Journée mondiale des malades 2025 : assurance de prêt immobilier et problèmes de santé

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À l'occasion de la Journée mondiale des malades ce 11 février 2025, focus sur l'accès à l'assurance emprunteur pour les personnes souffrant de pathologies. Entre avancées législatives et solutions concrètes, découvrez comment concrétiser votre projet immobilier malgré la maladie.

Le questionnaire de santé : l’obstacle pour les emprunteurs malades

Le questionnaire de santé, étape obligatoire pour souscrire une assurance emprunteur, représente souvent un véritable parcours du combattant pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou ayant des antécédents médicaux. Ce document, qui peut sembler anodin pour les personnes en bonne santé, devient une source d'anxiété et parfois un obstacle insurmontable pour ceux qui souffrent ou ont souffert de pathologies.

La réalité est que ce questionnaire médical détaillé exige une transparence totale sur l'état de santé du candidat à l'emprunt. Toute omission ou fausse déclaration en assurance emprunteur peut entraîner la nullité du contrat, laissant l'emprunteur sans protection. Les personnes malades se retrouvent donc face à un dilemme : déclarer leur pathologie et risquer soit un refus, soit une surprime importante, ou tenter de dissimuler leur état de santé avec les risques que cela comporte.

Les conséquences sont souvent lourdes : 

  • des surprimes qui peuvent atteindre plusieurs centaines d'euros par mois
  • des exclusions de garanties spécifiques liées à leur pathologie
  • voire un refus pur et simple d'assurance. 

Cette situation crée une discrimination de fait dans l'accès au crédit, particulièrement pour l'achat immobilier, limitant ainsi les projets de vie de nombreuses personnes malades.

Le législateur s’est emparé de cette problématique en adoptant des mesures qui facilitent l’accès à l’assurance de prêt aux personnes malades ou ayant souffert de graves pathologies.

La convention AERAS : un dispositif clé pour l'accès au crédit

La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) constitue le dispositif central permettant aux personnes malades d'accéder à l'assurance emprunteur. Mise en place en 2007 et régulièrement mise à jour, cette convention facilite l'obtention d'une assurance de prêt immobilier pour les personnes présentant un risque aggravé de santé.

Les 3 niveaux d'étude de la convention AERAS

Le dispositif prévoit une analyse approfondie de chaque dossier selon 3 niveaux :

  • Premier niveau : assurance aux conditions standard
  • Deuxième niveau : réexamen automatique par un service médical spécialisé
  • Troisième niveau : analyse par un pool d'assureurs experts pour les cas les plus complexes

Cette approche graduée permet d'optimiser les chances d'obtenir une assurance adaptée à sa situation médicale.

La convention AERAS repose sur une grille de référence qui recense les pathologies pour lesquelles l’assurance de prêt est accessible sans surcoût, et d’autres pour lesquelles les conditions tarifaires sont encadrées en fonction des marqueurs biologiques et la date de diagnostic.

Conditions pour bénéficier de la convention AERAS

La convention AERAS est accessible sous certaines conditions :

Conditions liées au prêt :
  • Pour les prêts immobiliers ou professionnels : 420 000 €
  • Pour les crédits à la consommation : montant maximum de 17 000 €
  • L'âge maximum de fin de remboursement est de 70 ans
Conditions liées à l'usage du prêt immobilier :
  • Acquisition d'une résidence principale
  • Travaux sur la résidence principale
  • Prêt professionnel pour l'acquisition de locaux ou de matériel
Conditions médicales :
  • Avoir ou avoir eu une pathologie présentant un risque aggravé de santé
  • Fournir un questionnaire de santé détaillé
  • Éventuellement passer des examens médicaux complémentaires

Le droit à l'oubli : une avancée majeure pour les anciens malades

La loi Lemoine du 28 février 2022 a considérablement renforcé le droit à l'oubli en assurance emprunteur, permettant aux anciens malades de ne plus avoir à déclarer certaines pathologies lors de leur demande d'assurance emprunteur.

Les délais du droit à l'oubli

Le délai à retenir est de 5 ans pour :

  • Cancer : tout type de tumeur cancéreuse, après la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute
  • Hépatite C : après la guérison

Si, par mégarde, vous déclarez votre ancienne maladie dans le questionnaire de santé assurance de prêt immobilier, l’assureur ne doit pas en tenir compte pour calculer la tarification.

Accéder à l’assurance emprunteur sans questionnaire de santé

La loi Lemoine a introduit une autre avancée majeure pour les personnes stigmatisées par la maladie : le droit de ne pas remplir de questionnaire de santé assurance de prêt immobilier sous certaines conditions.

L'absence de sélection médicale en assurance emprunteur s’applique de facto si : 

  1. Le montant assuré n’excède pas 200 000 € (400 000 € pour un couple avec une quotité d’assurance de 50% du montant sur chaque tête).
  2. Le crédit immobilier est soldé avant les 60 ans de l’emprunteur.

La loi interdit à l’assureur de rechercher une quelconque donnée de santé.

La délégation d'assurance : un levier pour optimiser son contrat

La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, permet de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités. Cette possibilité ouvre de nouvelles perspectives pour tous les emprunteurs, qu’ils soient en bonne santé ou malades. Le texte vient compléter la loi Lagarde qui grave dans le marbre le libre choix du contrat d’assurance de prêt.

Les offres concurrentes des propositions bancaires sont jusqu’à 4 fois moins chères à garanties équivalentes.

Les avantages de la délégation d'assurance

  • Comparaison facilitée des offres du marché
  • Économies potentielles sur le coût global du crédit
  • Adaptation des garanties à l'évolution de sa situation médicale

Solutions pratiques pour optimiser son dossier

  1. Anticiper la constitution du dossier médical

La préparation minutieuse du dossier médical est cruciale :

  • Rassembler l'historique médical complet
  • Obtenir un rapport détaillé du médecin traitant
  • Préparer les comptes rendus d'examens récents
  1. Faire appel à un courtier spécialisé

Les courtiers spécialisés dans les risques aggravés présentent plusieurs avantages :

  • Connaissance approfondie du marché
  • Relations privilégiées avec les assureurs
  • Optimisation du montage du dossier
  1. Explorer les garanties alternatives

Si l’assurance de prêt vous est refusée compte tenu des risques accrus, il existe des solutions remplacer l'assurance décès-invalidité :

  • Caution personne physique
  • Garantie hypothécaire sur un autre bien immobilier
  • Nantissement de contrat d'assurance-vie

Les pathologies concernées par des conditions spécifiques

Maladies chroniques stabilisées

Pour les maladies chroniques comme le diabète ou l'hypertension, les conditions d'assurance dépendent de plusieurs facteurs :

  • Ancienneté du diagnostic
  • Stabilité du traitement
  • Absence de complications

Cancers en rémission

Les personnes en rémission bénéficient de conditions particulières :

  • Application du droit à l'oubli après 5 ans
  • Surprime plafonnée selon le type de cancer (dispositions de la convention AERAS)
  • Étude personnalisée
  • Prise en compte de la durée de rémission

Impact financier : comprendre et optimiser le coût de votre assurance emprunteur

Les facteurs influençant la tarification

La prime d'assurance de prêt est calculée en fonction de :

  • L'âge de l'emprunteur
  • La profession exercée
  • Le fait de fumer ou non
  • Le capital emprunté
  • La durée du prêt
  • Le profil médical

Stratégies de réduction des coûts

Plusieurs leviers permettent d'optimiser le coût de l'assurance :

    • Fractionnement des garanties entre co-emprunteurs

    • Modulation des quotités assurées

    • Comparaison régulière des offres du marché

Perspectives et évolutions attendues

Innovations technologiques

Le développement de la télémédecine et des objets connectés pourrait améliorer l'évaluation des risques :

  • Suivi en temps réel des paramètres de santé
  • Meilleure personnalisation des tarifs
  • Simplification des procédures de souscription

Évolutions réglementaires

De nouvelles avancées sont attendues pour renforcer l'accès à l'assurance emprunteur :

  • Élargissement du droit à l'oubli à d’autres pathologies
  • Élargissement de la grille de référence de la convention AERAS à un plus grand nombre de pathologies
  • Harmonisation des pratiques au niveau européen
  • Renforcement de la transparence des décisions

Conclusion

L'accès à l'assurance de prêt immobilier pour les personnes malades s'est considérablement amélioré ces dernières années. La combinaison des dispositifs légaux, des évolutions du marché et des solutions alternatives permet aujourd'hui d'envisager plus sereinement un projet immobilier malgré des problèmes de santé.

La Journée mondiale des malades 2025 est l'occasion de rappeler l'importance de poursuivre les efforts pour faciliter l'accès au crédit des personnes confrontées à la maladie. Les perspectives d'évolution, tant technologiques que réglementaires, laissent entrevoir de nouvelles améliorations dans les années à venir.

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Taux immobiliers en hausse fin 2026 : l'assurance emprunteur, le premier levier d'économies

La France emprunte à 5 %, ce qui a un impact sur le crédit immobilier. Cette vive remontée des taux immobiliers en cette fin d'année 2026 fragilise le budget des futurs acquéreurs. Lorsque le coût du prêt augmente, réduire le montant total du financement devient un enjeu majeur ; à défaut, le projet peut éventuellement être compromis. Or, l'assurance emprunteur représente un levier d'économies souvent sous-estimé. Contrairement à une négociation du taux immobilier, qui dépend de l'accord du prêteur, la délégation d'assurance est un droit accordé à tout emprunteur. Cette démarche permet de diminuer le coût global du crédit de plusieurs milliers d’euros. Et en cas d’échec, la loi Lemoine offre une deuxième chance de faire des économies. Pourquoi l'assurance emprunteur devient-elle stratégique lorsque les taux immobiliers augmentent ? Le taux immobilier qui calcule les intérêts ne constitue qu'une partie du coût d'un crédit. Pour mesurer le montant total à rembourser, il faut également prendre en compte tous les autres frais liés à l’obtention du financement :  les frais de dossier  les frais de garantie (hypothèque ou caution) les cotisations d'assurance emprunteur les éventuelles autres dépenses annexes (expertise du bien, parts sociales d’une banque mutualiste, frais de courtage). Lorsque les taux remontent, les possibilités de réduire les dépenses liées au financement prennent davantage d'importance. L'assurance emprunteur mérite une attention particulière, car son tarif varie selon plusieurs critères : l'âge de l'emprunteur, son état de santé, sa profession, ses habitudes de vie, le montant assuré et les garanties souscrites. Le poids de l'assurance dans le coût total du crédit immobilier L'assurance de prêt immobilier protège la banque et l'emprunteur contre les conséquences financières d'un décès, d'une perte totale et irréversible d'autonomie, d'une invalidité ou d'une incapacité de travail, selon les garanties souscrites. Le coût de l’assurance emprunteur constitue le deuxième poste de dépenses après les intérêts, et représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût global. Il dépend notamment du mode de calcul des cotisations. Celles-ci peuvent être déterminées à partir du capital initial ou du capital restant dû. Selon le contrat, le profil de l'assuré et la durée du financement, la différence de prix entre l'assurance collective proposée par la banque et une assurance concurrente peut être significative : jusqu’à 60 % d’écart en faveur du contrat individuel externe. Le taux annuel effectif global (TAEG) intègre le coût de l'assurance. Une assurance moins chère peut donc contribuer à réduire le coût global du financement. Choisir pour économiser Obtenir une baisse du taux immobilier suppose de négocier avec sa banque. Cette option dépend du bon vouloir du prêteur, des conditions du marché, et du dossier de l'emprunteur. La délégation d'assurance de prêt obéit à un cadre différent. La loi Lagarde de 2010 permet à chaque emprunteur de choisir son assurance librement et de souscrire un contrat concurrent de celui de la banque, sous réserve de respecter l'équivalence de garanties entre les 2 offres. Combien peut-on économiser en déléguant l'assurance de prêt immobilier ? Voici un tableau comparatif indicatif pour un emprunteur de 35 ans qui souscrit un crédit immobilier de 250 000 € sur 20 ans au taux brut de 3,70 %. Les estimations reposent sur un contrat bancaire à 0,36 % et une assurance déléguée à 0,17 %, deux taux illustratifs relevés dans les références de marché 2026 pour ce type de profil. Critères Assurance bancaire Assurance déléguée Taux d’assurance 0,36 % 0,17 % Cotisation mensuelle 75 € 35 € Coût total  18 000 € 8 500 € Économie réalisée - 9 500 € Les tarifs réels et le mode de calcul des primes peuvent différer selon le contrat, le profil médical, le statut fumeur et les garanties choisies. Dans cet exemple, la délégation d'assurance permettrait d'économiser 9 500 € sur 20 ans, à garanties équivalentes. Pour obtenir une comparaison fiable, il faut demander des devis personnalisés et comparer le coût total des 2 contrats, plutôt que les seuls taux affichés. Pourquoi déléguer son assurance plutôt que négocier son taux ? Reprenons notre exemple et supposons que la banque accorde une décote sur le taux nominal de 10 points, soit 3,60 % au lieu de 3,70 %. Critères Mensualité (assurance comprise) Coût total Taux nominal à 3,70 % 1 551 € 122 174 € Taux nominal à 3,60 % 1 538 € 119 067 € Économie réalisée - 3 107 € La délégation génère un gain potentiel supérieur de près de 6 400 € (9 500 € - 3 107 €). Bien sûr, vous pouvez tenter de cumuler les 2 démarches pour optimiser les économies. La banque sera sans doute moins généreuse sur le taux si vous souscrivez une assurance concurrente de la sienne. Dans un contexte où les taux d’intérêts rémunèrent peu les banques, la seule rentabilité vient des frais annexes, dont l’assurance emprunteur, margée à 70 % en moyenne chez les bancassureurs.   Comment déléguer son assurance emprunteur pour réduire ses mensualités ? 1. Comparer les contrats et vérifier l'équivalence des garanties Le tarif ne doit pas être le seul critère de choix. Avant de souscrire une assurance alternative à l’offre bancaire, vous devez comparer les garanties et leurs conditions d'application. La fiche standardisée d'information remise par la banque permet d'identifier les critères retenus pour évaluer l'équivalence des garanties. Une offre moins chère n'est intéressante que si elle répond aux exigences du prêteur et protège suffisamment l'emprunteur.  Faites-vous accompagner par un courtier en assurance de prêt pour sélectionner le contrat compétitif qui répond à vos besoins et à la protection minimale requise par la banque. 2. Transmettre la demande de substitution à la banque Une fois le contrat sélectionné, vous adressez une copie à votre banque avec les conditions générales. L'envoi doit permettre de conserver une preuve de la réception, par exemple au moyen d'une lettre recommandée ou d'un recommandé électronique. 3. Obtenir l'accord et faire modifier le contrat de prêt La banque doit vérifier l'équivalence des garanties. Un refus ne peut être motivé que par la non équivalence. Après acceptation du prêteur, vous signez le contrat définitif avec l’assureur.   Vous n’avez pas réussi à déléguer l’assurance : quelle solution pour réduire le coût du crédit ? La délégation d’assurance de prêt est très largement minoritaire : environ 85 % des emprunteurs souscrivent l’assurance du prêteur, souvent par ignorance de leur droit et pression de la banque. Pas de panique ! La réglementation vous permet de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment et sans frais. Grâce à la loi Lemoine, vous avez le droit de substituer l’assurance de groupe par une formule externe à garanties au moins équivalentes, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt.  Les économies manquées lors de la souscription du crédit vous attendent en cours de remboursement. Ne tardez pas pour optimiser le gain, le coût de l’assurance étant calculée sur le capital restant dû.

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La France emprunte à 5 % : quel impact sur votre crédit immobilier ?

Le taux d'emprunt de la France à 10 ans a franchi le seuil symbolique des 5 % le 21 octobre 2026, selon les informations rapportées par la presse économique. Cette hausse du coût de financement de l'État français intervient dans un contexte de tensions sur les marchés obligataires. Si ce taux ne correspond pas directement à celui des crédits immobiliers accordés aux particuliers, son évolution peut influencer les conditions de financement des banques. Les conséquences potentielles pour les futurs acheteurs pourraient être bientôt visibles : des crédits immobiliers plus coûteux, une capacité d'emprunt réduite et des négociations bancaires plus exigeantes. Quel est le lien entre la dette française et votre prêt immobilier ? Quelles solutions envisager pour préserver votre budget ? Pourquoi la France emprunte-t-elle à 5 % ? Pour financer ses dépenses, l’État français emprunte sur les marchés en émettant des obligations. Le taux auquel il se finance dépend notamment de l’inflation, des finances publiques et de la confiance des investisseurs. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans dépasse les 5 % (un sommet inédit depuis 2002) en raison de la défiance des investisseurs. Cette crise de confiance est alimentée par une dette publique très élevée (autour de 119 % du PIB), un déficit persistant, une instabilité politique face au budget 2027 et de récents troubles sociaux. Toutefois, cette hausse ne signifie pas que les crédits immobiliers atteindront automatiquement 5 %. Leurs taux dépendent aussi du coût de refinancement des banques, de leur politique commerciale, de leurs marges et de la concurrence. Quel lien entre le taux de la dette française et le crédit immobilier ? Les banques financent les crédits immobiliers grâce aux dépôts de leurs clients et à différentes sources de refinancement, notamment sur les marchés. Lorsque les rendements obligataires augmentent, leur coût de financement peut progresser, ce qui les incite à relever les taux des nouveaux prêts. Des taux immobiliers susceptibles de progresser L’OAT à 10 ans influence les conditions de financement, sans déterminer directement les taux immobiliers. Les banques tiennent aussi compte : du profil de l’emprunteur et de son apport ; de la durée du crédit ; de leurs marges et de leurs objectifs commerciaux ; de la concurrence entre établissements. Si la hausse des rendements obligataires se prolonge, les banques pourraient donc augmenter leurs taux immobiliers ou/et durcir leurs conditions d’octroi. Hausse de l’OAT 10 ans : quelles conséquences pour votre crédit immobilier ? À capital emprunté et durée identiques, une augmentation du taux immobilier entraîne une hausse des mensualités et du montant total des intérêts, hors assurance emprunteur.. Une capacité d'emprunt potentiellement réduite Pour les ménages dont le budget est déjà contraint, des mensualités plus élevées peuvent compliquer l'obtention d'un financement. À revenus constants, une hausse du taux peut réduire le montant maximal empruntable, notamment lorsque le dossier approche la limite du taux d'endettement retenu par les banques. Les acheteurs peuvent alors devoir : augmenter leur apport personnel ; revoir leur budget d'achat à la baisse ; rechercher un bien moins cher ; comparer davantage les offres bancaires ; ajuster la durée du crédit, dans les limites réglementaires (25 ans, voire 27 ans sous certaines conditions). La hausse des taux peut également peser sur le marché immobilier en réduisant le nombre de ménages capables de financer leur projet aux prix demandés. Moins de demandes = prix des offres en baisse. Le taux d'usure peut-il compliquer l'obtention d'un prêt ? La hausse des rendements de l'OAT 10 ans pourrait inciter les banques à relever leurs taux de crédit immobilier. Toutefois, cette augmentation se heurterait au taux d'usure en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026, qui fixe le taux annuel effectif global (TAEG) maximal auquel un établissement peut accorder un prêt. Depuis le 1er octobre 2026, les plafonds applicables aux crédits immobiliers à taux fixe sont les suivants : 4,09 % pour un prêt de moins de 10 ans ; 4,68 % pour un prêt de 10 ans à moins de 20 ans ; 5,40 % pour un prêt de 20 ans et plus. Ce plafond légal intègre plusieurs éléments du financement :  les intérêts bancaires,  les primes d'assurance emprunteur,  les frais de dossier,  les frais de garantie.  Cette contrainte pourrait compliquer le financement de certains ménages si les taux immobiliers progressent en l’absence d’évolution du plafond légal : on appelle ce phénomène l’effet ciseau. Les emprunteurs dont le profil alourdit le coût de l’assurance risquent davantage de voir leur dossier bloqué. Pour contourner cette difficulté, plusieurs leviers peuvent être étudiés. Comment limiter l'impact de la hausse des taux sur votre projet immobilier ? Même si le contexte obligataire se tend, plusieurs leviers permettent d’en limiter les conséquences pour préserver votre capacité de financement. Comparer les offres de crédit immobilier Les banques ne répercutent pas toutes les variations des marchés au même rythme. Il est donc utile de solliciter plusieurs établissements ou de faire appel à un courtier pour comparer les propositions. Optimiser votre assurance emprunteur L'assurance de prêt immobilier représente jusqu’à 40 % du coût global du financement. Heureusement elle est négociable, ce qui vous autorise à refuser la proposition d’assurance de la banque, jusqu’à 60 % plus chère que les offres alternatives. Utilisez un comparateur d’assurance de prêt immobilier pour sélectionner une formule externe compétitive, à condition que les garanties respectent les exigences de l'établissement prêteur. Cette démarche, appelée délégation d'assurance, peut réduire le TAEG et faciliter le respect du taux d'usure. Adapter votre budget et votre apport personnel Pour consolider votre dossier, vous pouvez également augmenter votre apport, réduire le montant emprunté ou revoir le prix du bien recherché. Une situation professionnelle stable, des comptes bien tenus et un taux d'effort maîtrisé peuvent aussi renforcer votre profil auprès des banques. Faut-il reporter son achat immobilier en 2027 ? Le passage du taux d'emprunt de la France à 5 % ne signifie pas qu'il faut renoncer à acheter. Certes, il traduit un environnement financier plus incertain, susceptible de peser sur les conditions de crédit. Mais si votre projet immobilier est abouti, ne le remettez pas aux calendes grecques dans l’espoir de voir les taux d’emprunt baisser.  En 2027, une baisse franche des taux d'emprunt (immobiliers et souverains) paraît peu probable. Avec une dette et un taux d'OAT élevés, une inflation persistante autour de 2,5% (prévisions de la BCE pour la zone euro) et les incertitudes liées au budget et à l'élection présidentielle d'avril-mai 2027, les courtiers anticipent plutôt des taux immobiliers autour de 4 % (hors assurance et coût des sûretés). Avant de prendre une décision, évaluez votre capacité de remboursement, comparez les offres et vérifiez que votre budget reste soutenable en intégrant l'assurance et les frais annexes. L'enjeu est de sécuriser votre financement plutôt que de chercher à anticiper parfaitement l'évolution des taux.