Crédit immobilier : toutes les infos pour emprunter en septembre 2023

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Vous souhaitez finaliser votre projet immobilier en cette rentrée de septembre ?  L’accès au crédit reste compliqué pour une grande majorité d’emprunteurs et mais armé des bonnes informations, vous pourrez maximiser vos chances de décrocher votre financement bancaire. Taux d’emprunt, usure, politique des banques et levier de l’assurance de prêt, voici tout ce qu’il faut savoir pour décrocher votre crédit.

Taux toujours plus hauts

La progression des taux est toujours d’actualité en septembre. La rentrée est synonyme de coût du crédit immobilier plus élevé. Les barèmes de taux reçus par les courtiers font état de hausses sur toutes les durées et dans toutes les enseignes bancaires. Voici, selon les maturités, les taux moyens observés (hors assurance de prêt immobilier et frais de garantie) :

  • sur 10 ans : autour de 3,50%
  • sur 15 ans : entre 3,75% et 4,05%
  • sur 20 ans : entre 3,90% et 4,20%
  • sur 25 ans : entre 4,10% et 4,50%

Le taux proposé par la banque est bien entendu personnalisé au regard du profil de l’emprunteur. Les excellents dossiers peuvent obtenir des décotes substantielles de quelques points voire dizaines de points, tandis que les profils plus risqués écopent de taux au-delà des moyennes affichées, qui se rapprochent dangereusement de l’usure. De manière marginale pour le moment, la barre des 5% est franchie sur la durée de 25 ans.

En l’espace de dix-huit mois, on est passé de 1% à près de 4% sur 20 ans, une progression phénoménale à mettre au compte des contraintes monétaires qui pèsent sur les établissements de crédit. Le taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne a subi neuf hausses successives entre juillet 2022 et juillet 2023, passant de 0% à 4,25%. Les banques commerciales ajustent leurs barèmes en conséquence, ce qui a pour effet de renchérir drastiquement le coût du crédit pour les particuliers et les entreprises. Le relèvement des taux bancaires de manière plus régulière est aussi la conséquence de la mensualisation du taux d’usure, en place depuis février 2023.

Nouvelle progression du taux d’usure

Sans surprise, en corrélation avec la hausse des taux d’intérêts durant les semaines précédentes, les taux d’usure poursuivent leur remontée. Pour le mois de septembre, les taux plafonds sont les suivants :

  • prêts à taux fixe d’une durée inférieure à 10 ans : 4,23%
  • prêts à taux fixe d’une durée comprise entre 10 et moins de 20 ans : 5,28%
  • prêts à taux fixe d’une durée de 20 ans et plus : 5,56%
  • prêts à taux variable : 5 13%
  • prêts relais : 5,53%

Le crédit immobilier est plus cher en septembre 2023, un phénomène qui se répète de mois en mois. La période bénie avec des taux autour de 1% est bel et bien terminée, et il ne faut pas escompter un retour à des valeurs si basses. On peut toutefois espérer une stabilisation des taux une fois que la BCE aura achevé son programme de relèvement des taux directeurs, quand l’inflation sera proche de l’objectif des 2%.

Souvenez-vous que le taux d’usure exprime le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) à ne pas dépasser. Au-delà des intérêts, cet indicateur du coût global d’un crédit immobilier contient obligatoirement tous les autres frais liés à l’obtention du prêt : frais de dossier, frais de garantie (hypothèque ou caution), primes d’assurance emprunteur et autres dépenses annexes exigées par le prêteur (expertise du bien, frais d’ouverture et de tenue de compte, etc).

On observe que la réglementation n’est pas équitable. Avec un taux d’usure qui reste le même quelle que soit la durée à partir de 20 ans, ceux qui empruntent sur les maturités les plus longues sont pénalisés de fait, car l’espace pour intégrer tous les frais imposés se réduit.

Exigences des banques

L’accès au crédit immobilier est aussi régi par les règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) auxquelles doivent se conformer les banques depuis deux ans :

  • Le taux d’endettement est plafonné à 35% des revenus nets avant impôts, assurance de prêt comprise.

  • La durée de remboursement est limitée à 25 ans (voire 27 ans en cas d’achat en VEFA et dans l’ancien avec travaux de rénovation d’un montant au moins équivalent à 25% du montant de l’opération).

Compte tenu de ces contraintes imposées juridiquement, les banques sont devenues plus réticentes et octroient des financements sous réserve d’un apport personnel suffisant et de l’existence d’une épargne résiduelle significative. Il faut au bas mot mettre sur la table 20% du montant de l’opération immobilière et bénéficier d’une épargne de précaution post-crédit d’au moins six mensualités pour convaincre le banquier. 

Autre paramètre pris en compte : le DPE. Le diagnostic immobilier compte pour obtenir son crédit depuis la mise en œuvre de la nouvelle réglementation sur la performance énergétique de l’habitat. Les investisseurs en locatif doivent donc être très vigilants quant à la qualité du bien qu’ils souhaitent acquérir. Un logement classé F ou G sur l’échelle du DPE risque fort de ne pas pouvoir être financé par un crédit bancaire si l’emprunteur ne dispose pas des fonds nécessaires à la rénovation ou s’il ne peut intégrer le montant des travaux dans le prêt d’acquisition. 

Optimiser son taux d’endettement avec l’assurance emprunteur

La capacité d’emprunt diminue à mesure que les taux augmentent. Il existe une solution pour minimiser l’effet néfaste de ce renchérissement : la délégation d’assurance emprunteur. Faites valoir votre droit au libre choix du contrat d’assurance en vertu de la loi Lagarde et souscrivez un contrat alternatif à la proposition bancaire pour réduire le poids de l’assurance dans votre TAEG. 

Les assurances externes sont jusqu’à 60% moins chères que les assurances groupe bancaires. Ne vous privez pas de cette opportunité pour faire des économies importantes et diminuer votre taux d’endettement. Pourquoi choisir son assurance emprunteur plutôt que jouer la facilité avec la formule de la banque ? Pour réduire la facture, mais aussi pour bénéficier de garanties parfaitement adaptées à votre situation. Avec les assurances concurrentes, vous êtes couvert par des garanties sur-mesure qui répondent à vos besoins au meilleur prix. 

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Dernières publications

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Crédit immobilier : le HCSF maintient le taux d’endettement à 35%

Le message est clair : les règles d’octroi des prêts immobiliers ne seront pas modifiées. Réuni le 3 mars, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a confirmé le maintien du cadre actuel, estimant que les dispositifs en place assurent un équilibre satisfaisant entre soutien au marché immobilier et prévention des risques financiers. Malgré les demandes d’assouplissement formulées par certains professionnels, l’autorité macroprudentielle considère que les garde-fous instaurés depuis 2022 remplissent leur rôle. Le taux d’endettement maximal reste fixé à 35 %, la durée des crédits à 25 ans (hors exceptions encadrées), et la marge de flexibilité à 20 % de la production trimestrielle des banques. Des règles de financement maintenues en l’état Un cadre instauré depuis 2022 Depuis le 1er janvier 2022, les établissements bancaires doivent respecter des critères stricts lorsqu’ils accordent un prêt immobilier. Deux paramètres structurants s’imposent : une durée maximale de remboursement de 25 ans (27 ans en cas de différé lié à une VEFA ou à des travaux dont l’enveloppe représente au moins 10% du montant de l’opération) ; un taux d’endettement ou taux d’effort plafonné à 35 %, assurance emprunteur incluse. Ce taux d’endettement correspond à la part des revenus consacrée au remboursement du ou des prêts. Concrètement, un ménage ne peut pas affecter plus de 35 % de ses revenus nets mensuels au service de sa dette immobilière. Pour le HCSF, ces limites constituent un socle de prudence indispensable, notamment dans un environnement marqué par la volatilité des taux d’intérêt observée ces dernières années. Une reprise jugée “saine” du marché immobilier L’argument central avancé par l’institution repose sur la dynamique récente du crédit. Selon les données communiquées lors du point presse, la production de prêts destinés à financer l’immobilier résidentiel aurait progressé de 33 % en 2025 par rapport à 2024. Cette hausse est interprétée comme le signe d’un redémarrage maîtrisé du marché. Autrement dit, la réglementation actuelle n’entrave pas la distribution de crédits, contrairement aux critiques émises en 2023 et 2024, lorsque la contraction du marché était marquée. Pour le HCSF, le marché a retrouvé un “rythme de croisière” compatible avec la stabilité financière, sans emballement excessif ni blocage structurel. Le taux d’endettement à 35 % : un pilier inchangé Pourquoi ce plafond est stratégique Le taux d’effort plafonné à 35 % vise à prévenir le surendettement des ménages. Il s’agit d’un outil macroprudentiel destiné à limiter l’accumulation de risques systémiques dans le secteur bancaire. En période de hausse des taux ou de ralentissement économique, un taux d’effort trop élevé fragilise les emprunteurs et, par ricochet, les établissements prêteurs. Le maintien de cette limite répond donc à une logique de stabilité globale du système financier. Pour les banques, cette contrainte implique une analyse fine : des revenus stables et pérennes  du reste à vivre après remboursement  de la nature du projet financé  de l’apport personnel mobilisé. Le HCSF considère que ce niveau de 35 % demeure adapté au contexte économique actuel. Les courtiers en crédit ne cessent de rétorquer au HCSF qu’un ménage avec des revenus confortables peut s’endetter au-delà de la norme et conserver un reste à vivre très suffisant, tandis qu’un foyer au Smic ne peut vivre décemment s’il atteint ce plafond. Ce travail d’appréciation visant à prévenir les défauts de paiement a toujours été effectué par les banques sans qu’il y ait besoin de l’encadrer. Rappelons que le taux d’impayés en France est le plus faible de la zone euro (autour de 0,50% de la production de crédits immobiliers). Bon à savoir : un moyen très efficace de réduire le taux d'endettement est faire jouer la délégation d'assurance emprunteur. Les offres des alternatifs sont en effet jusqu'à 4 fois moins chères que les propositions des bancassureurs. Une norme qui ne serait pas “excessivement contraignante” Face aux critiques évoquant un accès au crédit trop restrictif, l’autorité estime que la réglementation n’entrave pas excessivement l’activité bancaire. L’un des indicateurs clés mis en avant est le taux d’utilisation de la marge de flexibilité. En moyenne, les banques mobilisent 17,1 % des 20 % autorisés (lire plus bas). Ce chiffre, en légère progression sur un an, reste en dessous du plafond réglementaire. Pour le HCSF, cette sous-utilisation démontre que les établissements disposent encore de marges de manœuvre significatives. La marge de flexibilité de 20 % : un levier encadré Un dispositif dérogatoire structuré Pour éviter un effet de rigidité excessive, le régulateur a introduit une soupape : 20 % des nouveaux crédits distribués chaque trimestre peuvent déroger aux critères standards (durée ou taux d’endettement). Cette flexibilité n’est toutefois pas laissée à la discrétion totale des banques. Elle obéit à une répartition précise : 70 % de cette enveloppe doivent concerner l’acquisition d’une résidence principale  au sein de ces 70 %, 30 % sont réservés aux primo-accédants. En volume global, cela signifie : 14 % de la production totale de crédits peuvent financer une résidence principale en dérogation ; 6 % de la production totale sont théoriquement fléchés vers les primo-accédants. L’objectif est clair : soutenir l’accession à la propriété tout en encadrant le risque. Une enveloppe encore sous-utilisée Le constat du HCSF est sans ambiguïté : les banques n’exploitent pas pleinement cette latitude. Avec un taux d’utilisation moyen de 17,1 % sur les 20 % autorisés, le système n’est pas saturé. Pour l’institution, cela prouve que les établissements n’ont pas besoin d’un relèvement du plafond pour financer davantage de dossiers atypiques. En d’autres termes, avant d’envisager un assouplissement réglementaire, il existe déjà des capacités inexploitées dans le cadre actuel. Investissement locatif : une flexibilité encore plus large Une marge spécifique de 6 % S’agissant de l’investissement locatif, la réglementation prévoit une part dédiée au sein de la flexibilité globale. Cette enveloppe représente 6 % de la production totale de crédits. Or, selon les chiffres communiqués, seulement 3,5 % seraient effectivement mobilisés à ce titre. Le potentiel de financement supplémentaire est donc loin d’être épuisé. Pour le HCSF, cet écart montre que les conditions d’octroi ne constituent pas le principal frein à l’investissement locatif. D’autres facteurs — rentabilité, fiscalité, contexte économique — jouent un rôle plus déterminant. Pas de justification pour un assouplissement Compte tenu de cette sous-utilisation, l’autorité ne voit pas de motif objectif pour modifier les règles. Les banques disposent, en théorie, de la latitude nécessaire pour accompagner les projets locatifs lorsque les dossiers présentent des fondamentaux solides. Ainsi, la décision de maintenir le cadre actuel repose sur un raisonnement quantitatif : tant que les marges disponibles ne sont pas intégralement utilisées, un relâchement des contraintes ne se justifie pas. Quels impacts pour les emprunteurs en 2026 ? Un cadre stable et prévisible Pour les ménages, la principale conséquence est la stabilité réglementaire. Les critères d’octroi restent identiques. Cette visibilité est un élément positif dans un environnement où les taux d’intérêt et les prix immobiliers ont fortement fluctué ces dernières années. Une sélection toujours exigeante En revanche, les emprunteurs aux profils atypiques doivent continuer à composer avec une analyse rigoureuse : revenus variables ou indépendants  projets d’investissement locatif avec cash-flow tendu  taux d’endettement proche du seuil maximal. Dans ces situations, la décision dépendra largement de la politique interne de la banque et de sa gestion de la marge de flexibilité trimestrielle.

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Crédit immobilier : toutes les infos pour emprunter en mars 2026

Le marché du crédit immobilier entre dans une phase de stabilisation en ce début de printemps. Si les taux ne s'inscrivent plus dans une dynamique de baisse franche, les conditions d'emprunt restent favorables, notamment grâce aux efforts ciblés de certaines banques en direction des primo-accédants. Pour combien de temps ? La guerre en Iran va inévitablement affecter les marchés financiers et provoquer une tension sur les taux d’intérêts. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans un projet d'achat immobilier en mars 2026. Des taux de crédit immobilier stables, plus attractifs pour les bons profils Quels taux moyens en mars 2026 ? Après plusieurs mois de fluctuations, les taux de crédit immobilier semblent avoir trouvé un point d'équilibre. Selon les barèmes compilés par les courtiers, les emprunteurs peuvent espérer décrocher, en moyenne (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : Sur 15 ans : entre 3,18 % et 3,45 % Sur 20 ans : entre 3,28 % et 3,50 % Sur 25 ans : entre 3,38 % et 3,60 % Des écarts importants selon les banques et les profils Ces chiffres varient néanmoins sensiblement selon les établissements. Ces écarts s'expliquent par les politiques commerciales propres à chaque banque en matière de prêt immobilier, mais aussi par les profils des emprunteurs et les disparités régionales. Soigner son dossier pour décrocher le meilleur taux Pour les dossiers solides, les décotes peuvent être significatives, avec des valeurs plus performantes que les taux moyens. Autrement dit, soigner son dossier — stabilité professionnelle, apport suffisant, taux d'endettement maîtrisé — peut faire une réelle différence au moment de négocier. Voici les taux bruts que peuvent négocier les meilleurs profils : Sur 15 ans : jusqu’à 2,80 % Sur 20 ans : autour de 3 % Sur 25 ans : 3,15 % Les banques à l’offensive Des baisses de taux ciblées en février et mars Dans ce contexte de stabilité globale, deux grandes banques nationales ont choisi de faire un mouvement significatif. La Banque Postale a réduit ses taux de crédit immobilier de 0,25 % en février, puis de 0,20 % supplémentaires en mars. De son côté, la Société Générale a abaissé ses barèmes de 0,10 % sur les deux mois. Un rôle de baromètre pour le marché Ces décisions ne sont pas anodines. Ces établissements répercutent plus sensiblement que les autres les évolutions des conditions de financement, ce qui leur confère un rôle de véritable baromètre du marché. Leur engagement traduit une volonté d'attirer de nouveaux emprunteurs, en particulier parmi les primo-accédants et les ménages de la classe moyenne. Des critères d'entrée assouplis Pour y parvenir, ces banques ont également revu leurs exigences à la baisse : certaines acceptent désormais un apport personnel de seulement 10 %, sans obligation de justifier d'une épargne préalable importante.  Cette évolution notable ouvre concrètement la porte à des profils autrefois freinés par des conditions trop strictes, en particulier les primo-accédants qui sont souvent des jeunes ménages sans épargne. Un environnement financier plus serein… mais pour combien de temps ? L'OAT 10 ans en repli : une bonne nouvelle pour les emprunteurs Cette tendance à la stabilisation des taux est en partie liée à l'évolution de l'OAT à 10 ans, le taux d'emprunt d'État qui sert de référence aux banques pour fixer leurs barèmes. Depuis le début du mois de février, cet indicateur est orienté à la baisse, ce qui allège mécaniquement le coût de refinancement des établissements bancaires. Le budget 2026 rassure les marchés L'adoption du budget de finances 2026 par le gouvernement a par ailleurs contribué à apaiser les marchés financiers, facilitant les conditions dans lesquelles les banques se financent elles-mêmes.  Le printemps, une saison stratégique pour négocier Le printemps est traditionnellement une période charnière pour le secteur immobilier, et les banques sont soucieuses de ne pas rater leur année. Autant dire que les candidats à l'achat ont tout intérêt à surveiller de près les annonces à venir. Le risque sur les taux avec la guerre en Iran La stabilité des taux est attendue pour les prochains mois, mais voilà que la guerre en Iran induit un aléa économique majeur qui va peser sur l’économie mondiale. C'est systématiquement par le pétrole que l'onde de choc se propage aux marchés financiers. Une progression durable des cours du brut ne reste jamais cantonnée au secteur énergétique : elle se diffuse progressivement à l'ensemble de l'économie en alourdissant les coûts du fret, de la production manufacturière et des matières premières agricoles. L'effet inflationniste va peser sur les marges des entreprises comme sur le pouvoir d'achat des ménages. Une inflation élevée entraîne généralement une hausse des taux de crédit, car les banques centrales augmentent leurs taux directeurs pour limiter la quantité d’argent en circulation et freiner ainsi la hausse des prix. L'impact de la guerre en Iran sur le marché immobilier français se traduit par une réduction du pouvoir d'achat immobilier des emprunteurs (capacité d'emprunt diminuée) et des nouveaux crédits beaucoup plus coûteux. Les primo-accédants, chouchous des banques Le PTZ, toujours au cœur des dispositifs d'aide Le mouvement de soutien aux primo-accédants ne se limite pas à la baisse des taux. Il prend aussi la forme de dispositifs complémentaires, souvent cumulables entre eux, qui permettent de réduire significativement le coût total d'un crédit.  Le Prêt à taux zéro (PTZ), prolongé et élargi à la maison individuelle, reste l'un des leviers les plus puissants pour financer une première acquisition, combiné à des conditions avantageuses pour les projets de rénovation énergétique. Il peut financer jusqu'à 50 % du montant de l'opération et doit toujours être garanti par une assurance emprunteur, même en l'absence d'intérêts bancaires pour l'emprunteur. Des prêts bonifiés pour les moins de 35 ans À noter parmi les offres du moment : le Crédit Coopératif propose un prêt complémentaire de 20 000 euros à 0 % (dans la limite de 10 % du montant financé) pour les emprunteurs de moins de 35 ans bénéficiant du PTZ. Une aide concrète qui peut faire pencher la balance pour un jeune ménage hésitant. Des offres prolongées au-delà de décembre 2025 De nombreuses offres destinées aux primo-accédants (prêts bonifiés), initialement prévues pour prendre fin en décembre 2025, ont finalement été reconduites en 2026. Un signal fort pour tous ceux qui souhaitent franchir le cap de la propriété cette année. Assurance emprunteur : un levier souvent négligé pour réduire le coût du crédit Un poste de dépense qui pèse lourd dans le coût total Lorsqu'on parle de crédit immobilier, on se concentre naturellement sur le taux nominal. Pourtant, l'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût total d'un prêt immobilier. C'est un poste de dépense majeur, et surtout un levier d'optimisation puissant que de nombreux emprunteurs sous-estiment. La loi Lemoine : changer d'assurance à tout moment Depuis la loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat. Cette liberté accrue permet de mettre les offres du marché en concurrence et de réaliser des économies substantielles — parfois plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Délégation d'assurance : pourquoi ne pas rester avec sa banque ? La banque prêteuse propose systématiquement son contrat groupe lors de la souscription du crédit. Mais rien ne vous oblige à l'accepter : en vertu de la loi Lagarde de 2010, vous pouvez opter pour une délégation d'assurance de prêt, c'est-à-dire souscrire un contrat individuel auprès d'un assureur externe, souvent moins coûteux et mieux adapté à votre profil (âge, état de santé, profession). Bien souvent, la délégation est difficile à mettre en place par peur des réticences du prêteur et par ignorance des droits des emprunteurs. Pas de panique : grâce à la loi Lemoine, vous pouvez négocier dans un deuxième temps sans compromettre l’obtention du financement bancaire. Le TAEA : l'indicateur clé pour comparer les offres Pour comparer efficacement, il convient de se référer au TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance), un indicateur standardisé qui évalue le vrai coût de l'assurance, indépendamment du taux d'intérêt du prêt.  En mars 2026, face à des taux de crédit relativement proches d'un établissement à l'autre, c'est souvent sur l'assurance emprunteur que se joue la véritable compétitivité d'une offre globale. Ne signez jamais sans avoir comparé. Si vous avez un projet immobilier solide en ce début mars 2026, n’attendez pas ! Le climat géopolitique, déjà anxiogène mais aggravé par la guerre en Iran, va peser sur les conditions d’emprunt dans les prochaines semaines, à moins que le conflit soit résolu rapidement.  

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Guerre en Iran 2026 : quel impact sur le marché immobilier français ?

Le conflit militaire qui oppose l’Iran et les USA depuis fin février ne constitue pas un simple événement géopolitique lointain pour les acteurs de l’immobilier français. Elle agit comme un choc macroéconomique exogène susceptible de modifier les équilibres du marché via plusieurs canaux de transmission : énergie, inflation, taux d’intérêt, conditions de crédit, confiance des ménages et coûts de construction. L’immobilier, par nature, est un marché à inertie lente. Les prix ne s'ajustent pas instantanément. En revanche, les volumes de transactions, les délais de vente, les négociations, les taux d’emprunt et la solvabilité des acquéreurs réagissent plus rapidement aux variations de l’environnement économique. Un contexte politique à forte charge symbolique Début 2026, le président américain Donald Trump a publiquement durci sa position vis-à-vis de Téhéran. Après l’échec de discussions diplomatiques, il a évoqué la nécessité possible du recours à la force, avant d’annoncer, le 28 février 2026, le lancement d’opérations militaires majeures ciblant des infrastructures stratégiques iraniennes. Sur le plan immobilier français, ce type de déclaration n’a pas d’effet direct sur les prix au mètre carré. En revanche, il agit comme catalyseur d’incertitude. Les marchés financiers intègrent alors une prime de risque, notamment sur les matières premières énergétiques et les flux logistiques internationaux. C’est cette prime de risque qui enclenche la chaîne de transmission économique. La guerre en Iran et sa chaîne de transmission : énergie > inflation > taux > confiance L’immobilier ne réagit pas à la guerre en tant que telle, mais aux conséquences économiques qu’elle génère. La séquence la plus probable est la suivante : Hausse du risque géopolitique Tension sur les prix du pétrole et du gaz Inflation importée Pression sur les taux longs Durcissement des conditions de crédit Baisse de la confiance et ralentissement des transactions Deux scénarios sont néanmoins possibles en fonction de la durée du conflit et de son extension : Scénario A : choc énergétique durable Inflation persistante Taux d’intérêt durablement plus élevés Crédit plus sélectif Marché moins fluide Pression baissière progressive sur certains segments Scénario B : tension brève et réversible Pic temporaire sur l’énergie Stabilisation rapide Impact essentiellement psychologique Allongement des délais de vente sans correction massive des prix. Pour les professionnels, la question clé n’est pas « y aura-t-il une baisse ? », mais « comment la solvabilité évolue-t-elle ? ». Le canal énergétique : un levier déterminant Le point critique n’est pas uniquement l’Iran, mais la sécurisation des routes maritimes stratégiques, notamment le Détroit d’Ormuz. Environ 20 % des flux mondiaux de liquides pétroliers transitent par cette zone. Toute perturbation, même limitée, peut entraîner : Une hausse des primes d’assurance maritime Une augmentation des coûts de fret Des tensions sur les contrats à terme Impact sur le pouvoir d’achat immobilier Pour un ménage français, les conséquences financières sont les suivantes : Augmentation des dépenses de carburant Hausse des factures de chauffage Renchérissement du transport quotidien. Résultat : le reste à vivre diminue, ce qui affecte directement la capacité d’emprunt calculée par les banques. Les conséquences concrètes de la guerre Iran/USA sur le marché immobilier français Le duo taux et crédit L’immobilier résidentiel français repose très largement sur le financement bancaire. Toute variation des taux influence mécaniquement la demande. La Banque Centrale Européenne a maintenu début 2026 ses taux directeurs à des niveaux relativement stables. Toutefois, une poussée inflationniste liée à l’énergie pourrait influencer les taux longs via le marché obligataire. Même sans hausse immédiate des taux directeurs : Les banques peuvent augmenter leurs marges. Les critères d’octroi de prêt immobilier peuvent se durcir. Les profils atypiques peuvent être exclus. On observe généralement : Davantage de dossiers recalibrés Des renégociations post-compromis Une augmentation des clauses suspensives liées au financement Des arbitrages sur la surface ou la localisation à budget constant Le marché ralentit d’abord en volume avant d’éventuellement ajuster les prix. Perte de confiance des ménages L’immobilier est un actif refuge dans certaines crises, mais il est aussi sensible à la perception du risque. En période d’incertitude : Les acquéreurs différencient davantage leurs projets. Les investisseurs exigent un rendement supérieur. Les vendeurs deviennent plus hésitants. Les statistiques publiées par les Notaires de France montrent traditionnellement que les volumes réagissent plus vite que les prix dans ce type de contexte. L’ajustement est progressif et segmenté. Tensions sur le marché locatif Lorsque l’accession à la propriété se complique, une partie des ménages reste locataire plus longtemps, comme on a pu le constater entre 2021 et 2023 avec la mise en place des règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière). Conséquences : Maintien de la tension locative dans les zones attractives Attention accrue aux charges récupérables Arbitrages des bailleurs entre rénovation, maintien en location ou revente. La hausse des charges énergétiques devient un argument central lors des visites, notamment dans les copropriétés à chauffage collectif. Performance énergétique : un facteur amplifié Un contexte de pression énergétique renforce l’écart de valeur entre : Les logements classés A, B ou C sur l'échelle du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) Les passoires thermiques (étiquettes F et G). Le coût d’usage (mensualité + charges + travaux) devient l’indicateur central dans la décision d’achat. Les négociations s’intensifient sur les biens énergivores, surtout si le crédit est plus sélectif. Depuis l’entrée en application de la loi sur les passoires thermiques (retrait progressif du marché locatif), les banques accordent davantage d'importance à l’étiquette énergétique d’un logement : elles conditionnent le financement du projet d’achat à une enveloppe de travaux de rénovation. Dans un contexte de renchérissement du coût de l’énergie, elles vont nécessairement redoubler de vigilance. Un choc énergétique se répercute également sur : les matériaux (chimie, métallurgie) le transport les délais d’approvisionnement. Les professionnels suivent notamment : l’indice du coût de la construction (ICC) l’indice BT01 pour les marchés de travaux. Ces indicateurs publiés par l’INSEE permettent d’objectiver les tendances. Malgré ces risques, plusieurs facteurs soutiennent le marché français : Offre structurellement insuffisante dans certaines métropoles Taux d’endettement des ménages encadré : maximum 35% des revenus nets avant impôt, assurance emprunteur comprise Système bancaire prudentiel et crédit immobilier à taux fixes. L’effet de la guerre impliquant l’Iran ne serait donc pas un effondrement brutal, mais plutôt un test de liquidité et de solvabilité. Le marché réagit d’abord par un ralentissement des transactions, une sélectivité accrue du crédit et une pression sur les biens les moins performants énergétiquement.