Immobilier : comment va le marché en juin 2022 ?

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Hausse des taux d'emprunt, prix immobiliers trop élevés, période morose sur fond de guerre en Ukraine qui renchérit tous les coûts, absence de ministère du Logement dans le nouveau gouvernement, le tableau est peu reluisant pour le marché immobilier. Pourtant, l'activité résiste, en dépit de la détérioration du pouvoir d'achat des ménages. Quand l'immobilier va, tout va...

Taux d'intérêt versus inflation

Ces dernières semaines, difficile de ne pas remarquer la hausse des taux d'emprunt. Après plusieurs années de baisse graduelle pour atteindre le plancher à l'automne 2021, les taux d'intérêt des crédits immobiliers ont changé de braquet pour passer en phase ascendante. Finis les taux records à 0,70% sur 20 ans pour les profils premium, désormais le taux moyen sur cette maturité s'affiche autour de 1,55% (hors assurance et coût des sûretés).

En cinq mois, les taux ont gagné 50 points de base sur toutes les durées, une progression marquée, conséquence de l'environnement monétaire en plein bouleversement à cause de la guerre en Ukraine. Inflation en flèche (5,2% sur un an à fin mai), OAT 10 ans autour de 1,6%, les banques voient leurs marges sur le crédit se réduire à la portion congrue et n'ont d'autre choix que d'ajuster leurs barèmes pour limiter les dégâts.

Pas autant qu'elles le souhaiteraient. Si l'augmentation des taux d'intérêt suivait celle de l'inflation, plus personne ne pourrait emprunter, l'usure restant pour l'heure à un niveau plancher (TAEG à 2,40% sur 20 ans et plus). Le crédit est borné par les taux légaux qui sont une protection contre les excès bancaires, mais qui se révèlent actuellement facteurs d'exclusion, car décorrélés du terrain en raison d'une méthode de calcul obsolète.

En attendant la prochaine grille des taux d'usure au 1er juillet 2022, force est de constater que les conditions d'emprunt restent favorables à l'achat immobilier. Si l'on compare les taux à l'inflation, on bénéficie d'un taux d'intérêt réel négatif : on s'enrichit en s'endettant ! Le taux moyen sur 20 ans se situe actuellement au même niveau qu'en novembre 2019, l'inflation affichant à l’époque un taux de 1% sur an.

Des prix immobiliers qui flanchent en zones urbaines

Selon le dernier indice des prix Meilleurs Agents/Les Échos rendu public le 1er juin 2022, les prix des logements reculent dans plusieurs grandes villes pourtant réputées pour tirer le marché vers le haut. Entre avril et mai, les valeurs ont régressé à Toulouse (-0,3%) et à Lille (-0,4%). La capitale du Nord a perdu 1,6% depuis le début de l'année 2022. À Lyon, les prix augmentent seulement de 0,3% depuis janvier dernier, au ralenti après à la progression à deux chiffres sur cinq ans. Marché à part s'il en est, Paris perd 0,4% depuis janvier tout en gagnant 0,2% en mai.

On assiste à un changement de paradigme depuis le début de la pandémie de Covid-19. Si la crise sanitaire semble aujourd'hui reléguée au passé, elle a modifié les comportements des Français vis-à-vis de l'immobilier et porte davantage la dynamique immobilière en périphérie urbaine et en zones rurales au détriment des grandes métropoles. La hausse des prix se limite à 1,1% dans les 50 plus grandes villes de France, contre 4% ailleurs.

Une baisse des prix immobiliers serait plutôt salutaire. D'après la Banque Centrale Européenne, les prix des logements seraient surcotés de 10% à 15% en moyenne en zone euro. La correction qui semble s'opérer est la conséquence de la remontée des taux d'emprunt et par ailleurs la seule manière de la modérer.

Regain toujours vif pour les résidences secondaires

Les Français possèdent 3,6 millions de résidences secondaires, ce qui les hisse au premier rang du classement européen. La crise sanitaire a accentué cet engouement pour ce type d'immobilier face aux changements de vie, notamment le télétravail. Par rapport à 2019, les demandes de financement de maison secondaire sont en hausse de 17%, mais la tendance est pourtant à l'accalmie depuis le début de l'année pour cause de conjoncture incertaine, sur fond de taux d'emprunt en forte hausse et d'accès au crédit restreint.

Il est en effet impossible de s'endetter au-delà de la limite de 35% des revenus nets, assurance emprunteur incluse, sur une durée qui ne peut être supérieure à 25 ans. Quand on rembourse déjà un crédit sur la résidence principale, l'équation est compliquée. L'enveloppe moyenne pour acquérir une résidence secondaire est passée de 225 000€ en 2021 à 240 000€ en 2022 et l'apport personnel atteint désormais 54 700€ (chiffres Pretto). Le marché de l'immobilier de villégiature se rétrécit, d'autant que l'offre s'essouffle après deux ans d'engouement sans précédent pour ce segment.

Ralentissement de l'activité

Le marché immobilier a pulvérisé les records en 2021 : 275 milliards d'euros distribués par les banques pour 1,2 million de transactions. 2022 s'annonçait prometteuse, sur la même ligne, mais le contexte géopolitique a douché les ardeurs. Le loyer de l'argent est plus cher. Même si les taux d'emprunt restent bien inférieurs à l'inflation, les salaires ne suivent pas l'augmentation de l'indice des prix à la consommation.

L'activité immobilière s'en ressent. Selon le dernier baromètre de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, sur un an, le nombre de prêts accordés recule de 6,1% et le montant de la production de 3,7%. Le marché est davantage porté par les ménages aisés. Les revenus des emprunteurs progressent de 4,3% depuis début 2022 en glissement annuel, pour un coût des opérations lui aussi en nette hausse (+8,4%). Dans le même temps, le niveau de l'apport personnel ne cesse de s'accroître : +13,8% depuis début 2022 après +12,8% en 2021.

L'appétit des Français pour la pierre reste toujours gourmand, notamment en matière d’immobilier neuf. Entre mai 2021 et avril 2022, plus de 500 000 permis de construire ont été délivrés, soit une hausse de 20,7% par rapport à l'année précédente. L'accélération s'est faite avant janvier 2022, date d'entrée en application de la nouvelle réglementation environnementale (RE 2020), beaucoup plus contraignante pour les constructions neuves et génératrice d'un surcoût d'environ 8%.

Le logement reste pourtant le parent pauvre du gouvernement actuel. On peut s'étonner que le nouveau quinquennat Macron prive le logement d'un ministère, alors que l'accent est mis sur la rénovation énergétique de l'habitat depuis 2020. Jusqu'alors, la seule volonté est d'interdire les passoires thermiques via une réglementation drastique (nouveau DPE) et MaPrimRénov’, une aide financière jugée bien insuffisante pour mener des travaux d'ambition. Le gouvernement a promis de rectifier le tir après les élections législatives et d'affecter de nouvelles personnalités au logement.

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Immobilier et emploi : où s’installer à un prix abordable ? Orléans en tête !

Les Français sont inquiets pour leur pouvoir d’achat. Alors que l’inflation s’envole et que les prix immobiliers ne faiblissent pas, beaucoup s’interrogent sur la stratégie à adopter pour concilier emploi et logement abordable. Les sites Meteojob et Meilleurtaux leur offrent des pistes via un classement des villes qui conjuguent opportunités d’emploi et immobilier à des prix accessibles. Le logement, sujet prioritaire pour les Français Où acheter sa résidence principale à un prix raisonnable ? Qui ne s’est pas posé cette question ? Le contexte actuel marqué par une inflation en forte hausse et des incertitudes sur le marché de l’emploi amplifie le dilemme, alors que la crise sanitaire due au Covid-19, dont les effets perdurent, a changé le regard que portent les ménages français sur leur habitat. L’arbitrage vivre en ville ou à la campagne n’est pas nouveau mais est devenu plus prégnant à la faveur de confinements successifs qui ont rendu le logement urbain parfois difficilement supportable. Les zones rurales et les villes moyennes, en particulier celles desservies par les lignes TGV, ont été plébiscitées au détriment des métropoles trop densément peuplées, ce qui a entraîné à terme une attrition de l’offre dans certaines régions, notamment les zones littorales. Et quand la demande excède l’offre, les prix grimpent en flèche, même si on s’oriente vers une baisse des prix dans les grandes villes en 2023. Si le télétravail a connu un essor sans précédent en 2020 et 2021, cette organisation du travail reste marginale et ne peut s’appliquer à tous. S’installer près de son emploi est l’objectif de toute personne en activité professionnelle. Mais si les chiffres du marché de l’emploi sont plutôt encourageants en 2022, il en est tout autre du secteur immobilier, contrit entre la progression continue des prix, la hausse des taux d’emprunt et l’usure, qui bloque toujours le marché fin 2022.  Une étude du courtier Meilleurtaux et du site de recherche d’emploi Meteojob a dressé le palmarès des villes qui combinent pouvoir d’achat immobilier et possibilités de trouver un emploi. Immobilier abordable et CDI Pour réaliser ce classement, Meteojob et Meilleurtaux ont pris en compte les trois données suivantes : emploi : offres d’emploi en CDI rapportées au nombre d’habitants salaire médian dans chaque ville logement : taux d’intérêt pratiqués localement et prix au m2. TOP 10 des villes où il fait bon s’installer  Villes nb CDI pour 100 hab. taux emprunt sur 20 ans salaire médian net mensuel capacité d’emprunt prix moyen m2 nb m2 accessibles Orléans 4,81% 2% 2 417€ 167 209€ 2 662€ 62m2 Mulhouse 2,73% 2% 2 010€ 139 077€ 1 785€ 78m2 Rouen 3,30% 2% 2 417€ 167 209€ 2 794€ 60m2 Grenoble 3,64% 2% 2 178€ 150 713€ 2 951€ 51m2 Perpignan 1,45% 2% 2 379€ 164 559€ 1 693€ 97m2 Lille 3,95% 2% 2 046€ 141 554€ 4 081€ 35m2 Saint-Étienne 1,39% 2% 2 026€ 140 140€ 1 580€ 89m2 Metz 2,32% 2% 2 038€ 141 010€ 2 776€ 51m2 Aix-en-Provence 3,86% 2% 2 014€ 139 345$ 4 575€ 30m2 Lyon 4,35% 2% 2 168€ 149 960€ 5 618€ 27m2 source Meteojob/Meilleurtaux Orléans arrive en tête de ce classement inédit, suivie de Mulhouse et de Rouen, communes qui comptent chacune un peu plus de 110 000 habitants. Les métropoles comme Lille et Lyon, bien que dynamiques sur le front de l’emploi, sont pénalisées par la cherté de l’immobilier. À l’inverse, Perpignan, où l’achat immobilier est un des plus abordables de France, pêche par une offre d’emplois défaillante. Le classement complet compte 31 villes, et Paris ferme le ban, sans surprise, avec un taux de CDI pour 100 habitants parmi les moins performants (1,47%) et un prix moyen du mètre carré deux fois plus élevé qu’à Lyon ou Lyon, deuxième et troisième villes les plus chères de France (+ de 5 000€/m2). L’étude a été réalisée sur la base d’un taux d’emprunt moyen de 2% sur 20 ans, ce qui n’est plus d’actualité. Fin novembre, le taux sur cette maturité atteint 2,50% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) et vient diminuer la capacité d’emprunt pour un salaire qui n’a pas été indexé. On verra bientôt des taux à plus de 3%. La question brûlante est : faut-il attendre 2023 pour emprunter ?

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Immobilier : le gouvernement tacle les résidences secondaires

La loi de finances 2023 prévoit de taxer lourdement les logements vacants, également les résidences secondaires pour lesquelles la surtaxe d’habitation va être étendue à davantage de zones touristiques. Tout ce qu’il faut savoir sur ces deux mesures qui ne résolvent pas tous les problèmes d’accès au logement mais peuvent contribuer à réduire la pression foncière. Extension de la surtaxe d'habitation sur les résidences secondaires Un amendement voté en première lecture du PLF 2023 prévoit d’étendre la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires à 5 000 communes contre quelque 1 140 villes actuellement. Initié par le député Renaissance Xavier Roseren, le texte cible les zones touristiques, balnéaires ou de montagne, également la Corse, où il y a une forte proportion de résidences secondaires, ce qui entraîne un déséquilibre avec les logements permanents et tend l’offre locative, tout en renchérissant les prix de l’immobilier. Les locaux peinent à se loger, notamment les familles modestes. Les problèmes d’accès au logement ne concernent pas uniquement les grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Bordeaux, mais aussi de nombreuses communes de la façade atlantique ou méditerranéenne, à l’exemple des Sables-d’Olonne où la population est multipliée par 4 en été. La tension sur l’offre et les prix oblige certains à quitter ces communes, ce qui fragilise le tissu économique local. La crise sanitaire a amplifié le phénomène et de nombreuses villes sont incapables de répondre à la demande de résidence permanente. Avec la crise due au Covid, bon nombre de citadins ont soupesé les avantages et inconvénients entre ville et campagne, un arbitrage qui se poursuit en 2022. Les villes dans lesquelles s’applique la taxe sur les logements vacants peuvent majorer la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 5% à 60%. L’amendement vise à élargir le périmètre des zones tendues aux communes qui, bien que n’appartenant pas à une zone d’agglomération de plus de 50 000 habitants, sont confrontées à la pénurie de logements disponibles pour l’habitation principale. La liste de communes où le taux de résidences secondaires est important sera établie par décret. Rappelons que la taxe d’habitation sur la résidence principale disparaît pour tous en janvier 2023. Lutter contre les logements vacants Et pour filer la métaphore footballistique (c’est de saison !), carton rouge pour les logements vacants. Toujours dans le cadre de la loi de finances 2023, un amendement prévoit d’augmenter d’un tiers le montant de la taxe sur les logements à usage d’habitation inoccupés volontairement depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition ou occupés moins de 90 jours consécutifs par an. La taxe sur les logements vacants ou TLV concerne les biens non meublés situés dans les villes dites tendues (plus de 50 000 habitants) où la demande locative excède l’offre disponible. Elle est calculée sur la base de la valeur locative du logement, comme la taxe foncière, à laquelle est appliqué un taux de 12,5% la première année de vacance, qui passe à 25% les années suivantes. La taxe s’alourdit des frais de gestion à hauteur de 9% de son montant. 1 136 communes appliquent la TLV, qui se distingue de la THLV (Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants) réservée aux communes en zone non tendue où la TLV n’est pas appliquée. La THLV porte sur les logements laissés volontairement vacants depuis plus de 2 ans (au 1er janvier de l’année d’imposition), les résidences secondaires meublées soumises à la taxe d’habitation en étant exonérées.  Un amendement déposé par le rapporteur général de la commission des finances Jean-René Cazeneuve (groupe Renaissance) prévoit de rehausser le taux à 17% la première année et à 34% les suivantes. Le texte est toujours au stade de l’examen et comme l’amendement sur les résidences secondaires, il vise à lutter contre la pression immobilière au profit du parc résidentiel en envoyant un signal fort aux propriétaires qui n’occupent ces logements ou ne les mettent pas en location.

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Assurance prêt immobilier : tous les avantages de la délégation en 2022

Élément indispensable à l’obtention d’un crédit immobilier, l’assurance emprunteur peut être choisie librement, la banque n’ayant plus le droit d’imposer son contrat maison depuis 2010. La réglementation favorise la délégation d’assurance tout au long de la durée de votre prêt, vous permettant d’être couvert sur-mesure au tarif le plus avantageux. L’introduction de la loi Lemoine en 2022 renforce vos droits en simplifiant le changement de contrat. Qu’est-ce que la délégation d’assurance ? Pour sécuriser votre crédit immobilier, la banque exige la souscription à une assurance emprunteur, une couverture qui intervient en cas d’aléas de la vie qui vous empêcheraient d’honorer votre dette (décès, invalidité et incapacité, voire perte d’emploi). Avant la loi Lagarde assurance emprunteur entrée en vigueur en septembre 2010, la banque avait tout loisir d’imposer son contrat groupe, même si la vente liée en crédit et assurance était bannie par la loi Murcef depuis 2001. La loi Lagarde a introduit le principe de délégation d’assurance en autorisant l’emprunteur à choisir son contrat auprès de l’organisme de son choix. Sous réserve que l’assurance externe présente a minima des garanties équivalentes à celles du contrat bancaire, le prêteur ne peut vous refuser le bénéfice de la délégation. La loi Lagarde a été complétée par la loi Hamon en juillet 2014 : le changement d’assurance était possible à tout moment durant les douze premiers qui suivent la signature de l’offre de prêt. Et à partir de janvier 2018, la substitution annuelle à date d’échéance était autorisée par l’amendement Bourquin. Pas suffisant ! Cet arsenal législatif n’a pas permis de desserrer la mainmise des banques sur le marché de l’assurance de prêt immobilier. 87% des cotisations sont engrangées par les prêteurs, un quasi-monopole maintenu au détriment des intérêts des emprunteurs. Adoptée en février 2022, la loi Lemoine remet l’église au centre du village. Puisque la délégation s’applique difficilement quand bien même le libre choix du contrat d’assurance soit acté à trois reprises, l’emprunteur doit pouvoir changer de formule aisément, sans contrainte de date. La loi Lemoine et le changement d’assurance prêt immobilier Entrée en vigueur le 1er juin 2022, la loi Lemoine transforme en profondeur la possibilité de changer d’assurance emprunteur en supprimant toute date butoir. Le droit au changement à tout moment s’applique à tous les contrats en cours au 1er septembre 2022. Les lois Hamon et Bourquin deviennent caduques, le cadre réglementaire de l’assurance de prêt immobilier s’appuyant désormais uniquement sur la loi Lagarde et la loi Lemoine. Les obligations des banques ont été renforcées : La réponse de la banque à une demande de résiliation/substitution d’assurance doit intervenir dans les 10 jours ouvrés. La banque doit motiver par écrit tout refus, et ce, de manière exhaustive dans un document unique. Tout manquement à ces obligations est passible d’une amende de 15 000€. Vous bénéficiez également d’une meilleure information grâce à la loi Lemoine 2022 : La  banque doit vous rappeler chaque année votre droit au changement d’assurance à tout moment. La FSI (Fiche Standardisée d’Information) qui contient toutes les exigences de la banque en matière d’assurance doit désormais préciser le coût de l’assurance sur 8 ans. La loi Lemoine est par ailleurs un dispositif inclusif pour les personnes malades ou anciennement malades, en supprimant le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers d’un montant inférieur à 200 000€ dont le terme arrive avant les 60 ans de l’assuré. Des économies avec la délégation d’assurance emprunteur L’intérêt de la délégation d’assurance de prêt immobilier est d’abord financier. Les offres proposées par les prestataires externes, dits alternatifs, sont jusqu’à quatre fois moins chères que les formules groupe bancaires. En souscrivant une assurance déléguée, vous réalisez d’importantes économies et réduisez dans la foulée le coût de votre crédit immobilier. La délégation d’assurance est difficilement mise en œuvre lors de la demande de financement. Pris par le temps, l’emprunteur souscrit à l’assurance de sa banque pour ne pas compromettre son projet immobilier. La loi Lemoine permet de retourner la situation à son avantage en autorisant le changement d’assurance à tout moment, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt s’il le souhaite. Avec la loi Lemoine 2022, vous allez faire des économies. Sur un prêt de 250 000€ sur 20 ans, la démarche génère un gain moyen de 15 000€ si le changement intervient dans les trois premières années du crédit. Consultez notre baromètre du pouvoir d’achat immobilier pour mesurer tout l’intérêt de faire jouer la loi Lemoine. Assurance emprunteur déléguée : une protection sur-mesure Le deuxième atout de la délégation d’assurance est plus technique. Tout contrat d’assurance emprunteur repose sur deux garanties socle : la garantie décès : en cas de décès prématuré avant le terme du crédit, le capital restant dû est intégralement remboursé à la banque, les ayants droit étant déchargé de la dette et le bien immobilier entre dans la succession. la garantie Perte Totale et Irréversible d’Autonomie ou PTIA invalidité : cette garantie intervient en cas de dépendance totale suite à une maladie ou un accident et rembourse le capital restant dû. Elle cesse généralement à partir de 65 ans, mais certains contrats sont plus généreux comme l’assurance prêt immobilier April qui fixe l’âge limite de la prestation au 31 décembre du 71ème anniversaire de l’assuré. En fonction de votre profil, la banque peut exiger des garanties complémentaires en invalidité (Invalidité Permanente Partielle ou IPP et Invalidité Permanente Totale ou IPT), mais réclamera systématiquement la garantie ITT assurance prêt immobilier (Incapacité Totale temporaire de Travail) si l’assuré est en activité professionnelle.  Certaines pratiques ou pathologies donnent généralement lieu à des exclusions sur ces trois garanties : les sports dangereux ou de haut niveau les affections dorso-vertébrales et les maladies psychologiques et psychiatriques, dites maladies non objectivables ou MNO. Moyennant une surprime, la plupart des assurances alternatives proposent de racheter les exclusions des MNO, cette option étant conditionnée le plus souvent à un nombre minimal de jours d’hospitalisation.  Mettez les offres en concurrence grâce à un comparateur d’assurance de prêt immobilier. Quel que soit votre profil, vous trouvez une couverture adaptée à votre situation à un tarif compétitif, dans le respect de l’équivalence réglementaire des garanties. La délégation d’assurance de prêt permet d’être protégé avec des garanties sur-mesure, alors que les banques proposent des contrats mutualisés à une communauté d’emprunteurs, qui génèrent jusqu’à 70% de marge. En souscrivant un contrat alternatif, vous êtes sûr de payer le juste prix. Délégation d’assurance emprunteur et taux d’usure 2022 Le sujet de la délégation d’assurance de prêt immobilier ne serait pas clos s’il n’était pas remis dans le contexte particulier de l’année 2022. Les taux sont au plus haut depuis 7 ans. Fini l’emprunt facile et bon marché avec des taux autour de 1% (hors assurance de prêt et coût des sûretés), le niveau encore observé en janvier dernier. Les courtiers prédisent des taux bientôt à plus de 3%, ce qui ne serait pas en soi dramatique si les taux d’usure suivaient le même rythme. En vertu d’une méthode de calcul trimestrielle, les taux d’usure se retrouvent en décalage avec les taux du marché et provoquent un effet ciseau à mesure que les taux débiteurs progressent. Résultat, de nombreux candidats à l’emprunt, même solvables, sont mis sur la touche en raison d’un TAEG (Taux Annuel Effectif Global) au-delà de l’usure. Près de 50% des demandes seraient rejetées, le taux d’usure étant devenu la principale cause de refus de prêt. Les banques ne prêtent plus, ou presque, et en attendant une hypothétique réforme des taux d’usure en 2023, faites jouer la délégation d’assurance, l’unique levier pour ne pas dépasser le seuil légal. En abaissant le TAEG, l’assurance souscrite en délégation peut vous permettre de décrocher votre prêt immobilier. Pensez aussi au PEL, dont le retour en grâce s’amorce à la faveur de la remontée des taux. Si vous avez ouvert un plan d’épargne logement après le 1er août 2016, vous pouvez bénéficier d’un prêt à un taux préférentiel de 2,20% (sous réserve de détenir le PEL depuis au moins 4 ans), ce qui vous permet de réduire le montant du prêt bancaire complémentaire, proposé à un taux débiteur supérieur.