Immobilier : qui achète des passoires thermiques en 2022 ?

immobilier-2022-acheteurs-passoires-thermiques

Sur fond d'accès au crédit entravé et de hausse des prix immobiliers, certains acheteurs jettent leur dévolu sur les passoires thermiques, ces logements énergivores cloués au pilori par la loi Climat. Qui sont ces ménages, prêts à se lancer dans des travaux de rénovation, pour rendre leur acquisition plus verte ?

Qu'est-ce qu'une passoire thermique ?

L'expression s'est largement répandue depuis la loi Climat du 22 août 2021 "portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets". Cette loi est la traduction par le législateur de la convention citoyenne pour le climat organisée en 2020 ; elle concerne de nombreux domaines, tels les transports, la publicité, l'emploi et l'énergie, ainsi que l'immobilier et le logement.

En la matière, elle a pour objectif d'accélérer la rénovation des logements pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Gros émetteur de gaz à effets de serre (un tiers des émissions annuelles en France), le bâtiment doit devenir plus vertueux : l'ambition est de permettre à tous les Français de vivre dans des logements décents où ils n'ont pas froid l'hiver et pas chaud l'été, et d'atteindre un parc de logements de niveau basse consommation à moyenne à l'horizon 2050.

Sont stigmatisés les propriétaires bailleurs de logements énergivores, dits passoires thermiques, soit les biens classés F ou G sur l'échelle du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) qui affichent des dépenses énergétiques élevées à cause d'un défaut d'isolation thermique et qui manquent souvent de confort pour leurs occupants. Selon le ministère de la Transition écologique, il y aurait environ 5 millions de passoires thermiques. Bien plus d'après l'Observatoire National de la Rénovation Energétique (ONRE) qui les estime à environ 7,2 millions.

En finir avec les passoires thermiques

La loi Climat compte bien les éradiquer par diverses mesures mises en place progressivement :

  • gel des loyers depuis le 24 août 2022 pour les classes F et G
  • interdiction de location pour la classe G en janvier 2025
  • interdiction de location pour la classe F en janvier 2028
  • interdiction de location pour la classe E en janvier 2034.

Ce n'est pas tout ! L'information sur ce type de logements va se renforcer. Les habitations énergivores mises en vente (maisons individuelles et immeubles d'habitation appartenant à un seul propriétaire) doivent faire l'objet d'un audit énergétique à partir de :

  • avril 2023 pour les classes F et G (au lieu du 1er septembre 2022 comme prévu initialement)
  • janvier 2025 pour la classe E
  • janvier 2034 pour la classe D.

L'audit énergétique est une analyse plus complète que le DPE car il définit au moins deux scénarios de travaux pour améliorer l'efficacité énergétique. Il coûte donc plus cher. Les annonces de vente des passoires thermiques doivent en outre mentionner "logements à consommation énergétique excessive", suivie de la lettre énergie.

Face au durcissement de la réglementation, bon nombre de propriétaires optent pour la vente de leur bien plutôt que de se lancer dans des travaux d’envergure qui peuvent représenter au bas mot une enveloppe de 50 000€ pour une rénovation performante. Malgré MaPrimRénov', les bonus qui vont avec et la tva à taux réduit, les aides publiques sont insuffisantes pour laisser un reste à charge supportable pour certains ménages. La demande est-elle au rendez-vous pour ce type de logements ?

Primo-accédant, profil-type de l'acheteur de passoire énergétique

L'avantage d'acquérir un logement mal classé est la décote potentielle. La dépréciation moyenne est de 13% entre un logement classé F ou G et un autre étiquetté A ou B, mais elle va jusqu'à 17% pour les maisons (étude SeLoger/Meilleursagents). Dans un marché caractérisé par des prix en constante progression malgré la crise du crédit, où emprunter sur 25 ans ne suffit plus à compenser cette hausse, l'immobilier ancien mal classé intéresse les acheteurs avec des budgets réduits ou insuffisants pour acquérir le premier choix ou dans le neuf.

Et l'offre ne manque pas. Selon Meilleursagents, la mise en vente de ce type de logements a bondi de plus de 8% en 2021 par rapport à 2020, et l'année 2022 devrait montrer une forte progression de cette tendance avec la mise en œuvre de la loi Climat et la dérive inflationniste. Il est clair que l'envolée des prix de l'énergie modifie le regard sur ces logements énergivores et accélère la transformation du marché.

Selon l'agence immobilière Hosman, présente dans les plus grandes villes de France, un tiers des acheteurs des logements classés F ou G sont des jeunes actifs de moins de 30 ans, sans enfant. Et parmi eux, 60% de primo-accédants.

Pénalisés par l'exigence d'apport personnel, ils peuvent acquérir des logements plus abordables et diminuer le recours au crédit, ils ont aussi le temps et l'énergie nécessaires pour entreprendre des travaux de rénovation. Et comme la plupart d'entre eux n'envisagent pas de louer leur acquisition, ils échappent à la réglementation sur les passoires thermiques.

Dernières publications

assurance-emprunteur-courtier-indispensable-en-2026

Changer d'assurance emprunteur en 2026 : pourquoi un courtier est indispensable

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, les emprunteurs peuvent changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment, sans attendre la date anniversaire de leur contrat. Cette liberté a profondément modifié le marché, mais dans la pratique, remplacer son assurance reste une démarche technique. Entre l'analyse des garanties, le respect de l'équivalence de couverture et les échanges avec la banque, les obstacles sont nombreux. Le recours à un courtier en assurance emprunteur constitue un véritable atout. Son expertise permet non seulement de trouver un contrat plus compétitif, mais aussi de sécuriser l'ensemble de la procédure jusqu'à la mise en place du nouveau contrat. Changer d'assurance de prêt : une démarche plus complexe qu'il n'y paraît Sur le papier, la résiliation d'une assurance emprunteur semble simple. L'emprunteur choisit une nouvelle assurance offrant obligatoirement un niveau de garanties équivalent, transmet son dossier à la banque et obtient la substitution. Dans la réalité, plusieurs difficultés apparaissent rapidement : comparer des contrats aux garanties parfois très différentes  comprendre les exclusions de garantie  analyser les conditions d'indemnisation vérifier l'équivalence des garanties exigée par la banque respecter les délais de traitement entre les différents intervenants. Une erreur dans l'analyse du contrat ou un document manquant peut retarder, voire compromettre, le changement d'assurance. Les banques sont tellement réticentes à accepter la substitution qu’elles utilisent la moindre faille pour contrer la demande. C'est pourquoi un accompagnement spécialisé réduit considérablement le risque d'échec. Pourquoi un courtier est-il indispensable en 2026 ? Le courtier en assurance de prêt immobilier agit en tant qu'intermédiaire entre l'emprunteur, le nouvel assureur et l'établissement prêteur. Son rôle dépasse largement la simple recherche d'un tarif plus attractif. Il intervient sur l'ensemble du processus afin de sécuriser le changement d'assurance. Ses principales missions consistent à : analyser le contrat actuel  identifier les garanties exigées par la banque  comparer plusieurs offres du marché  sélectionner le contrat répondant aux critères d'équivalence  constituer le dossier administratif  assurer le suivi jusqu'à l'acceptation définitive. L'emprunteur bénéficie ainsi d'un interlocuteur unique qui maîtrise les règles du marché. Comparer les garanties : l'étape la plus délicate Le prix ne doit jamais être le seul critère de comparaison. Deux contrats affichant une cotisation identique peuvent offrir des niveaux de protection très différents. Les modes d'indemnisation L'une des différences les plus importantes concerne le mode de prise en charge des mensualités. On distingue le remboursement forfaitaire du remboursement indemnitaire : l'indemnisation forfaitaire, qui rembourse la mensualité assurée indépendamment des revenus perçus ; l'indemnisation indemnitaire, qui complète uniquement la perte réelle de revenus après intervention des organismes sociaux. Cette distinction peut représenter plusieurs milliers d'euros en cas d'arrêt de travail prolongé. Les garanties d'incapacité et d'invalidité Le courtier vérifie notamment : la définition de l'incapacité temporaire totale de travail (ITT), qui couvre les arrêts de travail pour maladie ou accident les conditions de reconnaissance de l'invalidité permanente totale ou partielle (IPT ou IPP)  le mode d'évaluation de l'invalidité  les franchises applicables sur l’ITT (entre 15 et 180 jours) les limites d'âge des garanties. Ces éléments influencent directement le niveau de protection offert par le contrat. Les exclusions de garantie Chaque assureur prévoit ses propres exclusions de garantie, mais en la plupart des contrats excluent les risques suivants :  les sports à risque (sports de combat, certains sports nautiques et de montagne, plongée sous-marine, etc.) certaines professions dangereuses (pompier, gendarme, policier, agent de sécurité, ouvrier du bâtiment, marin-pêcheur, etc.) les affections dorsales (lumbago, hernie, cervicalgie, troubles musculo-squelettiques) les troubles psychiques (dépression, burn-out, fatigue chronique, etc.) les pratiques aériennes ou mécaniques. Un contrat moins cher peut ainsi se révéler beaucoup moins protecteur. Bon à savoir : les affections dorsales et les troubles psychiques sont considérés comme des maladies non objectivables en assurance emprunteur, mais peuvent être rachetées via la garantie MNO afin d’offrir une couverture en cas de sinistre. Le courtier s'assure du respect de l'équivalence des garanties La banque ne peut pas refuser un changement d'assurance sans justification, et le seul motif légal de refus est la non-équivalence de garantie. Le nouveau contrat doit impérativement présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé lors de l'octroi du crédit. Une analyse basée sur les critères du CCSF Les établissements prêteurs s'appuient sur les critères définis par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Le courtier connaît parfaitement ces exigences. Avant toute demande de substitution, il contrôle que le futur contrat répond aux critères retenus par la banque afin d'éviter un refus de substitution. Cette étape représente un véritable gain de temps pour l'emprunteur. Une prise en charge complète des formalités administratives Au-delà d’être rébarbatif et chronophage, l'aspect administratif constitue souvent le principal frein au changement d'assurance. Entre les formulaires, les échanges avec la banque et les pièces justificatives, le dossier peut rapidement devenir complexe. Le mandat simplifie toutes les démarches La plupart des courtiers proposent un mandat permettant d'effectuer les formalités au nom de leur client. Ils prennent alors en charge : la demande d'adhésion au nouveau contrat  la transmission des documents  l'envoi de la demande de substitution  les échanges avec le service crédits de la banque  le suivi de l'avenant au prêt  la mise en place définitive de la nouvelle assurance. L'emprunteur limite ainsi les démarches à quelques signatures. La rémunération du courtier en assurance emprunteur est transparente et prend la forme d’une commission versée par les compagnies d’assurance. Un accompagnement précieux pour l’emprunteur avec un problème de santé Les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé rencontrent souvent davantage de difficultés pour trouver une assurance compétitive. Le courtier connaît les pratiques des différents assureurs spécialisés et peut orienter son client vers les offres les plus adaptées. Des questionnaires médicaux parfois plus souples Tous les assureurs n’appliquent pas les mêmes règles. Certains accordent une durée de validité plus longue au questionnaire de santé d’assurance de prêt ou disposent de politiques de souscription plus favorables selon les pathologies concernées. Cette connaissance du marché permet d'éviter de déposer inutilement plusieurs dossiers. Le droit à l'oubli facilite l'accès à l'assurance Depuis les évolutions de la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), les personnes guéries de certains cancers ou d'une hépatite C peuvent bénéficier du droit à l'oubli en assurance emprunteur passé un délai de 5 ans à l’issue du protocole thérapeutique. Lorsque les critères sont remplis, l'ancienne pathologie n'a plus à être déclarée à l'assureur, ce qui permet à l'emprunteur de bénéficier d’une tarification standard. Le courtier vérifie que l'emprunteur peut bénéficier de ce dispositif avant de constituer son dossier. La convention AERAS reste un dispositif essentiel Lorsque le risque médical demeure important, le dossier peut être étudié dans le cadre de la convention AERAS. Encore trop peu d’emprunteurs connaissent ce dispositif, alors que 2 Français sur 10 rencontrent des difficultés d’accès à l’assurance de prêt pour raisons de santé (ancre). Cette procédure permet un examen approfondi par des médecins spécialisés afin de favoriser l'accès à l'assurance malgré un passif de santé. Le courtier accompagne son client durant toutes les étapes du processus et veille au respect des règles prévues par cette convention. Des économies importantes grâce au courtier en assurance de prêt L'un des principaux intérêts du changement d'assurance reste la réduction du coût global du crédit. Selon le profil de l'emprunteur, plusieurs facteurs influencent les économies : l'âge  le capital restant dû  la durée du prêt  le statut professionnel  le niveau de garanties choisi. Pour les jeunes actifs présentant un bon état de santé, plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économies sont parfois envisageables sur la durée totale du crédit. Le courtier ne recherche toutefois pas uniquement le tarif le plus bas : il veille également à maintenir une protection adaptée à la situation de l'emprunteur. Comment choisir le bon courtier en assurance emprunteur ? Tous les intermédiaires ne proposent pas le même niveau d'accompagnement. Avant de faire votre choix, vérifiez notamment : son immatriculation à l'ORIAS (organisme en charge du Registre officiel des intermédiaires en Assurance, Banque et Finance) son expérience en assurance emprunteur  le nombre de compagnies partenaires  la qualité du suivi administratif  les avis de ses clients  la transparence de sa rémunération. Un bon courtier doit être capable d'expliquer clairement les différences entre plusieurs contrats et de justifier ses recommandations.

crédit-immobilier-plus-cher-2030

Pourquoi votre crédit immobilier risque de coûter plus cher en 2030 ?

En France, l’immense majorité des emprunteurs bénéficient d'un prêt immobilier à taux fixe, un modèle qui garantit des mensualités stables pendant toute la durée du financement. Cette spécificité française constitue un véritable atout pour sécuriser le budget des ménages. Pourtant, plusieurs évolutions réglementaires européennes pourraient progressivement modifier cet équilibre. Dès 2030, les banques pourraient commencer à anticiper les changements attendus à l'horizon 2032, avec des conséquences possibles sur le coût du crédit immobilier, les conditions d'octroi et même la disponibilité des prêts à taux fixe. Pourquoi les banques s'inquiètent-elles ? Quels sont les risques pour les futurs emprunteurs ? Faut-il acheter avant que ces nouvelles règles ne produisent leurs effets ? Magnolia vous explique tous les enjeux. Le prêt immobilier à taux fixe : une exception française Contrairement à de nombreux pays européens, la France privilégie largement le crédit immobilier à taux fixe. Pendant toute la durée du prêt, l'emprunteur connaît précisément : le taux d'intérêt  le montant de ses mensualités  le coût total du crédit  la date de fin du remboursement. Cette stabilité offre plusieurs avantages. Une meilleure visibilité budgétaire Le modèle français du crédit immobilier est vertueux pour l’emprunteur. Avec un taux fixe, une éventuelle hausse des taux d'intérêt sur les marchés n'a aucun impact sur les échéances du crédit. Cette sécurité permet aux ménages de : mieux gérer leur budget ; éviter les mauvaises surprises ; limiter le risque de surendettement. Un modèle qui limite les défauts de paiement Lorsque les mensualités restent identiques pendant 20 ou 25 ans, les emprunteurs rencontrent généralement moins de difficultés financières liées à leur crédit. Cette stabilité bénéficie également aux établissements bancaires, qui constatent historiquement un faible niveau de défaut sur les crédits immobiliers français (moins de 1% des encours). Pourquoi les règles européennes sur le crédit immobilier pourraient changer la donne ? Le principal sujet d'inquiétude provient des nouvelles exigences prudentielles imposées aux banques. L'objectif de Bâle III À la suite de la crise financière de 2008, les autorités internationales ont adopté les accords de Bâle III afin de renforcer la solidité des établissements financiers. Le principe est simple : les banques doivent disposer de davantage de fonds propres lorsqu'elles accordent des prêts considérés comme plus risqués. Ces accords sont progressivement intégrés dans le droit européen grâce au règlement CRR3, entré en application à partir de 2025. Or, les prêts immobiliers à taux fixe de longue durée sont considérés comme plus exposés aux variations de taux. Les raisons sont simples : les banques prêtent aujourd'hui à un taux fixe ; leur coût de refinancement peut augmenter dans les années suivantes ; elles supportent seules le risque de hausse des taux. Concrètement, le risque financier repose principalement sur l'établissement prêteur. Pourquoi 2030 pourrait être une année charnière pour le crédit immobilier ? Même si les règles définitives ne devraient produire tous leurs effets qu'après 2032, les banques ne vont probablement pas attendre cette échéance pour adapter leur stratégie. Les établissements anticipent toujours les évolutions réglementaires Le secteur bancaire fonctionne sur le long terme. Les prêts immobiliers accordés aujourd'hui continueront de produire leurs effets pendant 20 ou 25 ans. Les banques pourraient donc commencer à : ajuster leurs politiques commerciales ; sélectionner davantage les dossiers ; revoir progressivement leur tarification. Cette anticipation pourrait déjà être perceptible autour de 2030. Les décisions européennes seront connues avant 2032 Avant l'échéance finale, plusieurs étapes importantes doivent intervenir : analyse de l'Autorité bancaire européenne ; recommandations techniques ; éventuelles propositions de la Commission européenne ; arbitrages politiques. Ces travaux donneront progressivement de la visibilité aux banques, qui adapteront leur offre en conséquence. Des crédits immobiliers potentiellement plus chers Si les nouvelles exigences augmentent le coût des prêts pour les banques, celles-ci chercheront naturellement à préserver leur rentabilité. Une hausse des taux immobiliers Le premier levier consiste à augmenter les taux d’intérêts de prêt immobilier proposés aux emprunteurs. Même une faible hausse peut avoir un impact important sur le coût total d'un financement. Par exemple : une augmentation de 0,20 % ou 0,30 % sur un prêt de 250 000 € remboursé sur 25 ans peut représenter plusieurs milliers d'euros d'intérêts supplémentaires. Des frais annexes plus élevés Les banques pourraient également revoir : les frais de dossier de prêt immobilier ; certaines commissions ; les conditions d'accès aux offres promotionnelles. L'objectif serait de compenser le coût réglementaire supplémentaire. Des conditions d'octroi des prêts immo plus strictes L'augmentation du coût des fonds propres pourrait pousser certains établissements à limiter leur production de crédits. Une sélection plus rigoureuse des emprunteurs Les banques pourraient privilégier : les profils disposant d'un apport personnel important ; les revenus élevés ; les situations professionnelles stables ; les faibles taux d'endettement. À l'inverse, certains dossiers pourraient être plus difficiles à financer. Rappel : la réglementation française fixe le taux d’endettement maximal à 35 % des revenus nets, avant impôt et assurance emprunteur comprise.  Une capacité d'emprunt réduite Avec des taux plus élevés et des critères plus stricts, certains ménages pourraient : emprunter moins ; devoir rallonger leur durée de remboursement ; revoir ou reporter leur projet immobilier. Le retour du taux variable est-il possible ? Aujourd'hui, le taux variable reste marginal en France, représentant moins de 1 % des crédits octroyés. Pourtant, il constitue la norme dans plusieurs pays européens. Pourquoi les banques pourraient le privilégier à l’avenir ? Avec un taux variable, le risque lié à la hausse des taux est transféré à l'emprunteur. La banque est donc moins exposée. Cela permet également de réduire les exigences réglementaires liées au risque de taux. Quels seraient les risques pour les ménages ? Un crédit immobilier à taux variable peut sembler attractif au départ grâce à un taux initial plus faible. Mais il présente plusieurs inconvénients : des mensualités susceptibles d'augmenter ; un coût final difficile à anticiper ; une gestion budgétaire plus complexe. Cette incertitude constitue l'une des principales différences avec le modèle français actuel qui privilégie le crédit à taux fixe. Les crédits immobiliers déjà signés sont-ils concernés ? Une question revient souvent : les prêts déjà souscrits risquent-ils d'être modifiés ? La réponse est non. Le contrat signé entre la banque et l'emprunteur reste valable jusqu'à son terme. Les conditions initiales demeurent inchangées : taux d'intérêt ; durée ; mensualités ; garanties. Les éventuelles évolutions réglementaires concerneraient uniquement les nouveaux crédits accordés après la mise en œuvre définitive des règles. Comment limiter le coût de son futur crédit immobilier ? Même dans un contexte plus contraignant, plusieurs solutions permettent d'optimiser son financement. Comparer plusieurs banques Les écarts de taux restent parfois significatifs entre les établissements. Faire jouer la concurrence permet souvent d'obtenir de meilleures conditions. Négocier l'assurance emprunteur L'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût global d’un crédit immobilier. La délégation d'assurance de prêt peut permettre d'économiser plusieurs milliers d'euros sur la durée du crédit en donnant l’opportunité à l’emprunteur de choisir librement le contrat. Cette liberté se poursuit en cours de prêt. Grâce à la loi Lemoine de 2022, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sous réserve de respecter le principe d’équivalence de garanties. En mettant les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt, il est possible de réduire de 60 % le coût de cette protection indispensable en cas de coup dur (décès, incapacité de travail, invalidité). Augmenter son apport personnel Un apport plus important réduit le montant emprunté, le risque pour la banque et le taux proposé dans certains cas. Soigner son dossier Les établissements apprécient notamment : une gestion bancaire irréprochable ; une épargne régulière ; un faible niveau d'endettement ; une situation professionnelle stable. Faut-il s'inquiéter pour les futurs emprunteurs ? À ce stade, rien n'indique que le prêt immobilier à taux fixe disparaîtra totalement. Toutefois, les discussions autour de l'application complète des règles prudentielles européennes montrent que son coût pourrait augmenter dans les prochaines années. Si aucune adaptation spécifique n'est retenue pour préserver le modèle français, plusieurs scénarios restent envisageables : une hausse progressive des taux, un accès au crédit plus sélectif ou une place plus importante accordée aux prêts à taux variable. Pour les ménages qui envisagent un achat immobilier à moyen terme, il sera donc essentiel de suivre l'évolution de la réglementation, de comparer les offres de financement et d'optimiser chaque composante du crédit, notamment l'assurance emprunteur. Dans un environnement où chaque dixième de point compte, ces arbitrages pourraient faire économiser plusieurs milliers d'euros sur le coût total d'un projet immobilier.

doublement-franchise-médicale-participation-octobre-2026

Doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires en octobre 2026 : quel impact sur votre budget et les mutuelles santé ?

À partir d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, et passeront chacun de 50 à 100 € par an. Au total, un assuré pourra donc supporter jusqu'à 200 € de reste à charge annuel, contre 100 € auparavant. Cette mesure vise à contribuer au redressement des finances de l’Assurance Maladie tout en maintenant inchangés les montants prélevés sur chaque acte médical. En revanche, les personnes qui consomment régulièrement des soins atteindront désormais un plafond plus élevé. Quelles conséquences pour votre budget ? Les mutuelles santé prendront-elles en charge cette hausse ? Pourquoi les plafonds des franchises médicales doublent-ils en 2026 ? Face au déficit persistant de l'Assurance Maladie, le gouvernement poursuit sa politique de réduction des dépenses de santé. Après le doublement des franchises médicales en avril 2024, une nouvelle étape est franchie avec le relèvement des plafonds annuels. L'objectif est double : limiter les dépenses supportées par la Sécurité Sociale  responsabiliser davantage les assurés sur leur consommation de soins. Selon les estimations des pouvoirs publics, cette réforme pourrait générer près de 500 millions d'euros d'économies dès 2026, puis environ 740 millions d'euros par an lorsque le dispositif produira ses effets sur une année complète. Cette décision ne fait toutefois pas l'unanimité. Plusieurs représentants des assurés et des professionnels de santé estiment qu'elle augmente le reste à charge des patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques. Qu'est-ce qui change concrètement en octobre 2026 ? La réforme ne modifie ni le principe des franchises médicales et de la participation forfaitaire, ni leur montant unitaire. En revanche, le plafond annuel est revu à la hausse. Les nouveaux plafonds Dispositif Jusqu’en septembre 2026 À partir d’octobre 2026 Franchise médicale 50 € par an 100 € par an Participation forfaitaire 50 € par an 100 € par an Total maximal annuel 100 € 200 € Les montants prélevés sur chaque acte restent identiques Contrairement à ce que certains pourraient croire, les montants des franchises médicales et de la participation forfaitaire n'augmentent pas. Les franchises médicales s’appliquent sur :  les médicaments remboursés  les actes réalisés par un infirmier  les séances chez un masseur-kinésithérapeute  les transports sanitaires. Les montants retenus demeurent inchangés, à savoir 1 € sur les médicaments et le paramédical, et 4 € pour le transport sanitaire. La participation forfaitaire concerne :  les consultations chez un médecin généraliste  les consultations chez un spécialiste  les examens de radiologie  les analyses de biologie médicale. Là encore, le montant prélevé reste identique, à 2 € sur chaque acte.  Pourquoi certains assurés seront davantage concernés par le doublement des franchises médicales et participations forfaitaires ? Tous les Français ne verront pas leur budget santé évoluer de la même manière. Les personnes consultant rarement un médecin n'atteignent généralement jamais les plafonds annuels. En revanche, la réforme touchera davantage : les personnes atteintes d'une maladie chronique ou d’une affection de longue durée (ALD) les seniors  les patients suivant plusieurs traitements médicamenteux  les personnes ayant besoin de soins paramédicaux réguliers  les assurés réalisant fréquemment des examens médicaux. Plus la consommation de soins est importante, plus le risque d'atteindre les nouveaux plafonds augmente. Quel est l'impact sur le budget des ménages ? Le gouvernement estime que le reste à charge moyen pourrait augmenter d'environ 30 euros par an par ménage. Cette moyenne cache cependant des situations très différentes. Un assuré qui consulte son médecin deux ou trois fois par an, qui prend peu de médicaments et réalise peu d'examens médicaux, n'atteindra probablement jamais les plafonds. Son budget santé restera quasiment inchangé. À l'inverse, une personne qui consulte plusieurs spécialistes, qui suit un traitement permanent et effectue des analyses biologiques fréquentes, pourra atteindre jusqu'à 200 € cumulés par an. La différence peut donc devenir significative sur une année complète. Les mutuelles santé remboursent-elles ces franchises ? C'est une question que se posent de nombreux assurés. Les franchises et participations sur les dépenses de santé ont été mises en place pour responsabiliser les assurés : la santé n’est pas gratuite et chacun, sauf exemption, doit participer financièrement. Une interdiction prévue par la réglementation Les contrats de mutuelle santé responsable, qui représentent l'immense majorité des complémentaires santé en France, n'ont pas le droit de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. L'objectif est de conserver une part de reste à charge afin d'inciter les assurés à un usage raisonné du système de soins. Même une mutuelle haut de gamme ne peut donc pas effacer ces retenues. Cette réforme peut-elle avoir une incidence sur les mutuelles ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires ne sont pas remboursées par les complémentaires santé, la réforme pourrait avoir des conséquences indirectes. Parallèlement au doublement des plafonds, d'autres mesures sont envisagées concernant : certains médicaments à service médical jugé faible  les soins dentaires  les transports sanitaires. Si la part remboursée par la Sécurité Sociale diminue sur ces postes, les complémentaires santé pourraient être davantage sollicitées. À terme, cela pourrait peser sur l'équilibre financier des organismes complémentaires et exercer une pression sur les cotisations. Lorsque les remboursements des mutuelles augmentent, celles-ci peuvent être amenées à réviser leurs tarifs. Cela explique pourquoi plusieurs acteurs du secteur suivent attentivement cette réforme. Comment limiter l'impact du doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires restent dues et non remboursées, quelques réflexes permettent de mieux maîtriser son budget santé. Faire régulièrement le point sur sa mutuelle Remettre en question son contrat de mutuelle santé permet de vérifier : les garanties réellement utiles  les postes insuffisamment remboursés  les éventuelles options devenues obsolètes (comme la garantie maternité ou orthodontie enfant si on est senior). Changer de complémentaire santé peut permettre de réaliser des économies sans diminuer son niveau de protection. Le saviez-vous ? : vous pouvez résilier votre contrat à tout moment après une année de souscription grâce aux dispositions de la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé.  Respecter le parcours de soins coordonnés Consulter son médecin traitant avant un spécialiste permet généralement d'obtenir un meilleur remboursement de l'Assurance maladie. Même si cela ne supprime pas la participation forfaitaire de 2 € par consultation, cela évite d'autres pénalités de remboursement pour non-respect du parcours de soins coordonnés. Privilégier les dispositifs de prévention Le dépistage, les vaccinations ou encore le suivi médical régulier permettent parfois d'éviter des complications nécessitant des soins plus lourds et plus coûteux. Les personnes exonérées restent-elles protégées ? Certaines catégories d'assurés vont continuer à bénéficier d'une exonération de la franchise médicale :  des bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) ou de l’AME (Aide Médicale de l’État) des femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les enfants et les jeunes de moins de 18 ans les victimes de terrorisme. Quant à la participation forfaitaire, elle concerne tous les assurés, même les personnes déclarées en ALD, sauf :  les bénéficiaires de la CSS et de l’AME les femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les mineurs. À compter d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, passant de 50 à 100 euros chacun. Les montants prélevés sur chaque consultation, boîte de médicaments ou acte médical restent en revanche inchangés. Les assurés qui consomment peu de soins ressentiront peu les effets de cette réforme. En revanche, les personnes souffrant de pathologies chroniques, les seniors et les patients ayant un suivi médical régulier verront leur reste à charge augmenter.  Les mutuelles santé ne vont pas compenser cette hausse, la réglementation leur interdisant de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. Dans ce contexte, comparer régulièrement sa complémentaire santé reste le meilleur moyen d'optimiser son budget sans renoncer à une couverture de qualité.