Crédit immobilier mai 2023 : les taux au plus haut depuis 10 ans

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En mars 2023 les taux d’intérêts ont franchi la barre des 3%, soit le niveau le plus haut depuis le premier trimestre 2014. Il s’agit des taux décaissés, qui sont donc en décalage avec le terrain. Les taux actuels se situent autour de 3,50%. Si la hausse des taux d’emprunt pénalise le pouvoir d’achat immobilier, les ménages français ne sont pas les plus mal lotis. Ailleurs, en Europe, où les crédits à taux variables sont plus largement pratiqués, la dette des emprunteurs s’envole.

Taux de crédit immobilier trois fois plus élevés en un an

Selon les derniers chiffres de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen toutes durées confondues s’est établi à 3,04% au mois de mars 2023, soit une hausse de 20 points de base (0,20%) par rapport au mois précédent. Jamais, depuis le premier trimestre 2014 (3,03%), les taux n’ont été aussi élevés. Le taux moyen prévisionnel pour avril 2023 est attendu à 3,12%.

Comparons, dans le détail, la progression des taux sur un an :

Durée

Taux mars 2022

Taux mars 2023

Augmentation (en points de base)

15 ans

1,01 %

2,86 %

185

20 ans

1,13 %

3,05 %

192

25 ans

1,25 %

3,20 %

195

 Ces taux s’expriment hors assurance de prêt immobilier et coût des sûretés (hypothèque ou caution). Rappelons que l’assurance emprunteur pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier et qu’elle peut être négociée, c’est-à-dire souscrite en dehors de la banque, conformément à la loi Lagarde qui autorise le libre choix du contrat. Mettez les offres en concurrence via un comparateur d’assurance prêt immobilier pour constater que les contrats individuels des prestataires externes sont jusqu’à trois fois moins chers que les contrats groupe bancaires.

Depuis le début de l’année 2023, les taux ont augmenté de 23 points de base par mois, en lien avec la forte revalorisation du taux d’usure en janvier et de sa mensualisation à partir de février. La hausse des taux d’emprunt s’est accélérée en 2023, comparativement à l’année 2022 où la progression se faisait au rythme de 11 points de base par mois. Le taux d'usure est supérieure à 4,50% en mai 2023.

L’explication se trouve dans le durcissement des conditions monétaires en zone euro, afin d’assurer le retour de l’inflation vers son objectif de 2% à moyen terme. Le taux de refinancement de la BCE, celui auquel les banques de détail empruntent auprès de l’institution communautaire, est à 3,50% depuis fin mars. Entre juillet 2022 et mars 2023, le taux de refi est ainsi passé de 0% à 3,50%. Les marges des banques sur le crédit immobilier n’ont cessé de se dégrader en moins d’un an et la révision mensuelle de l’usure leur permet d’ajuster leurs barèmes de taux plus régulièrement.

Vers des taux à 4% d’ici l’été 2023

Les augmentations du taux moyen ont gagné de la vitesse. Toujours selon l’Observatoire, les trois quarts des emprunteurs, même ceux qui sont bien dotés en apport personnel, s’endettent à taux supérieurs à 3% sur 20 ans. Sur la durée de 25 ans, qui est la durée maximum autorisée en vertu des règles d’octroi du HCSF, les taux excédaient les 3,20% en mars pour la moitié des emprunteurs, avec des pics à 3,65%.

Si l’on rapproche ces valeurs de l’usure, on mesure la faiblesse de la marge pour intégrer dans le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) tous les autres frais liés à l’obtention du financement (frais de dossier, assurance emprunteur, garantie, etc.). Pour les prêts de 20 ans et plus, le taux d’usure était à 4%. Qu’on emprunte sur 20 ou 25 ans, le taux d’usure est le même, ce qui défavorise notamment les primo-accédants, peu pourvus en apport personnel et généralement abonnés aux durées les plus longues et aux taux les moins avantageux.

La hausse des taux d’intérêts ne devrait pas marquer le pas dans les prochaines semaines. Les pronostics des professionnels donnent des taux à 4% attendus pour l’été 2023. Entretemps, la Banque Centrale Européenne devrait avoir terminé ses relèvements des taux directeurs. Les conditions monétaires devraient ainsi se stabiliser. Rappelons que la révision mensuelle de l’usure n’est mise en place que pour une durée provisoire de 6 mois. La fin de l’année 2023 pourrait être plus calme sur le front des taux.

Crédit immobilier : taux fixes en France, taux variables ailleurs

La hausse des taux d’intérêts pénalise le pouvoir d’achat immobilier et la capacité d’endettement des ménages français. En janvier 2023 sur an, le pouvoir d’achat avait perdu 15% selon la Banque de France. Multipliés par trois en un an, les taux ne favorisent pas l’achat immobilier, mais qu’en est-il ailleurs ?

Les Européens ne sont pas égaux quand il s’agit d’emprunter pour acquérir son logement. La France est le pays où les taux sont les plus faibles. Et surtout, le système du prêt immobilier à taux fixes protège les emprunteurs des fluctuations à la hausse des taux, puisque les mensualités ne bougent pas d’un euro sur toute la durée de remboursement. Ce sont les banques qui jouent le rôle d’amortisseur.

De la Suède à la Grèce, en passant par le Royaume-Uni, les ménages empruntent en grande majorité à taux variable ; les voilà rattrapés par la remontée fulgurante des taux d’intérêts, consécutive à l’augmentation des taux directeurs des banques centrales et à celle de l’Euribor. Seuls l’Allemagne et les Pays-Bas pratiquent essentiellement des taux fixes comme en France.

Difficultés à rembourser, endettement en forte hausse, ceux qui empruntent à taux révisables font actuellement les frais de l’envolée du loyer de l’argent. Dans de nombreux pays, les saisies immobilières sont en nette hausse, comme en Grèce. En Suède, les pouvoirs publics envisagent même de mettre en place un moratoire sur le remboursement des prêts immobiliers.

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Changer d'assurance emprunteur en 2026 : pourquoi un courtier est indispensable

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, les emprunteurs peuvent changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment, sans attendre la date anniversaire de leur contrat. Cette liberté a profondément modifié le marché, mais dans la pratique, remplacer son assurance reste une démarche technique. Entre l'analyse des garanties, le respect de l'équivalence de couverture et les échanges avec la banque, les obstacles sont nombreux. Le recours à un courtier en assurance emprunteur constitue un véritable atout. Son expertise permet non seulement de trouver un contrat plus compétitif, mais aussi de sécuriser l'ensemble de la procédure jusqu'à la mise en place du nouveau contrat. Changer d'assurance de prêt : une démarche plus complexe qu'il n'y paraît Sur le papier, la résiliation d'une assurance emprunteur semble simple. L'emprunteur choisit une nouvelle assurance offrant obligatoirement un niveau de garanties équivalent, transmet son dossier à la banque et obtient la substitution. Dans la réalité, plusieurs difficultés apparaissent rapidement : comparer des contrats aux garanties parfois très différentes  comprendre les exclusions de garantie  analyser les conditions d'indemnisation vérifier l'équivalence des garanties exigée par la banque respecter les délais de traitement entre les différents intervenants. Une erreur dans l'analyse du contrat ou un document manquant peut retarder, voire compromettre, le changement d'assurance. Les banques sont tellement réticentes à accepter la substitution qu’elles utilisent la moindre faille pour contrer la demande. C'est pourquoi un accompagnement spécialisé réduit considérablement le risque d'échec. Pourquoi un courtier est-il indispensable en 2026 ? Le courtier en assurance de prêt immobilier agit en tant qu'intermédiaire entre l'emprunteur, le nouvel assureur et l'établissement prêteur. Son rôle dépasse largement la simple recherche d'un tarif plus attractif. Il intervient sur l'ensemble du processus afin de sécuriser le changement d'assurance. Ses principales missions consistent à : analyser le contrat actuel  identifier les garanties exigées par la banque  comparer plusieurs offres du marché  sélectionner le contrat répondant aux critères d'équivalence  constituer le dossier administratif  assurer le suivi jusqu'à l'acceptation définitive. L'emprunteur bénéficie ainsi d'un interlocuteur unique qui maîtrise les règles du marché. Comparer les garanties : l'étape la plus délicate Le prix ne doit jamais être le seul critère de comparaison. Deux contrats affichant une cotisation identique peuvent offrir des niveaux de protection très différents. Les modes d'indemnisation L'une des différences les plus importantes concerne le mode de prise en charge des mensualités. On distingue le remboursement forfaitaire du remboursement indemnitaire : l'indemnisation forfaitaire, qui rembourse la mensualité assurée indépendamment des revenus perçus ; l'indemnisation indemnitaire, qui complète uniquement la perte réelle de revenus après intervention des organismes sociaux. Cette distinction peut représenter plusieurs milliers d'euros en cas d'arrêt de travail prolongé. Les garanties d'incapacité et d'invalidité Le courtier vérifie notamment : la définition de l'incapacité temporaire totale de travail (ITT), qui couvre les arrêts de travail pour maladie ou accident les conditions de reconnaissance de l'invalidité permanente totale ou partielle (IPT ou IPP)  le mode d'évaluation de l'invalidité  les franchises applicables sur l’ITT (entre 15 et 180 jours) les limites d'âge des garanties. Ces éléments influencent directement le niveau de protection offert par le contrat. Les exclusions de garantie Chaque assureur prévoit ses propres exclusions de garantie, mais en la plupart des contrats excluent les risques suivants :  les sports à risque (sports de combat, certains sports nautiques et de montagne, plongée sous-marine, etc.) certaines professions dangereuses (pompier, gendarme, policier, agent de sécurité, ouvrier du bâtiment, marin-pêcheur, etc.) les affections dorsales (lumbago, hernie, cervicalgie, troubles musculo-squelettiques) les troubles psychiques (dépression, burn-out, fatigue chronique, etc.) les pratiques aériennes ou mécaniques. Un contrat moins cher peut ainsi se révéler beaucoup moins protecteur. Bon à savoir : les affections dorsales et les troubles psychiques sont considérés comme des maladies non objectivables en assurance emprunteur, mais peuvent être rachetées via la garantie MNO afin d’offrir une couverture en cas de sinistre. Le courtier s'assure du respect de l'équivalence des garanties La banque ne peut pas refuser un changement d'assurance sans justification, et le seul motif légal de refus est la non-équivalence de garantie. Le nouveau contrat doit impérativement présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé lors de l'octroi du crédit. Une analyse basée sur les critères du CCSF Les établissements prêteurs s'appuient sur les critères définis par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Le courtier connaît parfaitement ces exigences. Avant toute demande de substitution, il contrôle que le futur contrat répond aux critères retenus par la banque afin d'éviter un refus de substitution. Cette étape représente un véritable gain de temps pour l'emprunteur. Une prise en charge complète des formalités administratives Au-delà d’être rébarbatif et chronophage, l'aspect administratif constitue souvent le principal frein au changement d'assurance. Entre les formulaires, les échanges avec la banque et les pièces justificatives, le dossier peut rapidement devenir complexe. Le mandat simplifie toutes les démarches La plupart des courtiers proposent un mandat permettant d'effectuer les formalités au nom de leur client. Ils prennent alors en charge : la demande d'adhésion au nouveau contrat  la transmission des documents  l'envoi de la demande de substitution  les échanges avec le service crédits de la banque  le suivi de l'avenant au prêt  la mise en place définitive de la nouvelle assurance. L'emprunteur limite ainsi les démarches à quelques signatures. La rémunération du courtier en assurance emprunteur est transparente et prend la forme d’une commission versée par les compagnies d’assurance. Un accompagnement précieux pour l’emprunteur avec un problème de santé Les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé rencontrent souvent davantage de difficultés pour trouver une assurance compétitive. Le courtier connaît les pratiques des différents assureurs spécialisés et peut orienter son client vers les offres les plus adaptées. Des questionnaires médicaux parfois plus souples Tous les assureurs n’appliquent pas les mêmes règles. Certains accordent une durée de validité plus longue au questionnaire de santé d’assurance de prêt ou disposent de politiques de souscription plus favorables selon les pathologies concernées. Cette connaissance du marché permet d'éviter de déposer inutilement plusieurs dossiers. Le droit à l'oubli facilite l'accès à l'assurance Depuis les évolutions de la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), les personnes guéries de certains cancers ou d'une hépatite C peuvent bénéficier du droit à l'oubli en assurance emprunteur passé un délai de 5 ans à l’issue du protocole thérapeutique. Lorsque les critères sont remplis, l'ancienne pathologie n'a plus à être déclarée à l'assureur, ce qui permet à l'emprunteur de bénéficier d’une tarification standard. Le courtier vérifie que l'emprunteur peut bénéficier de ce dispositif avant de constituer son dossier. La convention AERAS reste un dispositif essentiel Lorsque le risque médical demeure important, le dossier peut être étudié dans le cadre de la convention AERAS. Encore trop peu d’emprunteurs connaissent ce dispositif, alors que 2 Français sur 10 rencontrent des difficultés d’accès à l’assurance de prêt pour raisons de santé (ancre). Cette procédure permet un examen approfondi par des médecins spécialisés afin de favoriser l'accès à l'assurance malgré un passif de santé. Le courtier accompagne son client durant toutes les étapes du processus et veille au respect des règles prévues par cette convention. Des économies importantes grâce au courtier en assurance de prêt L'un des principaux intérêts du changement d'assurance reste la réduction du coût global du crédit. Selon le profil de l'emprunteur, plusieurs facteurs influencent les économies : l'âge  le capital restant dû  la durée du prêt  le statut professionnel  le niveau de garanties choisi. Pour les jeunes actifs présentant un bon état de santé, plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économies sont parfois envisageables sur la durée totale du crédit. Le courtier ne recherche toutefois pas uniquement le tarif le plus bas : il veille également à maintenir une protection adaptée à la situation de l'emprunteur. Comment choisir le bon courtier en assurance emprunteur ? Tous les intermédiaires ne proposent pas le même niveau d'accompagnement. Avant de faire votre choix, vérifiez notamment : son immatriculation à l'ORIAS (organisme en charge du Registre officiel des intermédiaires en Assurance, Banque et Finance) son expérience en assurance emprunteur  le nombre de compagnies partenaires  la qualité du suivi administratif  les avis de ses clients  la transparence de sa rémunération. Un bon courtier doit être capable d'expliquer clairement les différences entre plusieurs contrats et de justifier ses recommandations.

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Pourquoi votre crédit immobilier risque de coûter plus cher en 2030 ?

En France, l’immense majorité des emprunteurs bénéficient d'un prêt immobilier à taux fixe, un modèle qui garantit des mensualités stables pendant toute la durée du financement. Cette spécificité française constitue un véritable atout pour sécuriser le budget des ménages. Pourtant, plusieurs évolutions réglementaires européennes pourraient progressivement modifier cet équilibre. Dès 2030, les banques pourraient commencer à anticiper les changements attendus à l'horizon 2032, avec des conséquences possibles sur le coût du crédit immobilier, les conditions d'octroi et même la disponibilité des prêts à taux fixe. Pourquoi les banques s'inquiètent-elles ? Quels sont les risques pour les futurs emprunteurs ? Faut-il acheter avant que ces nouvelles règles ne produisent leurs effets ? Magnolia vous explique tous les enjeux. Le prêt immobilier à taux fixe : une exception française Contrairement à de nombreux pays européens, la France privilégie largement le crédit immobilier à taux fixe. Pendant toute la durée du prêt, l'emprunteur connaît précisément : le taux d'intérêt  le montant de ses mensualités  le coût total du crédit  la date de fin du remboursement. Cette stabilité offre plusieurs avantages. Une meilleure visibilité budgétaire Le modèle français du crédit immobilier est vertueux pour l’emprunteur. Avec un taux fixe, une éventuelle hausse des taux d'intérêt sur les marchés n'a aucun impact sur les échéances du crédit. Cette sécurité permet aux ménages de : mieux gérer leur budget ; éviter les mauvaises surprises ; limiter le risque de surendettement. Un modèle qui limite les défauts de paiement Lorsque les mensualités restent identiques pendant 20 ou 25 ans, les emprunteurs rencontrent généralement moins de difficultés financières liées à leur crédit. Cette stabilité bénéficie également aux établissements bancaires, qui constatent historiquement un faible niveau de défaut sur les crédits immobiliers français (moins de 1% des encours). Pourquoi les règles européennes sur le crédit immobilier pourraient changer la donne ? Le principal sujet d'inquiétude provient des nouvelles exigences prudentielles imposées aux banques. L'objectif de Bâle III À la suite de la crise financière de 2008, les autorités internationales ont adopté les accords de Bâle III afin de renforcer la solidité des établissements financiers. Le principe est simple : les banques doivent disposer de davantage de fonds propres lorsqu'elles accordent des prêts considérés comme plus risqués. Ces accords sont progressivement intégrés dans le droit européen grâce au règlement CRR3, entré en application à partir de 2025. Or, les prêts immobiliers à taux fixe de longue durée sont considérés comme plus exposés aux variations de taux. Les raisons sont simples : les banques prêtent aujourd'hui à un taux fixe ; leur coût de refinancement peut augmenter dans les années suivantes ; elles supportent seules le risque de hausse des taux. Concrètement, le risque financier repose principalement sur l'établissement prêteur. Pourquoi 2030 pourrait être une année charnière pour le crédit immobilier ? Même si les règles définitives ne devraient produire tous leurs effets qu'après 2032, les banques ne vont probablement pas attendre cette échéance pour adapter leur stratégie. Les établissements anticipent toujours les évolutions réglementaires Le secteur bancaire fonctionne sur le long terme. Les prêts immobiliers accordés aujourd'hui continueront de produire leurs effets pendant 20 ou 25 ans. Les banques pourraient donc commencer à : ajuster leurs politiques commerciales ; sélectionner davantage les dossiers ; revoir progressivement leur tarification. Cette anticipation pourrait déjà être perceptible autour de 2030. Les décisions européennes seront connues avant 2032 Avant l'échéance finale, plusieurs étapes importantes doivent intervenir : analyse de l'Autorité bancaire européenne ; recommandations techniques ; éventuelles propositions de la Commission européenne ; arbitrages politiques. Ces travaux donneront progressivement de la visibilité aux banques, qui adapteront leur offre en conséquence. Des crédits immobiliers potentiellement plus chers Si les nouvelles exigences augmentent le coût des prêts pour les banques, celles-ci chercheront naturellement à préserver leur rentabilité. Une hausse des taux immobiliers Le premier levier consiste à augmenter les taux d’intérêts de prêt immobilier proposés aux emprunteurs. Même une faible hausse peut avoir un impact important sur le coût total d'un financement. Par exemple : une augmentation de 0,20 % ou 0,30 % sur un prêt de 250 000 € remboursé sur 25 ans peut représenter plusieurs milliers d'euros d'intérêts supplémentaires. Des frais annexes plus élevés Les banques pourraient également revoir : les frais de dossier de prêt immobilier ; certaines commissions ; les conditions d'accès aux offres promotionnelles. L'objectif serait de compenser le coût réglementaire supplémentaire. Des conditions d'octroi des prêts immo plus strictes L'augmentation du coût des fonds propres pourrait pousser certains établissements à limiter leur production de crédits. Une sélection plus rigoureuse des emprunteurs Les banques pourraient privilégier : les profils disposant d'un apport personnel important ; les revenus élevés ; les situations professionnelles stables ; les faibles taux d'endettement. À l'inverse, certains dossiers pourraient être plus difficiles à financer. Rappel : la réglementation française fixe le taux d’endettement maximal à 35 % des revenus nets, avant impôt et assurance emprunteur comprise.  Une capacité d'emprunt réduite Avec des taux plus élevés et des critères plus stricts, certains ménages pourraient : emprunter moins ; devoir rallonger leur durée de remboursement ; revoir ou reporter leur projet immobilier. Le retour du taux variable est-il possible ? Aujourd'hui, le taux variable reste marginal en France, représentant moins de 1 % des crédits octroyés. Pourtant, il constitue la norme dans plusieurs pays européens. Pourquoi les banques pourraient le privilégier à l’avenir ? Avec un taux variable, le risque lié à la hausse des taux est transféré à l'emprunteur. La banque est donc moins exposée. Cela permet également de réduire les exigences réglementaires liées au risque de taux. Quels seraient les risques pour les ménages ? Un crédit immobilier à taux variable peut sembler attractif au départ grâce à un taux initial plus faible. Mais il présente plusieurs inconvénients : des mensualités susceptibles d'augmenter ; un coût final difficile à anticiper ; une gestion budgétaire plus complexe. Cette incertitude constitue l'une des principales différences avec le modèle français actuel qui privilégie le crédit à taux fixe. Les crédits immobiliers déjà signés sont-ils concernés ? Une question revient souvent : les prêts déjà souscrits risquent-ils d'être modifiés ? La réponse est non. Le contrat signé entre la banque et l'emprunteur reste valable jusqu'à son terme. Les conditions initiales demeurent inchangées : taux d'intérêt ; durée ; mensualités ; garanties. Les éventuelles évolutions réglementaires concerneraient uniquement les nouveaux crédits accordés après la mise en œuvre définitive des règles. Comment limiter le coût de son futur crédit immobilier ? Même dans un contexte plus contraignant, plusieurs solutions permettent d'optimiser son financement. Comparer plusieurs banques Les écarts de taux restent parfois significatifs entre les établissements. Faire jouer la concurrence permet souvent d'obtenir de meilleures conditions. Négocier l'assurance emprunteur L'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût global d’un crédit immobilier. La délégation d'assurance de prêt peut permettre d'économiser plusieurs milliers d'euros sur la durée du crédit en donnant l’opportunité à l’emprunteur de choisir librement le contrat. Cette liberté se poursuit en cours de prêt. Grâce à la loi Lemoine de 2022, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sous réserve de respecter le principe d’équivalence de garanties. En mettant les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt, il est possible de réduire de 60 % le coût de cette protection indispensable en cas de coup dur (décès, incapacité de travail, invalidité). Augmenter son apport personnel Un apport plus important réduit le montant emprunté, le risque pour la banque et le taux proposé dans certains cas. Soigner son dossier Les établissements apprécient notamment : une gestion bancaire irréprochable ; une épargne régulière ; un faible niveau d'endettement ; une situation professionnelle stable. Faut-il s'inquiéter pour les futurs emprunteurs ? À ce stade, rien n'indique que le prêt immobilier à taux fixe disparaîtra totalement. Toutefois, les discussions autour de l'application complète des règles prudentielles européennes montrent que son coût pourrait augmenter dans les prochaines années. Si aucune adaptation spécifique n'est retenue pour préserver le modèle français, plusieurs scénarios restent envisageables : une hausse progressive des taux, un accès au crédit plus sélectif ou une place plus importante accordée aux prêts à taux variable. Pour les ménages qui envisagent un achat immobilier à moyen terme, il sera donc essentiel de suivre l'évolution de la réglementation, de comparer les offres de financement et d'optimiser chaque composante du crédit, notamment l'assurance emprunteur. Dans un environnement où chaque dixième de point compte, ces arbitrages pourraient faire économiser plusieurs milliers d'euros sur le coût total d'un projet immobilier.

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Doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires en octobre 2026 : quel impact sur votre budget et les mutuelles santé ?

À partir d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, et passeront chacun de 50 à 100 € par an. Au total, un assuré pourra donc supporter jusqu'à 200 € de reste à charge annuel, contre 100 € auparavant. Cette mesure vise à contribuer au redressement des finances de l’Assurance Maladie tout en maintenant inchangés les montants prélevés sur chaque acte médical. En revanche, les personnes qui consomment régulièrement des soins atteindront désormais un plafond plus élevé. Quelles conséquences pour votre budget ? Les mutuelles santé prendront-elles en charge cette hausse ? Pourquoi les plafonds des franchises médicales doublent-ils en 2026 ? Face au déficit persistant de l'Assurance Maladie, le gouvernement poursuit sa politique de réduction des dépenses de santé. Après le doublement des franchises médicales en avril 2024, une nouvelle étape est franchie avec le relèvement des plafonds annuels. L'objectif est double : limiter les dépenses supportées par la Sécurité Sociale  responsabiliser davantage les assurés sur leur consommation de soins. Selon les estimations des pouvoirs publics, cette réforme pourrait générer près de 500 millions d'euros d'économies dès 2026, puis environ 740 millions d'euros par an lorsque le dispositif produira ses effets sur une année complète. Cette décision ne fait toutefois pas l'unanimité. Plusieurs représentants des assurés et des professionnels de santé estiment qu'elle augmente le reste à charge des patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques. Qu'est-ce qui change concrètement en octobre 2026 ? La réforme ne modifie ni le principe des franchises médicales et de la participation forfaitaire, ni leur montant unitaire. En revanche, le plafond annuel est revu à la hausse. Les nouveaux plafonds Dispositif Jusqu’en septembre 2026 À partir d’octobre 2026 Franchise médicale 50 € par an 100 € par an Participation forfaitaire 50 € par an 100 € par an Total maximal annuel 100 € 200 € Les montants prélevés sur chaque acte restent identiques Contrairement à ce que certains pourraient croire, les montants des franchises médicales et de la participation forfaitaire n'augmentent pas. Les franchises médicales s’appliquent sur :  les médicaments remboursés  les actes réalisés par un infirmier  les séances chez un masseur-kinésithérapeute  les transports sanitaires. Les montants retenus demeurent inchangés, à savoir 1 € sur les médicaments et le paramédical, et 4 € pour le transport sanitaire. La participation forfaitaire concerne :  les consultations chez un médecin généraliste  les consultations chez un spécialiste  les examens de radiologie  les analyses de biologie médicale. Là encore, le montant prélevé reste identique, à 2 € sur chaque acte.  Pourquoi certains assurés seront davantage concernés par le doublement des franchises médicales et participations forfaitaires ? Tous les Français ne verront pas leur budget santé évoluer de la même manière. Les personnes consultant rarement un médecin n'atteignent généralement jamais les plafonds annuels. En revanche, la réforme touchera davantage : les personnes atteintes d'une maladie chronique ou d’une affection de longue durée (ALD) les seniors  les patients suivant plusieurs traitements médicamenteux  les personnes ayant besoin de soins paramédicaux réguliers  les assurés réalisant fréquemment des examens médicaux. Plus la consommation de soins est importante, plus le risque d'atteindre les nouveaux plafonds augmente. Quel est l'impact sur le budget des ménages ? Le gouvernement estime que le reste à charge moyen pourrait augmenter d'environ 30 euros par an par ménage. Cette moyenne cache cependant des situations très différentes. Un assuré qui consulte son médecin deux ou trois fois par an, qui prend peu de médicaments et réalise peu d'examens médicaux, n'atteindra probablement jamais les plafonds. Son budget santé restera quasiment inchangé. À l'inverse, une personne qui consulte plusieurs spécialistes, qui suit un traitement permanent et effectue des analyses biologiques fréquentes, pourra atteindre jusqu'à 200 € cumulés par an. La différence peut donc devenir significative sur une année complète. Les mutuelles santé remboursent-elles ces franchises ? C'est une question que se posent de nombreux assurés. Les franchises et participations sur les dépenses de santé ont été mises en place pour responsabiliser les assurés : la santé n’est pas gratuite et chacun, sauf exemption, doit participer financièrement. Une interdiction prévue par la réglementation Les contrats de mutuelle santé responsable, qui représentent l'immense majorité des complémentaires santé en France, n'ont pas le droit de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. L'objectif est de conserver une part de reste à charge afin d'inciter les assurés à un usage raisonné du système de soins. Même une mutuelle haut de gamme ne peut donc pas effacer ces retenues. Cette réforme peut-elle avoir une incidence sur les mutuelles ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires ne sont pas remboursées par les complémentaires santé, la réforme pourrait avoir des conséquences indirectes. Parallèlement au doublement des plafonds, d'autres mesures sont envisagées concernant : certains médicaments à service médical jugé faible  les soins dentaires  les transports sanitaires. Si la part remboursée par la Sécurité Sociale diminue sur ces postes, les complémentaires santé pourraient être davantage sollicitées. À terme, cela pourrait peser sur l'équilibre financier des organismes complémentaires et exercer une pression sur les cotisations. Lorsque les remboursements des mutuelles augmentent, celles-ci peuvent être amenées à réviser leurs tarifs. Cela explique pourquoi plusieurs acteurs du secteur suivent attentivement cette réforme. Comment limiter l'impact du doublement du plafond des franchises médicales et participations forfaitaires ? Même si les franchises médicales et participations forfaitaires restent dues et non remboursées, quelques réflexes permettent de mieux maîtriser son budget santé. Faire régulièrement le point sur sa mutuelle Remettre en question son contrat de mutuelle santé permet de vérifier : les garanties réellement utiles  les postes insuffisamment remboursés  les éventuelles options devenues obsolètes (comme la garantie maternité ou orthodontie enfant si on est senior). Changer de complémentaire santé peut permettre de réaliser des économies sans diminuer son niveau de protection. Le saviez-vous ? : vous pouvez résilier votre contrat à tout moment après une année de souscription grâce aux dispositions de la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé.  Respecter le parcours de soins coordonnés Consulter son médecin traitant avant un spécialiste permet généralement d'obtenir un meilleur remboursement de l'Assurance maladie. Même si cela ne supprime pas la participation forfaitaire de 2 € par consultation, cela évite d'autres pénalités de remboursement pour non-respect du parcours de soins coordonnés. Privilégier les dispositifs de prévention Le dépistage, les vaccinations ou encore le suivi médical régulier permettent parfois d'éviter des complications nécessitant des soins plus lourds et plus coûteux. Les personnes exonérées restent-elles protégées ? Certaines catégories d'assurés vont continuer à bénéficier d'une exonération de la franchise médicale :  des bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) ou de l’AME (Aide Médicale de l’État) des femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les enfants et les jeunes de moins de 18 ans les victimes de terrorisme. Quant à la participation forfaitaire, elle concerne tous les assurés, même les personnes déclarées en ALD, sauf :  les bénéficiaires de la CSS et de l’AME les femmes enceintes entre le 6ème mois de grossesse et le 12ème jour après l’accouchement les mineurs. À compter d'octobre 2026, les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires vont doubler, passant de 50 à 100 euros chacun. Les montants prélevés sur chaque consultation, boîte de médicaments ou acte médical restent en revanche inchangés. Les assurés qui consomment peu de soins ressentiront peu les effets de cette réforme. En revanche, les personnes souffrant de pathologies chroniques, les seniors et les patients ayant un suivi médical régulier verront leur reste à charge augmenter.  Les mutuelles santé ne vont pas compenser cette hausse, la réglementation leur interdisant de rembourser les franchises médicales et les participations forfaitaires. Dans ce contexte, comparer régulièrement sa complémentaire santé reste le meilleur moyen d'optimiser son budget sans renoncer à une couverture de qualité.