Crédit immobilier : pourra-t-on faire des économies en 2024 ?

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L’année immobilière 2023 se termine mieux qu’elle n’a commencé : stagnation des taux d’intérêts en décembre, baisse des prix, légère mais bien réelle, et timide assouplissement des règles d’octroi. On est loin des conditions idéales d’il y a deux ans, mais à défaut d’espérer un improbable retour en arrière, tout laisse à penser qu’une amélioration se profile. Les taux devraient baisser en 2024 et l’assurance emprunteur, cet élément indispensable de tout crédit immobilier, permet encore et toujours de réaliser de grosses économies.

Les taux du crédit immobilier en 2024

Le niveau des taux d’emprunt aux particuliers est corrélé à la politique monétaire européenne. Face à la dérive inflationniste entamée début 2022, en lien avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, la Banque Centrale Européenne avait durci les conditions monétaires, augmentant drastiquement ses taux directeurs pour tenter de ramener l’inflation vers son objectif de 2%.

Le resserrement des conditions de financement a pour but de freiner la demande et par ricochet, de faire fléchir l’inflation. Après 10 hausses successives depuis juillet 2022, la BCE décide le gel des taux en octobre, position confirmée en novembre et lors de la dernière réunion du 14 décembre.

Maintien de la politique monétaire de la BCE

Les taux directeurs restent inchangés, notamment le taux de refinancement qui demeure à 4,50%, soit le taux auquel les banques commerciales peuvent emprunter auprès de la banque centrale. Selon l’institution communautaire, l’inflation devrait reculer graduellement en 2024 et se rapprocher de sa cible de 2% en 2025. Les prévisions placent le taux d’inflation à 5,4% pour l’année 2023, à 2,7% pour 2024 et à 2,1% en 2025. Elles ont été revues à la baisse par rapport aux projections établies en septembre dernier.

Cette stagnation des taux directeurs est plutôt rassurante pour le marché immobilier, mais il va encore falloir patienter pour voir les taux d’intérêts du crédit baisser. Les taux fin 2023 et début 2024 vont rester à des niveaux élevés et si le début de la fin de la hausse des taux semble acté, il faudrait une réelle baisse des taux directeurs pour que les banques diminuent leurs grilles de taux.

Niveau de taux toujours élevé en 2024

Selon les experts économiques, la BCE ne devrait pas infléchir sa politique monétaire avant l’été 2024. On peut toutefois être raisonnablement optimiste, car, en parallèle, le taux de la dette française se contracte significativement : autre indicateur utilisé par les banques pour établir leurs grilles de taux, l’OAT 10 ans (emprunt obligataire sur 10 ans) a chuté de 3,6% en octobre à 2,6% en décembre.

Dans l’hypothèse où les taux d’emprunt viendraient à baisser en 2024, ceux qui détiennent un prêt immobilier contracté en 2023 au plus fort de la hausse des valeurs pourraient envisager une renégociation ou un rachat de crédit, si tant est que l’écart entre les deux taux atteigne au minimum 70 points de base. Actuellement, le taux moyen sur 20 ans s’affiche autour de 4,50% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés).

Nouvelles conditions d’octroi en janvier 2024

Le régulateur s’est enfin résolu à amender les règles du HCSF qui encadrent strictement le crédit immobilier depuis 3 ans, mais on attendait mieux que les 3 mesures cosmétiques de la Banque de France pour faciliter l’accès au crédit immobilier : 

  • La durée d’emprunt reste limitée à 25 ans, sauf exception jusqu’à 27 ans dans le neuf (VEFA) et dans l’ancien sous condition de travaux de rénovation d’un montant équivalent à 10% de l’opération, contre 25% jusque-là.
  • Le taux d’endettement sera calculé hors intérêts d’un éventuel prêt-relais, mais il demeure plafonné à 35% des revenus nets, assurance emprunteur comprise, quel que soit le niveau du reste à vivre.
  • La possibilité sera donnée de faire réexaminer un refus de prêt pour les demandes recalées à la marge.

Pas de quoi booster la production de crédit en 2024. On pourrait moquer le déni du gouvernement de la crise immobilière 2023 s’il n’était pas préjudiciable à tout le secteur et aux ménages emprunteurs qui peinent à accéder à la propriété à cause de règles obsolètes qui n’ont plus lieu d’être.

Des économies sur l’assurance de prêt immobilier

Il est une démarche génératrice d’économies que chaque emprunteur peut engager, quel que soit le niveau des taux d’intérêts. Peu importent l’inflation et le taux nominal de votre prêt, vous pouvez renégocier une assurance emprunteur trop chère. Au moment de la demande de prêt comme en cours de remboursement, vous avez l’opportunité de faire jouer la délégation d’assurance emprunteur.

Le libre choix de l’assurance de prêt

Depuis septembre 2010 et l’introduction de la loi Lagarde, vous avez le droit de refuser l’assurance proposée par votre banque et souscrire le contrat de votre choix sous réserve qu’il présente un niveau d’équivalence de garanties. Savez-vous que les assurances groupe bancaires sont jusqu’à trois fois plus chères que les contrats externes ?

Le libre choix est autorisé sur toute la durée de remboursement : grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment et sans frais, sans devoir respecter une quelconque date d’échéance.

En première intention, mais également une fois l’offre de crédit signée, vous pouvez mettre les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt immobilier.

Armé de la fiche standardisée d’information que votre banque vous remet lors de votre demande de financement, vous pouvez comparer les prix et les garanties en toute objectivité, afin de sélectionner le contrat le plus compétitif qui répond à vos besoins et aux exigences du prêteur. Voilà comment économiser 15 000 euros sur votre assurance emprunteur !

Changez d’assurance emprunteur en 2024

En souscrivant une assurance individuelle, vous pouvez baisser le coût de la cotisation de 60%. Une assurance moins chère de 20 points de base (0,20%) génère plus d’économies que de négocier une baisse de 10 points de base sur le taux nominal. Exemple.

Vous empruntez 200 000€ au taux brut de 4,50%, couverts par une assurance bancaire au taux de 0,34% (taux moyen).

 

 

Mensualité

Coût mensuel assurance

Coût total crédit

Coût total assurance

Économies

Taux nominal 4,50% / taux assurance 0,34%

1 322 €

57 €

117 272 €

13 600 €

 

Taux nominal 4,40%/Taux assurance 0,34%

1 311 €

57 €

114 687 €

13 600 €

2 585 €

Taux nominal 4,50%/Taux assurance 0,11%*

1 284 €

18 €

108 072 €

4 400 €

9 200 €

 *taux assurance moyen constaté chez Magnolia.fr pour un emprunteur âgé entre 35 et 45 ans

L’accès à une assurance compétitive repose sur une simple mise en concurrence des offres, tandis qu’obtenir un taux nominal préférentiel demande de négocier ferme avec la banque pour un résultat qui se révèle moins intéressant. Rien ne vous empêche de batailler pour les deux !

Consultez notre baromètre du pouvoir d’achat immobilier de décembre 2023 pour mesurer l’intérêt financier de profiter de la réglementation en matière d’assurance emprunteur. À garanties au moins équivalentes, une assurance externe vous fait gagner des dizaines d’euros par mois, qui se transforment en milliers d’euros sur la durée de votre crédit immobilier.

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Doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires en octobre 2026 : quel impact sur votre budget et les mutuelles santé ?

À partir d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, et passeront chacun de 50 à 100 € par an. Au total, un assuré pourra donc supporter jusqu'à 200 € de reste à charge annuel, contre 100 € auparavant. Cette mesure vise à contribuer au redressement des finances de l’Assurance Maladie tout en maintenant inchangés les montants prélevés sur chaque acte médical. En revanche, les personnes qui consomment régulièrement des soins atteindront désormais un plafond plus élevé. Quelles conséquences pour votre budget ? Les mutuelles santé prendront-elles en charge cette hausse ? Pourquoi les plafonds des franchises médicales doublent-ils en 2026 ? Face au déficit persistant de l'Assurance Maladie, le gouvernement poursuit sa politique de réduction des dépenses de santé. Après le doublement des franchises médicales en avril 2024, une nouvelle étape est franchie avec le relèvement des plafonds annuels. L'objectif est double : limiter les dépenses supportées par la Sécurité Sociale  responsabiliser davantage les assurés sur leur consommation de soins. Selon les estimations des pouvoirs publics, cette réforme pourrait générer près de 500 millions d'euros d'économies dès 2026, puis environ 740 millions d'euros par an lorsque le dispositif produira ses effets sur une année complète. Cette décision ne fait toutefois pas l'unanimité. Plusieurs représentants des assurés et des professionnels de santé estiment qu'elle augmente le reste à charge des patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques. Qu'est-ce qui change concrètement en octobre 2026 ? La réforme ne modifie ni le principe des franchises médicales et de la participation forfaitaire, ni leur montant unitaire. En revanche, le plafond annuel est revu à la hausse. Les nouveaux plafonds Dispositif Jusqu’en septembre 2026 À partir d’octobre 2026 Franchise médicale 50 € par an 100 € par an Participation forfaitaire 50 € par an 100 € par an Total maximal annuel 100 € 200 € Les montants prélevés sur chaque acte restent identiques Contrairement à ce que certains pourraient croire, les montants des franchises médicales et de la participation forfaitaire n'augmentent pas. Les franchises médicales s’appliquent sur :  les médicaments remboursés  les actes réalisés par un infirmier  les séances chez un masseur-kinésithérapeute  les transports sanitaires. Les montants retenus demeurent inchangés, à savoir 1 € sur les médicaments et le paramédical, et 4 € pour le transport sanitaire. La participation forfaitaire concerne :  les consultations chez un médecin généraliste  les consultations chez un spécialiste  les examens de radiologie  les analyses de biologie médicale. Là encore, le montant prélevé reste identique, à 2 € sur chaque acte.  Pourquoi certains assurés seront davantage concernés par le doublement des franchises médicales et participations forfaitaires ? Tous les Français ne verront pas leur budget santé évoluer de la même manière. Les personnes consultant rarement un médecin n'atteignent généralement jamais les plafonds annuels. En revanche, la réforme touchera davantage : les personnes atteintes d'une maladie chronique ou d’une affection de longue durée (ALD) les seniors  les patients suivant plusieurs traitements médicamenteux  les personnes ayant besoin de soins paramédicaux réguliers  les assurés réalisant fréquemment des examens médicaux. Plus la consommation de soins est importante, plus le risque d'atteindre les nouveaux plafonds augmente. Quel est l'impact sur le budget des ménages ? Le gouvernement estime que le reste à charge moyen pourrait augmenter d'environ 30 euros par an par ménage. Cette moyenne cache cependant des situations très différentes. Un assuré qui consulte son médecin deux ou trois fois par an, qui prend peu de médicaments et réalise peu d'examens médicaux, n'atteindra probablement jamais les plafonds. Son budget santé restera quasiment inchangé. À l'inverse, une personne qui consulte plusieurs spécialistes, qui suit un traitement permanent et effectue des analyses biologiques fréquentes, pourra atteindre jusqu'à 200 € cumulés par an. La différence peut donc devenir significative sur une année complète. Les mutuelles santé remboursent-elles ces franchises ? C'est une question que se posent de nombreux assurés. Les franchises et participations sur les dépenses de santé ont été mises en place pour responsabiliser les assurés : la santé n’est pas gratuite et chacun, sauf exemption, doit participer financièrement. Une interdiction prévue par la réglementation Les contrats de mutuelle santé responsable, qui représentent l'immense majorité des complémentaires santé en France, n'ont pas le droit de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. L'objectif est de conserver une part de reste à charge afin d'inciter les assurés à un usage raisonné du système de soins. Même une mutuelle haut de gamme ne peut donc pas effacer ces retenues. Cette réforme peut-elle avoir une incidence sur les mutuelles ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires ne sont pas remboursées par les complémentaires santé, la réforme pourrait avoir des conséquences indirectes. Parallèlement au doublement des plafonds, d'autres mesures sont envisagées concernant : certains médicaments à service médical jugé faible  les soins dentaires  les transports sanitaires. Si la part remboursée par la Sécurité Sociale diminue sur ces postes, les complémentaires santé pourraient être davantage sollicitées. À terme, cela pourrait peser sur l'équilibre financier des organismes complémentaires et exercer une pression sur les cotisations. Lorsque les remboursements des mutuelles augmentent, celles-ci peuvent être amenées à réviser leurs tarifs. Cela explique pourquoi plusieurs acteurs du secteur suivent attentivement cette réforme. Comment limiter l'impact du doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires restent dues et non remboursées, quelques réflexes permettent de mieux maîtriser son budget santé. Faire régulièrement le point sur sa mutuelle Remettre en question son contrat de mutuelle santé permet de vérifier : les garanties réellement utiles  les postes insuffisamment remboursés  les éventuelles options devenues obsolètes (comme la garantie maternité ou orthodontie enfant si on est senior). Changer de complémentaire santé peut permettre de réaliser des économies sans diminuer son niveau de protection. Le saviez-vous ? : vous pouvez résilier votre contrat à tout moment après une année de souscription grâce aux dispositions de la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé.  Respecter le parcours de soins coordonnés Consulter son médecin traitant avant un spécialiste permet généralement d'obtenir un meilleur remboursement de l'Assurance maladie. Même si cela ne supprime pas la participation forfaitaire de 2 € par consultation, cela évite d'autres pénalités de remboursement pour non-respect du parcours de soins coordonnés. Privilégier les dispositifs de prévention Le dépistage, les vaccinations ou encore le suivi médical régulier permettent parfois d'éviter des complications nécessitant des soins plus lourds et plus coûteux. Les personnes exonérées restent-elles protégées ? Certaines catégories d'assurés vont continuer à bénéficier d'une exonération de la franchise médicale :  des bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) ou de l’AME (Aide Médicale de l’État) des femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les enfants et les jeunes de moins de 18 ans les victimes de terrorisme. Quant à la participation forfaitaire, elle concerne tous les assurés, même les personnes déclarées en ALD, sauf :  les bénéficiaires de la CSS et de l’AME les femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les mineurs. À compter d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, passant de 50 à 100 euros chacun. Les montants prélevés sur chaque consultation, boîte de médicaments ou acte médical restent en revanche inchangés. Les assurés qui consomment peu de soins ressentiront peu les effets de cette réforme. En revanche, les personnes souffrant de pathologies chroniques, les seniors et les patients ayant un suivi médical régulier verront leur reste à charge augmenter.  Les mutuelles santé ne vont pas compenser cette hausse, la réglementation leur interdisant de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. Dans ce contexte, comparer régulièrement sa complémentaire santé reste le meilleur moyen d'optimiser son budget sans renoncer à une couverture de qualité.

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Maisons incendiées en juillet 2026 : peut-on suspendre ses mensualités de crédit immobilier ?

Les incendies qui frappent certaines régions françaises, notamment la Gironde et les Landes, provoquent des conséquences dramatiques pour les habitants : destruction des logements, évacuations, relogement d'urgence et pertes matérielles considérables. Mais une autre problématique se pose rapidement pour les propriétaires ayant un emprunt immobilier en cours : faut-il continuer à rembourser son crédit lorsque son habitation est devenue inhabitable ou a été détruite par les flammes ? Si l'assurance habitation intervient pour indemniser les dommages, le remboursement du prêt immobilier obéit à des règles différentes. Certaines banques acceptent de suspendre temporairement les échéances, mais cette possibilité n'est ni automatique ni garantie. Voici ce qu'il faut savoir. La destruction d'un logement ne met pas fin au crédit immobilier Contrairement à une idée répandue, la disparition ou la destruction d'un bien immobilier n'entraîne pas l'annulation du prêt contracté pour son acquisition. En effet, le contrat de crédit est indépendant du bien financé. L'emprunteur reste donc tenu de rembourser les mensualités prévues, même si le logement est rendu inhabitable à la suite d'un incendie. La prise en charge des dégâts relève principalement de l'assurance habitation, tandis que le crédit continue normalement à courir selon les conditions prévues dans le contrat. Une suspension des mensualités est-elle possible ? La majorité des contrats de prêt immobilier prévoient une certaine souplesse permettant d'adapter les remboursements en cas de difficultés exceptionnelles. Selon les établissements bancaires, plusieurs dispositifs peuvent être proposés. Le report des échéances Le report permet de décaler temporairement le paiement des mensualités. Il peut être : total, avec suspension du remboursement du capital et des intérêts ; partiel, lorsque seuls les remboursements du capital sont interrompus. Les échéances reportées sont généralement ajoutées à la fin du crédit, ce qui allonge sa durée. Important : en cas de report total des mensualités, l’assurance de prêt doit continuer à être payée. Les banques reportent les intérêts non perçus sur le capital restant dû selon le principe de l’amortissement négatif. Pour que le report soit possible, une clause doit figurer au contrat de prêt. Compte tenu des circonstances dramatiques en Gironde et dans les Landes, certaines banques dont BPCE vont proposer cette modalité à tous les emprunteurs sinistrés, même si elle n’est pas prévue dans les conditions initiales. La modulation des mensualités Certains contrats autorisent également une réduction temporaire des mensualités afin d'alléger la charge financière du foyer. Cette solution est souvent privilégiée lorsque le sinistre entraîne une baisse des revenus ou des dépenses imprévues importantes. Le moratoire exceptionnel Lorsqu'une catastrophe naturelle ou un événement majeur touche une région entière, les banques peuvent décider de mettre en place des mesures commerciales exceptionnelles. Il s'agit alors d'un moratoire permettant de suspendre les remboursements pendant plusieurs mois, parfois sans frais.  Le Crédit Agricole et LCL ont annoncé lundi dernier mettre en place un moratoire de 12 mois, sans frais d’avenant, sur les crédits immobiliers pour les personnes sinistrées en Gironde. Toutes les banques ne proposent pas les mêmes conditions Même si les reports d'échéances sont désormais fréquents, ils ne sont pas systématiquement prévus aux contrats de prêt. Plusieurs éléments peuvent limiter leur application. Certains prêts sont exclus Les possibilités de suspension sont parfois plus restreintes ou impossibles pour : les prêts réglementés ou aidés comme le PTZ (Prêt à Taux Zéro) les financements composés de plusieurs lignes de crédit. Chaque établissement applique ses propres règles. Des conditions d'ancienneté peuvent exister Il est également fréquent que la banque exige que le crédit ait déjà été remboursé pendant une certaine durée avant d'autoriser un report. Par exemple, certains contrats imposent : 6 mois de remboursement minimum  12 mois d'ancienneté  un nombre limité de reports pendant toute la durée du prêt. Ces critères figurent dans les conditions générales du contrat. Une décision prise au cas par cas Même lorsqu'une banque communique sur des mesures exceptionnelles, cela ne signifie pas que tous les dossiers sont automatiquement acceptés. L'établissement bancaire analyse généralement plusieurs éléments : la localisation du bien  l'importance des dommages  la situation financière de l'emprunteur  les garanties du prêt  les clauses prévues dans le contrat. Une demande individuelle reste donc nécessaire. Comment demander une suspension de crédit immobilier ? Les victimes d'un incendie doivent agir rapidement afin de limiter les difficultés financières. Contacter son conseiller bancaire La première étape consiste à informer son agence bancaire dès que possible. Il est conseillé d'expliquer précisément la situation : logement détruit ou gravement endommagé  évacuation du domicile  impossibilité temporaire d'occuper les lieux  conséquences financières du sinistre. Plus le dossier est complet, plus son traitement sera rapide. Certains emprunteurs subissent une double peine en cumulant perte de leur logement et chômage partiel. Bon nombre d’entreprises des Landes et de la Gironde ont été détruites ou endommagées et doivent cesser leur activité de manière temporaire, quand d'autres subissent un arrêt forcé. Fournir les justificatifs nécessaires La banque peut demander différents documents : déclaration de sinistre  attestation de l'assureur  arrêté d'évacuation le cas échéant  photographies des dommages  rapport d'expertise lorsqu'il est disponible. Ces pièces permettent d'apprécier la situation réelle du propriétaire. Quel rôle joue l'assurance emprunteur ? L'assurance emprunteur protège la banque contre certains risques liés à la personne assurée non au bien financé par le crédit. Elle intervient en cas de décès, d’invalidité, d’arrêt de travail pour maladie ou accident, parfois de perte d’emploi de l'emprunteur. La destruction du logement par un incendie n'est pas un risque couvert par l'assurance de prêt. La prise en charge des dégâts relève exclusivement de l'assurance multirisque habitation. Que faire si votre banque refuse le report ? Si votre contrat ne prévoit aucune suspension ou si votre demande est refusée, plusieurs solutions existent. Vous pouvez notamment : solliciter un rendez-vous avec votre conseiller afin de rechercher une solution amiable ; demander un réaménagement du prêt ; négocier une modulation des mensualités ; saisir le service réclamation de la banque. En cas de désaccord persistant, il est également possible de recourir au médiateur bancaire. Une assistance juridique peut accompagner les sinistrés Au-delà des démarches bancaires et des déclarations d'assurance, les victimes d'un incendie doivent souvent faire face à des questions juridiques complexes. Les sujets peuvent concerner : les indemnisations  les litiges avec l'assureur  les responsabilités  les délais de reconstruction  les relations avec les établissements bancaires. À la suite de catastrophes majeures, des permanences juridiques gratuites sont fréquemment mises en place par les barreaux ou les collectivités afin d'accompagner les personnes sinistrées dans leurs démarches. Ce qu'il faut retenir La destruction d'un logement par un incendie ne suspend pas automatiquement le remboursement du crédit immobilier. Toutefois, de nombreuses banques disposent de mécanismes permettant de reporter ou de moduler les échéances, particulièrement lors de catastrophes exceptionnelles.  Chaque situation est étudiée individuellement, selon les clauses du contrat et les mesures commerciales décidées par l'établissement. En parallèle, l'assurance habitation demeure l'interlocuteur principal pour l'indemnisation des dommages, tandis que l'assurance emprunteur n'intervient pas dans ce type de sinistre. Une réaction rapide auprès de la banque et de l'assureur permet souvent d'obtenir un accompagnement adapté et d'éviter une aggravation des difficultés financières.

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Crédit immobilier : le modèle français est-il toujours vertueux en 2026 ?

Malgré un contexte immobilier toujours complexe, le modèle français du crédit immobilier continue de faire figure d'exception en Europe. Pourtant, la hausse des prix, les difficultés d'accès à la propriété, la remontée des taux d'intérêt et le manque de logements sont de réalités bien françaises et pèsent sur les candidats à l'achat. Le financement immobilier dans notre pays conserve néanmoins de nombreux atouts grâce à un système fondé sur le taux fixe, une sélection prudente des emprunteurs et une réglementation protectrice. Le récent rapport 2026 du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) souligne toutefois que ce modèle devra évoluer pour répondre aux nouveaux défis du marché, sans sacrifier la sécurité qui fait sa réputation. Acheter sa résidence principale : un projet de plus en plus difficile Devenir propriétaire reste une ambition forte pour une majorité de Français. Cependant, accéder à la propriété demande aujourd'hui un effort financier bien plus important qu'il y a 20 ans. Des prix immobiliers qui ont fortement progressé Depuis le début des années 2000, les prix des logements anciens ont connu une hausse spectaculaire. Entre 2000 et 2007, ils ont augmenté d'environ 60 %, tandis que les revenus des ménages ont progressé beaucoup plus lentement. Cette situation réduit mécaniquement le pouvoir d'achat immobilier des ménages, notamment dans les zones où la demande demeure très forte. Les territoires les plus touchés Les tensions sont particulièrement marquées dans plusieurs secteurs : les grandes métropoles  les communes littorales  les stations touristiques  les villes où le foncier disponible est limité. Dans ces territoires, la rareté des biens disponibles entretient des prix élevés, compliquant encore davantage l'accession à la propriété. Une demande de logements qui dépasse toujours l'offre Le déséquilibre entre l'offre et la demande constitue l'un des principaux facteurs de tension sur le marché immobilier. Une population plus nombreuse et des ménages plus petits La France compte aujourd’hui environ 68,5 millions d’habitants, contre 60,5 millions en 2000. Parallèlement, les modes de vie ont profondément évolué : augmentation du nombre de familles monoparentales  multiplication des personnes vivant seules  décohabitation plus précoce des étudiants  vieillissement de la population. Même sans forte croissance démographique, ces évolutions entraînent un besoin accru de logements. Une construction insuffisante Selon le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF), environ 330 000 logements neufs devraient être construits chaque année pour répondre aux besoins. Or, les mises en chantier restent nettement en dessous de cet objectif. Elles ont reculé autour de 260 000 logements en 2024, alimentant durablement la pénurie de biens disponibles. Cette insuffisance de l'offre empêche la baisse des prix malgré le ralentissement de la demande. La remontée des taux a profondément changé le marché Après plusieurs années de crédit très bon marché, où les taux étaient même descendus à 1 % (hors assurance emprunteur et coût des sûretés), les emprunteurs ont dû composer avec une hausse brutale des taux entre 2022 et 2024. Ce mouvement rapide et inédit durant les années Covid avait conduit la Banque de France à mensualiser le taux d’usure entre février et juin 2023 en raison d’une explosion des refus de prêt dû à l’effet ciseau.  Une capacité d'emprunt réduite Les faibles taux d'intérêt ont soutenu le marché immobilier entre 2016 et 2022. Les emprunteurs bénéficiaient : de mensualités plus faibles  de durées de remboursement plus longues  d’une meilleure capacité d'emprunt. La durée moyenne des crédits immobiliers est ainsi passée d'environ 15 ans au début des années 2000 à près de 20 ans quelques années plus tard. En revanche, la hausse des taux a considérablement réduit le montant que les ménages peuvent emprunter à revenus équivalents. Une forte baisse de la production de crédits Cette remontée des taux s'est traduite par un net ralentissement du marché. Parmi les principales conséquences, on peut noter : une diminution importante du nombre de nouveaux prêts accordés  un recul des transactions dans l'ancien (1,2 million en 2021 contre 830 000 en 2024) des projets immobiliers reportés ou abandonnés  un allongement des délais de vente. Même si les conditions de financement se sont progressivement stabilisées en 2025 et 2026, le marché n'a pas retrouvé son dynamisme d'avant la crise des taux. Le crédit immobilier français conserve de solides atouts Malgré ces difficultés, le modèle français du crédit immobilier reste considéré comme l'un des plus protecteurs pour les emprunteurs. Le taux fixe : une véritable protection La grande spécificité française réside dans la généralisation du crédit immobilier à taux fixe. Contrairement à d'autres pays où les mensualités peuvent évoluer en fonction des taux de marché (taux variable), les emprunteurs français connaissent dès la signature le montant de leurs échéances et le coût total du crédit. Cette stabilité protège les ménages contre les éventuelles futures hausses des taux d'intérêt. Le risque financier lié aux variations des marchés est principalement assumé par les établissements bancaires. Une analyse rigoureuse de la solvabilité Les banques françaises privilégient une approche prudente. Avant d'accorder un prêt immobilier, elles étudient notamment : les revenus  les charges  le taux d'endettement  la stabilité professionnelle le reste à vivre l'épargne disponible. L'objectif est de vérifier la capacité réelle de remboursement plutôt que de se concentrer uniquement sur la valeur du bien immobilier. Cette politique explique en partie le très faible niveau des défauts de paiement observés sur les crédits immobiliers français (environ 1 % de l’encours total). Les primo-accédants continuent d'obtenir des financements Contrairement aux idées reçues, les ménages achetant leur première résidence principale n'ont pas disparu du marché. Une part croissante parmi les emprunteurs Le rapport du CCSF montre que les primo-accédants représentent une part de plus en plus importante des crédits destinés à financer une résidence principale. Environ 53 % des acheteurs immobiliers sont des primo-accédants. Cette évolution s'explique notamment par : les dispositifs publics d'aide à l'accession (PTZ ou Prêt à Taux Zéro) des achats réalisés sur des surfaces plus modestes  un élargissement des durées de remboursement. Des profils d'emprunt différents Les primo-accédants empruntent généralement des montants moins élevés sur des durées légèrement supérieures à celles des autres acquéreurs. Cette stratégie permet de limiter les mensualités tout en conservant un projet immobilier compatible avec leur budget et conforme aux règles du Haut Conseil de Stabilité Financière :  taux d’endettement limité à 35 % des revenus nets, assurance de prêt comprise durée de remboursement plafonnée à 25 ans (jusqu’à 27 ans en cas d’achat en VEFA ou avec travaux de rénovation) Des règles d’octroi qui peuvent freiner l’accession Ce sont précisément ces règles opposables aux banques depuis 2021 qui chagrinent bon nombre de professionnels du crédit immobilier. Trop rigides, elles peuvent engendrer des refus de prêt en dépit de la solvabilité du candidat à l’emprunt.  Un ménage avec des revenus confortables peut en effet emprunter au-delà de 35 % d’endettement sans compromettre son équilibre financier. Pourtant, le régulateur a confirmé en mars 2026 le maintien des limites sur le taux d’effort et la durée de prêt. Une proposition de loi déposée en mai dernier vise à donner une meilleure prise en compte du reste à vivre dans l’analyse des demandes de prêt immobilier. Le modèle français peut-il rester performant dans les prochaines années ? Le crédit immobilier français demeure un pilier de la politique d'accession à la propriété. Son fonctionnement limite les risques de surendettement et protège efficacement les emprunteurs contre les fluctuations des marchés financiers. En revanche, il ne peut résoudre à lui seul les difficultés structurelles du logement. Le manque de constructions, la rareté du foncier, le niveau élevé des prix et des normes d’octroi trop strictes continuent de freiner l'accession à la propriété. De nombreux ménages, en particulier les jeunes actifs, les indépendants et les TNS, se voient exclus alors qu’ils sont solvables. La robustesse du modèle français constitue un véritable avantage comparatif, mais son efficacité dépendra dans les années à venir de la capacité des pouvoirs publics et des acteurs du logement à répondre aux déséquilibres persistants du marché immobilier.