Janvier 2026 marque une étape clé pour les porteurs de projets immobiliers. Après plusieurs années de fortes turbulences, le marché du crédit immobilier semble entrer dans une phase de stabilisation, sans pour autant être totalement figé. Entre taux d’intérêt sous surveillance, nouveaux plafonds réglementaires et changements structurels dans l’immobilier, les emprunteurs doivent composer avec un environnement à la fois plus lisible et plus exigeant. Décryptage complet des éléments à connaître pour emprunter dans de bonnes conditions en ce début d’année 2026.
Stabilité des taux en janvier 2026
Des taux globalement figés, mais sous vigilance
Après une année 2025 marquée par une normalisation progressive des barèmes bancaires, les taux de crédit immobilier débutent 2026 dans un climat relativement stable.
La majorité des courtiers observent une continuité des conditions de financement, sans baisse significative mais sans tension brutale à court terme.
Les établissements bancaires s’appuient sur plusieurs facteurs pour justifier cette stabilité :
- maintien de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne
- absence de choc inflationniste immédiat
- concurrence toujours active entre les banques en début d’exercice commercial.
Des écarts selon les profils et les durées d’emprunt
Dans les faits, les taux varient toujours selon la durée du prêt et la qualité du dossier. Voici les valeurs moyennes auxquelles il est possible d’emprunter en janvier 2026 (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) :
- sur 15 ans : entre 3,11 % et 3,15 %
- sur 20 ans : entre 3,23 % et 3,25 %
- sur 25 ans : entre 3,34 % et 3,38 %.
Certains acteurs anticipent toutefois de légères hausses techniques, comprises entre 0,10 et 0,15 point, liées à la remontée des taux de marché et à l’évolution de l’OAT à 10 ans. Ces ajustements restent contenus grâce à la volonté affirmée des banques de soutenir la production de crédits en 2026, notamment auprès des primo-accédants.
Nouveaux taux d’usure au premier trimestre 2026
À quoi sert le taux d’usure ?
Le taux d’usure constitue un plafond légal de protection des emprunteurs. Fixé par la Banque de France, il correspond au TAEG (Taux Annuel Effectif Global) maximal autorisé pour un crédit immobilier. Il intègre l’ensemble des coûts du prêt :
- taux d’intérêt nominal
- primes d’assurance emprunteur
- frais de dossier
- garanties (hypothèque, caution).
Un crédit dont le TAEG dépasse le taux d’usure ne peut légalement pas être accordé.
Tableau des taux d’usure applicables au 1er trimestre 2026
Les taux d’usure sont calculés chaque trimestre par la Banque de France sur la base des TAEG moyens accordés le trimestre précédent, augmentés d’un tiers.
|
Type de prêt immobilier |
Taux effectif moyen au T4 2025 |
Taux d’usure au T1 2026 |
|
Prêt à taux fixe < 10 ans |
3,09 % |
4,12 % |
|
Prêt à taux fixe ≥ 10 ans et < 20 ans |
3,44 % |
4,59 % |
|
Prêt à taux fixe ≥ 20 ans |
3,85 % |
5,13 % |
|
Prêt immobilier à taux variable |
3,74 % |
4,99 % |
|
Prêt relais |
4,61 % |
6,15 % |
Ces seuils s’appliquent à tous les projets immobiliers : achat, rénovation, investissement locatif ou regroupement de crédits à dominante immobilière.
Quels impacts pour les emprunteurs ?
Les écarts observés entre les taux nominaux pratiqués par les banques et les nouveaux plafonds légaux sont suffisamment larges pour intégrer les frais annexes. Toutefois :
- les dossiers incluant une assurance coûteuse restent sensibles ;
- les profils seniors ou à risque médical doivent redoubler de vigilance ;
- une optimisation du TAEG demeure indispensable pour sécuriser l’accord bancaire.
Cette optimisation consiste à maîtriser le coût de l’assurance emprunteur.
Assurance emprunteur : premier levier d’économie
Un poids déterminant dans le coût du crédit
En ce début 2026, l’assurance emprunteur représente toujours un levier majeur d’optimisation financière. Sur un crédit immobilier, elle peut compter pour 20 à 40 % du coût total du prêt.
C’est souvent sur ce poste que les économies sont les plus significatives. Il est en effet préférable de bien négocier son assurance de prêt plutôt qu’escompter une décote du taux nominal dans un contexte de prêt immobilier peu rémunérateur pour les prêteurs.
Délégation d’assurance et impact sur le taux d’usure
En délégant l’assurance, c’est-à-dire en souscrivant une offre concurrente du contrat proposé par le banque, vous êtes le plus souvent gagnant. La liberté de choix de l’assurance vous permet de :
- réduire le TAEG et rester sous le taux d’usure
- améliorer votre capacité d’emprunt
- sécuriser votre dossier face aux exigences bancaires.
La délégation d’assurance est particulièrement stratégique pour :
- les emprunteurs de plus de 45 ans
- les profils présentant un risque de santé ou professionnel
- les projets financés sur 25 ans.
Une approche incontournable en 2026
Comparer les contrats, vérifier l’équivalence de garanties et anticiper l’impact de l’assurance sur le TAEG sont devenus des réflexes indispensables dans le cadre d’un prêt immobilier. En 2026, un crédit à l’habitat compétitif repose davantage sur l’optimisation de l’assurance que sur le taux nominal lui-même.
Si vous échouez à souscrire l'assurance de votre choix, pas de panique. Une fois l'offre de prêt signée, vous pouvez substituer l'assurance bancaire par un contrat externe moins cher et plus protecteur. La loi Lemoine de 2022 a élargi les droits des emprunteurs immobiliers en leur donnant l'opportunité de changer d'assurance de prêt à tout moment et sans frais, sans attendre la date de la première échéance.Nouveautés 2026 en immobilier
L’année débute avec des changements qui auront inévitablement un impact sur le marché immobilier, qu’il s’agisse de l’accession ou de l’investissement locatif.
Suspension de MaPrimeRénov’
Faute de budget adopté, le dispositif MaPrimeRénov’ est suspendu à compter du 1er janvier 2026. Concrètement :
- aucun nouveau dossier ne peut être déposé ;
- les travaux mono-gestes et les rénovations globales sont concernés ;
- les demandes déposées en 2025 seront instruites en 2026.
Cette suspension pèse sur les projets de rénovation énergétique financés par crédit.
Évolution du calcul du DPE
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) connaît une évolution favorable aux logements chauffés à l’électricité :
- le coefficient de conversion passe de 2,3 à 1,9 ;
- certains biens peuvent changer de classe énergétique sans travaux ;
- sortie possible du statut de « passoire thermique ».
Cette modification peut avoir un impact positif sur la valeur du bien et sur l’acceptation d’un financement.
Autres changements notables au 1er janvier 2026
Plusieurs ajustements réglementaires complètent ce panorama :
- revalorisation des frais d’agence immobilière à la location, indexée sur l’IRL ;
- hausse du taux de rémunération des PEL (Plan d’Épargne Logement) ouverts en 2026 à 2 % ;
- révision des plafonds de ressources du prêt avance mutation à taux zéro.
Ces changements sont autant d’éléments à intégrer dans une stratégie globale de financement immobilier.