Immobilier : les changements prévus en 2020

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La loi de finances pour 2020 prévoit diverses évolutions pour le secteur de l'immobilier. Futurs accédants, investisseurs, propriétaires ou locataires, voici les changements réglementaires qui vous concerneront cette année.

 

Prêt à taux zéro : maintenu sur tout le territoire

Sous la pression de certains élus et de nombreux professionnels de l'immobilier, le PTZ est finalement maintenu dans les zones B2 et C jusqu'au 31 décembre 2021. Destiné aux primo-accédants qui souhaitent acquérir leur résidence principale, le PTZ devait disparaître dans ces zones dites détendues, une décision voulue par le gouvernement suite au rapport de l'Inspection Générale des Finances et du Conseil Général de l'Environnement et du Développement qui remettait en cause l'efficience du dispositif, jugé peu décisif lors de l'acte d'achat. Le lobbying des professionnels, dont le Fédération Française du Bâtiment (FBF), a su trouver les arguments pour infléchir le vote des députés.

Pinel : l'exception bretonne

Depuis le 1er janvier 2019, le dispositif locatif de défiscalisation Pinel est recentré sur les zones tendues : toutes les communes situées en zones B2 et C sont désormais inéligibles. La Bretagne bénéficie pourtant d'une dérogation grâce au Contrat d'Action Publique, un engagement signé par l'État et le Conseil régional qui a vocation à développer des expérimentations dans un effort de mutualisation et de déconcentration.

Conformément à cette nouvelle règle du zonage, 177 villes de la région devaient sortir du Pinel, seules Rennes et Saint-Malo restant éligibles. Les élus locaux ont réussi à faire plier la décision du gouvernement et obtenu il y a 6 mois de continuer d'accorder le bénéfice du Pinel aux personnes souhaitant investir dans le neuf pour louer sous certaines conditions. Un nouveau zonage adapté aux réalités de la Bretagne est mis en place par le préfet de région et le Comité régional de l'habitat et de l'hébergement. La FFB réclame que cette approche nouvelle du Pinel qui repose sur la différenciation soit étendue sur tout le territoire. Un bilan de l'expérimentation bretonne sera remis au gouvernement avant septembre 2021.

Pour mémoire, le Pinel accorde aux investisseurs une réduction d'impôt de 12%, 18% ou 21% du prix du logement neuf (dans la limite de 300 000€) en contrepartie d'un engagement locatif de 6, 9 ou 12 ans sous réserve de respecter les plafonds de loyers et de ressources des locataires. À noter qu'à compter du 1er janvier 2021, la maison individuelle sera exclue du dispositif, ainsi que les appartements neufs individuels qui ne seront pas situés dans des bâtiments d'habitation collectifs.

Denormandie : assoupli pour faciliter la rénovation des logements anciens

Ce nouveau dispositif entré en vigueur début janvier 2019 vise à favoriser l'investissement dans l'immobilier ancien pour répondre à la détérioration du parc privé dans le centre de certaines villes. Considéré comme une alternative au Pinel ancien, qui n'existe plus, le Denormandie, du nom du ministre chargé de la ville et du logement, offre les mêmes avantages fiscaux que le Pinel, la condition étant de réaliser des travaux d'amélioration dans un logement ancien situé en centre-ville à hauteur de 25% du montant total de l'opération. Les travaux sont ceux éligibles au dispositif du PTZ dans l'ancien. Le Denormandie est réservé aux communes ayant conclu avec l'État une convention d'Opération de Revitalisation des Territoires (ORT) et aux villes bénéficiaires du plan Action Cœur de Ville, mais la loi de finances 2020 élargit son périmètre en supprimant la notion de "centre". Il est par ailleurs prorogé d'un an, soit jusqu'au 31 décembre 2022.

Cosse : prorogation du dispositif "louer abordable"

Créé en remplacement des dispositifs dits "Besson ancien" et "Borloo ancien", le dispositif d'investissement locatif appelé "Louer abordable" ou "Cosse" a été reconduit pour 3 années, jusqu'au 31 décembre 2022. Pour toute acquisition d'un logement conventionné avec l'Anah (Agence nationale de l'habitat), il offre un abattement fiscal allant de 15% à 85% en fonction de la zone géographique, du niveau de loyer et du mode de gestion du bien. L'intermédiation locative qui consiste à confier la gestion du bien à une agence immobilière à vocation sociale ou à un organisme agréé qui le louera à des personnes précaires permet d'obtenir la réduction d'impôt maximale (85%).

Malraux : prorogation du plus ancien dispositif de défiscalisation immobilière

Destiné aux contribuables fortement imposés, le dispositif Malraux, créé en 1962, consiste à acquérir un bien ancien à réhabiliter situé en zones très spécifiques (protection et mise en valeur de l'architecture et du patrimoine). Les travaux qui ouvrent droit à la réduction d'impôt (22% ou 30% selon la localisation du bien, dans la limite de 100 000€ par an) doivent être encadrés par les architectes des Bâtiments de France. Le dispositif bénéficie d'une prorogation jusqu'au 31 décembre 2022.

Taxe d'habitation : 80% des contribuables intégralement exonérés

Depuis 2018, la taxe d'habitation baisse progressivement pour 80% des foyers fiscaux. Pour eux, l’exonération totale intervient cette année. Pour les 20% restants, la suppression de cette taxe perçue au profit des collectivités locales débutera en janvier 2021 pour s'achever en 2023, année où plus aucun foyer ne s'acquittera de la taxe d'habitation sur sa résidence principale. Pour bénéficier d'un dégrèvement de 100% en 2020, votre revenu fiscal de référence de 2019 ne doit pas dépasser un certain seuil. Au-delà, vous bénéficiez d'un dégrèvement dégressif. Vous pouvez connaître le montant de votre taxe d'habitation pour l'année 2020 grâce au simulateur en ligne proposé par le gouvernement en cliquant ici.

Aides à la rénovation : adieu le CITE, vive Ma Prim Rénov' !

À compter de janvier 2020, les ménages modestes peuvent bénéficier de Ma Prim Rénov', une prime forfaitaire, née de la fusion du CITE (Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique) et de l'aide "Habiter Mieux Agilité" de l'Anah. Comme l'ancien dispositif, cette nouvelle aide publique permet de financer des travaux de rénovation énergétique et est réservée aux propriétaires occupants à revenus modestes et très modestes. Les ménages non éligibles à Ma Prim Rénov' ont toujours droit au CITE et à une réduction fiscale de 30% jusqu'au 31 décembre 2020. À partir de janvier 2021, ils auront accès à la prime et le CITE sera définitivement clôturé.

Versée par l'Anah, l'aide est calculée en fonction des revenus et du gain écologique apporté par les travaux (maximum 20 000€ par logement sur 5 ans) et réservée aux logements dont la construction est achevée depuis 2 ans minimum. Le cumul est possible pour les mêmes travaux avec les aides versées par les CEE (Comité d'Entreprise Européen), les aides d'Action Logement, et les aides des collectivités locales.

Dernières publications

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Remboursement Wegovy à partir de la mi-juin 2026 : tous les patients ne sont pas concernés

L'annonce du remboursement partiel des traitements Wegovy et Mounjaro à compter de la mi-juin 2026 marque un tournant important dans la prise en charge de l'obésité en France. Jusqu'à présent, ces médicaments innovants étaient entièrement financés par les patients, ce qui limitait fortement leur accès. Toutefois, derrière cette avancée attendue se cachent des critères particulièrement stricts. De nombreux patients souffrant d'obésité risquent de rester exclus du dispositif, tandis que les professionnels de santé s'inquiètent déjà des difficultés d'accès aux spécialistes habilités à prescrire ces traitements dans le cadre du remboursement. Wegovy et Mounjaro : des traitements efficaces mais coûteux Depuis leur arrivée sur le marché français, Wegovy et Mounjaro ont suscité un intérêt considérable en raison de leurs résultats significatifs sur la perte de poids. Des résultats prometteurs contre l'obésité Ces médicaments, administrés sous forme d'injections hebdomadaires, permettent d'obtenir des pertes de poids importantes lorsqu'ils sont associés à un accompagnement nutritionnel et à une activité physique adaptée. Selon les données cliniques : le médicament Wegovy permet une réduction moyenne du poids pouvant atteindre 15 % ; Mounjaro affiche des résultats encore plus élevés, avec une perte pouvant dépasser 20 % du poids initial chez certains patients. Ces performances ont profondément modifié les perspectives thérapeutiques dans la lutte contre l'obésité sévère. Un reste à charge important pour les patients Jusqu'à présent, l'absence de remboursement représentait un obstacle majeur. Le coût mensuel de ces traitements pouvait atteindre : entre 170 et 360 euros pour Wegovy ; entre 180 et 450 euros pour Mounjaro selon les dosages prescrits. Pour de nombreux patients, suivre un traitement sur plusieurs mois, voire plusieurs années, devenait financièrement impossible. Un problème en entraîne un autre : ces traitements anti-obésité n’étant pas pris en charge par la Sécu, les mutuelles santé ne les remboursent pas, même de manière partielle. Les complémentaires santé remboursent les médicaments prescrits faisant l’objet d’une prise en charge par le régime obligatoire. Toutefois, certaines offres de mutuelle haut de gamme proposent en option une couverture des médicaments non remboursés ou de l’automédication, mais elle reste très limitée. Un remboursement annoncé à partir de mi-juin 2026 Le gouvernement a décidé de prendre en charge une partie du coût de ces traitements afin d'améliorer leur accessibilité. Une prise en charge à hauteur de 65 % À compter de la mi-juin 2026, Wegovy et Mounjaro bénéficieront d'un remboursement par la Sécurité Sociale au taux de 65 % sur la base du tarif conventionné. Cette décision répond à une demande ancienne des associations de patients et des professionnels de santé qui dénonçaient une médecine à deux vitesses, réservant ces traitements aux personnes les plus aisées. Pour certains patients confrontés à une obésité sévère, cette mesure représente une véritable opportunité d'accéder enfin à une solution thérapeutique jusqu'alors inaccessible. Un impact financier surveillé de près L'État justifie toutefois les restrictions mises en place par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Selon les estimations gouvernementales, le remboursement de ces médicaments pourrait représenter près de 100 millions d'euros de dépenses annuelles à partir de 2027. Cette contrainte budgétaire explique en grande partie les conditions très encadrées retenues pour l'accès au remboursement. Remboursement des médicaments anti-obésité : des critères d'éligibilité très restrictifs L'une des principales critiques formulées par les médecins concerne le nombre limité de patients qui pourront réellement bénéficier de la prise en charge. Qui pourra être remboursé ? Le remboursement ne concernera que les adultes de plus de 18 ans présentant une obésité sévère. Les patients devront répondre à l'une des conditions suivantes : un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40 un IMC supérieur à 35 associé à au moins une comorbidité (affection de longue durée comme le diabète type 2, l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol). Le gouvernement considère que ces profils correspondent aux patients les plus exposés aux conséquences médicales de l'obésité. De nombreux patients exclus du dispositif Cette décision suscite néanmoins l'incompréhension de nombreux praticiens. Des personnes présentant un IMC compris entre 30 et 35, parfois déjà confrontées à d'importants problèmes de santé, resteront exclues du remboursement malgré une indication médicale potentielle. Certains spécialistes craignent que cette approche ne retarde la prise en charge de l'obésité alors qu'une intervention précoce permet souvent de limiter l'aggravation de la maladie. Wegocy et Mounjaro : une prescription désormais réservée aux spécialistes Au-delà des critères médicaux, une autre condition risque de limiter l'accès aux traitements. Les médecins généralistes écartés  Pour bénéficier de la prise en charge, le traitement devra être initié : dans un Centre Spécialisé Obésité (CSO)  ou par un médecin nutritionniste travaillant en coordination avec un CSO ou un service hospitalier d'endocrinologie. Les médecins généralistes ne pourront plus initier ces prescriptions dans le cadre du remboursement. Le ministère justifie cette décision par la volonté d'éviter les prescriptions hors indication et les risques de mésusage. Une décision contestée par les praticiens Cette mesure provoque une vive réaction chez de nombreux généralistes. Pour eux, le médecin traitant joue souvent un rôle déterminant dans l'identification de l'obésité et l'accompagnement des patients. Certains craignent que des personnes hésitant déjà à consulter un spécialiste renoncent totalement à engager une démarche thérapeutique. Ils soulignent également leur expérience dans la prescription de traitements similaires utilisés notamment pour le diabète de type 2. Des centres spécialisés anti-obésité déjà sous tension La limitation des prescriptions aux spécialistes soulève une autre problématique : la capacité du système de santé à absorber la demande. Seulement 42 centres spécialisés en France La France compte actuellement 42 Centres Spécialisés Obésité répartis sur le territoire. Or, les délais d'attente sont souvent particulièrement longs. Dans certaines régions, obtenir un premier rendez-vous peut nécessiter plusieurs mois. Jusqu'à un million de patients potentiellement concernés Les estimations évoquent près d'un million de personnes susceptibles de remplir les critères de remboursement. Cette situation fait craindre : un engorgement des centres spécialisés  une augmentation des délais de consultation  des difficultés d'accès dans certaines zones rurales  des inégalités territoriales renforcées. Pour les associations de patients, ces obstacles pourraient réduire fortement l'effet positif attendu du remboursement. L'arrivée du remboursement de Wegovy et Mounjaro constitue sans aucun doute une étape majeure dans la reconnaissance de l'obésité comme maladie chronique nécessitant une prise en charge adaptée. Cependant, les critères très restrictifs retenus par les pouvoirs publics limitent considérablement le nombre de bénéficiaires potentiels. Entre les seuils d'éligibilité élevés, l'exclusion des médecins généralistes du parcours remboursé et la saturation probable des centres spécialisés, de nombreux patients risquent de continuer à rencontrer des difficultés pour accéder à ces traitements. Si cette réforme améliore l'accès aux médicaments anti-obésité pour les cas les plus sévères, elle ne répond pas encore pleinement aux attentes de l'ensemble des personnes concernées par cette maladie qui touche aujourd'hui plusieurs millions de personnes. En France, l'obésité touche environ 17,4 % des femmes et 16,7 % des hommes, soit environ 10 millions de personnes.

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Immobilier ancien : les raisons du ralentissement prévu en 2026

Après une année 2025 marquée par un regain d'activité, le marché de l'immobilier ancien pourrait connaître un nouveau coup de frein en 2026. La dernière étude du Groupe BPCE laisse entrevoir un recul des transactions, une baisse de la production de crédits immobiliers et une quasi-stagnation des prix. Entre tensions géopolitiques, inflation persistante et remontée des taux d'intérêt, plusieurs facteurs expliquent cette évolution attendue du marché. Un marché immobilier ancien moins dynamique en 2026 Le rebond observé en 2025 semble avoir été de courte durée. Alors que les professionnels espéraient une reprise durable après plusieurs années compliquées, les perspectives pour 2026 apparaissent plus prudentes. Selon les estimations du Groupe BPCE rendues publiques le 2 juin dernier, le volume des ventes dans l'ancien pourrait diminuer d'environ 6 % sur l'ensemble de l'année. Le nombre de transactions reviendrait ainsi sous le seuil symbolique du million de ventes pour atteindre près de 890 000 opérations en 2026. Pour mémoire, l’année 2025 avait enregistré 940 000 transactions. Cette tendance baissière se manifeste déjà dans les statistiques du premier trimestre. Après un début d'année encore favorable, les ventes enregistrées au mois de mars ont montré un net ralentissement par rapport à la même période de l'année précédente. Des acheteurs plus prudents Dans un contexte économique incertain, de nombreux ménages préfèrent reporter leur projet immobilier. L'achat d'un logement représente un engagement financier important et les candidats à l'accession redoutent aujourd'hui une dégradation de leur situation budgétaire. Plusieurs éléments alimentent cette prudence : la hausse du coût de la vie  l'incertitude sur l'évolution des taux d'intérêt  les tensions géopolitiques internationales  la crainte d'un ralentissement économique  le maintien d'une inflation supérieure aux objectifs des banques centrales. Les acquéreurs prennent alors davantage de temps pour concrétiser leur projet et certains renoncent temporairement à acheter. La remontée des taux de crédit continue de peser sur le marché immobilier L'un des principaux freins à l'activité immobilière reste le financement. Depuis plusieurs années, les ménages doivent composer avec des conditions d'emprunt moins favorables qu'auparavant. Des taux immobiliers attendus en hausse Après la forte remontée observée entre 2021 et 2024, les taux de crédit immobilier pourraient poursuivre leur progression en 2026. Le taux moyen des prêts à l'habitat, qui s'établissait autour de 3,22 % au printemps 2026, pourrait atteindre près de 3,43 % d'ici la fin de l'année (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). D’autres spécialistes sont plus pessimistes, et craignent une hausse nette des taux à l’automne 2026, à près de 3,80 %. Cette évolution serait directement liée à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait maintenir une ligne stricte pour lutter contre les tensions inflationnistes. Même si cette hausse peut sembler limitée, elle réduit significativement la capacité d'emprunt des ménages. Un impact direct sur le pouvoir d'achat immobilier Lorsque les taux augmentent, les mensualités nécessaires pour financer un même bien deviennent plus élevées. À budget constant, les emprunteurs peuvent alors : acheter un logement moins cher  réduire la surface recherchée  s'éloigner des centres urbains  reporter leur acquisition. Cette perte de pouvoir d'achat immobilier contribue mécaniquement au ralentissement du marché. Une baisse attendue de la production de crédits immobiliers L'évolution des taux n'affecte pas seulement les acheteurs. Elle influence également le volume global des prêts accordés par les banques. Des financements en repli Le Groupe BPCE prévoit une diminution d'environ 6 % de la production de crédits à l'habitat en 2026. Celle-ci pourrait atteindre près de 175 milliards d'euros, un niveau inférieur à celui observé lors des périodes les plus dynamiques du marché. Cette baisse s'explique à la fois par : un nombre réduit de transactions  des critères d'octroi parfois plus exigeants  une capacité d'emprunt en recul. Les établissements bancaires restent attentifs au niveau d'endettement des ménages et à leur reste à vivre, ce qui limite l'accès au crédit pour certains profils. Le rôle du crédit immobilier reste essentiel Malgré cette évolution, le financement bancaire demeure le moteur principal du marché immobilier. Au cours de la dernière décennie, près de 8 acquisitions sur 10 ont été réalisées grâce à un prêt immobilier. Toutefois, cette dépendance s'est réduite ces dernières années. La part des transactions financées par emprunt a fortement diminué depuis la remontée des taux, atteignant son niveau le plus faible depuis 2012 (65 %). Cette situation témoigne des difficultés rencontrées par de nombreux acheteurs pour obtenir un financement adapté à leur projet. Des prix immobiliers globalement stables malgré le ralentissement Contrairement à certaines prévisions alarmistes, le marché immobilier ancien ne devrait pas connaître d'effondrement des prix en 2026. Une légère correction attendue Après plusieurs années de fortes variations, les prix devraient évoluer très modestement à l'échelle nationale. Les projections du Groupe BPCE tablent sur un léger recul de l'ordre de 0,1 % à la fin de l'année. Cette baisse quasi imperceptible traduit un équilibre entre une demande moins soutenue et une offre qui demeure relativement limitée dans certaines zones attractives. Le marché devrait donc davantage connaître une phase de stabilisation qu'une véritable correction. Des écarts importants selon les territoires Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois des situations très contrastées. Les grandes métropoles, les villes moyennes attractives et certaines zones littorales continuent d'attirer les acheteurs, ce qui soutient les prix. À l'inverse, les secteurs confrontés à une baisse démographique ou à un marché de l'emploi moins dynamique pourraient enregistrer des ajustements plus marqués. Les disparités régionales devraient ainsi rester un élément clé de l'évolution du marché immobilier en 2026. Les primo-accédants deviennent les acteurs majeurs du marché Le profil des acheteurs évolue progressivement depuis plusieurs années. Une présence renforcée des primo-accédants Les ménages qui achètent leur première résidence principale occupent désormais une place centrale dans les transactions immobilières. En 2025, leur niveau de financement a même dépassé celui observé avant la crise sanitaire. Plusieurs dispositifs de soutien à l'accession et une volonté forte de devenir propriétaire expliquent cette dynamique. Les primo-accédants apparaissent aujourd'hui comme le principal moteur du marché ancien. Investisseurs et secundo-accédants plus fragilisés À l'inverse, d'autres catégories d'acheteurs rencontrent davantage de difficultés. Les investisseurs locatifs doivent faire face : à des coûts de financement plus élevés  à une rentabilité parfois réduite  à des contraintes réglementaires croissantes  à des exigences énergétiques renforcées. Les secundo-accédants, qui souhaitent acheter un nouveau logement après la revente de leur résidence principale, sont également pénalisés par la hausse des taux et l'allongement des délais de vente. Le marché du neuf reste confronté à de nombreux défis Pendant que l'ancien ralentit, l'immobilier neuf peine toujours à retrouver son dynamisme. Une offre insuffisante La construction de logements reste freinée par plusieurs facteurs : le coût élevé du foncier l'augmentation des prix des matériaux les contraintes réglementaires la difficulté à équilibrer les opérations immobilières. Même si les indicateurs liés aux permis de construire et aux mises en chantier montrent quelques signes d'amélioration, l'offre demeure insuffisante pour répondre à la demande. Des prix encore trop élevés pour de nombreux ménages Le neuf souffre également d'un positionnement tarifaire souvent inaccessible pour une partie des acheteurs. Entre les exigences environnementales, les coûts de construction et les contraintes foncières, les prix restent élevés. De nombreux ménages se tournent alors vers l'ancien, considéré comme plus abordable malgré les travaux parfois nécessaires. Vers une année de transition pour l'immobilier ancien L'année 2026 devrait marquer une phase d'ajustement pour le marché immobilier ancien. La combinaison d'une conjoncture économique incertaine, d'une remontée des taux de crédit et d'un pouvoir d'achat immobilier sous pression devrait entraîner une baisse des transactions. Pour autant, les prix semblent appelés à rester globalement stables, évitant un retournement brutal du marché. Dans ce contexte, les primo-accédants pourraient continuer à jouer un rôle déterminant, tandis que les investisseurs et les secundo-accédants devront composer avec des conditions de financement plus contraignantes.

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Frais de dossier de prêt immobilier : quelles sont les banques les moins chères en 2026 ?

L'achat à crédit d'un bien immobilier s'accompagne d'une multitude de frais annexes, et les frais de dossier bancaires en font partie. Souvent négligés lors de la comparaison des offres de prêt, ils peuvent pourtant représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros selon l'établissement choisi. En 2026, les écarts entre les banques les plus avantageuses et les plus coûteuses atteignent jusqu'à 1 600 euros pour un emprunt de 150 000 euros.  Qu'est-ce que les frais de dossier d'un crédit immobilier ? Lorsque vous faites une demande de prêt immobilier, la banque engage une procédure complète : analyse de votre situation financière (calcul de la capacité d’emprunt notamment) vérification des pièces justificatives montage du dossier étude de la faisabilité du projet…  Pour rémunérer cet ensemble de démarches administratives, l'établissement prélève ce que l'on appelle des frais de dossier. Ces frais sont dus une seule fois, au moment de la signature de l'offre de prêt, et viennent s'ajouter au coût global du crédit. Certaines banques en ligne se distinguent en offrant systématiquement les frais de dossier pour votre crédit immobilier, mais elles restent minoritaires et leurs offres ne sont pas toujours compétitives. Le secteur demeure très largement dominé par les banques de réseau, qu'elles soient nationales ou régionales, qui appliquent chacune leur propre grille tarifaire en matière de frais de dossier. Comment les frais de dossier de crédit immo sont-ils calculés ? Un pourcentage du montant emprunté Dans la quasi-totalité des établissements bancaires, les frais de dossier sont calculés en appliquant un pourcentage au capital emprunté. Ce taux oscille généralement entre 0,40 % et 1 % du montant du prêt. À ce calcul s'ajoutent le plus souvent : un montant minimum en dessous duquel les frais ne peuvent descendre, même pour un emprunt modeste un plafond maximum qui limite la facture pour les emprunts les plus élevés Des écarts considérables d'un établissement à l'autre Pour dresser un état des lieux précis du marché, le média MoneyVox a passé au crible les grilles tarifaires de 118 banques de réseau (nationales et régionales) au 1er avril 2026.  Pour un crédit immobilier de 150 000 euros, le montant moyen des frais de dossier s'établit à 1 487,68 euros. Mais derrière cette moyenne se cachent des disparités importantes, avec des frais allant de 500 euros à 2 100 euros selon l'établissement. Crédit immobilier : les frais de dossier les moins chers en 2026  Le podium des établissements les plus compétitifs Certaines banques se distinguent nettement par la compétitivité de leurs frais de dossier. Pour un emprunt de 150 000 euros, voici les établissements les plus avantageux : Caisse d'Épargne Normandie et Crédit Agricole Brie Picardie : à partir de 500 euros Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne et Crédit Agricole Île-de-France : 750 euros (soit 0,50 % du montant emprunté, avec un minimum de 700 euros) Louvre Banque Privée : 900 euros (0,50 % du montant emprunté, avec un minimum de 900 euros) Les établissements les plus chers À l'autre extrémité du classement, plusieurs banques affichent des frais de dossier particulièrement élevés : Crédit Agricole Atlantique Vendée, Ille-et-Vilaine, Côtes d'Armor et Morbihan, ainsi que la Banque de Savoie et la Banque Palatine : jusqu'à 1 800 euros Crédit Agricole Finistère : jusqu'à 2 100 euros, soit le tarif le plus élevé du marché analysé L'écart entre les établissements les moins chers et les plus coûteux atteint donc 1 600 euros pour un même montant emprunté, ce qui représente une somme loin d'être négligeable dans le budget global d'un achat immobilier. Comment réduire ses frais de dossier de son prêt immobilier ? Négocier avec sa banque Les tarifs affichés dans les brochures tarifaires ne sont pas immuables. Les frais de dossier font partie des éléments négociables lors de la souscription d'un crédit immobilier. Pour maximiser ses chances d'obtenir un geste commercial, plusieurs stratégies peuvent être adoptées : Mettre les banques en concurrence en sollicitant plusieurs établissements simultanément Faire appel à un courtier en crédit immobilier, qui dispose d'un pouvoir de négociation plus important grâce au volume d'affaires qu'il apporte aux banques Accepter des contreparties proposées par la banque, comme la domiciliation de ses revenus, l'ouverture d'un livret d'épargne ou la souscription d'une assurance emprunteur de groupe par exemple Opter pour des prêts aidés Certains types de financements immobiliers permettent de s'affranchir totalement ou partiellement des frais de dossier : Prêt à taux zéro (PTZ) : aucuns frais de dossier ne sont appliqués Prêt épargne logement obtenu via un PEL ou un CEL : également exonéré de frais Prêt Accession Sociale (PAS) et Prêt conventionné (PC) : les frais de dossier sont plafonnés par la réglementation Offres promotionnelles ponctuelles : certaines banques proposent régulièrement des opérations commerciales permettant de réduire, voire de supprimer, les frais de dossier pour une durée limitée Attention : le PTZ comme les autres prêts aidés sont toujours adossés à un prêt immobilier classique ; ils ne financent jamais la totalité de l’achat. Frais de dossier ou assurance emprunteur : quoi négocier en priorité ? Les frais de dossier comme les primes d’assurance emprunteur sont des dépenses obligatoirement intégrés dans le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), l’indicateur du coût final de votre prêt immobilier. La banque prêteuse vous propose systématiquement son contrat d’assurance de groupe. Ne souscrivez pas à cette proposition sans réfléchir sous prétexte qu’elle vous offre ou minimise les frais de dossier. Cet argument n’est pas suffisant pour attester de la compétitivité de l’offre globale. La loi vous autorise en effet à choisir librement l’assurance qui va couvrir votre prêt immobilier. Utilisez toujours un comparateur d’assurance emprunteur, et constatez que les contrats alternatifs sont jusqu’à 4 fois moins chers, une économie largement supérieure à celle éventuellement réalisée sur les frais de votre dossier. Négociez les 2 postes de dépenses si vous avez les compétences, mais un arbitrage s’impose pour confirmer le gain réel. Les frais de dossier représentent un poste de dépense souvent sous-estimé dans le cadre d'un crédit immobilier. Pourtant, le choix de la banque peut faire varier la facture de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros. D’autres économies importantes sont réalisables grâce à la délégation d’assurance emprunteur. Avant de signer votre offre de prêt, prenez le temps de comparer les établissements, de négocier et d'explorer les dispositifs aidés auxquels vous pourriez être éligible. Chaque euro économisé sur les frais annexes est un euro de plus pour votre projet.