Chaque début d’année s’accompagne de son lot d’évolutions réglementaires et fiscales. 2026 ne fait pas exception, même si certaines mesures restent conditionnées à l’adoption définitive du budget de finances. Crédit immobilier, diagnostic de performance énergétique (DPE), fiscalité des bailleurs ou encore frais de location : propriétaires, investisseurs et locataires doivent s’adapter à un nouveau cadre. Tour d’horizon des changements majeurs, et de ceux encore incertains, qui vont impacter le marché immobilier en 2026.
Crédit immobilier : des taux en légère hausse en 2026
Un marché du crédit plus tendu
Après une reprise progressive en 2025, le crédit immobilier reste un enjeu commercial fort pour les banques. Toutefois, dans un contexte économique et politique encore fragile, les marges de manœuvre des établissements se réduisent.
Des hausses modérées mais réelles
Selon plusieurs acteurs du secteur, les taux immobiliers pourraient augmenter légèrement en 2026, avec des hausses estimées entre 0,1 et 0,3 point sur le premier semestre. Une évolution contenue, mais suffisante pour affecter la capacité d’emprunt sur les dossiers les plus justes.
En ce tout début d’année, les taux restent globalement stables, avec quelques augmentations minimes à signaler. Retrouvez toutes les infos pour emprunter en janvier 2026.
L’assurance emprunteur toujours déterminante
Dans ce contexte, l’optimisation de l’assurance de prêt immobilier reste un levier clé pour contenir le coût global du financement, notamment grâce à la concurrence permise par la loi Lemoine.
Un nouveau mode de calcul du DPE plus favorable à l’électricité
Une réforme structurante au 1er janvier 2026
Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) évolue dès le 1er janvier 2026, avec une modification majeure : la baisse du coefficient de conversion de l’électricité. Jusqu’ici jugé pénalisant, ce coefficient est désormais aligné sur les standards européens, afin de corriger un déséquilibre historique dans l’évaluation de la performance énergétique.
Des logements mieux notés sans travaux
Concrètement, un logement chauffé à l’électricité peut améliorer sa classe énergétique à caractéristiques identiques, sans engager de travaux. Certains biens pourraient ainsi passer d’une étiquette E à D, voire de F à E, modifiant sensiblement leur attractivité sur le marché.
Des conséquences directes pour la vente et la location
Cette évolution du DPE n’est pas neutre :
- meilleure valorisation des biens électriques
- levée partielle de certaines interdictions de location
- impact potentiel sur la fixation ou la renégociation des loyers
- amélioration de la perception bancaire en cas de financement.
Pour les propriétaires bailleurs comme pour les vendeurs, le DPE 2026 devient un levier stratégique.
MaPrimeRénov’ : un dispositif en suspens faute de budget
Une suspension administrative début 2026
À la fin de l’année 2025, l’État a été clair : sans budget voté pour 2026, le guichet MaPrimeRénov’ ne peut pas rouvrir automatiquement au 1er janvier. Il ne s’agit pas d’une réforme du dispositif, mais d’un blocage purement administratif lié au calendrier politique.
Des projets de rénovation à mettre en attente
Les ménages souhaitant déposer un dossier début 2026 devront faire preuve de prudence. Tant que le cadre budgétaire n’est pas stabilisé :
- aucune garantie sur les délais de traitement
- incertitude sur les enveloppes disponibles
- risque de décalage des travaux.
Pour les propriétaires de passoires énergétiques, l’attentisme s’impose, avant une réactivation officielle du dispositif. Cette temporisation est particulièrement préjudiciable aux emprunteurs qui intègrent dans leur prêt à l’habitat une enveloppe de travaux immobiliers financée en partie par cette aide publique.
Une nouvelle hausse attendue de la taxe foncière
Une revalorisation mécanique des bases
Comme chaque année, la taxe foncière évolue en fonction de l’inflation, via l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Or, cet indice est en hausse pour 2026.
Une facture en augmentation pour les propriétaires
Le résultat est immédiat : même sans hausse du taux votée localement, le montant de la taxe foncière devrait augmenter mécaniquement. Pour certains ménages, notamment les retraités propriétaires, cette progression pèse de plus en plus lourd dans le budget annuel.
Location : les frais d’agence augmentent pour les locataires
Une revalorisation officielle des plafonds
Un arrêté publié au Journal officiel en novembre prévoit une hausse de 0,87 % des plafonds d’honoraires des agences immobilières en 2026. Sont concernées les opérations suivantes :
- l’organisation des visites
- la constitution du dossier
- la rédaction du bail
- l’état des lieux.
Un surcoût modéré mais généralisé
Si l’augmentation reste limitée, elle s’appliquera sur l’ensemble du territoire, renforçant le coût d’accès au logement pour les locataires, en particulier dans les zones tendues.
Vers un nouveau statut fiscal du bailleur privé ?
Une mesure votée mais encore incertaine
Dans le cadre des débats budgétaires, les parlementaires ont validé le principe d’un statut du bailleur privé destiné à relancer l’investissement locatif. Toutefois, l’absence de budget définitivement adopté empêche encore son application concrète.
Un mécanisme d’amortissement attractif
Le dispositif envisagé prévoit :
- 3,5 % d’amortissement annuel pour un logement neuf à loyer intermédiaire
- 4,5 % pour le logement social
- 5,5 % pour le logement très social
- plafonnement à 80 % de la valeur du bien
- limite de 8 000 € par an pour 2 logements maximum.
Si cette mesure est confirmée, elle pourrait redonner de l’attrait à l’investissement locatif résidentiel, fortement pénalisé ces dernières années.
Location meublée : une hausse de la CSG en perspective
Des revenus soumis aux BIC
Les loyers issus de la location meublée relèvent du régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. À ce titre, ils sont soumis aux prélèvements sociaux.
Une augmentation prévue dans le PLFSS 2026
Un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une hausse de la CSG, qui augmente de facto le taux global des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % à compter de 2026.
Un impact direct sur la rentabilité
Pour les loueurs en meublé, notamment en LMNP, cette augmentation de la CSG viendrait réduire la rentabilité nette, dans un contexte déjà marqué par des évolutions fiscales moins favorables.