Quel remboursement pour une séance d'acupuncture ?


Pratique ancestrale de la médecine traditionnelle chinoise, l'acupuncture convainc de plus en plus d'adeptes en France, et bénéficie d'un remboursement de la part de la Sécurité Sociale sous certaines conditions. La plupart des mutuelles proposent une prise en charge de l'acupuncture dans leur forfait "médecines douces".

Qu'est-ce que l'acupuncture ?

Pratique thérapeutique qui signifie littéralement "art des aiguilles de métal", l'acupuncture est une branche de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à stimuler des points spécifiques du corps pour rétablir la circulation de l'énergie. L'acupuncture est un art taoïste qui lui vaut d'être inscrite depuis 2010 au patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco. L'institution en donne la définition suivante : "L'acupuncture traditionnelle est un art de soigner qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l’Homme et de l’Univers."

Le Tao (voie), le Qi (énergie) et la notion de Yin/Yang sont les fondements de la philosophie taoïste sur lesquels repose la médecine traditionnelle chinoise, et en l'occurrence l'acupuncture. Selon le taoïsme, un déséquilibre de la circulation énergétique est la conséquence d'une rupture dans la relation de l'homme avec son environnement : la maladie s'installe quand les énergies internes de l'homme ne sont plus en phase avec les énergies externes qui l'entourent, quand il y a déséquilibre entre le Yin et le Yang. 

Le rôle de l'acupuncteur est de rétablir l'équilibre énergétique en libérant les canaux d'énergie qui parcourent le corps : ces canaux sont les méridiens d'acupuncture, des lignes de force qui dirigent la distribution du Qi et sont en relation étroite avec les organes (cœur, poumons, foie, reins, etc.) et tout ce qui structure le corps (sang, os, peau, muscles).

Introduite en Occident au XVIè siècle par les jésuites, l'acupuncture s'est réellement développée au cours du XXè siècle grâce à la promotion de George Soulié de Morant, diplomate et sinologue français qui créa la première consultation hospitalière d'acupuncture à l'hôpital Bichat en 1932. Ses ouvrages sur l'acupuncture font encore référence.

Que soigne l'acupuncture ?

Aujourd'hui, l'acupuncture est bien souvent éloignée de ses principes philosophiques. On n'en retient que l'aspect thérapeutique, curatif et préventif. L'acupuncture est une des rares médecines douces ou non conventionnelles à être reconnue par l'Académie nationale de médecine. Les points d'acupuncture sont définis par leurs dénominations, localisations, fonctions, indications et par leurs modalités d’utilisation.

La consultation d'acupuncture se déroule en plusieurs étapes :

  1. l'acupuncteur dialogue avec le patient pour s'enquérir de ses habitudes de vie (alimentation, activité physique, sommeil, etc.) et faire le lien entre les symptômes physiques et son état psychologique ; 
  2. il examine le patient en prenant son pouls chinois (au niveau du poignet) et sa langue, ce qui va le renseigner sur un éventuel déséquilibre énergétique ; il peut faire un diagnostic ;
  3. la pose d'aiguilles stériles et à usage unique peut alors intervenir ; elle doit se faire sans douleur.

Aiguilles et moxibustion, c'est-à-dire la stimulation des points par la chaleur, peuvent être associées. Les effets bénéfiques sont généralement ressentis dès la première consultation.

L'acupuncteur vérifie que l’acupuncture constitue bien un moyen de traitement adapté compatible avec l’ensemble des pathologies et traitements en cours, avant d'effectuer son propre traitement.

L'acupuncture est pratiquée pour de nombres indications validées par la Haute Autorité de Santé comme :

  • les douleurs articulaires et les problèmes locomoteurs,
  • les migraines,
  • la récupération après un AVC,
  • les nausées et vomissements post-opératoires, induits par la chimiothérapie,
  • la grossesse,
  • les troubles addictifs (tabac, alcool),
  • les troubles anxio-dépressifs,
  • l'énurésie,
  • la paralysie faciale.

L'acupuncture est également indiquée pour traiter des problèmes émotionnels liés au stress, l'insomnie, les troubles digestifs, la surcharge pondérale et l'obésité, les problèmes gynécologiques (douleurs menstruelles) et certains troubles neurologiques (vertiges, troubles de l'équilibre).

Qui pratique l'acupuncture ?

En France, l'acupuncture ne peut être exercée légalement que par les médecins, les chirurgiens-dentistes, les gynécologues-obstétriciens et les sages-femmes ayant obtenu un diplôme universitaire (DU) ou interuniversitaire (DIU) délivré par une faculté de médecine. Puisqu'il pose un diagnostic, l'acupuncteur doit au préalable être titulaire d'un diplôme de médecine. Préparée en trois ans, la formation d'acupuncteur est proposée dans plusieurs universités (Nantes, Paris V, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier I, Lyon I). Le diplôme est reconnu qualifiant par le Conseil National de l'Ordre des Médecins.

Les acupuncteurs non-médecins, ayant obtenu un diplôme d’acupuncture dans une des écoles dédiées à l'enseignement de cette pratique, ne sont pas reconnus par la législation française, et peuvent être poursuivis pour exercice illégale de la médecine.

Pour trouver un médecin acupuncteur, cliquez sur le site du Collège Français d'Acupuncture et de Médecine Traditionnelle Chinoise (CFA-MTC).

Quel remboursement pour une séance d'acupuncture ?

Le remboursement de l'acupuncture par la Sécurité Sociale

Bien que dispensée par un médecin ou une sage-femme, une séance d'acupuncture n'est pas remboursée par la Sécurité Sociale, sauf dans des cas très précis. L'acupuncture doit correspondre à l'un des 4 critères en traitement adjuvant et de deuxième intention chez l'adulte :

  • nausées et vomissements en alternative thérapeutique,
  • antalgique en association avec d'autres traitements,
  • syndrome anxiodépressif en association avec un programme de prise en charge globale,
  • aide au sevrage alcoolique et tabagique.

Dans ces situations, l'acupuncture fait partie de la classification commune des actes médicaux sous le code CCAM-QZRB001 et bénéficie d'un remboursement à hauteur de 70% sur la base d'une consultation de médecin généraliste conventionné (25€).

Si le médecin exerce en secteur 2 (honoraires libres), le prix d'une séance d'acupuncture peut coûter entre 40€ et 80€, ou plus en fonction de la zone géographique et de la réputation du praticien. Les dépassements d'honoraires ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale.

Le remboursement de l'acupuncture par les mutuelles

L'acupuncture fait l'objet d'un remboursement complémentaire par les mutuelles. Si la séance est pratiquée par un médecin conventionné de secteur 1 ou 2 dans le respect du parcours de soins coordonnés, le contrat rembourse au moins le ticket modérateur, c'est-à-dire la différence entre le tarif conventionné et le remboursement de la Sécu. Les éventuels dépassements d'honoraires peuvent être pris en charge selon les garanties souscrites.

Réalisée hors du parcours de soins coordonnés, la séance d'acupuncture est généralement remboursée par les organismes complémentaires. Hormis les contrats d’entrée de gamme, les mutuelles incluent une prise en charge de l'acupuncture dans leur garantie "médecines douces", sous la forme d'une somme forfaitaire pour tous les actes de médecines douces, ou sous la forme d’un prix par séance et d’un nombre plafonné de séances annuelles.

Rédigé par Astrid Cousin | Publié le 26/02/2021 | Modifié le 29/03/2021


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