives ; la progression des dépenses dentaires et auditives ; les transferts de charges de l'Assurance Maladie vers les complémentaires ; la hausse des dépenses liées aux pathologies chroniques. Autant de paramètres qui expliquent pourquoi l'évolution des cotisations santé ne se résume pas à la seule inflation. Des hausses inégales selon les assurés Une moyenne ou une fourchette de marché ne veut pas dire que tout le monde verra sa prime augmenter dans les mêmes proportions. Le tarif dépend de plusieurs critères : le niveau de garanties choisi ; l'âge de l'assuré pour certains contrats ; le lieu de résidence ; la composition du foyer ; le véhicule assuré et son usage pour l'auto ; la localisation et les caractéristiques du logement pour la MRH ; l'équilibre technique du portefeuille de l'assureur. Deux personnes avec une couverture comparable peuvent donc recevoir des avis d'échéance très différents. Comment limiter l’impact des hausses d’assurance en 2027 ? Face à ces augmentations tarifaires, comparer régulièrement les contrats reste le meilleur réflexe pour trouver une offre adaptée à ses besoins et à son budget. Vérifier les garanties avant de changer Faites un audit personnel de vos contrats. Réduire le prix à tout prix n'est pas toujours pertinent. Il faut d'abord vérifier les garanties réellement nécessaires et les niveaux de couverture. En habitation, regardez les plafonds d'indemnisation, les franchises et les garanties liées aux événements climatiques.  En auto, les garanties dommages, le niveau de franchise, l'assistance et les conditions d'indemnisation du véhicule sont essentiels.  En complémentaire santé, scrutez les remboursements en hospitalisation, en optique, en dentaire et sur les consultations de spécialistes. Mettre les assureurs en concurrence Les hausses de 2027 sont aussi l'occasion de remettre son contrat en concurrence. Une comparaison permet de vérifier si la cotisation reste cohérente avec les garanties proposées.  Utilisez les comparateurs en ligne : c'est gratuit et sans engagement. Vous pouvez ensuite demander à être contacté par un courtier pour vous aider à choisir l'offre qui répond à vos besoins au meilleur prix. Cette démarche est d'autant plus utile quand le contrat a plusieurs années et que votre situation a évolué. Le saviez-vous ? Vous pouvez résilier vos contrats d'assurance auto, habitation et santé à tout moment après une année de souscription. Le principe de résiliation infra-annuelle permet de dénoncer plus rapidement un contrat à tacite reconduction, devenu inadapté ou trop cher.