Pratiquer le wingsuit et souscrire une assurance de prêt immobilier ne vont pas de pair. Ce sport aérien extrême, consistant à voler en combinaison ailée, est perçu par les compagnies d’assurance comme l’une des activités les plus risquées au monde. Entre surprimes, exclusions de garanties, voire refus de couverture, les adeptes du wingsuit se heurtent à un véritable parcours d’obstacles lorsqu’ils souhaitent sécuriser leur crédit immobilier.
Pourtant, obtenir une assurance emprunteur est une étape incontournable dans tout projet d’achat. Dans cet article, nous analysons l’incidence de la pratique du wingsuit sur l’assurance de prêt, les solutions pour réduire le coût de votre couverture et les conseils pour trouver un assureur adapté aux sports extrêmes.
Pourquoi le wingsuit est-il considéré comme un sport à risque aggravé en assurance de prêt ?
Le wingsuit, ou vol en combinaison ailée, est classé parmi les activités à risques sportif les plus élevés, au même titre que le base jump, le parachutisme ou le vol en wingsuit à partir d’un avion. Ce classement repose sur la combinaison de 3 facteurs : altitude, vitesse extrême et absence de marge d’erreur.
Définition du risque aggravé en assurance emprunteur
Un risque aggravé en assurance de prêt désigne toute situation qui augmente la probabilité de sinistre couvert par le contrat (décès, invalidité, incapacité temporaire de travail). Ces situations peuvent découler :
- d’un état de santé fragile ou d’antécédents médicaux importants
- d’une profession dangereuse (pompier, militaire, couvreur, pilote d’essai)
- d’une activité sportive extrême comme le wingsuit.
Les spécificités du wingsuit qui justifient ce classement
Le wingsuit se pratique soit en sautant d’un avion, soit depuis une falaise (base jump). Le pratiquant vole ensuite grâce à une combinaison équipée d’ailes entre les bras et les jambes, lui permettant de planer à plus de 200 km/h avant d’ouvrir son parachute.
Cette discipline spectaculaire, qui combine précision, technique et courage, comporte des risques physiques considérables, même pour les plus expérimentés.
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Facteur analysé |
Description |
Conséquences possibles |
Impact pour l’assureur |
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Altitude élevée |
Sauts depuis 2 000 à 4 000 m d’altitude |
Traumatismes graves ou mortels en cas de défaillance |
Risque de décès important |
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Vitesse extrême |
Vitesse moyenne de 180 à 250 km/h |
Chocs violents, perte de contrôle |
Forte probabilité d’accident fatal |
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Base jump |
Sauts depuis des falaises ou immeubles |
Absence de temps pour corriger une erreur |
Risque d’invalidité ou de décès immédiat |
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Dépendance aux conditions météo |
Vents changeants, turbulences |
Pertes de portance imprévisibles |
Risque aggravé difficilement maîtrisable |
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Atterrissage risqué |
Parachute défaillant ou mal ouvert |
Blessures graves, paraplégie |
Sinistres coûteux à indemniser |
Selon les statistiques de la Fédération Française de Parachutisme, le taux de mortalité du wingsuit reste parmi les plus élevés des sports aériens. En comparaison, la plongée sous-marine est 500 fois moins dangereuse que le wingsuit et l’alpinisme 25 fois moins fatal. Ces données justifient pleinement la sévérité des assureurs face à cette pratique qui reste très marginale : il y a environ 200 adeptes du wingsuit en France.
20 décès sont recensés chaque année dans le monde et 70% des accidents mortels sont dus à des accidents avec le relief.
Quelles sont les conséquences d’une pratique du wingsuit sur votre assurance de prêt immobilier ?
Comme pour le deltaplane ou le parachutisme, la pratique du wingsuit a un impact direct sur le coût de votre assurance de prêt immobilier, mais également sur les conditions.
L’assureur évalue votre profil comme à risque aggravé, ce qui se traduit par 3 conséquences principales.
1. Des surprimes très élevées
Les pratiquants de wingsuit sont considérés comme des profils extrêmement exposés aux accidents graves voire mortels. Les compagnies appliquent donc des surprimes d’assurance de prêt importantes sur les garanties décès et invalidité.
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Type de pratique |
Niveau de risque perçu |
Surprime appliquée |
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Vol occasionnel encadré (sauts ponctuels en école agréée) |
Modéré |
+50 % à +100 % |
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Vol régulier (sauts mensuels ou en club) |
Élevé |
+100 % à +200 % |
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Base jump en autonomie |
Très élevé |
Refus ou couverture décès seule |
Certaines compagnies refusent purement et simplement la couverture pour les risques liés au wingsuit, notamment sur les garanties Invalidité Permanente Totale (IPT) ou Incapacité Temporaire de Travail (ITT). Seules les garanties décès et PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) sont accordées, avec exclusion de la pratique du wingsuit comme on va le voir plus bas.
2. Des exclusions de garanties fréquentes
Les contrats d’assurance emprunteur standards excluent toujours les sinistres survenus lors de la pratique du wingsuit. Ainsi, les garanties suivantes peuvent être écartées :
- décès lors d’un saut en wingsuit
- invalidité consécutive à une chute ou un accident de vol
- incapacité temporaire liée à un accident en wingsuit.
Seuls quelques assureurs spécialisés permettent de racheter ces exclusions moyennant une surprime importante et sous conditions strictes.
3. Le risque de refus de couverture
Si la pratique est régulière, compétitive, ou en autonomie, le refus de couverture est fréquent. L’assureur peut limiter le contrat aux seules garanties décès/PTIA (hors accident de wingsuit) ou refuser totalement l’adhésion. Cela peut compliquer, voire bloquer, l’obtention du financement, car les banques exigent une assurance complète.
Il faut alors se tourner vers des garanties alternatives pour sécuriser le prêt immobilier :
- caution d’un tiers ;
- hypothèque sur un autre bien immobilier ;
- nantissement d’un produit financier (exemple assurance vie).
Assurance de prêt : faut-il déclarer la pratique du wingsuit ?
Face aux difficultés rencontrées pour couvrir son prêt immobilier en cas de pratique du wingsuit, qui ne serait pas tenté de passer son activité sous silence. Ce ne serait pas seulement une erreur mais une faute grave, car la déclaration est obligatoire.
Le Code des assurances (article L.113-8) impose la transparence totale du souscripteur. Toute omission ou fausse déclaration intentionnelle en assurance peut rendre le contrat nul.
Le questionnaire sport et santé
Lors de la souscription, vous devrez remplir un questionnaire médical et un questionnaire dédié au sport précisant :
- le type de pratique (saut encadré, compétition, base jump, loisir)
- la fréquence des sauts
- le lieu et l’encadrement (club agréé, pratique autonome)
- vos antécédents médicaux ou accidents liés au sport.
Ces éléments permettent à l’assureur d’évaluer votre niveau de risque réel.
Bon à savoir : un saut d’initiation unique ou un baptême de wingsuit ne nécessite pas de déclaration spécifique.
Les sanctions en cas de fausse déclaration
Si vous cachez votre pratique du wingsuit :
- le contrat peut être annulé rétroactivement ;
- aucune indemnisation ne sera versée en cas de sinistre, même si celui-ci n’est pas en lien avec la pratique du wingsuit ;
- le remboursement des indemnités déjà versées ;
- la banque peut exiger le remboursement immédiat du prêt.
La transparence est donc essentielle, même si elle conduit à une surprime.
Comment trouver la meilleure assurance emprunteur quand on pratique le wingsuit ?
Malgré les contraintes, il existe des solutions pour trouver une assurance de prêt adaptée aux sports extrêmes. Les lois Lagarde (2010) et Lemoine (2022) permettent aujourd’hui de choisir librement son contrat et d’en changer à tout moment.
1. Profiter de la délégation d’assurance
Vous n’êtes pas obligé d’accepter l’assurance de la banque. Grâce à la délégation d’assurance instaurée par la loi Lagarde, vous pouvez souscrire un contrat externe plus adapté à votre profil de sportif extrême.
Avantages :
- garanties personnalisées (décès, PTIA, IPT, ITT)
- possibilité de racheter les exclusions liées au wingsuit
- tarification individualisée selon votre expérience et votre encadrement.
2. Faire appel à un courtier spécialisé dans les profils à risques
Un courtier spécialisé dans les assurances de prêt à risques aggravés connaît les assureurs les plus ouverts aux sports extrêmes.
Il peut :
- identifier les compagnies acceptant le wingsuit ou le base jump ;
- négocier la surprime selon vos justificatifs (licence, certificat médical, carnet de sauts) ;
- optimiser votre couverture et réduire le coût total du prêt.
Le rôle d’un courtier en assurance emprunteur est aussi de vous aider en cours de crédit si vous souhaitez changer de contrat grâce aux dispositions de la loi Lemoine.
3. Racheter certaines exclusions sous conditions
Le rachat d’exclusion est une option rare mais possible. Les assureurs exigent généralement :
- une licence de parachutisme ou de wingsuit
- un certificat médical de non contre-indication
- un historique sans sinistre récent
- une preuve d’encadrement en club agréé.
4. Comparatif : assurance standard vs assurance adaptée au wingsuit
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Type de garantie |
Assurance standard |
Assurance individuelle adaptée |
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Décès toutes causes |
Oui |
Oui (avec surprime) |
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Décès en saut ou en compétition |
Exclu |
Inclus avec rachat d’exclusion (surprime) |
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Invalidité (PTIA/IPT) |
Oui |
Oui |
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Invalidité liée à un accident de wingsuit |
Exclue |
Possible sous conditions (surprime) |
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ITT suite à un saut |
Non |
Rare mais possible |
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Surprime moyenne |
0 % |
+80 % à +200 % |
Les assurances standards, qui sont généralement les contrats de groupe proposés par les banques, ne couvrent pas les sports extrêmes, a fortiori la pratique du wingsuit pour laquelle le taux de mortalité et d’accidents est élevé. Seules les offres alternatives présentent une couverture totale ou partielle, moyennant une surprime qui peut se révéler conséquente.
Comment réduire le coût de votre assurance de prêt quand vous pratiquez le wingsuit ?
Même en présence de surprimes, plusieurs leviers permettent de maîtriser le coût global de votre assurance emprunteur.
1. Déclarer dès la demande de prêt
Mentionnez votre pratique du wingsuit dès le début de votre projet. Cela évite un refus de couverture de dernière minute et montre votre transparence à la banque.
2. Comparer plusieurs assureurs spécialisés
Chaque assureur a sa propre politique de risque. Certains excluent totalement les sports aéronautiques, d’autres les couvrent partiellement avec surprime raisonnable.
Comparer au moins 3 devis spécialisés vous permet de repérer les exclusions cachées et de négocier le meilleur rapport garantie/prix.
3. Constituer un dossier complet
Plus votre dossier est solide, plus votre profil est rassurant. Incluez :
- votre licence fédérale (FFP ou Fédération Aéronautique)
- vos heures de vol récentes
- vos formations et certificats de sécurité
- un bilan médical à jour.
Ces preuves de sérieux peuvent faire baisser la surprime de 20 à 30 %.
4. Profiter de la loi Lemoine pour changer d’assurance
Depuis 2022, la loi Lemoine permet de changer d’assurance de prêt à tout moment, sans frais ni délai de préavis. Si la couverture offerte par l’assurance de la banque est insuffisante, vous pouvez la résilier dès le lendemain de la signature de votre offre de prêt.
Aussi, après quelques années sans sinistre ou si vous arrêtez la pratique du wingsuit, vous pouvez :
- rechercher un contrat moins cher
- demander la suppression partielle ou totale des surprimes
- améliorer vos garanties.
Les bonnes pratiques pour les emprunteurs adeptes du wingsuit
Voici les 5 règles d’or à suivre :
- Toujours déclarer votre pratique lors de la souscription.
- Conservez vos licences, certificats médicaux et attestations de club.
- Préférez une pratique encadrée ou en école agréée.
- Renouvelez régulièrement votre dossier médical.
- Faites réévaluer votre contrat si votre pratique évolue (arrêt ou intensification).
Pratiquer le wingsuit complique indéniablement l’obtention d’une assurance de prêt immobilier, mais ne la rend pas impossible. En anticipant la déclaration, en comparant plusieurs offres spécialisées et en s’appuyant sur un courtier expérimenté, vous pouvez trouver une couverture adaptée à votre profil de sportif extrême.
FAQ – Assurance de prêt et wingsuit
Le wingsuit est-il toujours considéré comme un sport à risque aggravé ?
Oui. Tous les assureurs classent le wingsuit parmi les sports aériens les plus dangereux, en raison du taux de mortalité très élevé et de la faible marge d’erreur.
Peut-on être assuré si l’on pratique le wingsuit uniquement en loisir ?
Oui, mais la couverture sera souvent limitée au décès toutes causes avec exclusion des accidents de wingsuit, sauf si vous souscrivez une assurance spécialisée.
Les sauts encadrés sont-ils mieux perçus ?
Tout à fait. Une pratique encadrée par une fédération ou un moniteur agréé rassure les assureurs et peut réduire la surprime.
Est-il possible de racheter les exclusions liées au wingsuit ?
Dans certains cas, oui. Le rachat est soumis à conditions médicales strictes et à une surprime élevée, mais il permet une couverture complète.
Que risque-t-on si l’on ne déclare pas sa pratique ?
L’assureur peut annuler le contrat, refuser toute indemnisation et la banque exiger le remboursement immédiat du prêt.
