Crédit immobilier en 2022 : un mirage pour 20% des ménages

exclusion credit immo juillet 2022

L'évolution des conditions d'emprunt commence à peser sur le marché immobilier et à exclure de plus en plus de candidats à la propriété. Hausse brutale des taux d'intérêt, usure en décalage avec la réalité et contraintes réglementaires, l'accès au crédit se resserre sévèrement pour des milliers de ménages, essentiellement des personnes avec des revenus modestes, qui étaient pourtant finançables en 2021.

Les exclus du crédit immobilier

Le courtier en ligne Pretto a mis en perspective les dossiers financés en 2021 avec les conditions d'emprunt actuelles. Force est de constater la dégradation très nette de l'accès au crédit immobilier. Sur près d'un million de demandes de financement ayant obtenu un accord des banques par son intermédiation en 2021, 220 000 seraient aujourd'hui recalés, soit 18%.

Ce sont avant tout et sans surprise les ménages avec des revenus modestes qui sont les premiers exclus du marché. Le taux d'éviction dépasse les 30% chez les foyers gagnant moins de 3 000€ par mois, contre 13% chez ceux qui bénéficient de revenus mensuels de plus de 5 000€. Un tiers des personnes à revenus faibles ou moyens encore finançables en 2021 ne le sont plus en juillet 2022.

Parmi les évincés à faibles revenus, 40% sont des primo-accédants et 43% résident en Ile-de-France, région où la cherté de l'immobilier est un autre frein à l'accession. L'exclusion touche 10% des primo-accédants avec des revenus plus élevés et un peu plus d'un quart de ces recalés plus confortables financièrement sont franciliens.

L'accès à la propriété est devenu un mirage pour ces foyers, dorénavant contraints de rester locataires et de subir de plein fouet la dérive inflationniste, même si le gouvernement va mettre en place des mesures pour soutenir le pouvoir d'achat, entre autres le dispositif de "bouclier loyers" qui vise à plafonner la hausse des loyers de 3,5% pendant un an.

Les raisons du blocage

Pas de surprise non plus du côté des facteurs qui expliquent un tel phénomène d'exclusion. La hausse des taux d’intérêt est actée depuis janvier 2022, mais le mouvement s'est accéléré avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. En moyenne, les taux ont gagné 60 points de base quelle que soit la durée. Désormais, on s'endette autour de 1,60% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) sur la maturité classique de 20 ans, mais de nombreuses banques appliquent des taux proches de 2% compte tenu des conditions de refinancement défavorables auxquelles elles sont confrontées.

Emprunter à 2% n'est pas en soi rédhibitoire, c'est même largement plus performant que les valeurs qui prévalaient avant 2016. La problématique vient de l'usure, toujours sous-évaluée au regard des taux du moment. Le taux maximum légal pour les crédits d'une durée égale ou supérieure à 20 ans est passé de 2,40% à 2,57% entre le deuxième et le troisième trimestre 2022, un ajustement de 17 points très insuffisant étant donné la progression constante des taux d'intérêt.

Selon l'étude de Pretto, sur les 220 000 dossiers exclus en 2022, 60 000 le seraient à cause de l'usure. Rappelons que le taux d'usure vise à plafonner légalement le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), indice qui agrège tous les coûts relatifs à l'obtention du crédit, les intérêts, mais aussi les frais de dossier, la garantie et l'assurance prêt immobilier.

Troisième frein au crédit, le taux d'effort plafonné à 35%, conformément aux normes imposées par le Haut Conseil de Stabilité Financière. Les banques ne peuvent prêter si le taux d'endettement outrepasse cette limite, quand bien même le reste à vivre serait suffisant. 160 000 dossiers parmi les exclus seraient aujourd'hui touchés par un endettement supérieur au seuil toléré. Ces 35% maximum s'entendent assurance emprunteur incluse, comme l'oblige la réglementation sur le crédit. C'est dommageable alors que les taux d'assurance de prêt immobilier peuvent augmenter jusqu'à 40% depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine 2022.

Le crédit immobilier de moins en moins accessible

Malheureusement, la situation ne va pas s'améliorer dans les prochaines semaines. Aucune raison que la hausse des taux d'intérêt s'interrompt, au contraire, tous les signaux sont allumés pour que les conditions se dégradent rapidement. La Banque Centrale Européenne a annoncé vouloir relever ses taux directeurs fin juillet, afin de contrer l'envolée de l'inflation, ce qui va renchérir le loyer de l'argent pour les établissements de crédit.

Malgré cela, les banques ne pourront rehausser leurs barèmes de taux d'emprunt aux particuliers au-delà de l'usure, dont les valeurs vont stagner pour un trimestre, c'est-à-dire jusqu'au 30 septembre. On voit se profiler à court terme un blocage total de l'accès au crédit immobilier, banques comme clients pris en tenaille par la hausse du coût de l'argent et la réglementation qui borne le crédit.

La solution : une réforme urgente de l'usure. La méthode de calcul sur une base trimestrielle opère une décorrélation entre les taux d'usure et les taux pratiqués. Avec un ajustement mensuel de l'usure, la protection des ménages resterait acquise sans pénaliser l'accès au crédit. Il faudrait par ailleurs rehausser les TAEG moyens non plus d'un tiers mais d'une valeur fixe (100 pour 200 points de base) pour que la marge entre les taux proposés et l'usure ne soit plus relative mais absolue.

Pour le moment, le ministère de l'Économie estime que les données ne sont pas significatives pour témoigner d'une réelle problématique de l'usure, en dépit des appels lancés par les courtiers et par les banques. Aucune modification du calcul de l'usure n'est envisagée du côté des pouvoirs publics.

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Assurance de prêt : ce coût caché à négocier pour contrer la hausse des taux fin 2026

Alors que les taux des crédits immobiliers repartent progressivement à la hausse en cette rentrée 2026, les emprunteurs doivent redoubler de vigilance sur le coût total de leur financement. Se focaliser uniquement sur le taux d’intérêt proposé par la banque peut en effet conduire à négliger une dépense susceptible de peser lourdement sur le budget : l’assurance de prêt immobilier. Sur 20 ou 25 ans, quelques écarts de tarif entre 2 contrats peuvent se traduire par plusieurs milliers d’euros de différence. Pour préserver son pouvoir d’achat immobilier, il devient donc pertinent de négocier non seulement le crédit, mais aussi son assurance emprunteur. Le taux d’intérêts ne suffit pas pour mesurer le coût du crédit Lorsqu’un ménage envisage un achat immobilier, le taux nominal du prêt constitue généralement le premier critère de comparaison. Une proposition à 3,2 % paraît ainsi immédiatement plus attractive qu’un financement à 3,5 %. Pourtant, le taux d’intérêt ne reflète qu’une partie de la facture finale. L’assurance emprunteur peut représenter plusieurs milliers d’euros Pour sécuriser l’emprunt, la banque exige la souscription à une assurance de prêt qui la protège contre différents risques susceptibles d'empêcher l'emprunteur de rembourser son crédit. L’assurance couvre principalement : le décès  la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA)  l’invalidité permanente  l’incapacité temporaire de travail (ITT). Le coût de l’assurance emprunteur varie fortement selon le profil de l'assuré. L'âge, l'état de santé, la profession, le montant emprunté, la durée du crédit, le sport pratiqué, le fait de fumer, les garanties choisies et la quotité assurée entrent notamment en ligne de compte. Un même capital peut donc donner lieu à des primes très différentes selon les emprunteurs et les contrats retenus. Le coût total doit être examiné sur toute la durée du prêt Plus la durée du crédit est longue, plus l’assurance est susceptible de peser dans le financement. Pour un emprunt de 250 000 euros sur 25 ans, par exemple, raisonner uniquement en termes de mensualité est insuffisant. Le bon réflexe consiste à comparer le coût cumulé de l’assurance sur la totalité du crédit, et non uniquement le montant de la prime mensuelle. Cette approche permet également de relativiser une petite différence de taux bancaire. Une réduction de quelques centièmes sur le taux du prêt peut être moins intéressante qu'une économie importante réalisée sur l'assurance emprunteur. Pourquoi l’assurance de prêt reste un levier d’économie fin 2026 ? Le contexte de marché renforce l’intérêt de cette stratégie. Après la période de baisse des taux qui avait facilité l’accès au crédit, le marché immobilier évolue de nouveau dans un environnement plus tendu. 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Les profils présentant davantage de risques sont particulièrement concernés Le tarif de l'assurance augmente avec l'âge et peut également être majoré en fonction de l'état de santé ou de certaines caractéristiques professionnelles. Pour ces profils, l’écart entre une assurance bancaire et une assurance individuelle peut donc avoir un impact financier particulièrement important. À niveau de couverture similaire, un contrat externe concurrent est jusqu'à 60 % moins cher qu'un contrat de groupe. L'assurance ne doit par conséquent pas être considérée comme un simple complément du crédit : elle constitue un véritable poste de négociation. Le saviez-vous ? : vous êtes libre de choisir votre assurance de prêt ; la banque ne peut refuser un contrat concurrent du sien, dès lors que le principe d’équivalence de garanties est respecté. 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Vérifiez toujours le TAEA, seul indicateur qui permet de mesurer le poids de l’assurance dans le coût global du crédit. Cette démarche permet de déterminer précisément l’économie potentielle avant d'engager une substitution. Sur un financement de longue durée, l’assurance peut représenter plusieurs milliers d’euros. La négocier ou la remplacer peut ainsi constituer un levier d’économie particulièrement pertinent lorsque les taux immobiliers remontent. Exemple avec un couple de trentenaires, non fumeurs et sans antécédent de santé, qui emprunte 250 000 € sur 20 au taux nominal de 3,62 % et une quotité d’assurance à 50 % sur chaque tête :  Type assurance/Coûts TAEA Coût mensuel assurance coût total assurance Mensualité Économie Assurance bancaire 0,34 %* 71 € 17 000 € 1 536 €   Assurance externe 0,08 %** 17 € 4 000 € 1 482 € 13 000 € *taux moyen bancaire **taux moyen chez Magnolia pour ce profil d’emprunteur En cette fin 2026, comparer son assurance de prêt n'est donc plus une démarche secondaire : c'est un moyen concret de réduire le coût global de son crédit immobilier et de préserver son budget.

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Santé : les 4 avantages d'une mutuelle senior

Avec l'avancée en âge, les besoins de santé se transforment : les consultations spécialisées s'intensifient, les lunettes ou les prothèses auditives demandent un renouvellement plus fréquent, et certains soins deviennent incontournables. Face à des remboursements de l'Assurance Maladie souvent insuffisants sur ces postes, disposer d'une complémentaire santé adaptée aux plus de 55 ans permet d'aborder cette étape de la vie avec plus de sérénité. Voici les 4 avantages majeurs d'une mutuelle senior. 1. Des garanties renforcées sur les postes de dépenses clés Une mutuelle senior cible en priorité les frais de santé les plus fréquents après 55 ou 60 ans, avec des plafonds de remboursement revus à la hausse par rapport à un contrat classique. Les postes de dépenses les mieux couverts Les soins dentaires : prothèses, couronnes, implants Les équipements optiques : verres, montures, lentilles L'appareillage auditif : aides auditives et suivi Les consultations chez des médecins spécialistes Grâce au dispositif 100 % Santé, 3 types d’équipements coûteux (lunettes, prothèses dentaires et aides auditives) peuvent même faire l'objet d'une prise en charge intégrale, sous réserve que le contrat souscrit soit une mutuelle dite responsable. Vérifiez attentivement au moment de comparer les offres, car les mutuelles non responsables ne sont pas obligées d’appliquer ce dispositif. Les honoraires des spécialistes, très souvent supérieurs à la base de remboursement de la Sécurité Sociale, sont également mieux couverts, ce qui facilite l'accès à un suivi médical régulier sans que le coût des consultations devienne un frein. 2. Un accompagnement renforcé en cas d'hospitalisation Un séjour hospitalier engendre des frais annexes qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale, et qui peuvent rapidement peser sur le budget en cas d'urgence. Des frais annexes mieux remboursés Le forfait journalier hospitalier La chambre individuelle Les dépassements d'honoraires du chirurgien ou de l'anesthésiste Une mutuelle senior propose généralement des forfaits plus généreux sur ces postes, afin de limiter les dépenses imprévues au moment où elles sont les plus difficiles à anticiper. Bon à savoir : le forfait journalier hospitalier est obligatoirement pris en charge par la mutuelle responsable, sans limitation de durée. Des services pour faciliter le retour à domicile Livraison de repas et de médicaments Aide-ménagère temporaire Accompagnement infirmier Aide à la recherche d’un établissement de convalescence Remboursement d’un ergothérapeute via le forfait prévention Les services d’assistance font souvent la différence par rapport à un contrat standard, notamment pour les assurés qui vivent seuls ou dont l'entourage ne peut pas toujours être disponible immédiatement.  3. Une meilleure maîtrise du budget santé En vieillissant, les dépenses médicales ont tendance à s'accumuler et à devenir moins prévisibles : renouvellement d'un appareillage auditif, pose d'une prothèse dentaire, examens de contrôle plus fréquents. Sans une couverture adaptée, ces frais répétés peuvent représenter une charge financière importante d'une année sur l'autre. En ajustant ses garanties aux besoins réels de cette tranche d'âge, la mutuelle senior permet de mieux anticiper ces coûts et d'éviter les mauvaises surprises en cours d'année. Le budget consacré à la santé devient plus lisible, ce qui laisse la possibilité de continuer à se soigner sans arbitrage financier douloureux, tout en préservant son pouvoir d'achat au quotidien. Cette prévisibilité est d'autant plus précieuse que les revenus, une fois à la retraite, ont tendance à diminuer et n'évoluent plus au même rythme que les dépenses de santé. Anticiper ces frais dès la souscription, en choisissant un niveau de garanties cohérent avec son état de santé et ses antécédents, évite d'avoir à revoir son contrat en urgence quelques années plus tard. Bon à savoir : si vous êtes ex-salarié, vous avez la possibilité de conserver votre mutuelle d’entreprise grâce à la loi Evin, mais cette option est rarement à votre profit car les garanties restent obligatoirement inchangées et l’organisme assureur peut augmenter les tarifs de 25 % à compter de la deuxième année. 4. Des services d'accompagnement pensés pour le quotidien Au-delà des remboursements, de nombreuses mutuelles seniors incluent désormais des services pratiques qui facilitent la vie quotidienne. Les services les plus courants Téléconsultation médicale accessible rapidement Ligne d'assistance dédiée après une hospitalisation Bilans de santé et actions de dépistage Ateliers de prévention (équilibre, nutrition) Ces prestations complémentaires, incluses dans le contrat sans surcoût dans la plupart des cas, participent à un suivi médical plus régulier et contribuent à préserver l'autonomie le plus longtemps possible. Elles constituent un véritable prolongement de la couverture santé, au-delà du simple remboursement des soins. Une mutuelle senior offre 4 avantages majeurs : Des garanties renforcées sur les soins les plus coûteux après 55 ans Un accompagnement dédié en cas d'hospitalisation Une meilleure visibilité sur son budget santé Des services pratiques qui facilitent le quotidien Comparer plusieurs offres de mutuelle santé senior reste la meilleure façon d'identifier le contrat le plus en phase avec vos besoins et votre budget.

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Immobilier : la pénurie de logements s'aggrave en 2026

Le marché immobilier français traverse une nouvelle période de forte tension en cette rentrée 2026. Alors que la demande de logements reste élevée, l'offre disponible ne suit plus. Le marché locatif est particulièrement touché : en 5 ans, le nombre d'annonces de biens proposés à la location aurait diminué de près de 70 %. Une situation qui complique considérablement la recherche d'un logement pour les locataires, mais aussi l'accession à la propriété. Plusieurs phénomènes se conjuguent : retrait progressif des logements énergivores, coût du crédit immobilier qui augmente, ralentissement de la construction neuve et difficultés rencontrées par les investisseurs. En ce mois de septembre, cette accumulation de contraintes accentue encore la pénurie. Un marché locatif sous haute tension Trouver un logement à louer est devenu un véritable parcours du combattant dans de nombreuses zones tendues. Face à une offre qui se contracte, les candidats à la location sont davantage nombreux à se positionner sur chaque bien disponible. Cette situation touche particulièrement : les étudiants et jeunes actifs  les ménages modestes  les familles à la recherche d'un logement plus grand  les salariés contraints de déménager pour leur emploi  les personnes qui souhaitent accéder à la propriété mais ne peuvent pas encore emprunter. Malgré un léger sursaut par rapport aux points bas précédents, le nombre de biens disponibles à la location en France reste inférieur d'environ 16 % par rapport à 2021. À Paris, le stock de biens s'est effondré de 67 % sur la même période.  La diminution du nombre de logements proposés à la location ne résulte toutefois pas d'une seule cause. Elle est liée à plusieurs évolutions du marché immobilier qui se renforcent mutuellement. Les passoires thermiques réduisent l'offre disponible Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) joue un rôle important dans cette contraction du parc locatif. Depuis janvier 2025, les logements les plus énergivores font progressivement l'objet de restrictions de mise en location. Selon les analyses du secteur immobilier, l'obligation de réaliser des travaux pour louer a poussé de nombreux propriétaires à se séparer de leurs biens F et G, incapables d’assumer la dépense, ce qui a entraîné une hausse notable des mises en vente de ces logements énergivores. Le phénomène entraîne mécaniquement une diminution du nombre de logements disponibles à la location, alors même que la demande reste forte. La loi « Relance Logement » veut remettre des biens sur le marché Face à cette situation, les pouvoirs publics cherchent à favoriser le retour de certains logements sur le marché locatif. Le texte baptisé « Relance Logement », adopté par le Sénat le 9 juillet 2026 avant sa transmission à l'Assemblée nationale, prévoit notamment des mesures destinées à mobiliser davantage le parc existant. L'un des objectifs avancés consiste à permettre le retour sur le marché d'une partie des logements considérés comme des passoires thermiques.  Le projet Relance Logement est complémentaire du dispositif Jeanbrun adopté en janvier 2025 pour relancer l’investissement locatif. Il prévoit notamment d’abaisser le seuil minimal de travaux de 30 % à 20 % permettant d’accéder au dispositif Jeanbrun. La maison individuelle est par ailleurs intégrée dans ce plan. Le flop du dispositif Jeanbrun Depuis la disparition du dispositif Pinel fin 2024, les professionnels de l’immobilier neuf réclament régulièrement de nouvelles mesures fiscales pour soutenir l’investissement locatif.  Le dispositif Jeanbrun repose notamment sur un mécanisme d’amortissement fiscal et sur la possibilité de mobiliser le déficit foncier pour les propriétaires qui acquièrent des logements destinés à la location. Malgré ces avantages théoriques et une importante promotion auprès des investisseurs, le dispositif peine toutefois à convaincre.  Son cadre fiscal, jugé encore insuffisamment attractif, ne semble pas avoir permis de relancer véritablement la production de logements locatifs. Le dispositif Jeanbrun enregistre seulement 200 ventes maximum par mois, contre 4 000 escomptées. Un dispositif encore soumis au calendrier parlementaire Il faudra attendre plusieurs mois avant que le projet de loi Relance Logement ne produise son effet sur le marché. Son examen à l'Assemblée nationale à l’automne reste nécessaire avant une éventuelle entrée en vigueur. Cette situation illustre l'une des difficultés actuelles du marché immobilier : les mesures destinées à stimuler l'offre prennent du temps, alors que la pénurie produit déjà des effets très concrets pour les ménages. Le crédit immobilier bloque la rotation du marché La crise du logement ne concerne pas uniquement la location. Elle est également liée aux difficultés rencontrées par les candidats à l'achat immobilier. Le coût du crédit immobilier s’est renchéri en 2026, avec des taux moyens qui sont passés de 3,07 % au deuxième trimestre 2025 à 3,31 % en août 2026 (données Observatoire Crédit Logement, hors assurance emprunteur et coût des sûretés). Même lorsque les prix des logements diminuent localement, cette baisse ne suffit pas nécessairement à compenser l'augmentation du coût du financement. Des mensualités qui restent trop élevées pour certains ménages Pour un ménage qui souhaite acheter, le montant de la mensualité dépend principalement : du prix du bien  du montant de l'apport personnel  du taux d'intérêt  de la durée du crédit  du coût de l'assurance emprunteur. Lorsque les taux augmentent, la capacité d'emprunt diminue à mensualité équivalente. Certains ménages qui auraient pu obtenir un financement quelques années voire quelques mois auparavant se retrouvent donc exclus du marché. Les règles encadrant le taux d'endettement (35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise) renforcent également cette contrainte. Les emprunteurs disposent de moins de marge pour absorber une hausse des mensualités. Les propriétaires restent plus longtemps dans leur logement Cette difficulté à acheter induit une autre conséquence : elle ralentit la rotation du parc immobilier. Un locataire qui ne parvient pas à obtenir son crédit reste dans son logement plus longtemps. Le bien qu'il aurait pu libérer pour un autre candidat à la location reste donc occupé. Le phénomène crée un cercle vicieux : les ménages ont du mal à acheter ; ils restent locataires plus longtemps ; les logements se libèrent moins rapidement ; l'offre locative diminue ; la concurrence entre candidats augmente. La crise de l'accession à la propriété contribue ainsi indirectement à aggraver les tensions sur le marché locatif. Construction neuve : une offre toujours insuffisante Autre facteur majeur : la construction de logements neufs ne permet pas de répondre suffisamment aux besoins. La hausse des coûts de construction, le prix du foncier, les contraintes réglementaires et les difficultés de financement pèsent sur les nouveaux programmes. Les promoteurs et les investisseurs sont plus prudents qu'auparavant. Lorsque le nombre de logements construits est insuffisant pendant plusieurs années, le déficit s'accumule. La situation est particulièrement problématique dans les territoires où la population augmente ou dans les zones où l'emploi attire de nouveaux actifs. Dans ces secteurs, la demande locative peut progresser beaucoup plus rapidement que l'offre. Par ailleurs, une partie de la production immobilière est orientée vers le logement social, alors que les besoins sont également importants dans le parc locatif privé. La France doit construire environ 400 000 logements neufs par an pour répondre aux besoins de la population, selon le plan de relance du logement présenté par le gouvernement. La Fédération française du bâtiment (FFB) demande un rythme plus élevé de 448 000 logements par an entre 2026 et 2035 pour éviter une pénurie grave. Les investisseurs locatifs confrontés à de nouvelles contraintes Le marché locatif dépend également de la capacité des particuliers à investir dans l'immobilier. Or, pour un propriétaire bailleur, la rentabilité d'un investissement locatif repose sur plusieurs paramètres : prix d'achat, niveau du loyer, fiscalité, coût du crédit, charges, travaux et réglementation énergétique. Lorsque les charges augmentent tandis que les perspectives de rendement diminuent, certains investisseurs peuvent renoncer à acheter un logement destiné à la location. Un arbitrage de plus en plus complexe Avant d'investir, le propriétaire doit désormais intégrer davantage de paramètres qu'auparavant : performance énergétique du logement  montant des travaux à prévoir  financement du bien  fiscalité applicable  évolution possible des loyers  niveau des charges  risque de vacance locative. Ces contraintes peuvent contribuer à réduire l'intérêt économique de certains projets et, par conséquent, limiter la création de nouvelles offres locatives privées. Assurance emprunteur : un levier d'économie à ne pas négliger Dans ce contexte de crédit immobilier coûteux, les emprunteurs disposent néanmoins d'un levier souvent sous-estimé : l'assurance de prêt immobilier. Le coût de l'assurance emprunteur s'ajoute aux intérêts et représente une part significative du coût total du financement, entre 20 % et 40 % du coût global du crédit immobilier exprimé par le TAEG (Taux Annuel Effectif Global). Heureusement, son tarif peut être négocié et optimisé en comparant plusieurs contrats. Changer d'assurance peut réduire le coût du crédit Depuis la loi Lemoine de 2022, tout emprunteur peut changer d'assurance emprunteur à tout moment, sous réserve de respecter l'équivalence des garanties exigée par la banque. Il peut donc mettre en concurrence le contrat proposé par son établissement bancaire avec une assurance individuelle. Les économies potentielles dépendent notamment : de l'âge de l'emprunteur  du montant emprunté  de la durée restante du prêt  de la quotité assurée  du profil de risque  des garanties choisies  du tarif du contrat actuel. Dans de nombreux dossiers, réduire le coût de l'assurance permet de diminuer le coût global du financement de plusieurs milliers d'euros. Une économie utile pour préserver sa capacité d'emprunt L'assurance emprunteur ne permet évidemment pas de compenser une forte remontée des taux immobiliers. Elle constitue toutefois un poste de dépenses sur lequel l'emprunteur peut agir. Pour un ménage qui se rapproche du taux d'endettement maximum autorisé, chaque économie compte. Réduire le montant consacré à l'assurance peut permettre de préserver davantage de budget pour les mensualités du crédit, les travaux ou les dépenses liées au logement. Il est donc pertinent de comparer l'assurance de prêt au moment de souscrire le crédit, mais également pendant sa durée de remboursement. Vers une crise durable du logement ? La pénurie actuelle résulte donc de plusieurs facteurs qui se cumulent. La réduction du parc locatif énergivore, les difficultés d'accession à la propriété, le niveau des taux de crédit et le manque de logements neufs entretiennent les tensions. Pour inverser durablement la tendance, il faudrait agir simultanément sur plusieurs leviers : accélérer la construction de logements  faciliter la rénovation énergétique du parc existant  encourager les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché  restaurer l'attractivité de l'investissement locatif  faciliter l'accès au crédit pour les ménages solvables  réduire les coûts liés au financement immobilier. À court terme, les ménages doivent donc composer avec une offre limitée et une concurrence importante. Pour les candidats à l'achat, l'enjeu consiste à optimiser chaque composante du financement, notamment le taux du crédit et l'assurance emprunteur. En 2026, le problème immobilier n'est ainsi plus seulement celui du prix des logements. C'est désormais la disponibilité même des biens qui constitue l'une des principales difficultés du marché français.