Économies sur prêt immobilier en 2024 : peut-on changer d’assurance emprunteur ?

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Si vous détenez un prêt immobilier, vous remboursez en même temps une assurance emprunteur. Le coût de cette protection indispensable à l’obtention du financement bancaire peut être élevé, mais la loi vous autorise à changer de contrat en cours de prêt. Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez faire de grosses économies sur l’assurance et ainsi optimiser le coût global de votre crédit.

Baisser le coût de son prêt immobilier grâce à l’assurance

La plupart des emprunteurs pensent que la renégociation de leur prêt immobilier consiste à demander à sa banque la révision du taux d’intérêts. Certes, abaisser le taux nominal permet de réduire le coût de son crédit, si tant est que l’écart entre les deux taux est d’au moins 0,70%, et que la banque accepte de rogner sur ses marges. Il existe pourtant un levier d’économies bien plus important et surtout immédiat, indépendant du niveau des taux d’emprunt : la substitution d’assurance en cours de prêt.

L’assurance de prêt immobilier est essentielle car elle intervient en cas d’accident de la vie qui priverait l’emprunteur de moyens financiers d’assumer sa dette (décès, invalidité et incapacité de travail). L’assurance est le coût caché d’un prêt immobilier, car nombreux sont les emprunteurs à se focaliser sur le taux nominal et à oublier que le coût d’un crédit contient bien d’autres frais annexes, à commencer par l’assurance, deuxième dépense après les intérêts.

L’assurance emprunteur : un coût élevé

En moyenne, l’assurance représente un tiers du coût global d’un crédit immobilier. On estime que le coût moyen oscille entre 0,10% et 0,60% selon le profil de l’emprunteur, et derrière une moyenne se cachent bien des disparités.

Si les emprunteurs jeunes et en bonne santé peuvent bénéficier d’un taux d’assurance très bas, les personnes présentant des risques accrus (seniors, fumeurs, professions à risques, sports dangereux) écopent des tarifs les plus élevés, qui peuvent parfois aller au-delà de 1% du capital à rembourser. 

Délégation d’assurance pour économiser

Une autre lacune des emprunteurs concerne leur droit au libre choix du contrat d’assurance. Beaucoup ignorent qu’ils peuvent souscrire auprès d’un assureur externe au prêteur et sélectionner librement une formule concurrente jusqu’à trois fois moins chère que le contrat bancaire.

La loi Lagarde autorise en effet tout emprunteur à faire jouer la concurrence via un comparateur d’assurance de prêt afin de trouver l’offre la plus compétitive et optimiser ainsi le coût de son crédit immobilier. Dans les faits, peu en profitent à cause de la pression des banques à imposer leur contrat maison. Environ 85% d’entre vous sont couverts par l’assurance de groupe au détriment de leur intérêt financier dans la majorité des situations. 

Délégation d’assurance pour une protection mieux adaptée

Plus chères que les offres alternatives, les assurances des banques sont aussi mutualisées, c’est-à-dire qu’elles couvrent une communauté d’emprunteurs par des garanties standardisées. Les “bons risques” paient pour les “mauvais”. À l’inverse, les contrats externes présentent des garanties sur-mesure qui prennent en compte la problématique de chaque emprunteur, permettant de fait une protection maximale.

Les assurances externes proposent une couverture adaptée aux besoins personnels de chacun, quel que soit son niveau de risque. La plupart de ces contrats individuels comportent l’option rachat d’exclusion de certains risques, comme les maladies non objectivables et les activités sportives considérées comme dangereuses.

Le changement d’assurance emprunteur va donc permettre d’optimiser à la fois le tarif et la couverture.

Les modalités pour changer d’assurance emprunteur

La substitution d’assurance de prêt immobilier existe depuis la loi Hamon de juillet 2014, complétée en janvier 2018 par l’amendement Bourquin. Le premier dispositif permettait de changer à tout moment durant la première année, le second chaque année à date d’échéance. 

La démarche est désormais simplifiée grâce à la loi Lemoine de 2022 : le changement d’assurance peut se faire à tout moment, sans contrainte temporelle, et ce, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt. La réussite du changement repose toutefois sur l’équivalence de niveau de garanties : vous êtes obligé d’être couvert par un contrat dont les garanties correspondent aux exigences minimales de la banque.

Couverture similaire entre les deux contrats

Le contrat concurrent doit présenter a minima les garanties réclamées par la banque. Appuyez-vous sur la fiche standardisée d’information remise par le prêteur lors de votre demande de prêt pour respecter cette obligation d’équivalence entre les deux contrats.

Cette notion est incontournable mais complexe. Faites-vous accompagner par un courtier en assurance de prêt pour vous y conformer en toute tranquillité.

L’aide précieuse d’un courtier

Vous êtes-vous déjà attelé à la lecture d’un contrat d’assurance emprunteur ? C’est loin d’être une sinécure ! Cette épreuve est nécessaire pour connaître toutes les conditions générales et particulières, et s’assurer que la couverture correspond bien à vos besoins. Pour bien appréhender le jargon et les subtilités de l’assurance de prêt immobilier, il est vivement recommandé que cette lecture soit validée par un courtier.

Les banques jouent sur la notion d’équivalence de garanties pour faire échec à une demande de changement. Logique, puisque c’est le seul et unique point sur lequel elles peuvent retoquer l’emprunteur qui souhaite être couvert par une offre déléguée.

Chez Magnolia.fr, nos experts vous accompagnent tout au long du processus, de la recherche de la formule adaptée à vos besoins jusqu’à la souscription du nouveau contrat. Toutes les démarches de résiliation/substitution peuvent être prises en charge par notre équipe. Conformément à la loi Lemoine, la banque dispose d’un délai de 10 jours ouvrés pour donner sa réponse à une demande de substitution.

Exemple d’économies grâce au changement d’assurance de prêt

Le changement d’assurance de prêt immobilier est générateur d’économies. On parle d’un gain moyen allant de 5 000€ à 15 000€ pour un crédit de 250 000€ sur 20 ans en fonction de la date de substitution et du profil de l’emprunteur. Plus tôt vous changez, plus élevées seront les économies, le coût de l’assurance étant calculé sur le capital restant dû.

En septembre 2023, Lucie et Marc ont contracté un prêt de 220 000€ sur 20 ans à un taux nominal de 4,10%, couvert par l’assurance bancaire au taux de 0,34% sur chaque tête. En septembre 2024, le couple substitue cette assurance par une offre alternative bien moins chère, au taux de 0,10%, toujours avec une quotité d’assurance de prêt de 100% sur chaque tête.

 

Taux nominal

Coût des intérêts*

Taux assurance

Coût de l’assurance**

Coût intérêts + assurance

Économie

Prêt avec assurance bancaire (sept. 2023)

4,10%

102 747€

0,34% x 2 = 0,68%

29 920€

132 667€

 

Prêt avec assurance individuelle (sept. 2024)

4,10%

102 747€

0,10% x 2 = 0,20%

8 084€

110 831€

20 402€ (déduction faite de la première année de cotisations)

*sur la durée totale

**sur capital restant dû

La nouvelle assurance coûte 35€ par mois, au lieu de 125€, ce qui permet une économie mensuelle de 90€ et un gain annuel de 1 076€.

Le changement d'assurance de prêt peut être bénéfique à tous les profils. Remettez en question l'assurance de la banque et comparez les offres du marché : à la clef, de grosses économies potentielles.

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Auparavant, la cherté de ces appareillages obligeait bon nombre d'assurés d'y renoncer, avec des effets dommageables sur leur santé en général.   Les limites du 100% Santé Seuls les contrats de mutuelle responsable permettent de bénéficier intégralement de ces prestations sans reste à charge. Plus de 95% des offres de mutuelle santé en font partie. En revanche, pour bénéficier de meilleurs choix (montures design, verres haut de gamme, implants dentaires ou appareils auditifs discrets), des garanties renforcées restent souvent nécessaires. Vous êtes donc libre de choisir des équipements hors dispositif, auquel cas vous vous exposez à des restes à charge plus ou moins élevés, éventuellement remboursés par votre mutuelle selon le niveau de garantie. Quelles sont les garanties incontournables pour les plus de 55 ans ? Voici les postes de dépenses sur lesquels une mutuelle santé senior performante doit proposer une couverture renforcée : Garantie Pourquoi la privilégier ? 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Crédit immobilier : comment négocier les frais annexes en 2025 ?

En 2025, les taux d’intérêt des crédits immobiliers se stabilisent à des niveaux élevés, autour de 3,5 % sur 20 ans en moyenne. Dans ce contexte, de nombreux emprunteurs concentrent leurs efforts sur le taux nominal. Mais ce dernier n’est plus l’unique levier à actionner pour alléger le coût total d’un crédit immobilier. Les frais annexes, souvent négligés, peuvent représenter jusqu’à 1,2 % du montant emprunté. Frais de dossier, assurance emprunteur, garantie, indemnités de remboursement anticipé… Autant de postes de dépenses qui peuvent peser lourd, qui restent néanmoins, pour la plupart, négociables ou optimisables. Voici un tour d’horizon des frais annexes d’un crédit immobilier et des meilleures stratégies pour les réduire. Les frais de dossier : un levier de négociation encore efficace Les frais de dossier sont facturés par les banques pour l’étude et la mise en place du prêt immobilier. En moyenne, ils varient entre 500 € et 1 200 € selon les établissements. Bonne nouvelle : ils sont négociables dans la plupart des cas. Ce cadeau reste à la discrétion des banques. Comment obtenir une réduction, voire une exonération ? Pour maximiser vos chances, mettez en avant les éléments suivants : Domiciliation des revenus dans la banque prêteuse : conditionnée à un avantage personnalisé (taux préférentiel ou suppression des frais de dossier par exemple) Stabilité professionnelle, en particulier si vous êtes en CDI ou fonctionnaire  Apport personnel conséquent, supérieur à 10 % du coût du bien  Comparaison active de plusieurs offres pour faire jouer la concurrence. L’assurance emprunteur : le poste le plus coûteux… et le plus sous-estimé Souvent reléguée au second plan par les emprunteurs, l’assurance de prêt immobilier constitue pourtant le poste de frais le plus important après les intérêts. Elle représente en moyenne 0,25 à 0,50 % du capital emprunté. Les profils avec des risques accrus (âge, santé, profession, pratique sportive dangereuse) peuvent écoper d’un taux d’assurance de 1%, voire plus. Depuis la loi Lemoine, tout change Depuis 2022, la loi Lemoine permet de résilier et de changer d’assurance à tout moment, sans frais ni justificatif. Cela a ouvert la voie à une véritable mise en concurrence entre les assureurs. Vous n’avez plus à attendre la date d’échéance pour résilier le contrat bancaire : dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt, vous pouvez substituer la formule initiale par une assurance alternative moins chère et mieux adaptée à votre profil. Délégation d’assurance : une solution rentable Grâce aux dispositions de la loi Lagarde, vous êtes libre de choisir votre assurance emprunteur : vous pouvez opter pour une délégation d’assurance dès la signature de l’offre de prêt et économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de remboursement.  Les contrats proposés par des assureurs indépendants coûtent 2 à 4 fois moins cher que ceux des banques, et proposent des garanties sur-mesure qui correspondent à vos besoins. Pensez à : Comparez les offres via des plateformes spécialisées comme Magnolia.fr Vérifiez la compatibilité de la délégation avec les garanties exigées par la banque. Exemple concret : Pour un prêt immobilier de 250 000 € sur 20 ans, un emprunteur de 35 ans, en bonne santé, non-fumeur, économise 14 000 € en passant d’un contrat groupe bancaire à une assurance externe équivalente. L’équivalence de niveau de garanties entre le contrat bancaire et l’assurance déléguée est la condition sine qua non pour que la banque accepte une offre concurrente de la sienne. Les frais de garantie : choisir intelligemment entre caution et hypothèque Toute banque exige une garantie pour se prémunir contre les risques de défaut de paiement. Il ne faut pas la confondre avec l’assurance emprunteur qui intervient uniquement en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité et incapacité de travail, voire perte d’emploi).  La garantie peut prendre la forme d’une hypothèque ou d’une caution. Le coût de ces garanties est relativement similaire, mais leur fonctionnement diffère :  Hypothèque : entre 1 % et 2 % du montant du prêt (soit 2 000 à 4 000 € pour un crédit de 200 000 €) ; Caution (ex : Crédit Logement, CAMCA) : coût initial similaire, mais possibilité de remboursement partiel en fin de crédit. Voici les raisons pour lesquelles il vaut mieux privilégier la caution :  Pas de frais de mainlevée en cas de revente  Plus souple et plus rapide à mettre en place  Taux de restitution pouvant atteindre 70 % du montant versé initialement (fonds mutuelle de garantie), au solde du prêt et en l’absence d’incident de paiement Important : Les frais annexes ci-dessus mentionnés sont intégrés dans le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) qui est l’indicateur officiel et obligatoire du coût final d’un prêt immobilier. Il ne comprend pas les frais de notaire. Les frais cachés : surveiller les clauses du contrat Outre les frais mentionnés dans l’offre de prêt, certains coûts peuvent s’ajouter en cours de vie du crédit. Il est donc indispensable de lire chaque clause attentivement et d’en négocier certaines avant la signature. Coûts à surveiller de près : Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : plafonnées à 3 % du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, mais négociables ; Frais de transfert de garantie si vous revendez pour acheter un autre bien avec un nouveau prêt ; attention, la levée d’hypothèque n’est pas négociable. Frais de tenue de compte liés à un compte bancaire obligatoire ouvert uniquement pour le crédit. Conseil : négociez une clause de non-pénalité en cas de remboursement anticipé, notamment si vous envisagez une revente dans les 5 à 8 ans. Le courtier : un allié de poids pour réduire tous les frais de prêt immobilier En 2025, plus de 40% des emprunteurs choisissent de faire appel à un courtier en crédit immobilier. Ce professionnel ne se contente pas de chercher le meilleur taux : il peut aussi négocier les frais annexes à votre place. Les avantages du courtier  Réseau étendu de partenaires bancaires ; Accès à des conditions préférentielles ; Gain de temps dans la constitution et le suivi du dossier. Quel est le coût d’un courtier ? En général entre 0,5 % et 1 % du montant emprunté ; Rémunération à la réussite du financement (souvent sans avance) ; Le coût du courtier est parfois pris en charge par la banque. Bilan moyen : un courtier permet d’économiser entre 5 000 et 12 000 € sur un crédit de 25 ans, en agissant sur l’ensemble des leviers (taux, assurance, frais de dossier, garantie). Important : Le courtier ne touche sa commission qu’une fois l’offre de prêt signée. Il ne peut être rémunéré si la demande de crédit échoue, sauf dans le cadre d’un mandat de conseil (sous réserve que la rémunération soit mentionnée clairement). À l’heure où les taux immobiliers sont difficiles à négocier, les frais annexes représentent une marge de manœuvre bien plus stratégique. En les identifiant et en les optimisant un à un — frais de dossier, assurance emprunteur, garantie, IRA, frais cachés — vous pouvez réduire considérablement le coût global de votre crédit. En résumé : Comparez toujours plusieurs offres de prêt ; Profitez de la délégation d’assurance grâce aux lois Lagarde et Lemoine ; Privilégiez la caution plutôt que l’hypothèque ; Lisez et négociez toutes les clauses du contrat ; Faites-vous accompagner par un courtier pour maximiser vos économies. Optimiser les frais annexes, c’est souvent gagner plus que ce que permet la négociation d’un taux. Ne les négligez pas : c’est là que se joue la rentabilité réelle de votre financement immobilier.

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Optique et auditif : les dérives du 100 % Santé pointées par les experts

Le dispositif 100 % Santé, également appelé reste à charge zéro, a marqué une avancée majeure pour les assurés français en rendant accessibles certains soins coûteux – optique, dentaire et audiologie – sans reste à charge. Cependant, un rapport de plus de 500 pages, commandé par le Premier ministre François Bayrou et publié le 3 juillet 2025, alerte sur les dérives financières et commerciales de cette mesure. Un état des lieux contrasté du 100 % Santé Les 3 Hauts conseils – le Haut conseil pour le financement de la protection sociale, le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, et le Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie – reconnaissent dans leur rapport les bénéfices du 100 % Santé : Amélioration notable de l’accès aux soins auditifs, optiques et dentaires Réduction des inégalités face à certains équipements coûteux Hausse du nombre de bénéficiaires, en particulier chez les seniors Mais ces avancées s’accompagnent d’effets pervers, notamment pour les organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam), qui supportent environ 70 % du financement du dispositif. Cette pression économique se répercute directement sur les cotisations des assurés, au premier rang desquels ceux couverts par une mutuelle santé senior. Des dépenses en forte augmentation L’étude de la DREES révèle une augmentation de 75 % du nombre de personnes équipées en prothèses auditives depuis la mise en œuvre du 100 % Santé. Parallèlement, une explosion des publicités pour les aides auditives, y compris sur les médias publics, a été observée. Les experts soulignent que cette situation : Encourage des comportements consuméristes Alimente des pratiques commerciales abusives Crée des risques de fraudes touchant à la fois l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) et l’AMC (Assurance Maladie Complémentaire) Recommandations pour maîtriser les dérives Face à ces constats, le rapport propose plusieurs pistes visant à maîtriser les coûts et encadrer les dérives. 1. Allonger les délais de renouvellement des équipements Actuellement fixé à 2 ans pour les lunettes de vue, le délai pourrait passer à 3 ou 5 ans. La garantie légale des audioprothèses devrait également être prolongée. Objectif : réduire le renouvellement prématuré et limiter les dépenses inutiles. 2. Encadrer davantage les prix de vente Baisse du prix limite de vente des audioprothèses pour limiter les marges excessives. Mise en place d’un panier modéré de classe 2 pour les aides auditives, sur le modèle du panier dentaire. Liberté pour les Ocam de rembourser tout ou partie des dépassements hors ticket modérateur. Ces ajustements visent à : Renforcer la transparence tarifaire Éviter les abus des distributeurs et fabricants Adapter les remboursements aux coûts réels des dispositifs 3. Mieux réguler la publicité Les experts dénoncent un usage massif et peu encadré de la publicité, notamment dans le secteur du reste à charge zéro auditif. Ils proposent : Interdiction de la publicité pour les équipements du 100 % Santé (optique, dentaire, audioprothèses) Lutte contre les pratiques visant à dénigrer le panier 100 % Santé Présentation d’un devis intégrant l’option 100 % Santé, aujourd’hui souvent ignorée mais pourtant obligation réglementaire Cette mesure permettrait de : Réduire la pression commerciale sur les assurés Encourager une consommation plus raisonnée Mettre fin à certaines fraudes déguisées en marketing 4. Renforcer la lutte contre la fraude Les dispositifs du 100 % Santé sont devenus une cible de choix pour la fraude, comme l’a révélé la DGCCRF dans son bilan 2024. Le rapport recommande : Contrôles renforcés et sanctions plus lourdes pour les professionnels fraudeurs Mise en place d’une transmission croisée des données entre AMO (Assurance Maladie Obligatoire) et AMC (Assurance Maladie Complémentaire) Création d’un dispositif commun de détection des abus Ces actions visent à : Protéger les fonds publics et ceux des Ocam Éviter une hausse injustifiée des cotisations des assurés Rétablir un équilibre durable dans le financement du système Une réforme à préserver, mais à mieux encadrer Les Hauts conseils insistent : le 100 % Santé ne doit pas être remis en cause dans son principe, mais mieux régulé dans son application. Le rapport, qui pourrait inspirer le PLFSS 2026, vise à : Préserver l’accès universel aux soins Réduire les coûts évitables pour les complémentaires Encourager des pratiques plus éthiques dans les secteurs concernés À retenir : les mesures clés proposées Allongement du délai de renouvellement des lunettes et audioprothèses Réduction des prix limites de vente et mise en place d’un panier modéré Interdiction de la publicité pour les équipements 100 % Santé Renforcement des contrôles et des sanctions contre les fraudes Amélioration de la transparence tarifaire dans les dispositifs médicaux Le rapport des Hauts conseils sur le 100 % Santé met en lumière les limites d’un modèle vertueux mais insuffisamment régulé. Pour éviter une flambée des cotisations et des dérives commerciales, des mesures structurelles s’imposent. Dans la perspective du PLFSS 2026, ces recommandations pourraient profondément redéfinir l’équilibre entre accès aux soins, transparence et soutenabilité financière.