Immobilier : le PTZ maintenu jusqu'à fin 2023

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Les futurs primo-accédants peuvent se rassurer : le PTZ qui permet de financer la résidence principale est prolongé jusqu'à fin 2023 et reste dans sa forme actuelle pour les deux années à venir, sauf adoption d’une proposition de loi visant à établir une quotité maximale identique sur tout le territoire. Voici ce qu'il faut retenir des conditions pour profiter du PTZ.

Pas de changement pour le PTZ

Il était prévu que le Prêt à Taux Zéro ou PTZ disparaisse fin 2022 et que les conditions d'éligibilité soient modifiées en janvier 2022. Finalement, il n'en sera rien. La ministre du Logement Emmanuelle Wargon a indiqué sur BFM Business que le schéma actuel reste en place pour l'année prochaine et que le dispositif sera reconduit en 2023. Cette annonce a été confirmée le 7 octobre dernier lors de la publication du budget logement pour 2022.

Il avait été envisagé de modifier le mode de prise en compte des ressources, à l'image des APL (Aides Personnelles au Logement) qui appliquent la contemporanéisation des ressources (en temps réel), mais la complexité du projet a fait céder les technocrates. Le PTZ est maintenu en l'état pour les deux prochaines années.

Harmonisation du zonage pour la part finançable ?

Les zonages et les barèmes de conditions de ressources restent les mêmes, sauf éventuelles revalorisations annuelles. Un schéma qui pourrait évoluer si la proposition de loi  déposée mi-septembre par des députés du groupe LR, visant à supprimer les zonages du PTZ afin de faciliter l'accession à la propriété sur tout le territoire, est adoptée.

Les effets du zonage engendrent aujourd'hui une limitation du nombre d'emprunteurs éligibles à la quotité finançable à 40% du montant de l'opération. Les zones B2 et C, où la part du financement éligible au PTZ est aujourd'hui réduite à 20% dans le neuf, représentent plus de 90% du territoire, un argument fort qui plaide pour la fin de tout critère de localisation afin de faciliter l'accession à la propriété des ménages modestes hors des grandes villes. Selon les constructeurs de maisons individuelles, la quotité du PTZ réduite à 20% en zone rurale aurait empêché quelque 14 000 projets. 

Visibilité pour les emprunteurs

La prolongation du PTZ et le maintien des conditions d'éligibilité sont salués par les professionnels. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) se félicite de cette mesure dans un contexte marqué par des surcoûts de construction, liés notamment à la nouvelle réglementation environnementale (RE 2020). En repoussant la date de péremption du PTZ, le gouvernement offre une meilleure visibilité, "tant pour les opérateurs que pour les acquéreurs de logements neufs, sur un dispositif maîtrisé qui a fait ses preuves". La FFB soutient bien évidemment la proposition de loi qui vise à restaurer une quotité à 40% sur l'ensemble du territoire, pour laquelle elle milite activement.

Le PTZ a essuyé de sévères critiques de la part de la Cour des Comptes. En 2016, la juridiction financière accusait un coût élevé pour des bénéfices incertains, ainsi qu'un possible effet inflationniste sur les prix immobiliers. En 2019, l'Inspection Générale des Finances avait même demandé la suppression du PTZ dans le neuf en zone rurale et d'acter la fin du dispositif. Lors du vote du budget 2020, les parlementaires étaient passés outre ces préconisations.

Les conditions du PTZ en 2022 et en 2023

Comme son nom l'indique, le PTZ permet l'octroi d'un prêt sans intérêt pour financer la primo-accession à la propriété. Il est accordé sous conditions de ressources aux personnes n'étant pas propriétaires de leur domicile depuis au moins deux ans. Les plafonds de ressources sont définis selon les zones et la composition du foyer demandeur :

Nombre de personnes

Zones A bis et A

Zone B1

Zone B2

Zone C

1

37 000 €

30 000 €

27 000 €

24 000 €

2

51 800 €

42 000 €

37 800 €

33 600 €

3

62 900 €

51 000 €

45 900 €

40 800 €

4

74 000 €

60 000 €

54 000 €

48 000 €

5

85 100 €

69 000 €

62 100 €

55 200 €

6

96 200 €

78 000 €

70 200 €

62 400 €

7

107 300 €

87 000 €

78 300 €

69 600 €

8 et plus

118 400 €

96 000 €

86 400 €

76 800 €

Le revenu fiscal de référence est celui de l'année N-2. Pour 2021, ce sont vos revenus de l'année 2019 qui seront pris en compte pour déterminer si vous êtes éligible ou non au PTZ ; pour une demande de PTZ en 2022, seront concernés les revenus de l’année 2020.

Être éligible au PTZ ne vous garantit pas l’attribution de l’aide. Vous restez soumis aux critères de solvabilité de la banque émettrice du financement et devez respecter les règles d’octroi qui limitent le taux d’endettement à 35% de vos revenus nets, tous crédits confondus.

Le PTZ permet de financer les projets immobiliers à hauteur de :

achat dans le neuf :

  • 40% en zones A , A bis et B1
  • 20% en zones B2 et C

achat dans l'ancien avec travaux :

  • impossible en zones A , A bis et B1
  • 40% en zones B2 et C.

Pour bénéficier du PTZ dans l'ancien, le logement doit faire l'objet d'importants travaux de transformation ou de rénovation énergétique (au moins 25% du coût total de l'opération à financer).

Pour l’acquisition d’un logement neuf, un couple avec un enfant peut bénéficier d’un PTZ dont le montant maximum oscille entre 84 000€ et 56 000€ selon la zone concernée. Pour l’acquisition d’un logement ancien avec travaux, la part finançable via le PTZ va de 74 800€ (zone B2) à 68 000€ (zone C) pour ce même couple.

Attention : le PTZ doit être garanti par une assurance décès-invalidité au même titre que tout autre prêt immobilier. Les cotisations ne bénéficient d'aucun différé. En fonction de votre niveau de ressources, vous pouvez en effet différer le remboursement du PTZ de 5, 10 ou 15 ans. Durant la période de différé, l'assurance adossée au PTZ est due mensuellement et s'ajoute aux mensualités du crédit classique complémentaire.

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Hausse des forfaits médicaux en mars et avril 2026 : quel impact sur les mutuelles santé ?

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Santé : les 3 chiffres alarmants sur l’accès aux soins

L’accès aux soins en France se dégrade de manière préoccupante, comme le révèle la 3ᵉ édition du baromètre de l’accès aux soins réalisé par Ipsos pour la Fédération hospitalière de France (FHF). Derrière les constats globaux se cachent 3 chiffres clés particulièrement alarmants : explosion des délais de rendez-vous, renoncement massif aux soins et recours inadapté aux urgences. Ces indicateurs traduisent une crise structurelle du système de santé qui pénalise directement les patients. Découvrez une analyse complète des données essentielles à retenir, ainsi que leurs implications concrètes. Un système de santé sous tension : inquiétude généralisée des Français Avant même d’entrer dans les chiffres, le climat global est marqué par une forte défiance et une inquiétude croissante. Une perception très négative de la situation Les Français expriment massivement des sentiments négatifs face à l’état actuel du système de santé : 90 % se disent en colère face au manque de moyens hospitaliers. 89 % estiment qu’un investissement urgent est nécessaire. 85 % dénoncent des inégalités d’accès aux soins. Ces résultats traduisent une perte de confiance structurelle, alimentée par des difficultés concrètes d’accès aux professionnels de santé. Une peur réelle de ne pas être soigné Au-delà des opinions, les craintes individuelles sont très présentes : 73 % des Français ont peur de ne pas accéder à des soins de qualité en cas d’urgence. 63 % redoutent une hospitalisation dans le contexte actuel. Cette anxiété est directement liée aux tensions sur le système de santé et à la saturation des structures hospitalières. Chiffre n°1 – Des délais d’attente qui explosent L’allongement des délais de rendez-vous constitue l’un des principaux freins à l’accès aux soins. Des délais moyens très élevés selon les spécialités Les temps d’attente varient fortement selon les professionnels, mais restent globalement préoccupants : Médecin généraliste : 12 jours Pédiatre : 3 semaines Gynécologue ou psychiatre : 2 mois ORL : plus de 2 mois Ophtalmologiste : près de 3 mois Cardiologue : plus de 3 mois Dermatologue : plus de 4 mois Certains spécialistes deviennent quasiment inaccessibles dans des délais raisonnables, notamment les dermatologues où l’attente peut aller jusqu’à 1 an ! Une aggravation continue depuis plusieurs années La situation s’est nettement détériorée depuis 2019 : Délais multipliés par 3 pour les médecins généralistes Délais doublés pour plusieurs spécialistes (ORL, cardiologues, dermatologues) Cette évolution traduit : Une pénurie de professionnels de santé Une demande en forte augmentation Une organisation territoriale inadaptée Des inégalités territoriales persistantes L’accès aux soins varie fortement selon les régions : Certaines zones dépassent 20 semaines d’attente pour un dermatologue. Même les zones les mieux dotées comme la région PACA restent sous tension. La fracture territoriale en matière de santé continue de s’accentuer. Chiffre n°2 – 73 % des Français ont déjà renoncé à des soins Le renoncement aux soins est désormais un phénomène massif, en constante progression. Une hausse continue du renoncement Sur les 5 dernières années, 73 % des Français ont renoncé à au moins un acte médical, contre 68 % en 2025 et 63 % en 2024.   La tendance est clairement à la hausse, signe d’un accès de plus en plus difficile. Les principales raisons du renoncement Trois facteurs majeurs expliquent ce phénomène : 1. Les délais trop longs (facteur principal) 59 % des renoncements sont liés à l’attente. Difficulté à obtenir un rendez-vous rapide. 2. Le coût des soins 40 % des Français renoncent pour des raisons financières. Reste à charge trop élevé malgré les remboursements de la Sécurité Sociale. 3. L’éloignement géographique 38 % évoquent la distance comme frein. Manque de professionnels dans certaines zones (désert médical). Les types de soins les plus concernés Les renoncements portent sur plusieurs actes essentiels : Consultations médicales Analyses et examens Achat de médicaments Ce phénomène a des conséquences directes sur la santé publique, notamment en retardant les diagnostics. Chiffre n°3 – 1 Français sur 2 se rend aux urgences sans nécessité Le recours inapproprié aux urgences est un autre indicateur clé des dysfonctionnements du système. Une fréquentation élevée et inadaptée 49 % des Français se sont déjà rendus au service d’urgence sans réelle urgence médicale. Une hausse par rapport à 42 % en 2019. Ce chiffre illustre un report massif vers l’hôpital faute d’alternatives. Ce sont les plus jeunes qui abusent davantage du système : 57 % des moins de 35 ans se sont rendus aux urgences alors que leur situation ne le justifiait pas. Les principales raisons de ce recours Plusieurs facteurs expliquent ce comportement : Manque d’information sur les alternatives (29 %) Difficulté à obtenir un rendez-vous en ville (27 %) Recherche de rapidité et d’examens immédiats (27 %) Refus de prise en charge sans rendez-vous (18 %) Proximité géographique des urgences (15 %) Un symptôme d’un système désorganisé Le recours aux urgences reflète : Une médecine de ville saturée Un manque de coordination entre acteurs Une absence de solutions accessibles rapidement Résultat : une surcharge des services d’urgence, déjà sous pression. Quelles conséquences pour les patients ? Ces 3 chiffres clés ont des impacts concrets sur la population. Une dégradation de la prise en charge Retards de diagnostic Aggravation des pathologies Suivi médical insuffisant Une inégalité croissante face aux soins Les populations les plus fragiles sont les plus touchées : Personnes à faibles revenus Habitants des zones rurales Patients sans complémentaire santé Une pression accrue sur les hôpitaux Engorgement des urgences Conditions de travail dégradées pour les soignants Baisse de la qualité des soins La cherté des complémentaires santé creuse le phénomène de renoncement aux soins. Il faut compter au bas mot 80 € par mois pour une mutuelle santé senior avec des garanties minimales, les retraités étant davantage fragilisés que les actifs (mutuelle obligatoire pour les salariés et la fonction publique, mutuelle loi Madelin pour les TNS), puisqu’ils doivent assumer entièrement leur cotisation. Seuls les plus modestes peuvent accéder à la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) qui ouvre droit à une mutuelle gratuite ou à faible participation financière. Vers une crise durable de l’accès aux soins ? Les indicateurs montrent une tendance structurelle inquiétante. Un système à bout de souffle Les difficultés actuelles résultent de plusieurs facteurs cumulés : Vieillissement de la population Désertification médicale Manque d’attractivité des métiers de santé Organisation territoriale inadaptée Des solutions encore insuffisantes Malgré certaines initiatives, les réponses restent limitées : Développement de la télémédecine Réorganisation des parcours de soins Incitations à l’installation des médecins Ces mesures peinent encore à inverser la tendance. L’accès aux soins est aujourd’hui l’un des principaux défis du système de santé français. Les délais d’attente, le renoncement aux soins et le recours excessif aux urgences ne sont pas des phénomènes isolés, mais les symptômes d’un déséquilibre global. Pour les patients, ces difficultés se traduisent par une prise en charge plus tardive, plus complexe et parfois incomplète. À moyen terme, sans réforme structurelle, ces tensions pourraient continuer de s’aggraver. L’enjeu est désormais clair : garantir un accès équitable, rapide et efficace aux soins pour l’ensemble de la population. Source : 3ème édition du Baromètre de l’accès aux soins de la Fédération Hospitalière de France (FHF), mars 2026