Taux d’usure du crédit immobilier 2023 : la piste d’une réforme se précise

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Les courtiers auront eu la Banque de France à l’usure. Le jeu de mots est facile, mais il illustre la ténacité dont ont fait preuve les intermédiaires auprès de l’institution après de longs mois de blocage du marché immobilier. Les taux d’usure sont en passe d’être réformés avec l’abandon du calcul trimestriel au profit d’un calcul mensuel. La décision officielle de la BdF est attendue, souhaitons qu’elle intervienne rapidement.

Révision mensuelle du taux d’usure

Jusque-là hermétique à toute modification du cadre légal des taux d’usure, la Banque de France semble avoir entendu les signaux d’alarme appuyés et justifiés des professionnels du crédit. La réunion d’hier mercredi 11 janvier entre l’institution et les représentants des courtiers et des établissements bancaires aura porté ses fruits, même s’il est encore tôt pour crier victoire. Elle devrait aboutir à une réforme temporaire du calcul des taux d’usure applicables aux crédits immobiliers.

Sous la pression du ministère de l’Économie et des Finances, alerté à maintes reprises par les professionnels du crédit d’un dysfonctionnement du système de l’usure et inquiet du ralentissement du marché immobilier depuis la fin de l’été dernier, la BdF accepte finalement de procéder à un « ajustement technique » temporaire du taux d’usure par une révision mensuelle et non plus trimestrielle. Une correction mensuelle de l’usure permettra aux banques d’ajuster plus rapidement leurs barèmes de taux d’emprunt et de s’adapter au mieux aux contraintes du contexte monétaire.

Auditionné hier par la commission des finances du Sénat, le gouverneur François Villeroy de Galhau a toutefois montré une nouvelle fois sa réticence à modifier en profondeur le système de l’usure, rappelant aux élus de la Chambre Haute que : « La loi dit que ce taux d'usure est fixé trimestriellement à 4/3 des taux observés dans le trimestre précédent. Il y a eu des pressions de la part de divers représentants des prêteurs pour faire remonter nettement plus vite le taux d'usure. Je ne crois pas que ce soit souhaitable : il faut une remontée progressive et ordonnée pour protéger les emprunteurs ».

Le gouverneur a précisé que la révision mensuelle des taux d’usure se fera « en regardant les trois mois précédents à chaque fois ». Au lieu d’un saut d’un trimestre, les taux d’usure seront ajustés chaque mois sur une base toujours trimestrielle. Les modalités techniques restent à définir et d’aucuns espèrent la mise en œuvre de ce nouveau dispositif le 1er mars prochain.

Crédit immobilier bloqué depuis six mois

La nouvelle position de la BdF peut surprendre, elle qui tout récemment affirmait avec aplomb que le marché du crédit immobilier, toujours dynamique, était en phase de normalisation. Opposée à une réévaluation mensuelle en raison notamment de la complexité à récolter les données fiables auprès des banques, l’institution semble désormais admettre la nécessité de modifier un système qui a montré ses limites.

La quasi absence de profitabilité des banques sur les nouveaux prêts avait incité certaines d’entre elles à fermer le robinet du crédit immobilier à la fin de l’année 2022. Incapables de répercuter l’évolution des conditions de refinancement à cause de la stagnation de l’usure sur trois mois, elles préféraient renoncer à ce produit d’appel qu’est le prêt immobilier.

Depuis juillet dernier et la hausse du taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne, le marché du crédit avait commencé à se gripper. Fini l’argent facile ! Depuis décembre 2022, les banques de détail se refinancent auprès de la BCE au taux de 2,50% contre 0% depuis 2012. Elles répercutent également l’évolution de l’OAT 10 ans, qui est sorti du territoire négatif (mi-2021) pour être propulsé à plus de 2% depuis l’été dernier.

Résultat, les taux d’intérêt atteignent actuellement la moyenne de 2,50% sur la durée de 20 ans (hors assurance emprunteur et coût des sûretés), contre 1% en janvier 2022. La revalorisation de l’usure à un rythme trimestriel ne permet pas de suivre la progression des taux, entraînant un blocage du marché du crédit. Observée au trimestre précédent, la problématique se poursuit en ce début d’année 2023 : les candidats à l’emprunt se voient refuser leur financement non pas pour raison d’insolvabilité mais parce que le TAEG excède l’usure sur la durée concernée.

Taux d’usure, facteur d’exclusion

Les premières victimes sont les primo-accédants et les ménages modestes qui ne peuvent négocier des taux d’emprunt performants, qui pourraient leur offrir une marge de manœuvre suffisante pour ajouter au taux brut tous les autres frais inhérents au prêt immobilier (garantie, assurance emprunteur, frais de dossier, etc.). La hausse des taux d’usure au 1er janvier 2023 garde le problème entier face à l’augmentation constante des taux d’intérêts dans un contexte de refinancement toujours dégradé pour les banques.

Selon les courtiers, la fenêtre de tir ouverte au 1er janvier dernier va se refermer dès la fin du mois. Le système de l’usure tel qu’il existe aujourd’hui, couplé aux normes d’octroi qui limitent la durée de remboursement à 25 ans, est inégalitaire, excluant de fait les ménages solvables à revenus modestes. Le prisme d’un million de transactions dans l’ancien en 2022 est trompeur : certes élevé, et à peine inférieur au record de 2021, ce volume ne dit pas s’il concerne l’accession à la propriété ou davantage la multipropriété. Les foyers modestes restent locataires plus longtemps, ce qui risque de déséquilibrer le marché locatif, alors même que la nouvelle réglementation énergétique pèse sur les bailleurs.

Instaurée pour protéger les plus faibles, l’usure est devenue facteur d’exclusion. La prise de conscience des autorités quant à ses conséquences sur toute la chaîne du marché immobilier, et plus largement sur le projet de société de notre pays (une France de propriétaires !), doit rapidement être suivie d’effets pour éviter de creuser davantage les inégalités. La révision mensuelle des taux d’usure va rendre le crédit immobilier plus cher, mais elle va aussi le rendre de nouveau accessible.

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Les banques centrales, la Banque Centrale Européenne en tête, maintiennent une politique monétaire prudente (taux de refinancement de la BCE maintenu à 2,15 %). Les taux obligataires français restent élevés, ce qui freine la baisse des taux immobiliers (OAT 10 ans à 3,70 % en avril 2026, marquant une hausse récente). La volatilité des marchés rend les établissements bancaires plus sélectifs dans leurs attributions de crédit. Ce que cela signifie concrètement pour votre emprunt En 2026, les taux de crédit immobilier oscillent autour de niveaux significativement plus élevés qu'en 2020-2021 (taux moyens, hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : Sur 15 ans : entre 3,20 % et 3,30 % Sur 20 ans : entre 3,35 % et 3,50 % Sur 25 ans : entre 3,45 % et 3,55 %. Pour un emprunt de 250 000 €, quelques dixièmes de point supplémentaires représentent des dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Plus que jamais, chaque décision doit être réfléchie et chaque poste, négocié. Préparer un dossier qui rassure les banques Les piliers d'un profil accepté Dans un environnement où les établissements bancaires restent sur leurs gardes, votre demande de prêt immobilier doit afficher une solidité irréprochable. Les critères fondamentaux restent identiques, mais leur examen est désormais plus rigoureux : Stabilité professionnelle : un CDI reste le passeport idéal ; les indépendants devront présenter plusieurs bilans comptables. Historique bancaire sain : aucun incident de paiement, pas de découvert bancaire, des comptes réguliers et maîtrisés. Épargne démontrée : une capacité à mettre de l'argent de côté rassure davantage que le solde brut d'un compte. Apport personnel : il doit couvrir au minimum les frais de notaire et de garantie, soit environ 10 % du prix du bien, parfois plus pour les profils atypiques. Le taux d'endettement : une règle à ne pas sous-estimer Le taux d'endettement reste fixé à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse. Dépasser ce plafond condamne la quasi-totalité des dossiers, à l'exception de quelques primo-accédants bénéficiant de dérogations accordées au cas par cas (marge de flexibilité sur les règles d’octroi, autorisée par le régulateur). Avant même de rencontrer un banquier : Soldez ou réduisez vos crédits à la consommation en cours. Évitez tout nouvel achat à crédit dans les 6 mois précédant votre demande. Calculez votre capacité d'emprunt avec précision, jusqu'au dernier euro. Constituez un apport personnel significatif. Taux fixe ou taux variable : que choisir en 2026 ? La solidité rassurante du taux fixe En France, le taux fixe d’un prêt immobilier constitue la norme et représente une protection réelle pour l'emprunteur. Contrairement à de nombreux pays anglo-saxons où la mensualité peut évoluer au gré des décisions des banques centrales, le système français garantit une mensualité stable du premier au dernier remboursement. Dans un contexte d'incertitude géopolitique persistante, cette prévisibilité prend une valeur supplémentaire. Le taux variable : un produit de niche Le crédit immobilier à taux variable existe encore sur le marché, le plus souvent assorti d'un cap de taux limitant la hausse ou la baisse maximale (taux capé à - ou + 1 ou 2 %). Mais il reste marginal et réservé à des profils très spécifiques : Emprunteurs prévoyant de revendre rapidement Projets à durée de détention courte Profils avec une forte capacité à absorber une éventuelle hausse de mensualité Pour la grande majorité des ménages, le taux fixe demeure le choix le plus prudent, surtout en période d'instabilité mondiale. L'assurance de prêt immobilier : un levier d'économies souvent négligé Un coût qui peut dépasser 30 000 € sur la durée du prêt L'assurance emprunteur est souvent traitée comme une formalité. C'est une erreur, il s’agit du deuxième coût après les intérêts d’emprunt, soit généralement des milliers d’euros sur la durée de remboursement. La bonne nouvelle : la loi vous donne désormais tous les outils pour agir. Comment optimiser ce poste Délégation d'assurance dès la signature : vous n'êtes pas obligé d'accepter le contrat groupe de votre banque (loi Lagarde). Résiliation à tout moment : depuis la réforme Lemoine de 2022, changer d'assurance emprunteur en cours de prêt est devenu simple et accessible. Comparaison sur les garanties réelles : 2 contrats affichant le même taux peuvent couvrir des risques très différents. Révision régulière : votre profil de risque évolue avec le temps ; revisiter son contrat après quelques années peut générer plusieurs milliers d'euros d'économies. Mettez les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt pour identifier le contrat adapté le plus compétitif.   Durée du prêt immobilier et coût total : l'arbitrage décisif Allonger la durée d'un crédit à l’habitat réduit la mensualité mais augmente mécaniquement le coût total. À l'inverse, raccourcir la durée allège la facture globale mais exige une mensualité plus élevée. Les simulations en ligne permettent de jouer sur le coût total du prêt en fonction de la durée. C’est votre capacité d’endettement qui va déterminer la mensualité maximale que vous pouvez assumer. Dans un contexte de taux encore soutenus, ce calcul mérite une attention particulière : Sur 15 ans vs 25 ans, la différence de coût total peut atteindre 30 % à 60 % du capital emprunté. Préférez la durée la plus courte compatible avec votre taux d'endettement. Négociez des clauses de remboursement anticipé si votre situation venait à s'améliorer. Acheter maintenant ou attendre en 2026 ? Les arguments pour agir maintenant Les prix de l'immobilier dans certaines zones ont déjà amorcé une correction. Attendre une baisse des taux hypothétique, c'est souvent retarder un projet de vie. La renégociation reste possible si les taux venaient à baisser significativement. Chaque année de location représente un loyer qui ne constitue aucun patrimoine. Les raisons de patienter L'incertitude géopolitique pourrait maintenir les taux élevés durant plusieurs mois. Un dossier insuffisamment préparé coûte cher en conditions moins favorables. Des signes de détente sur l'inflation pourraient se matérialiser d'ici fin 2026 si les tensions géopolitiques s’apaisent. La règle d'or : la préparation prime sur le timing Ni l'euphorie ni la panique ne doivent guider une décision d'achat immobilier. Ce qui compte, c'est la qualité de votre préparation : dossier solide, apport optimisé, assurance négociée, durée calibrée. 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Baisse du pouvoir d'achat en 2026 : plutôt qu'allonger votre prêt, optimisez votre assurance emprunteur

Face à la hausse des taux d’intérêts, aux prix immobiliers toujours élevés et au climat économique anxiogène, les ménages français ajustent leurs stratégies d'emprunt. Le premier trimestre 2026 marque un tournant : selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, la durée moyenne des prêts immobiliers atteint 252 mois, soit 21 ans — un niveau jamais enregistré jusqu'ici. Pour la moitié des financements, la durée se hisse à 25 ans ou plus, dans le trait du plafond réglementaire. L'allongement de la durée de remboursement s'impose comme le levier d'adaptation pour maintenir des mensualités accessibles. Mais cette solution, efficace à court terme, alourdit mécaniquement le coût total du crédit. Il existe une autre option pour faire baisser le coût d’un crédit immobilier : la délégation d’assurance emprunteur. Un prêt immobilier sur deux signé sur 25 ans ou plus Des chiffres historiques au premier trimestre 2026 Les données publiées le 16 avril 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA sont sans ambiguïté : 49 % des prêts immobiliers accordés en mars 2026 portent sur une durée de 25 ans ou plus. La durée moyenne a progressé de 6 mois en un an, atteignant 252 mois. Plus de 81,7 % des crédits sont désormais contractés sur 20 ans ou davantage. L'observatoire qualifie ces résultats de « niveaux les plus élevés jamais observés ». La part des prêts à 25 ans et plus avait culminé à 51,1 % en 2024, tandis que la tranche des 20-25 ans est passée de 27,9 % à 32,7 % sur la même période. Répartition des durées de prêt en mars 2026  Durée du prêt Part sur l’ensemble des crédits immo Moins de 10 ans 0,9 % De 10 à 15 ans 6,6 % De 15 à moins de 20 ans 10,8 % De 20 à moins de 25 ans 32,7 % 25 ans ou plus 49 % Source : Observatoire Crédit Logement – CSA, mars 2026 Les prêts courts (moins de 15 ans) ne représentent plus que 7,5 % de la production, confirmant leur marginalisation progressive sur le marché. Pour rappel, la durée maximale légale d’un prêt immobilier est de 25 ans, selon les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière. Elle peut toutefois aller jusqu’à 27 ans en cas de jouissance décalée du bien (achat en VEFA, achat dans l’ancien avec travaux dont le montant représente au moins 10% de l’opération). Pourquoi les Français empruntent-ils sur des durées toujours plus longues ? Une réponse directe à l'érosion du pouvoir d'achat immobilier Plusieurs facteurs combinés contraignent les emprunteurs à étaler leur prêt immobilier sur de longues périodes : Des taux d'intérêt encore élevés, qui amputent la capacité d'emprunt Des prix immobiliers qui ne reculent pas, notamment dans les grandes agglomérations Un environnement économique incertain, qui pousse les ménages à freiner leurs projets  Des critères d'octroi stricts, imposés par les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) En allongeant la durée du prêt, l'emprunteur réduit ses mensualités et se maintient sous le plafond légal du taux d'endettement de 35 % (assurance emprunteur comprise), condition indispensable à l'obtention du financement. Les banques contraintes de redoubler d'efforts Habituellement, le printemps stimule les offres commerciales bancaires pour capter les projets immobiliers saisonniers. En 2026, les établissements de crédit ont dû aller plus loin face à un repli marqué de la demande. L'Observatoire Crédit Logement/CSA souligne que « les banques ont dû faire encore plus, face au repli de la demande de crédits, alors que les ménages freinent leurs projets dans le climat anxiogène actuel ». Réduire le coût de son crédit autrement : la délégation d'assurance emprunteur Une alternative souvent négligée à l'allongement de durée Si étaler son prêt sur 25 ans permet de contenir les mensualités, cela augmente significativement la facture finale. Il existe pourtant un levier bien moins coûteux et trop souvent ignoré : la délégation d'assurance emprunteur. Cette démarche consiste à souscrire son assurance de prêt auprès d'un assureur externe plutôt qu'auprès de la banque prêteuse. Les avantages sont concrets : Des économies pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du crédit Des garanties équivalentes, voire supérieures, à celles proposées par l’assurance de groupe proposée par l’établissement bancaire Une liberté de résiliation annuelle, garantie par la loi Lemoine depuis 2022, permettant de changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment Pour une mensualité autour de 1 070 €, la durée de remboursement d’un prêt immobilier de 200 000 € peut être réduite de 25 à 23 ans en négociant le taux d’assurance de 0,34 % à 0,10 % (profil jeune et sans risque spécifique) grâce à la délégation. Ce que dit la loi Lemoine Quand la délégation d’assurance se révèle difficile à mettre en place lors de la demande de financement, elle peut se faire dans un deuxième temps. Depuis le 1er septembre 2022 (loi Lemoine), tout emprunteur peut résilier son contrat d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais, à condition de présenter un contrat de substitution offrant des garanties au moins équivalentes. Cette réforme majeure a ouvert la concurrence sur un marché longtemps dominé par les bancassureurs, au bénéfice direct des ménages. Les économies manquées initialement peuvent être réalisées a posteriori grâce à la loi Lemoine. Accès à la propriété : une mutation structurelle du marché Un endettement étalé sur plusieurs décennies Le basculement vers des crédits longs traduit une transformation profonde du modèle d'accession à la propriété en France. Acheter un bien immobilier repose désormais davantage sur la capacité à s'engager financièrement sur le long terme que sur une épargne préalable solide. Ce changement emporte plusieurs conséquences directes : Un coût total du crédit alourdi : plus la durée est longue, plus les intérêts versés sont importants. Un endettement prolongé : les primo-accédants restent engagés bien au-delà de la cinquantaine. Une sensibilité accrue aux fluctuations économiques sur toute la durée du remboursement. Une tendance qui s'ancre durablement La montée en puissance des prêts sur 25 ans ou plus — passés de valeurs marginales à près d'un crédit sur deux — signe une reconfiguration structurelle du marché, et non un simple effet conjoncturel. Tant que les prix immobiliers resteront à leurs niveaux actuels et que les taux ne baisseront pas significativement, l'allongement des durées continuera de constituer le principal mécanisme d'ajustement. Dans ce contexte, optimiser chaque poste de coût — à commencer par l'assurance emprunteur — devient une priorité pour tous les ménages qui empruntent.

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Hausse des forfaits médicaux en mars et avril 2026 : quel impact sur les mutuelles santé ?

Depuis le 1er mars 2026, les patients français font face à une nouvelle ponction sur leur budget santé. Trois forfaits médicaux ont été relevés de manière très significative (forfait journalier hospitalier, FPU et forfait actes lourds), avec des répercussions directes sur les remboursements et, in fine, sur le montant des cotisations versées aux complémentaires santé. Une participation forfaitaire en forte hausse Ce que prévoit le décret Un décret publié au Journal officiel le 31 mars 2026 officialise le relèvement de la participation forfaitaire applicable aux actes de soins dits "lourds". Concrètement, cette somme, qui représente la part non prise en charge par l'Assurance maladie obligatoire, grimpe de 24 à 32 euros, soit une augmentation de 33 % en un seul mouvement. Ce forfait s'applique à tous les actes médicaux dont le tarif atteint ou dépasse 120 euros, quel que soit le lieu où ils sont pratiqués : En cabinet médical En centre de santé À l'hôpital ou en clinique Au domicile du patient Cette mesure ne survient pas de manière isolée. Elle fait suite à 2 autres hausses intervenues le 1er mars 2026 : forfait journalier hospitalier : de 20 € à 23 € (de 15 € à 17 € en service psychiatrique) forfait patient urgences : de 19,61 € à 23 € (de 8,49 € à 9,96 € pour le forfait minoré pour les personnes vulnérables ou en ALD) En l'espace de quelques semaines, les patients se retrouvent donc confrontés à un alourdissement significatif de leur reste à charge. Un reste à charge qui pèse sur les ménages Dans la grande majorité des situations, c'est la complémentaire santé (mutuelle ou assurance) qui prend en charge cette participation forfaitaire, notamment dans le cadre des contrats dits "mutuelles responsables".  Ces contrats, qui bénéficient d'avantages fiscaux et sociaux, imposent aux organismes complémentaires de couvrir certaines dépenses non remboursées par la Sécurité sociale. En conséquence, lorsque la participation forfaitaire augmente, les complémentaires santé doivent assumer une charge financière plus importante. Et ce surcoût se répercute mécaniquement sur les cotisations payées par les assurés. Les patients et associations tirent la sonnette d'alarme Une grogne qui monte France Asso Santé, qui regroupe et représente les associations de patients à l'échelle nationale, n'a pas tardé à exprimer son indignation. Dans un communiqué publié dès le 20 février, la fédération interpelle les pouvoirs publics en ces termes : "Jusqu'où fera-t-on payer les malades ?", qualifiant la mesure d'"injuste et profondément choquante". La colère est d'autant plus vive que ces hausses successives ciblent précisément les personnes qui ont le plus besoin de recourir au système de soins : celles qui subissent des actes médicaux complexes et coûteux, souvent dans des contextes de pathologies sérieuses. Des hausses de cotisations inévitables Pour les assurés, la conséquence pratique est claire : les cotisations versées à leur mutuelle ou leur assurance santé vont augmenter. Les organismes complémentaires n'ont en effet pas d'autre choix que de répercuter sur leurs adhérents le surcroît de dépenses lié aux transferts de charges. Les personnes les plus exposées à ces hausses sont notamment : Les patients atteints de maladies chroniques nécessitant des actes réguliers et coûteux. Les assurés dont les contrats responsables couvrent intégralement la participation forfaitaire. Les ménages à revenus modestes, pour qui chaque euro de cotisation supplémentaire représente un effort réel. Réformer la mutuelle responsable Une mission de refonte en cours Face aux critiques convergentes des mutuelles, des assurances et des associations de patients, le gouvernement a pris un engagement : revoir en profondeur le contenu du contrat responsable. Pour préparer cette réforme, une mission dédiée à l'articulation entre l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé a été lancée en février 2026. L'objectif affiché est de mieux définir les responsabilités respectives de chaque acteur du financement des soins, afin de rééquilibrer un système jugé de plus en plus déséquilibré au détriment des patients et des complémentaires. Un chantier qui s'annonce complexe La refonte du contrat responsable constitue un dossier délicat, qui implique de nombreux acteurs aux intérêts divergents. D'un côté, l'État cherche à réduire le déficit de l'Assurance maladie sans alourdir directement les prélèvements obligatoires. De l'autre, les mutuelles, les assureurs, les syndicats et les associations de patients réclament davantage de transparence et d'équité dans la répartition des charges. En attendant les conclusions de cette mission, les assurés devront composer avec une réalité immédiate : des soins moins bien remboursés et des cotisations à la hausse, dans un contexte où le pouvoir d'achat reste une préoccupation centrale pour de nombreux Français.