Impact négatif du Pinel : amélioration possible ?

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Lancé en septembre 2014 suite à l'assouplissement du régime Duflot, le Pinel est le dispositif destiné aux investisseurs locatifs le plus attribué en France. Il a été prorogé jusqu'en décembre 2021 par la loi de finances 2018. Un rapport commandé par le gouvernement évalue pourtant négativement son impact sur l'offre de logement et sur les prix, et propose diverses pistes pour l'améliorer.

Loi Pinel : un bilan mitigé

Missionnés en juin dernier par le gouvernement, l'Inspection Générale des Finances (IGF) et le Conseil Général de l'Environnement et du Développement Durable (CGEDD) viennent tout juste de livrer leur rapport sur l'évaluation du dispositif d'aide fiscale à l'investissement locatif loi Pinel. Dans ce rapport, les auteurs ont cherché à mesurer les effets du dispositif sur les prix de l'immobilier (foncier, vente au particulier), sa rentabilité (pour les finances de l'État et les particuliers), et son impact sur la ville. Le bilan s'avère globalement négatif et si la viabilité du dispositif Pinel n'est pas remise en cause, la mission recommande qu'il soit réformé pour répondre aux objectifs fixés initialement, à savoir la construction des logements en zones tendues, le soutien à l'investissement locatif et le développement d'une offre de logements à loyers intermédiaires dans le parc locatif privé.

Le dispositif Pinel n'est pas menacé de suppression et sera bien prolongé jusqu'au 31 décembre 2021. Le rapport de l'IGF et du CGEDD pointe néanmoins ses effets négatifs, tant pour les particuliers investisseurs que pour l'État et les collectivités locales :

  • La construction d'un logement Pinel coûte 35% plus cher à l'État qu'un financement par un investisseur institutionnel.
  • La construction dans les territoires non éligibles au Pinel est pénalisée du fait de la concurrence des zones éligibles au dispositif.
  • Les logements ne se situent pas nécessairement dans les zones les plus pertinentes pour leur politique locale de l'habitat.
  • Le nombre de logements Pinel n'est pas maîtrisable pour les collectivités.
  • Il y a corrélation entre une forte proportion d'investissements Pinel et une moindre qualité des logements.
  • Les copropriétés majoritairement composées de logements en loi Pinel prennent des risques sur la qualité du logement et son entretien futur. Le phénomène se constate essentiellement dans les villes de taille petite ou moyenne.
  • Pour l'investisseur, l'attrait de la carotte fiscale occulte une rentabilité globale négative en l'absence de hausse des prix de l'immobilier.
  • La rentabilité de l’investissement Pinel sur neuf ans est annulée ou négative si le prix de vente est inférieur à 2 886€/m².
  • Moins de 10% de l'aide de l'État (réduction d'impôt) se traduisent par une baisse du loyer.

Le rapport reconnaît toutefois que le dispositif a "favorisé un développement important de l'offre locative privée" et a même joué "un rôle d'accélérateur, voire de déclencheur, des projets de logements collectifs en France".

Loi Pinel : une réforme en vue ?

Parmi les propositions émises par le rapport de l'IGF et du CGEDD, visant à recentrer le Pinel sur ces objectifs initiaux, voici les deux principales :

  1. Contingenter l'aide : mieux coordonner le dispositif avec la politique locale de l'habitat afin de promouvoir des logements qui répondent davantage aux besoins locaux. Le rapport préconise de plafonner "le nombre de logements locatifs aidés dans une commune de façon à pouvoir contenir leur multiplication dans les zones A et B1 et éviter qu'ils n'évincent des projets incluant des logements qui répondent mieux à des besoins locaux (des logements familiaux par exemple), même s'ils ne sont pas taillés pour la défiscalisation proposée à des particuliers investisseurs."
  2. Rechercher une plus grande implication des investisseurs institutionnels : le but est de modérer l'effet d'éviction du dispositif Pinel dans les projets de promoteurs au détriment des investisseurs institutionnels.

Enfin, le rapport suggère de transformer le dispositif en prime budgétaire si les évolutions proposées s'avèrent difficiles à mettre en place pour des raisons de rupture du principe constitutionnel d'égalité.

Le constat posé par l'IGF et le CGEDD n'est pas en phase avec un rapport indépendant réalisé par le cabinet Preview et publié en septembre dernier. Les économistes auteurs de cette étude démontrent pour la première fois l'intérêt économique des dispositifs d'investissement locatif, et en particulier du Pinel. Le manque à gagner fiscal pour l'État, qui accorde une réduction d'impôt aux contribuables réalisant un investissement en régime Pinel, est largement compensé par les apports fiscaux liés à cet investissement. Non seulement les logements éligibles au Pinel ne sont pas plus chers, mais les investisseurs, qui n'auraient pas acheté sans ce dispositif, peuvent atténuer le rendement affaibli par la fiscalité grâce au dispositif. Le rapport rappelle que le Pinel a permis à lui seul, en quatre ans, de construire et de vendre près de 190 000 logements.

Rappel du dispositif Pinel

Le dispositif Pinel est attribué à tout particulier investisseur qui acquiert ou fait construire un logement neuf ou en l'état d'achèvement. Pour bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu étalée sur 6, 9 ou 12 ans, au taux s'élevant respectivement à 12%, 18% ou 21%, l'investisseur doit respecter les conditions suivantes :

  • le logement doit être neuf, conforme au niveau de performance énergétique globale et situé en zone tendue (Abis, A et B1) ou dans une commune couverte par un contrat de redynamisation de site de défense depuis janvier 2018 ;
  • le logement doit être loué durant une période minimale de 6, 9 ou 12 ans ;
  • le montant de l'investissement doit respecter la double limite de 300 000€ et de 5 500€/m², avec la possibilité d'acquérir 2 logements ;
  • les revenus du locataire ne doivent pas excéder les plafonds définis par zone ;
  • le locataire peut être un ascendant ou un descendant du propriétaire dès lors qu'il n'est pas membre du foyer fiscal du propriétaire ;
  • le loyer appliqué respecte les plafonds mis en place selon les zones (en général inférieur à 20% des loyers du marché).

Le projet de loi de finances 2019 a introduit un changement notable : les logements anciens situés dans les communes signataires d’une convention de revitalisation du territoire sont eux désormais éligibles à la réduction d’impôt, ainsi que les logements se trouvant dans un centre-ville à fort besoin de réhabilitation sous réserve d'engager des travaux d'amélioration à hauteur d'un minimum de 25 % du coût total de l’opération. La réduction d’impôt en loi Pinel est comprise dans le plafonnement des niches fiscales fixé à 10 000€ par an.

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Ce que la transparence permet concrètement Opter pour une démarche honnête offre plusieurs avantages concrets : Une relation de confiance avec la banque et le courtier, facilitant les négociations Un contrat d'assurance valide, qui protège réellement en cas d'accident de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail) Une tranquillité d'esprit sur la durée du prêt, sans crainte d'être démasqué Des conditions de remboursement adaptées à la capacité réelle de l'emprunteur Une protection pour la famille, qui ne se retrouvera pas à hériter d'une dette impossible à honorer Mentir sur son dossier de crédit immobilier, c'est jouer à un jeu dangereux. Les banques disposent des outils pour détecter la fraude, le droit protège les assureurs contre les fausses déclarations, et les conséquences peuvent s'étendre sur des années. La transparence, même inconfortable au départ, reste la seule stratégie véritablement gagnante.

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Mutuelle santé : quel remboursement pour les dispositifs médicaux connectés en 2026 ?

Montres connectées, tensiomètres intelligents, glucomètres reliés à une application… Les dispositifs médicaux connectés connaissent un essor fulgurant. Ils s’imposent désormais comme des outils incontournables de prévention et de suivi des maladies chroniques. Mais une question revient souvent chez les assurés : la mutuelle santé rembourse-t-elle ces équipements innovants ? Entre cadre réglementaire, rôle de l’Assurance maladie et garanties des complémentaires santé, la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. Qu’est-ce qu’un dispositif médical connecté ? Les dispositifs médicaux connectés regroupent tous les équipements capables de collecter, analyser et transmettre des données de santé via une connexion numérique. Une définition encadrée Un dispositif médical connecté est reconnu comme tel lorsqu’il : a une finalité médicale (diagnostic, prévention, suivi ou traitement) est certifié conforme aux normes européennes (marquage CE médical) peut être utilisé dans un cadre médical, parfois avec prescription Exemples de dispositifs concernés Parmi les plus courants, on retrouve : les lecteurs de glycémie connectés (pour les personnes diabétiques) les tensiomètres intelligents les balances connectées médicalisées les capteurs d’activité prescrits dans certains parcours de soins certains objets de télésurveillance médicale Attention : tous les objets connectés ne sont pas considérés comme des dispositifs médicaux. Une montre connectée grand public, par exemple, n’en est pas un, même si elle enregistre vos données de santé (taille, poids, rythme cardiaque, etc.). Quelle prise en charge des dispositifs médicaux connectés par l’Assurance maladie en 2026 ? Avant de parler de mutuelle, il faut comprendre le rôle de l’Assurance maladie, qui constitue la base du remboursement. Le principe : une inscription sur une liste officielle Pour être remboursé par la Sécurité Sociale, un dispositif médical doit figurer sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR). Cela implique : une évaluation médicale de son utilité une validation par les autorités de santé un prix de remboursement fixé En 2026, seulement 3 types de dispositifs connectés sont bien inscrits sur cette liste : les dispositifs médicaux pour la mesure de la glycémie capillaire (sur une goutte de sang) : permettent l’autosurveillance glycémique (ASG), autopiqueurs et lecteurs (type ACCU-CHECK) les systèmes de mesure en continu du glucose interstitiel (remplace la mesure de la glycémie capillaire) : uniquement les dispositifs Dexcom One et Dexcom One+ les systèmes d’autosurveillance du glucose interstitiel Freestyle Libre 2 et 3 Un remboursement encore limité Malgré les avancées, la prise en charge reste encadrée : elle dépend d’une prescription médicale obligatoire (médecin généraliste, diabétologue, pédiatre, sage-femme) elle concerne surtout des pathologies spécifiques (diabète de type 1, diabète gestationnel, certains diabètes de type 2) le remboursement est parfois partiel, avec un reste à charge les prix de vente sont plafonnés (par exemple 58,08 € pour l’ACCU-CHECK). On constate que très peu de dispositifs connectés sont couverts par l’Assurance Maladie. Même le tensiomètre, pourtant utile en cas d’hypertension ou de facteur de risque cardio-vasculaire, ne bénéficie d’aucune prise en charge du régime général. La mutuelle santé peut-elle compléter le remboursement des dispositifs de santé connectés ? C’est ici que la mutuelle santé entre en jeu. Son rôle est de compléter les remboursements de l’Assurance Maladie. Cas n°1 : dispositif déjà remboursé par la Sécurité Sociale Lorsque le dispositif figure sur la LPPR : la mutuelle peut compléter le ticket modérateur ;  certaines offres prennent en charge les dépassements éventuels ;  les contrats de mutuelle haut de gamme peuvent prendre en charge l’intégralité de la dépense.  Cas n°2 : dispositif non remboursé par la Sécurité sociale C’est la situation la plus fréquente pour les objets connectés. Dans ce cas : la mutuelle n’a aucune obligation de remboursement tout dépend des garanties de mutuelle santé prévues dans le contrat Certaines complémentaires proposent toutefois : un forfait “médecine douce et prévention” un budget annuel pour équipements innovants des offres spécifiques liées à la e-santé Un tensiomètre, qui coûte entre 30 € et 80 €, peut être pris en charge dans le cadre du forfait prévention de votre mutuelle, si vous avez opté pour cette garantie. Vérifiez toutefois si le remboursement n’est pas conditionné à une prescription médicale ou un modèle précis. Mutuelles et innovation en santé : vers une prise en charge élargie ? Face à l’essor des technologies de santé, les mutuelles commencent à adapter leurs offres. Une évolution progressive des garanties Certaines mutuelles intègrent désormais : des forfaits prévention élargis la prise en charge de solutions de télésuivi des partenariats avec des start-ups de la e-santé L’objectif est clair : encourager la prévention pour limiter les dépenses de santé à long terme. Le rôle des contrats responsables Les contrats de mutuelle responsable, qui représentent l’immense majorité du marché, imposent certaines limites : Ils doivent respecter un cadre réglementaire strict. Ils privilégient les actes et produits reconnus par l’Assurance maladie, dans le respect du parcours de soins coordonnés. Le remboursement des produits de santé connectés ne fait pas partie du cahier des charges. Résultat : les innovations mettent parfois du temps à être intégrées. Quels critères pour espérer un remboursement des dispositifs médicaux connectés ? Pour maximiser vos chances de prise en charge, plusieurs éléments sont déterminants. 1. La reconnaissance médicale du dispositif marquage CE médical obligatoire validation scientifique usage recommandé par un professionnel de santé 2. La prescription médicale Dans de nombreux cas, une ordonnance est indispensable pour : déclencher le remboursement justifier l’utilité thérapeutique 3. Le contrat de mutuelle Tous les contrats ne se valent pas. Vérifiez notamment : les forfaits prévention les plafonds annuels les exclusions de garantie Une mutuelle pas chère d’entrée de gamme couvrira rarement ces équipements. Quels dispositifs connectés sont les mieux remboursés par les mutuelles ? En pratique, certains équipements bénéficient déjà d’une meilleure prise en charge. Les dispositifs pour maladies chroniques Ce sont les mieux couverts : capteurs de glucose dispositifs de suivi cardiaque solutions de télésurveillance médicale Ils répondent à un enjeu de santé publique, ce qui favorise leur remboursement. Les objets de prévention : encore en retrait En revanche, les produits suivants restent généralement non remboursés, car considérés comme du confort : montres connectées trackers d’activité applications de bien-être Faut-il adapter sa mutuelle en 2026 ? Avec l’évolution rapide des technologies de santé, il peut être pertinent de revoir son contrat. Les profils concernés Vous avez intérêt à vérifier votre couverture si vous : souffrez d’une maladie chronique ou d’une ALD (Affection de Longue Durée) utilisez déjà des dispositifs connectés souhaitez investir dans la prévention Les points à comparer Si vous adhérez à un contrat de complémentaire santé individuel, vous avez le droit de le résilier quand vous le souhaitez après une année de souscription. Grâce à la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé, vous pouvez économiser jusqu’à 300 € par an à garanties équivalentes.  Avant de changer de mutuelle, analysez : les forfaits équipements médicaux les garanties liées à la télésanté les services d’accompagnement (applications, coaching santé…) Une mutuelle innovante peut offrir un réel avantage.

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Médecins non conventionnés : fin du remboursement des prescriptions en janvier 2027

À partir du 1er janvier 2027, une évolution réglementaire majeure va modifier les règles de remboursement des soins en France. Une disposition issue de la loi de financement de la Sécurité sociale prévoit en effet de supprimer la prise en charge par l’Assurance Maladie des prescriptions réalisées par des médecins non conventionnés. Cette mesure concerne directement les praticiens dits de « secteur 3 », qui exercent en dehors du cadre conventionnel et appliquent des honoraires libres. Une réforme qui cible les prescriptions des médecins hors convention Jusqu’à présent, même si les consultations auprès de médecins non conventionnés sont très faiblement remboursées, les prescriptions qu’ils établissent (médicaments, examens, actes médicaux) peuvent encore ouvrir droit à un remboursement par l’Assurance Maladie. Ce ne sera bientôt plus le cas. À compter de janvier 2027, les produits de santé, actes et prestations prescrits par ces praticiens ne donneront plus lieu à aucun remboursement. Cette évolution marque un durcissement significatif du cadre de prise en charge de la part du régime général, avec des conséquences concrètes pour les patients qui consultent ces professionnels du secteur 3. Qu’est-ce qu’un médecin non conventionné ? Les médecins non conventionnés du secteur 3 sont des praticiens qui ont fait le choix de ne pas adhérer à la convention médicale signée entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie. Contrairement aux médecins de secteur 1 (tarifs opposables) et de secteur 2 (honoraires libres, déterminés avec tact et mesure), ils fixent leurs tarifs sans contrainte réglementaire. En pratique, leur présence reste marginale dans le système de santé français. Les estimations varient toutefois selon les sources : environ 800 médecins exerçant en secteur 3 d’après une étude du Sénat   autour de 1 300 professionnels selon les organisations représentatives de ces praticiens. Le secteur 3 est donc très minoritaire, comparativement aux secteurs 1 et 2 où environ 108 000 médecins exercent aujourd’hui. Cette situation s’explique en grande partie par les faibles niveaux de remboursement associés à ces consultation, à savoir sur la base d’un tarif d’autorité très faible (16% des tarifs conventionnés) avec une prise en charge dérisoire : de 0,43 € à 0,61 € pour une consultation chez un généraliste du secteur 3 de 0,85 € à 1,22 € pour une consultation chez un spécialiste du secteur 3. Quant aux prescriptions, elles sont remboursées au taux habituel du secteur conventionné… jusqu’au 31 décembre 2026. Pourquoi la fin du remboursement du secteur 3 ? La suppression du remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés s’inscrit dans une logique de régulation des dépenses de santé et d’incitation à respecter le cadre conventionnel. En effet, le système actuel repose largement sur un équilibre entre liberté tarifaire et accès aux soins. En limitant la prise en charge des actes liés aux praticiens hors convention, les pouvoirs publics cherchent à orienter les patients vers des médecins conventionnés, tout en maîtrisant les dépenses de l’Assurance Maladie. Comment vérifier le secteur de votre médecin ? Avant de consulter, il est utile de connaître le statut conventionnel du professionnel de santé. Plusieurs outils permettent d’obtenir cette information rapidement : L’annuaire en ligne de l’Assurance Maladie permet de rechercher un praticien par nom et localisation  Les plateformes de prise de rendez-vous médical, comme Doctolib, indiquent généralement le secteur d’exercice (secteur 1, secteur 2 ou non conventionné). Si la mention « secteur 3 » ou « non conventionné » apparaît, cela signifie que le médecin pratique des honoraires libres et que ses prescriptions ne seront plus remboursées à partir de 2027. Quelles conséquences pour les patients ? L’impact de cette réforme concerne le coût des actes et produits prescrits par les praticiens de secteur 3. Sur le remboursement des consultations Aujourd’hui déjà, les consultations chez les médecins non conventionnés donnent lieu à des remboursements très faibles. Cette situation ne changera pas après 2027. Les assurés continueront à être remboursés sur la base de tarifs d’autorité très bas comme indiqué plus haut. Sur les prescriptions médicales et autres produits de santé C’est sur ce point que la réforme est la plus structurante. À partir de 2027 : Les médicaments prescrits par un médecin non conventionné ne seront plus remboursés ; Les examens médicaux (analyses, imagerie, etc.) ne donneront plus lieu à une prise en charge ; Les actes paramédicaux prescrits (kinésithérapie, soins infirmiers…) ne seront plus couverts non plus ; Le transport sanitaire ne sera plus pris en charge. En d’autres termes, consulter un médecin de secteur 3 impliquera d’assumer l’intégralité des frais liés aux soins prescrits. Médecin de secteur 3 : quel rôle pour la mutuelle santé ? Les complémentaires santé interviennent en relais de l’Assurance Maladie. Elles calculent leurs remboursements à partir d’une base appelée « Base de Remboursement de la Sécurité Sociale » (BRSS). Or, si l’Assurance Maladie ne prend plus en charge un acte ou une prestation, cette base disparaît. Cela a des conséquences directes : Pour les consultations : la prise en charge reste très limitée, car la plupart des contrats sont des mutuelles responsables qui excluent le remboursement des dépassements d’honoraires des médecins non conventionnés en vertu du cahier des charges ; Pour les prescriptions : en l’absence de remboursement par la Sécurité sociale, les mutuelles ne peuvent généralement plus intervenir. Il existe toutefois des exceptions. Certains contrats proposent des garanties spécifiques sous forme de forfaits pour les frais non remboursés (médecine douce, acte hors nomenclature, etc.). Dans ce cas, une partie des dépenses pourrait être prise en charge, mais cela dépend entièrement des conditions du contrat. Une vigilance accrue sur votre contrat Face à cette évolution, il est essentiel d’anticiper et de vérifier les garanties de votre complémentaire santé. Plusieurs réflexes sont à adopter : Relire attentivement votre tableau de garanties de votre mutuelle santé Identifier les éventuels forfaits pour soins non remboursés par la Sécu Vérifier les exclusions liées aux médecins non conventionnés   Contacter votre assureur ou votre conseiller pour obtenir des précisions. Dans certains cas, il peut être pertinent d’adapter votre contrat si vous consultez régulièrement des praticiens hors convention. La résiliation infra-annuelle en mutuelle santé vous permet de dénoncer votre contrat actuel à tout moment après une année de souscription. Vous pouvez ainsi mettre les offres en concurrence via un comparateur de mutuelle santé et sélectionner une complémentaire non responsable qui ne soit pas soumise à des contraintes réglementaires. Faut-il éviter les médecins non conventionnés ? La question mérite d’être posée, mais la réponse dépend de votre situation personnelle. Certains patients choisissent ces praticiens pour des raisons spécifiques : spécialisation, approche thérapeutique, expertise, disponibilité ou réputation. Cependant, avec la réforme de 2027, le coût global des soins associés à ces consultations va fortement augmenter. Il sera donc nécessaire d’arbitrer entre la liberté de choix du praticien et le niveau de remboursement. Ce qu’il faut retenir La fin du remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés constitue un tournant important dans la politique de santé. À partir de 2027 : Les produits et actes prescrits par ces praticiens ne seront plus pris en charge par l’Assurance Maladie. Les mutuelles seront, dans la plupart des cas, incapables de compenser cette absence de remboursement. Les patients devront assumer des frais de santé potentiellement élevés. Dans ce contexte, s’informer sur le secteur de son médecin et sur les garanties de sa complémentaire santé devient indispensable pour éviter les mauvaises surprises financières.