Montres connectées, tensiomètres intelligents, glucomètres reliés à une application… Les dispositifs médicaux connectés connaissent un essor fulgurant. Ils s’imposent désormais comme des outils incontournables de prévention et de suivi des maladies chroniques. Mais une question revient souvent chez les assurés : la mutuelle santé rembourse-t-elle ces équipements innovants ?
Entre cadre réglementaire, rôle de l’Assurance maladie et garanties des complémentaires santé, la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Qu’est-ce qu’un dispositif médical connecté ?
Les dispositifs médicaux connectés regroupent tous les équipements capables de collecter, analyser et transmettre des données de santé via une connexion numérique.
Une définition encadrée
Un dispositif médical connecté est reconnu comme tel lorsqu’il :
- a une finalité médicale (diagnostic, prévention, suivi ou traitement)
- est certifié conforme aux normes européennes (marquage CE médical)
- peut être utilisé dans un cadre médical, parfois avec prescription
Exemples de dispositifs concernés
Parmi les plus courants, on retrouve :
- les lecteurs de glycémie connectés (pour les personnes diabétiques)
- les tensiomètres intelligents
- les balances connectées médicalisées
- les capteurs d’activité prescrits dans certains parcours de soins
- certains objets de télésurveillance médicale
Attention : tous les objets connectés ne sont pas considérés comme des dispositifs médicaux. Une montre connectée grand public, par exemple, n’en est pas un, même si elle enregistre vos données de santé (taille, poids, rythme cardiaque, etc.).
Quelle prise en charge des dispositifs médicaux connectés par l’Assurance maladie en 2026 ?
Avant de parler de mutuelle, il faut comprendre le rôle de l’Assurance maladie, qui constitue la base du remboursement.
Le principe : une inscription sur une liste officielle
Pour être remboursé par la Sécurité Sociale, un dispositif médical doit figurer sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR).
Cela implique :
- une évaluation médicale de son utilité
- une validation par les autorités de santé
- un prix de remboursement fixé
En 2026, seulement 3 types de dispositifs connectés sont bien inscrits sur cette liste :
- les dispositifs médicaux pour la mesure de la glycémie capillaire (sur une goutte de sang) : permettent l’autosurveillance glycémique (ASG), autopiqueurs et lecteurs (type ACCU-CHECK)
- les systèmes de mesure en continu du glucose interstitiel (remplace la mesure de la glycémie capillaire) : uniquement les dispositifs Dexcom One et Dexcom One+
- les systèmes d’autosurveillance du glucose interstitiel Freestyle Libre 2 et 3
Un remboursement encore limité
Malgré les avancées, la prise en charge reste encadrée :
- elle dépend d’une prescription médicale obligatoire (médecin généraliste, diabétologue, pédiatre, sage-femme)
- elle concerne surtout des pathologies spécifiques (diabète de type 1, diabète gestationnel, certains diabètes de type 2)
- le remboursement est parfois partiel, avec un reste à charge
- les prix de vente sont plafonnés (par exemple 58,08 € pour l’ACCU-CHECK).
On constate que très peu de dispositifs connectés sont couverts par l’Assurance Maladie. Même le tensiomètre, pourtant utile en cas d’hypertension ou de facteur de risque cardio-vasculaire, ne bénéficie d’aucune prise en charge du régime général.
La mutuelle santé peut-elle compléter le remboursement des dispositifs de santé connectés ?
C’est ici que la mutuelle santé entre en jeu. Son rôle est de compléter les remboursements de l’Assurance Maladie.
Cas n°1 : dispositif déjà remboursé par la Sécurité Sociale
Lorsque le dispositif figure sur la LPPR :
- la mutuelle peut compléter le ticket modérateur ;
- certaines offres prennent en charge les dépassements éventuels ;
- les contrats de mutuelle haut de gamme peuvent prendre en charge l’intégralité de la dépense.
Cas n°2 : dispositif non remboursé par la Sécurité sociale
C’est la situation la plus fréquente pour les objets connectés.
Dans ce cas :
- la mutuelle n’a aucune obligation de remboursement
- tout dépend des garanties de mutuelle santé prévues dans le contrat
Certaines complémentaires proposent toutefois :
- un forfait “médecine douce et prévention”
- un budget annuel pour équipements innovants
- des offres spécifiques liées à la e-santé
Un tensiomètre, qui coûte entre 30 € et 80 €, peut être pris en charge dans le cadre du forfait prévention de votre mutuelle, si vous avez opté pour cette garantie. Vérifiez toutefois si le remboursement n’est pas conditionné à une prescription médicale ou un modèle précis.
Mutuelles et innovation en santé : vers une prise en charge élargie ?
Face à l’essor des technologies de santé, les mutuelles commencent à adapter leurs offres.
Une évolution progressive des garanties
Certaines mutuelles intègrent désormais :
- des forfaits prévention élargis
- la prise en charge de solutions de télésuivi
- des partenariats avec des start-ups de la e-santé
L’objectif est clair : encourager la prévention pour limiter les dépenses de santé à long terme.
Le rôle des contrats responsables
Les contrats de mutuelle responsable, qui représentent l’immense majorité du marché, imposent certaines limites :
- Ils doivent respecter un cadre réglementaire strict.
- Ils privilégient les actes et produits reconnus par l’Assurance maladie, dans le respect du parcours de soins coordonnés.
- Le remboursement des produits de santé connectés ne fait pas partie du cahier des charges.
Résultat : les innovations mettent parfois du temps à être intégrées.
Quels critères pour espérer un remboursement des dispositifs médicaux connectés ?
Pour maximiser vos chances de prise en charge, plusieurs éléments sont déterminants.
1. La reconnaissance médicale du dispositif
- marquage CE médical obligatoire
- validation scientifique
- usage recommandé par un professionnel de santé
2. La prescription médicale
Dans de nombreux cas, une ordonnance est indispensable pour :
- déclencher le remboursement
- justifier l’utilité thérapeutique
3. Le contrat de mutuelle
Tous les contrats ne se valent pas. Vérifiez notamment :
- les forfaits prévention
- les plafonds annuels
- les exclusions de garantie
Une mutuelle pas chère d’entrée de gamme couvrira rarement ces équipements.
Quels dispositifs connectés sont les mieux remboursés par les mutuelles ?
En pratique, certains équipements bénéficient déjà d’une meilleure prise en charge.
Les dispositifs pour maladies chroniques
Ce sont les mieux couverts :
- capteurs de glucose
- dispositifs de suivi cardiaque
- solutions de télésurveillance médicale
Ils répondent à un enjeu de santé publique, ce qui favorise leur remboursement.
Les objets de prévention : encore en retrait
En revanche, les produits suivants restent généralement non remboursés, car considérés comme du confort :
- montres connectées
- trackers d’activité
- applications de bien-être
Faut-il adapter sa mutuelle en 2026 ?
Avec l’évolution rapide des technologies de santé, il peut être pertinent de revoir son contrat.
Les profils concernés
Vous avez intérêt à vérifier votre couverture si vous :
- souffrez d’une maladie chronique ou d’une ALD (Affection de Longue Durée)
- utilisez déjà des dispositifs connectés
- souhaitez investir dans la prévention
Les points à comparer
Si vous adhérez à un contrat de complémentaire santé individuel, vous avez le droit de le résilier quand vous le souhaitez après une année de souscription. Grâce à la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé, vous pouvez économiser jusqu’à 300 € par an à garanties équivalentes.
Avant de changer de mutuelle, analysez :
- les forfaits équipements médicaux
- les garanties liées à la télésanté
- les services d’accompagnement (applications, coaching santé…)
Une mutuelle innovante peut offrir un réel avantage.