Immobilier : les Français achètent pour louer… et préparer leur retraite

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L'investissement locatif a le vent en poupe. En 2019, les Français ont acheté plus de logements à louer que de résidences principales et secondaires. Un phénomène entamé en 2017, qui a pris une ampleur remarquable l'an passé et qui témoigne de l'intérêt grandissant les ménages à vouloir se prémunir contre les aléas futurs, et à mieux préparer leur retraite en investissant dans la pierre. Certains professionnels n’hésitent plus à s’emparer du sujet brûlant des retraites pour encourager l’immobilier locatif.

L'investissement locatif progresse

Le chiffre est d'autant plus exceptionnel qu'il explose un plafond symbolique : en 2019, le nombre de transactions immobilières a dépassé le million d'unités. Sur douze mois, ce volume record était déjà atteint au cours de l'été. En attendant les données définitives des Notaires de France, on peut d'ores et déjà affirmer que 2019 restera dans les annales pour le dynamisme sans précédent, porté, il est vrai, par un niveau des taux d'intérêt, lui aussi, historique.

Pourtant, à y regarder de plus près, on observe que les ventes de résidences principales ont diminué par rapport à 2018. Selon le réseau d'agences immobilières Century 21 (plus de 900 agences en France), ce segment a reculé de 5,4% sur un an. Idem pour les résidences secondaires qui marquent le pas en perdant 4,7%, peut-être un effet collatéral de l’augmentation de la taxe d’habitation dans certaines zones.

Le volume d'un million de transactions a pu être atteint grâce à la formidable progression des investissements locatifs. Chez Century 21, les logements à louer ont représenté 27,2% des ventes, soit un bond de 25% comparé à 2018. Au début des années 2000, les investissements locatifs comptaient pour 15% du volume des ventes du réseau. Le mouvement est encore plus perceptible à Paris où ils ont atteint 31% du volume d’affaires.

Acheter pour louer : une protection pour l'avenir

Interrogé par le magazine Capital, Laurent Vimont, président du réseau Century 21, explique ce phénomène par un facteur financier évident : les investissements locatifs coûtent en moyenne bien moins cher que les résidences principales, soit 134 202€ contre 217 617€ tout type de ventes confondus. À l'heure où, dans la plupart des grandes métropoles, les ménages peinent à acquérir leur logement compte tenu de la cherté des biens, qu’ils soient neufs ou anciens, ils se rabattent sur l'achat locatif pour se constituer un patrimoine immobilier et générer des revenus additionnels. Le sujet des retraites inquiète, comme en témoigne la grève qui paralyse le pays depuis le 5 décembre. En investissant dans la pierre, les Français prennent une assurance sur l'avenir en s'attribuant un patrimoine à crédit grâce aux taux d'intérêt historiquement bas.

L'immobilier est le seul placement qui permette de se constituer un capital avec un effet de levier. Aujourd'hui, il est possible d'emprunter autour de 1% sur 20 ans (hors assurance et coût des sûretés). Quand la résidence principale est trop onéreuse, il est sage et rationnel d'investir dans du locatif. Le poids des travaux permet d'alléger la fiscalité, ce qui n'est pas possible pour les propriétaires occupants. Et dans le cas où le logement locatif est revendu pour acheter sa résidence principale, la fiscalité est là encore favorable, puisque la plus-value éventuelle n'est pas taxée.

Les premiers acheteurs sont les ouvriers et les employés. Avec plus d’un quart des investissements locatifs, ils représentent la catégorie socioprofessionnelle la plus importante parmi la clientèle de Century 21. En investissant autour de 40 ans, l’acheteur aura intégralement remboursé son crédit avant le passage à la retraite, s’il n’a pas entretemps revendu le bien et réalisé une plus-value pour acquérir plus grand et revaloriser ainsi son patrimoine.

Réforme des retraites : argument pour vendre de l’immobilier… aux plus aisés

Immobilier, secteur opportuniste ! Alors que la réforme des retraites n’en finit pas d’agiter le chiffon rouge des angoisses, nombreux sont les professionnels à présenter l’immobilier comme LA solution pour préserver son niveau de vie une fois sorti du monde du travail. Chez Orpi, autre grand réseau d’agences immobilières, « l’immobilier est un placement rassurant ». L’immobilier plus que jamais une valeur refuge !

La grève fait d’ailleurs le jeu de certains spécialistes. Sur son site, iSélection Patrimoine, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des conseillers en patrimoine, voit déjà le futur régime de retraite universel comme un système pénalisant pour les gros revenus, n’hésitant pas à prédire une « suppression des droits » pour certains. Un peu abusif ! Selon la réforme présentée par le gouvernement, les cadres gagnant plus de 10 000€ par mois verseront une part non contributive (2,81%) de la cotisation retraite (28,12% de la rémunération, partagés à 60% pour les employeurs et à 40% pour les assurés).

Les salariés concernés cotiseront donc, comme tous les autres salariés, à hauteur de 28,12% sur les 10 000 premiers euros gagnés. Au-delà, ils ne cotiseront plus qu’à hauteur de 2,81%, sans que cette fraction n’ouvre de droits à retraite. Ils auront un salaire plus élevé, mais en retour ils verront leur pension de retraite diminuer. Pour conserver une retraite équivalente à celle d’avant la réforme, ils sont incités à se tourner vers l’épargne retraite souscrite au sein de l’entreprise ou à titre individuel. Solution d’ailleurs prônée par la loi Pacte entrée en vigueur en 2019. Autre alternative : l’investissement locatif. Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent à leurs clients aisés d’opter pour cette solution pour préparer leur retraite en investissant dans l’immobilier neuf qui bénéficie de régimes fiscaux favorables (Pinel, LMNP, Censi-Bouvard), ou dans l’immobilier ancien de prestige (Malraux) pour s’affranchir des contraintes de plafonds de loyers et de revenus.

Achat locatif et assurance emprunteur

L’autre point fort de l’investissement locatif est l’incidence sur l’assurance de prêt immobilier. Celle-ci représente aujourd’hui jusqu’à un tiers du coût global d’un crédit immobilier. À montant emprunté équivalent, un investisseur locatif paiera moins cher son assurance emprunteur qu'un acheteur occupant le logement. Élément indispensable à l'obtention d'un crédit immobilier, l'assurance de prêt intervient pour rembourser tout ou partie des mensualités du prêt en cas de défaillance de l'assuré-emprunteur. Quel que soit le type d'achat (résidence principale, résidence secondaire, locatif), la banque exigera de l'emprunteur la souscription à deux garanties socle pour consentir le financement : décès, et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA).

Dans le cadre d'un investissement locatif, elle estime généralement que cette couverture minimum est suffisante, contrairement à l'achat de la résidence principale qui requiert une protection additionnelle avec les garanties incapacité/invalidité. En cas d'arrêt de travail pour maladie ou accident, les revenus locatifs permettent d'autofinancer le bien et prennent le relais des mensualités.

Magnolia recommande néanmoins de renforcer la couverture avec la garantie IPT (Incapacité Permanente Totale) : cette garantie s'applique lorsque l'assuré est déclaré invalide à un taux supérieur ou égal à 66%, donc inapte au travail, après consolidation de son état. L'assurance emprunteur va prendre en charge le remboursement du capital restant dû ou les échéances mois par mois, selon la quotité prévue lors de la souscription. Vous pouvez utiliser notre simulateur d’assurance de prêt immobilier afin d’avoir une estimation des tarifs pour votre assurance de prêt immobilier

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Dépassements d'honoraires : divisez la facture par 2 ou 3 grâce à l'OPTAM

Les dépassements d’honoraires peuvent rapidement alourdir la facture lors d’une consultation chez un spécialiste. Pourtant, tous les médecins conventionnés ne pratiquent pas les mêmes tarifs et le choix du praticien peut avoir une incidence directe sur le montant restant à payer. L’OPTAM, ou Option pratique tarifaire maîtrisée, constitue justement un dispositif destiné à limiter les dépassements pratiqués par certains médecins de secteur 2. Pour le patient, identifier un médecin adhérent à l’OPTAM peut donc permettre de bénéficier d’un meilleur niveau de remboursement de sa mutuelle santé. Avec un exemple de consultation facturée 60 €, la différence de prise en charge peut devenir particulièrement visible. Qu’est-ce que l’OPTAM ? L’OPTAM est un dispositif conventionnel auquel certains médecins peuvent adhérer. Son objectif est d’encadrer leurs dépassements d’honoraires en les incitant à respecter des tarifs plus modérés. Les médecins signataires s’engagent notamment à maîtriser leurs dépassements et à conserver une certaine proportion d’actes réalisés aux tarifs fixés par l’Assurance maladie. L’adhésion à l’OPTAM concerne notamment : les médecins généralistes ou spécialistes libéraux de secteur 2, autorisés à pratiquer des tarifs différents  les anesthésistes, chirurgiens et obstétriciens via l’OPTAM-ACO (ex-OPTAM-CO). À noter : en 2025, le montant total des dépassements d'honoraires des médecins a atteint 4,7 à 4,9 milliards d'euros selon les données provisoires de l'Assurance maladie et les rapports du HCAAM. Ces dépassements ont fortement progressé ces dernières années (environ +5 % par an), portés par la hausse du nombre de praticiens en secteur 2. Ils sont couverts à environ 40 % par les complémentaires santé (mutuelles et assurances), le reste constituant une charge directe pour les patients.   OPTAM et secteur 2 : quelle différence ? Un médecin conventionné de secteur 2 est autorisé à pratiquer des honoraires avec dépassements maîtrisés. Mais il peut être adhérent ou non à l’OPTAM. Cette distinction est importante pour le remboursement par votre complémentaire santé. Dans de nombreux contrats de de mutuelle responsable, les garanties concernant les dépassements d’honoraires sont plus favorables lorsque le professionnel de santé adhère à l’OPTAM. La mutuelle peut refuser de prendre en charge les surcoûts quand le médecin n’adhère pas au dispositif. Chaque contrat applique sa propre politique. Quand la complémentaire rembourse les dépassements d’honoraires des médecins non adhérents à l’OPTAM, elle doit pratiquer une différenciation et mieux prendre en charge les surcoûts tarifaires des médecins adhérents. Comment l’OPTAM peut réduire la facture d’un spécialiste ? Pour comprendre l’intérêt concret de l’OPTAM, prenons l’exemple d’une consultation chez un pédiatre de secteur 2, facturée 80 €. Le tarif de référence retenu par l’Assurance maladie pour l’acte concernant un enfant de moins de 2 ans est de 39 €, remboursé au taux de 70 %. Le praticien facture donc 41 € supplémentaires au titre du dépassement d’honoraires. L’Assurance maladie ne rembourse pas ce dépassement : elle intervient uniquement sur la base de remboursement prévue pour l’acte. La complémentaire santé rembourse le reste à charge selon les garanties prévues au contrat.  Selon que le médecin adhère ou non à l’OPTAM, les prises en charge diffèrent : Situation Honoraires  Base de remboursement Montant remboursé par la Sécu Montant remboursé par la mutuelle avec garantie 100 % Montant remboursé par la mutuelle avec garantie 200 % Reste à charge (si 100 % ou 200 %) Médecin adhérent à l’OPTAM 80 € 39 € 27,30 € 11,70 € (plafond à 39 €) 50,70 € (plafond à 78 €) 41 €  ou  2 € Médecin non adhérent à l’OPTAM 80 € 34,50 € 24,15 € 10,35 € (plafond à 34,50 €) 44,85 € (plafond à 69 €) 69,65 €  ou  11 €  À noter qu’il n’y a pas de participation forfaitaire de 2 € retenue sur une consultation de pédiatrie. Le montant facturé au patient est identique dans cet exemple. Pourtant, la prise en charge par la mutuelle diffère, car le remboursement de la Sécu est minoré quand le médecin n’adhère pas à l’OPTAM. Pourquoi une mutuelle rembourse-t-elle mieux les médecins OPTAM ? L’OPTAM est particulièrement important dans le fonctionnement des contrats responsables de complémentaire santé. Les garanties peuvent être différenciées selon le statut du professionnel consulté. Cette distinction vise notamment à favoriser le recours à des médecins qui respectent les engagements de maîtrise des dépassements. En pratique, le niveau de remboursement dépend de plusieurs éléments : le tarif conventionnel de l’acte  le montant réellement facturé par le spécialiste  l’adhésion ou non du médecin à l’OPTAM  le niveau de garantie prévu par la mutuelle  les éventuels plafonds de remboursement du contrat. Le dépassement d’honoraires n’est pas remboursé par l’Assurance maladie Une précision est essentielle : l’OPTAM ne transforme pas un dépassement d’honoraires en dépense remboursée par l’Assurance maladie. L’Assurance maladie applique toujours son taux de remboursement sur la base du tarif opposable correspondant à l’acte. C’est la complémentaire santé qui peut prendre en charge tout ou partie du dépassement, selon les garanties souscrites. L’intérêt de l’OPTAM réside donc principalement dans le cadre tarifaire du praticien et les conditions de remboursement prévues par la complémentaire. Important : rappelons que toute consultation d’un spécialiste en dehors du parcours de soins coordonnés entraîne une minoration du remboursement de la Sécurité Sociale. Comment savoir si son médecin adhère à l’OPTAM ? Il est possible de vérifier gratuitement le secteur de conventionnement et l’adhésion d’un médecin. Consulter l’annuaire santé de l’Assurance maladie L’annuaire santé de l’Assurance maladie permet d’obtenir des informations sur le praticien recherché. La fiche du médecin indique notamment son secteur de conventionnement et, lorsqu’il est concerné, son adhésion à l’OPTAM ou à l’OPTAM-ACO. Pensez à faire cette vérification avant de prendre rendez-vous pour éviter les mauvaises surprises au moment  de la consultation et un éventuel refus de votre mutuelle à prendre en charge un dépassement. Vérifier les tarifs du professionnel Vous pouvez également regarder les honoraires habituellement pratiqués par le médecin. Cette information permet d’anticiper le possible reste à charge. En cas de doute, demandez directement au secrétariat du cabinet : si le médecin est adhérent à l’OPTAM ; quel est le tarif d’une consultation ; quel dépassement est habituellement appliqué ; si un devis est nécessaire pour certains actes. Faut-il choisir une mutuelle avec de fortes garanties sur les dépassements ? Une garantie très élevée sur les dépassements d’honoraires n’est pas nécessairement la meilleure solution pour tous les assurés. Tout dépend des professionnels de santé consultés régulièrement. Une personne qui consulte principalement des spécialistes adhérents à l’OPTAM peut avoir moins besoin d’une couverture très importante sur ce poste. À l’inverse, un patient qui consulte régulièrement des médecins de secteur 2 non adhérents peut avoir intérêt à sélectionner une complémentaire proposant une meilleure prise en charge. Comparez vos besoins avant de choisir Avant de souscrire une mutuelle, il est donc pertinent de faire le point sur ses dépenses de santé habituelles : fréquence des consultations chez les spécialistes  médecins consultés  secteur de conventionnement  adhésion à l’OPTAM  montant moyen des dépassements  niveau de remboursement proposé par la mutuelle. Cette analyse permet d’éviter de payer une cotisation élevée pour des garanties dont on ne profite pratiquement jamais. OPTAM : un bon réflexe pour réduire son reste à charge L’OPTAM ne signifie pas que toutes les consultations seront facturées au tarif de l’Assurance maladie. En revanche, le dispositif contribue à encadrer les dépassements pratiqués par certains médecins et peut améliorer les conditions de remboursement prévues par les complémentaires santé responsables. Le bon réflexe n’est pas nécessairement de choisir la garantie la plus élevée, mais celle qui correspond réellement à sa consommation médicale. L’OPTAM devient ainsi un critère à prendre en compte au même titre que les garanties optiques, dentaires ou hospitalières lors de la comparaison des complémentaires santé.

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Assurance emprunteur : numéro 1 des litiges en assurance de personnes

D’après le rapport d’activité 2025 de la Médiation de l’Assurance publié début septembre, l’assurance emprunteur représente 29 % des litiges en assurance de personnes, devant les contrats de prévoyance (26 %) et de complémentaire santé (17 %). Ces chiffres illustrent les difficultés qui peuvent apparaître au moment de la souscription, mais surtout lors de la mise en œuvre des garanties. Trois situations examinées dans le rapport permettent notamment de comprendre les principales sources de désaccord en assurance emprunteur : le délai de prescription après un sinistre, la fausse déclaration du risque et les justificatifs demandés pour obtenir une indemnisation. Pourquoi l’assurance emprunteur génère-t-elle autant de litiges ? L’assurance de prêt intervient généralement sur des périodes longues (jusqu’à 25 ans) et couvre des événements potentiellement lourds de conséquences financières : décès, perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), incapacité temporaire totale de travail (ITT) ou invalidité permanente totale ou partielle. Les difficultés apparaissent souvent lorsque l’assuré sollicite effectivement sa garantie en raison d’un sinistre. L’assureur doit alors vérifier que les conditions prévues au contrat sont réunies, ce qui peut donner lieu à des échanges sur : la date à laquelle le sinistre doit être déclaré ; les délais de prescription ; les informations médicales communiquées lors de l'adhésion ; les exclusions de garanties prévues au contrat ; les conditions de prise en charge ; les documents nécessaires à l'étude du dossier. Le rapport de la Médiation de l’Assurance apporte sur ces sujets plusieurs éclairages particulièrement utiles. Bon à savoir : sur les 29 % de litiges en assurance emprunteur, 25 % concernaient des crédits immobiliers, les 4 % restants des prêts à la consommation. Litige n°1 : le sinistre ne fait pas forcément courir la prescription La prescription est un point sensible en assurance emprunteur. En principe, l’article L.114-1 du Code des assurances prévoit un délai de prescription de 2 ans pour les actions dérivant d’un contrat d’assurance. Mais le point de départ de ce délai dépend de la situation. Un arrêt de travail ancien ne suffit pas à déclencher la prescription Dans le cas étudié par le Médiateur, un assuré souscrit son assurance de prêt en 2019. Il est ensuite placé en arrêt de travail en juillet 2019 en raison d'une affection. Ce n'est toutefois qu'en février 2022 qu'il demande l'application de sa garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail). L'assureur refuse sa prise en charge 2 mois plus tard, en avril 2022, en considérant que l'action est prescrite puisque l'arrêt de travail remonte à 2019. Cette analyse n'a pas été retenue. Dans le cadre d'un contrat collectif, la prescription biennale en assurance emprunteur ne commence pas nécessairement à courir au moment où survient le sinistre. Le point de départ correspond au premier de 2 événements : le refus de garantie opposé par l'assureur ; la demande de paiement formulée par l'établissement prêteur. Dans cette affaire, le premier refus de l'assureur datant d'avril 2022, la prescription biennale court à partir de cette date, et ne peut pas être opposée à l'assuré sur la base de son arrêt de travail de 2019. À retenir : la date du sinistre et celle à laquelle le délai de prescription commence à courir ne doivent pas être systématiquement confondues en assurance emprunteur. Litige n°2 : un assureur ne peut pas invoquer une fausse déclaration qu'il connaissait déjà La déclaration de santé constitue une autre source fréquente de contentieux. Lorsqu'un questionnaire médical est demandé, l'assuré doit répondre avec exactitude aux questions posées. Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner de lourdes conséquences, notamment la nullité du contrat dans les conditions prévues par l'article L.113-8 du Code des assurances. Mais encore faut-il que l'information en question ait réellement été inconnue de l'assureur. Des antécédents déjà communiqués lors d'un premier contrat Dans le dossier étudié, un assuré souscrit une première assurance emprunteur en 2015. À cette occasion, son état de santé est porté à la connaissance de l'assureur, qui lui adresse des documents concernant une pathologie et prévoit une exclusion de garantie contractuelle. En 2020, l'assuré contracte un nouveau prêt auprès de sa banque et adhère à un nouveau contrat d’assurance emprunteur auprès du même prestataire. Quelques années plus tard, en 2024, il est placé en arrêt de travail. L'assureur refuse alors sa demande et prononce la nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle, estimant que l'assuré n'a pas déclaré correctement son état de santé lors de sa seconde adhésion. Or, l'assureur dispose déjà d'informations précises sur cet antécédent médical. La Médiation considère donc que l'assureur ne peut pas se prévaloir des sanctions applicables à la fausse déclaration, puisque l'information non déclarée est déjà connue de lui avant la souscription du second contrat et avant la survenance du sinistre. Le contrat doit être remis en vigueur, sous réserve du paiement des cotisations, et le dossier réexaminé au titre de la garantie ITT. À retenir : l'assuré doit toujours répondre précisément au questionnaire de santé. Toutefois, un assureur qui connaissait déjà un élément médical déterminant ne peut pas invoquer ensuite son omission pour écarter sa garantie. Litige n°3 : les justificatifs demandés doivent être utiles au dossier La troisième situation concerne les pièces justificatives réclamées au moment de faire jouer une garantie. Lorsqu'un sinistre survient, l'assureur est légitime à demander les documents permettant de vérifier que les conditions d'indemnisation sont réunies. Mais cette faculté n'est pas illimitée : les justificatifs demandés doivent avoir un rapport avec l'étude du dossier. L'exemple d'une garantie décès Dans l'affaire examinée par la Médiation, un assuré souscrit une assurance emprunteur destinée notamment à couvrir le remboursement du prêt en cas de décès. Après son décès, sa concubine demande la mise en œuvre de la garantie décès de l’assurance de prêt. L'assureur réclame plusieurs documents, dont les pièces d'identité et les relevés d'identité bancaire des enfants issus d'une précédente union. La bénéficiaire n'étant pas en mesure de fournir ces documents, l'assureur suspend l'étude du dossier. Pourtant, la notice du contrat prévoit que les héritiers n'interviennent comme bénéficiaires qu'à défaut, notamment, de concubin notoire. Les enfants n'avaient donc pas vocation à bénéficier de la prestation dans cette situation. La Médiation considère que les documents les concernant ne sont pas pertinents pour permettre l'examen de la demande. L'assureur est invité à réétudier le dossier à partir des justificatifs déjà transmis, sans exiger les pièces relatives à des bénéficiaires subsidiaires. À retenir : un assureur peut demander les documents nécessaires à l'instruction d'un sinistre, mais il ne peut pas conditionner systématiquement l'application d'une garantie à la production de pièces sans lien avec les droits du bénéficiaire. Comment limiter les risques de litige avec son assurance de prêt ? Ces 3 dossiers montrent que les désaccords ne portent pas uniquement sur l'existence même d'une garantie. Ils peuvent également concerner la procédure, les informations médicales ou les justificatifs. Pour limiter les difficultés, l'emprunteur a intérêt à : conserver son contrat, sa notice d'information et les conditions générales ; garder les échanges avec l'assureur et la banque ; répondre avec précision aux éventuelles questions médicales ; déclarer rapidement un sinistre ; vérifier les conditions et exclusions de la garantie concernée ; demander par écrit la justification d'un refus de prise en charge ; vérifier les documents exigés pour constituer son dossier. En cas de désaccord persistant, une réclamation écrite auprès de l'assureur constitue généralement une première étape avant d'envisager une saisine de la Médiation de l'Assurance. L'assurance emprunteur, un enjeu majeur pour les assurés La forte proportion des litiges liés aux emprunts immobiliers montre que l'assurance emprunteur reste un sujet sensible dans l'assurance de personnes. Les montants en jeu sont souvent importants et les garanties peuvent être déterminantes pour éviter qu'un décès, une invalidité ou une incapacité de travail ne compromette le remboursement du crédit. Les 3 cas étudiés par la Médiation de l'Assurance rappellent surtout que les règles applicables ne se résument pas aux seules conditions générales du contrat. Le délai de prescription doit être correctement déterminé, la fausse déclaration ne peut être invoquée dans toutes les circonstances et les justificatifs exigés doivent être pertinents pour l'instruction du sinistre. Enfin, la progression des règlements amiables montre qu'un litige peut parfois être résolu avant même l'intervention du Médiateur. En 2025, ces solutions amiables ont représenté plus d'un tiers des litiges résolus, confirmant l'intérêt d'une réclamation argumentée et documentée lorsqu'un désaccord apparaît avec son assureur.

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Assurance de prêt : ce coût caché à négocier pour contrer la hausse des taux fin 2026

Alors que les taux des crédits immobiliers repartent progressivement à la hausse en cette rentrée 2026, les emprunteurs doivent redoubler de vigilance sur le coût total de leur financement. Se focaliser uniquement sur le taux d’intérêt proposé par la banque peut en effet conduire à négliger une dépense susceptible de peser lourdement sur le budget : l’assurance de prêt immobilier. Sur 20 ou 25 ans, quelques écarts de tarif entre 2 contrats peuvent se traduire par plusieurs milliers d’euros de différence. Pour préserver son pouvoir d’achat immobilier, il devient donc pertinent de négocier non seulement le crédit, mais aussi son assurance emprunteur. Le taux d’intérêts ne suffit pas pour mesurer le coût du crédit Lorsqu’un ménage envisage un achat immobilier, le taux nominal du prêt constitue généralement le premier critère de comparaison. Une proposition à 3,2 % paraît ainsi immédiatement plus attractive qu’un financement à 3,5 %. Pourtant, le taux d’intérêt ne reflète qu’une partie de la facture finale. L’assurance emprunteur peut représenter plusieurs milliers d’euros Pour sécuriser l’emprunt, la banque exige la souscription à une assurance de prêt qui la protège contre différents risques susceptibles d'empêcher l'emprunteur de rembourser son crédit. L’assurance couvre principalement : le décès  la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA)  l’invalidité permanente  l’incapacité temporaire de travail (ITT). Le coût de l’assurance emprunteur varie fortement selon le profil de l'assuré. L'âge, l'état de santé, la profession, le montant emprunté, la durée du crédit, le sport pratiqué, le fait de fumer, les garanties choisies et la quotité assurée entrent notamment en ligne de compte. Un même capital peut donc donner lieu à des primes très différentes selon les emprunteurs et les contrats retenus. Le coût total doit être examiné sur toute la durée du prêt Plus la durée du crédit est longue, plus l’assurance est susceptible de peser dans le financement. Pour un emprunt de 250 000 euros sur 25 ans, par exemple, raisonner uniquement en termes de mensualité est insuffisant. Le bon réflexe consiste à comparer le coût cumulé de l’assurance sur la totalité du crédit, et non uniquement le montant de la prime mensuelle. Cette approche permet également de relativiser une petite différence de taux bancaire. Une réduction de quelques centièmes sur le taux du prêt peut être moins intéressante qu'une économie importante réalisée sur l'assurance emprunteur. Pourquoi l’assurance de prêt reste un levier d’économie fin 2026 ? Le contexte de marché renforce l’intérêt de cette stratégie. Après la période de baisse des taux qui avait facilité l’accès au crédit, le marché immobilier évolue de nouveau dans un environnement plus tendu. La hausse des taux en septembre 2026 renchérit le coût du crédit immobilier. Dans ces conditions, chaque poste du financement mérite d’être optimisé. Le TAEG donne une vision complète du financement Pour comparer 2 offres de crédit immobilier, le taux nominal ne doit pas être considéré isolément. Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) permet d'appréhender plus largement le coût du financement et intègre tous les frais associés au crédit. Cette donnée est particulièrement importante car l’assurance représente une part significative de la facture, en moyenne entre 20 % et 40 % du coût global. Il s’agit de la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Vous devez donc examiner : le taux nominal du crédit  le coût total de l’assurance  les garanties proposées  les frais liés au prêt  la durée du financement  le TAEG et le TAEA (Taux Annuel Effectif d’Assurance). L’objectif est de déterminer quelle offre est réellement la moins chère à garanties comparables. Les profils présentant davantage de risques sont particulièrement concernés Le tarif de l'assurance augmente avec l'âge et peut également être majoré en fonction de l'état de santé ou de certaines caractéristiques professionnelles. Pour ces profils, l’écart entre une assurance bancaire et une assurance individuelle peut donc avoir un impact financier particulièrement important. À niveau de couverture similaire, un contrat externe concurrent est jusqu'à 60 % moins cher qu'un contrat de groupe. L'assurance ne doit par conséquent pas être considérée comme un simple complément du crédit : elle constitue un véritable poste de négociation. Le saviez-vous ? : vous êtes libre de choisir votre assurance de prêt ; la banque ne peut refuser un contrat concurrent du sien, dès lors que le principe d’équivalence de garanties est respecté. Loi Lemoine : l’assurance emprunteur peut être substituée à tout moment Depuis la mise en œuvre de la loi Lemoine en 2022, les possibilités de faire jouer la concurrence ont considérablement évolué. Les emprunteurs peuvent changer leur assurance de prêt par un autre contrat à tout moment, sans attendre une échéance annuelle. La principale condition est de proposer à la banque un nouveau contrat présentant un niveau de garanties équivalent à celui exigé dans le contrat initial. Lorsqu’elle reçoit une demande complète de substitution, la banque dispose de 10 jours ouvrés pour se prononcer. En cas de refus, elle doit en préciser le motif par écrit. Cette réglementation renforce la capacité des emprunteurs à rechercher une assurance moins coûteuse après la souscription du crédit. Comment négocier efficacement son assurance de prêt immobilier ? La possibilité de changer d’assurance ne signifie pas qu’il faut rechercher systématiquement le contrat le moins cher. L’économie doit toujours être appréciée à garanties équivalentes. Comparez le coût, mais aussi les garanties Deux contrats affichant des primes similaires peuvent proposer des niveaux de protection qui ne sont pas comparables. Avant de changer d’assurance, il faut notamment vérifier : les garanties incluses  les exclusions  les franchises  les conditions d’indemnisation  les éventuelles limites d’âge  le mode de calcul des cotisations (sur capital initial ou restant dû) la quotité assurée. Une assurance moins chère mais moins protectrice peut finalement s'avérer inadaptée au projet immobilier. Ne vous arrêtez pas à la mensualité Une prime d’assurance emprunteur faible peut sembler attractive, mais le montant total payé sur 20 ou 25 ans constitue un indicateur beaucoup plus pertinent. Il est donc préférable de demander plusieurs simulations et de comparer le coût global des contrats sur la durée du prêt. Vérifiez toujours le TAEA, seul indicateur qui permet de mesurer le poids de l’assurance dans le coût global du crédit. Cette démarche permet de déterminer précisément l’économie potentielle avant d'engager une substitution. Sur un financement de longue durée, l’assurance peut représenter plusieurs milliers d’euros. La négocier ou la remplacer peut ainsi constituer un levier d’économie particulièrement pertinent lorsque les taux immobiliers remontent. Exemple avec un couple de trentenaires, non fumeurs et sans antécédent de santé, qui emprunte 250 000 € sur 20 au taux nominal de 3,62 % et une quotité d’assurance à 50 % sur chaque tête :  Type assurance/Coûts TAEA Coût mensuel assurance coût total assurance Mensualité Économie Assurance bancaire 0,34 %* 71 € 17 000 € 1 536 €   Assurance externe 0,08 %** 17 € 4 000 € 1 482 € 13 000 € *taux moyen bancaire **taux moyen chez Magnolia pour ce profil d’emprunteur En cette fin 2026, comparer son assurance de prêt n'est donc plus une démarche secondaire : c'est un moyen concret de réduire le coût global de son crédit immobilier et de préserver son budget.