Ostéopathie : menace d’un déremboursement par les mutuelles en 2026

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Depuis la publication d’un rapport du Sénat sur les complémentaires santé et le pouvoir d’achat des Français, une proposition inquiète profondément les professionnels : l’exclusion du remboursement des actes d’ostéopathie et de chiropraxie par les contrats dits “responsables et solidaires”. Cette mesure, encore à l’état de projet, pourrait être intégrée au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la profession et pour les patients.

Un collectif d’ostéopathes et de chiropracteurs tire la sonnette d’alarme

Trois grandes organisations professionnelles – l’Union pour l’Ostéopathie (UPO), l’Association Française d’Ostéopathie (AFO) et l’Association Française de Chiropraxie (AFC) – se sont unies pour dénoncer cette orientation politique jugée dangereuse. Ensemble, elles ont lancé à la mi-juin une pétition en ligne afin de mobiliser patients, praticiens et mutuelles. En moins d'une semaine, cette action a déjà réuni près de 7 000 signatures, témoignant d'une forte mobilisation de la communauté.

Un impact direct sur des millions de patients

Chaque année, près de 18 millions d’actes d’ostéopathie sont réalisés en France, selon les chiffres avancés par l’UPO. Ces soins, aujourd’hui largement remboursés dans le cadre des contrats de mutuelle responsable, bénéficient à environ deux tiers des patients, pour un coût moyen de 25 € par séance. 

Or, plus de 96 % des assurés souscrivent à ce type de contrat, en raison notamment de prise en charge optimisée si l’on respecte le parcours de soins coordonnés. Si le remboursement des actes d’ostéopathie venait à être exclu, cela bouleverserait tout un pan de l’offre de soins complémentaires, tant pour les assurés que pour les professionnels.

Un enjeu économique et social sous-jacent

Derrière cette proposition, le Sénat avance une logique économique : réduire le coût des garanties santé proposées par les complémentaires. D’après le rapport sénatorial publié en septembre 2024, les dépenses liées aux médecines dites douces – comprenant ostéopathie, chiropraxie, sophrologie, etc. – ont quintuplé en huit ans, atteignant 1 milliard d’euros en 2022, soit environ 3 % du total des prestations remboursées par les Ocam (organismes complémentaires d'assurance maladie).

Cette inflation des remboursements expliquerait, selon les auteurs du rapport, une partie de l’augmentation des cotisations des contrats de mutuelle santé. En sortant ces actes du périmètre du contrat responsable, les sénateurs espèrent donc alléger les garanties proposées, et rendre les complémentaires santé plus abordables pour les assurés.

Une vision jugée réductrice par les professionnels

Pour les organisations d’ostéopathes, cette approche est non seulement réductrice, mais aussi potentiellement contre-productive. Elles rappellent que l’ostéopathie est une profession réglementée, enregistrée auprès des Agences Régionales de Santé (ARS), et dont l’efficacité est reconnue, notamment dans la réduction des arrêts de travail et dans l’accompagnement de nombreuses pathologies musculo-squelettiques.

Philippe Sterlingot, président de l’UPO, déplore l’amalgame fait par le rapport sénatorial entre pratiques réglementées et pratiques non encadrées comme la sophrologie. Cette confusion sémantique nuit, selon lui, à la lisibilité des enjeux de santé publique et à la place des ostéopathes dans le système de soins.

Risques de report vers l’Assurance Maladie obligatoire

Un autre effet pervers redouté par les professionnels serait le transfert de charges vers l’Assurance Maladie obligatoire (AMO). Aujourd’hui, ce sont les mutuelles qui remboursent les séances d’ostéopathie. Si ces remboursements venaient à disparaître des contrats responsables, les patients pourraient se tourner vers leur médecin traitant, avec à la clé une augmentation des consultations médicales et des prescriptions de médicaments ou d’examens complémentaires. Cette situation irait donc à l’encontre de la volonté de maîtrise des dépenses de santé.

De plus, certains patients renonceraient purement et simplement à ces soins, faute de moyens ou de couverture adaptée. D’autres seraient contraints de souscrire des garanties complémentaires spécifiques, plus coûteuses, ou une surcomplémentaire santé, entraînant une inégalité d’accès aux soins.

Des démarches engagées avec les acteurs de l’assurance santé

Conscient de l’ampleur du risque, Philippe Sterlingot a initié plusieurs démarches auprès des principaux acteurs de la complémentaire santé. Il a adressé un courrier aux 3 fédérations de l’assurance santé, et rencontré les responsables du groupe Vyv, premier acteur mutualiste français.

L’un des scénarios alternatifs discutés consisterait à isoler l’ostéopathie des autres médecines douces dans les contrats responsables, en reconnaissant son statut réglementé. Cette option permettrait de préserver le remboursement des actes d’ostéopathie tout en répondant partiellement aux recommandations du rapport sénatorial.

Cependant, cette solution demande une clarification réglementaire, afin de bien distinguer les pratiques encadrées (ostéopathie, chiropraxie) des approches plus subjectives ou non encadrées (sophrologie, naturopathie, etc.).

Le soutien des mutuelles encore incertain

Du côté des Ocam, la situation reste floue. Si certains acteurs, à l’image du groupe Vyv, semblent ouverts à la discussion, la position officielle des fédérations de mutuelles n’a pas encore été arrêtée. Pourtant, les présidents des 3 principales fédérations de la complémentaire santé ont à plusieurs reprises affirmé leur attachement à l’intégration des pratiques non conventionnelles dans les contrats santé.

Mais face à la pression politique et à la question du pouvoir d’achat, ces acteurs pourraient être tentés de revoir leur copie. Ce flou stratégique accentue l’inquiétude des professionnels de santé concernés.

Quel avenir pour l’ostéopathie dans les contrats santé ?

La possibilité d’un amendement glissé dans le PLFSS 2026 demeure aujourd’hui un scénario plausible, selon les représentants du secteur. Même si rien n’est encore acté, les ostéopathes redoutent que la mesure soit intégrée sans concertation préalable, comme cela a parfois été le cas dans d’autres réformes du système de santé.

Face à cette incertitude réglementaire, les professionnels multiplient les actions de sensibilisation auprès du public, des pouvoirs publics et des assureurs. La pétition en ligne pourrait n’être qu’un premier levier d’une mobilisation plus large dans les mois à venir.

Conclusion : l’ostéopathie, entre reconnaissance et fragilité réglementaire

La menace de déremboursement des actes d’ostéopathie par les complémentaires santé ravive une tension récurrente autour de la reconnaissance des médecines alternatives en France. Bien que réglementée, l’ostéopathie reste fragile dans son positionnement au sein du parcours de soins.

Si la logique économique des sénateurs s’entend, elle ne peut ignorer les bénéfices thérapeutiques et l’utilité sociale de ces pratiques, notamment pour désengorger les cabinets médicaux et améliorer la qualité de vie des patients.

L’enjeu des prochains mois sera donc de trouver un équilibre entre maîtrise des dépenses, accessibilité des soins et reconnaissance des professionnels de santé non conventionnels, mais pourtant essentiels dans l’architecture globale du bien-être en France.

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Santé : les 4 avantages d'une mutuelle senior

Avec l'avancée en âge, les besoins de santé se transforment : les consultations spécialisées s'intensifient, les lunettes ou les prothèses auditives demandent un renouvellement plus fréquent, et certains soins deviennent incontournables. Face à des remboursements de l'Assurance Maladie souvent insuffisants sur ces postes, disposer d'une complémentaire santé adaptée aux plus de 55 ans permet d'aborder cette étape de la vie avec plus de sérénité. Voici les 4 avantages majeurs d'une mutuelle senior. 1. Des garanties renforcées sur les postes de dépenses clés Une mutuelle senior cible en priorité les frais de santé les plus fréquents après 55 ou 60 ans, avec des plafonds de remboursement revus à la hausse par rapport à un contrat classique. Les postes de dépenses les mieux couverts Les soins dentaires : prothèses, couronnes, implants Les équipements optiques : verres, montures, lentilles L'appareillage auditif : aides auditives et suivi Les consultations chez des médecins spécialistes Grâce au dispositif 100 % Santé, 3 types d’équipements coûteux (lunettes, prothèses dentaires et aides auditives) peuvent même faire l'objet d'une prise en charge intégrale, sous réserve que le contrat souscrit soit une mutuelle dite responsable. Vérifiez attentivement au moment de comparer les offres, car les mutuelles non responsables ne sont pas obligées d’appliquer ce dispositif. Les honoraires des spécialistes, très souvent supérieurs à la base de remboursement de la Sécurité Sociale, sont également mieux couverts, ce qui facilite l'accès à un suivi médical régulier sans que le coût des consultations devienne un frein. 2. Un accompagnement renforcé en cas d'hospitalisation Un séjour hospitalier engendre des frais annexes qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale, et qui peuvent rapidement peser sur le budget en cas d'urgence. Des frais annexes mieux remboursés Le forfait journalier hospitalier La chambre individuelle Les dépassements d'honoraires du chirurgien ou de l'anesthésiste Une mutuelle senior propose généralement des forfaits plus généreux sur ces postes, afin de limiter les dépenses imprévues au moment où elles sont les plus difficiles à anticiper. Bon à savoir : le forfait journalier hospitalier est obligatoirement pris en charge par la mutuelle responsable, sans limitation de durée. Des services pour faciliter le retour à domicile Livraison de repas et de médicaments Aide-ménagère temporaire Accompagnement infirmier Aide à la recherche d’un établissement de convalescence Remboursement d’un ergothérapeute via le forfait prévention Les services d’assistance font souvent la différence par rapport à un contrat standard, notamment pour les assurés qui vivent seuls ou dont l'entourage ne peut pas toujours être disponible immédiatement.  3. Une meilleure maîtrise du budget santé En vieillissant, les dépenses médicales ont tendance à s'accumuler et à devenir moins prévisibles : renouvellement d'un appareillage auditif, pose d'une prothèse dentaire, examens de contrôle plus fréquents. Sans une couverture adaptée, ces frais répétés peuvent représenter une charge financière importante d'une année sur l'autre. En ajustant ses garanties aux besoins réels de cette tranche d'âge, la mutuelle senior permet de mieux anticiper ces coûts et d'éviter les mauvaises surprises en cours d'année. Le budget consacré à la santé devient plus lisible, ce qui laisse la possibilité de continuer à se soigner sans arbitrage financier douloureux, tout en préservant son pouvoir d'achat au quotidien. Cette prévisibilité est d'autant plus précieuse que les revenus, une fois à la retraite, ont tendance à diminuer et n'évoluent plus au même rythme que les dépenses de santé. Anticiper ces frais dès la souscription, en choisissant un niveau de garanties cohérent avec son état de santé et ses antécédents, évite d'avoir à revoir son contrat en urgence quelques années plus tard. Bon à savoir : si vous êtes ex-salarié, vous avez la possibilité de conserver votre mutuelle d’entreprise grâce à la loi Evin, mais cette option est rarement à votre profit car les garanties restent obligatoirement inchangées et l’organisme assureur peut augmenter les tarifs de 25 % à compter de la deuxième année. 4. Des services d'accompagnement pensés pour le quotidien Au-delà des remboursements, de nombreuses mutuelles seniors incluent désormais des services pratiques qui facilitent la vie quotidienne. Les services les plus courants Téléconsultation médicale accessible rapidement Ligne d'assistance dédiée après une hospitalisation Bilans de santé et actions de dépistage Ateliers de prévention (équilibre, nutrition) Ces prestations complémentaires, incluses dans le contrat sans surcoût dans la plupart des cas, participent à un suivi médical plus régulier et contribuent à préserver l'autonomie le plus longtemps possible. Elles constituent un véritable prolongement de la couverture santé, au-delà du simple remboursement des soins. Une mutuelle senior offre 4 avantages majeurs : Des garanties renforcées sur les soins les plus coûteux après 55 ans Un accompagnement dédié en cas d'hospitalisation Une meilleure visibilité sur son budget santé Des services pratiques qui facilitent le quotidien Comparer plusieurs offres de mutuelle santé senior reste la meilleure façon d'identifier le contrat le plus en phase avec vos besoins et votre budget.

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Immobilier : la pénurie de logements s'aggrave en 2026

Le marché immobilier français traverse une nouvelle période de forte tension en cette rentrée 2026. Alors que la demande de logements reste élevée, l'offre disponible ne suit plus. Le marché locatif est particulièrement touché : en 5 ans, le nombre d'annonces de biens proposés à la location aurait diminué de près de 70 %. Une situation qui complique considérablement la recherche d'un logement pour les locataires, mais aussi l'accession à la propriété. Plusieurs phénomènes se conjuguent : retrait progressif des logements énergivores, coût du crédit immobilier qui augmente, ralentissement de la construction neuve et difficultés rencontrées par les investisseurs. En ce mois de septembre, cette accumulation de contraintes accentue encore la pénurie. Un marché locatif sous haute tension Trouver un logement à louer est devenu un véritable parcours du combattant dans de nombreuses zones tendues. Face à une offre qui se contracte, les candidats à la location sont davantage nombreux à se positionner sur chaque bien disponible. Cette situation touche particulièrement : les étudiants et jeunes actifs  les ménages modestes  les familles à la recherche d'un logement plus grand  les salariés contraints de déménager pour leur emploi  les personnes qui souhaitent accéder à la propriété mais ne peuvent pas encore emprunter. Malgré un léger sursaut par rapport aux points bas précédents, le nombre de biens disponibles à la location en France reste inférieur d'environ 16 % par rapport à 2021. À Paris, le stock de biens s'est effondré de 67 % sur la même période.  La diminution du nombre de logements proposés à la location ne résulte toutefois pas d'une seule cause. Elle est liée à plusieurs évolutions du marché immobilier qui se renforcent mutuellement. Les passoires thermiques réduisent l'offre disponible Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) joue un rôle important dans cette contraction du parc locatif. Depuis janvier 2025, les logements les plus énergivores font progressivement l'objet de restrictions de mise en location. Selon les analyses du secteur immobilier, l'obligation de réaliser des travaux pour louer a poussé de nombreux propriétaires à se séparer de leurs biens F et G, incapables d’assumer la dépense, ce qui a entraîné une hausse notable des mises en vente de ces logements énergivores. Le phénomène entraîne mécaniquement une diminution du nombre de logements disponibles à la location, alors même que la demande reste forte. La loi « Relance Logement » veut remettre des biens sur le marché Face à cette situation, les pouvoirs publics cherchent à favoriser le retour de certains logements sur le marché locatif. Le texte baptisé « Relance Logement », adopté par le Sénat le 9 juillet 2026 avant sa transmission à l'Assemblée nationale, prévoit notamment des mesures destinées à mobiliser davantage le parc existant. L'un des objectifs avancés consiste à permettre le retour sur le marché d'une partie des logements considérés comme des passoires thermiques.  Le projet Relance Logement est complémentaire du dispositif Jeanbrun adopté en janvier 2025 pour relancer l’investissement locatif. Il prévoit notamment d’abaisser le seuil minimal de travaux de 30 % à 20 % permettant d’accéder au dispositif Jeanbrun. La maison individuelle est par ailleurs intégrée dans ce plan. Le flop du dispositif Jeanbrun Depuis la disparition du dispositif Pinel fin 2024, les professionnels de l’immobilier neuf réclament régulièrement de nouvelles mesures fiscales pour soutenir l’investissement locatif.  Le dispositif Jeanbrun repose notamment sur un mécanisme d’amortissement fiscal et sur la possibilité de mobiliser le déficit foncier pour les propriétaires qui acquièrent des logements destinés à la location. Malgré ces avantages théoriques et une importante promotion auprès des investisseurs, le dispositif peine toutefois à convaincre.  Son cadre fiscal, jugé encore insuffisamment attractif, ne semble pas avoir permis de relancer véritablement la production de logements locatifs. Le dispositif Jeanbrun enregistre seulement 200 ventes maximum par mois, contre 4 000 escomptées. Un dispositif encore soumis au calendrier parlementaire Il faudra attendre plusieurs mois avant que le projet de loi Relance Logement ne produise son effet sur le marché. Son examen à l'Assemblée nationale à l’automne reste nécessaire avant une éventuelle entrée en vigueur. Cette situation illustre l'une des difficultés actuelles du marché immobilier : les mesures destinées à stimuler l'offre prennent du temps, alors que la pénurie produit déjà des effets très concrets pour les ménages. Le crédit immobilier bloque la rotation du marché La crise du logement ne concerne pas uniquement la location. Elle est également liée aux difficultés rencontrées par les candidats à l'achat immobilier. Le coût du crédit immobilier s’est renchéri en 2026, avec des taux moyens qui sont passés de 3,07 % au deuxième trimestre 2025 à 3,31 % en août 2026 (données Observatoire Crédit Logement, hors assurance emprunteur et coût des sûretés). Même lorsque les prix des logements diminuent localement, cette baisse ne suffit pas nécessairement à compenser l'augmentation du coût du financement. Des mensualités qui restent trop élevées pour certains ménages Pour un ménage qui souhaite acheter, le montant de la mensualité dépend principalement : du prix du bien  du montant de l'apport personnel  du taux d'intérêt  de la durée du crédit  du coût de l'assurance emprunteur. Lorsque les taux augmentent, la capacité d'emprunt diminue à mensualité équivalente. Certains ménages qui auraient pu obtenir un financement quelques années voire quelques mois auparavant se retrouvent donc exclus du marché. Les règles encadrant le taux d'endettement (35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise) renforcent également cette contrainte. Les emprunteurs disposent de moins de marge pour absorber une hausse des mensualités. Les propriétaires restent plus longtemps dans leur logement Cette difficulté à acheter induit une autre conséquence : elle ralentit la rotation du parc immobilier. Un locataire qui ne parvient pas à obtenir son crédit reste dans son logement plus longtemps. Le bien qu'il aurait pu libérer pour un autre candidat à la location reste donc occupé. Le phénomène crée un cercle vicieux : les ménages ont du mal à acheter ; ils restent locataires plus longtemps ; les logements se libèrent moins rapidement ; l'offre locative diminue ; la concurrence entre candidats augmente. La crise de l'accession à la propriété contribue ainsi indirectement à aggraver les tensions sur le marché locatif. Construction neuve : une offre toujours insuffisante Autre facteur majeur : la construction de logements neufs ne permet pas de répondre suffisamment aux besoins. La hausse des coûts de construction, le prix du foncier, les contraintes réglementaires et les difficultés de financement pèsent sur les nouveaux programmes. Les promoteurs et les investisseurs sont plus prudents qu'auparavant. Lorsque le nombre de logements construits est insuffisant pendant plusieurs années, le déficit s'accumule. La situation est particulièrement problématique dans les territoires où la population augmente ou dans les zones où l'emploi attire de nouveaux actifs. Dans ces secteurs, la demande locative peut progresser beaucoup plus rapidement que l'offre. Par ailleurs, une partie de la production immobilière est orientée vers le logement social, alors que les besoins sont également importants dans le parc locatif privé. La France doit construire environ 400 000 logements neufs par an pour répondre aux besoins de la population, selon le plan de relance du logement présenté par le gouvernement. La Fédération française du bâtiment (FFB) demande un rythme plus élevé de 448 000 logements par an entre 2026 et 2035 pour éviter une pénurie grave. Les investisseurs locatifs confrontés à de nouvelles contraintes Le marché locatif dépend également de la capacité des particuliers à investir dans l'immobilier. Or, pour un propriétaire bailleur, la rentabilité d'un investissement locatif repose sur plusieurs paramètres : prix d'achat, niveau du loyer, fiscalité, coût du crédit, charges, travaux et réglementation énergétique. Lorsque les charges augmentent tandis que les perspectives de rendement diminuent, certains investisseurs peuvent renoncer à acheter un logement destiné à la location. Un arbitrage de plus en plus complexe Avant d'investir, le propriétaire doit désormais intégrer davantage de paramètres qu'auparavant : performance énergétique du logement  montant des travaux à prévoir  financement du bien  fiscalité applicable  évolution possible des loyers  niveau des charges  risque de vacance locative. Ces contraintes peuvent contribuer à réduire l'intérêt économique de certains projets et, par conséquent, limiter la création de nouvelles offres locatives privées. Assurance emprunteur : un levier d'économie à ne pas négliger Dans ce contexte de crédit immobilier coûteux, les emprunteurs disposent néanmoins d'un levier souvent sous-estimé : l'assurance de prêt immobilier. Le coût de l'assurance emprunteur s'ajoute aux intérêts et représente une part significative du coût total du financement, entre 20 % et 40 % du coût global du crédit immobilier exprimé par le TAEG (Taux Annuel Effectif Global). Heureusement, son tarif peut être négocié et optimisé en comparant plusieurs contrats. Changer d'assurance peut réduire le coût du crédit Depuis la loi Lemoine de 2022, tout emprunteur peut changer d'assurance emprunteur à tout moment, sous réserve de respecter l'équivalence des garanties exigée par la banque. Il peut donc mettre en concurrence le contrat proposé par son établissement bancaire avec une assurance individuelle. Les économies potentielles dépendent notamment : de l'âge de l'emprunteur  du montant emprunté  de la durée restante du prêt  de la quotité assurée  du profil de risque  des garanties choisies  du tarif du contrat actuel. Dans de nombreux dossiers, réduire le coût de l'assurance permet de diminuer le coût global du financement de plusieurs milliers d'euros. Une économie utile pour préserver sa capacité d'emprunt L'assurance emprunteur ne permet évidemment pas de compenser une forte remontée des taux immobiliers. Elle constitue toutefois un poste de dépenses sur lequel l'emprunteur peut agir. Pour un ménage qui se rapproche du taux d'endettement maximum autorisé, chaque économie compte. Réduire le montant consacré à l'assurance peut permettre de préserver davantage de budget pour les mensualités du crédit, les travaux ou les dépenses liées au logement. Il est donc pertinent de comparer l'assurance de prêt au moment de souscrire le crédit, mais également pendant sa durée de remboursement. Vers une crise durable du logement ? La pénurie actuelle résulte donc de plusieurs facteurs qui se cumulent. La réduction du parc locatif énergivore, les difficultés d'accession à la propriété, le niveau des taux de crédit et le manque de logements neufs entretiennent les tensions. Pour inverser durablement la tendance, il faudrait agir simultanément sur plusieurs leviers : accélérer la construction de logements  faciliter la rénovation énergétique du parc existant  encourager les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché  restaurer l'attractivité de l'investissement locatif  faciliter l'accès au crédit pour les ménages solvables  réduire les coûts liés au financement immobilier. À court terme, les ménages doivent donc composer avec une offre limitée et une concurrence importante. Pour les candidats à l'achat, l'enjeu consiste à optimiser chaque composante du financement, notamment le taux du crédit et l'assurance emprunteur. En 2026, le problème immobilier n'est ainsi plus seulement celui du prix des logements. C'est désormais la disponibilité même des biens qui constitue l'une des principales difficultés du marché français.

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Dette française fin 2026 : quel impact sur votre pouvoir d'achat immobilier ?

La dette publique française a une incidence sur le pouvoir d’achat des ménages qui souhaitent acheter un logement. Le niveau stratosphérique des déficits, la progression de la dette et la remontée du coût auquel l’État emprunte pèsent directement sur les marchés obligataires. Or, ces tensions peuvent progressivement se transmettre aux taux des crédits immobiliers. Pour les futurs acquéreurs, l’enjeu est donc concret : si les taux remontent, la capacité d’emprunt diminue à mensualité constante. Autrement dit, la dette française finit par réduire votre pouvoir d’achat immobilier. Une dette publique qui continue de peser sur la France Fitch maintient la note A+ de la France L’agence de notation Fitch Ratings avait abaissé la note souveraine française de AA à A+ en 2025. Un an plus tard, l’agence conserve cette notation avec une perspective stable. Cette décision repose notamment sur plusieurs atouts structurels de l’économie française : une économie diversifiée  un niveau de revenus élevé  un secteur bancaire considéré comme solide  une base d’investisseurs suffisamment diversifiée. Mais ces éléments favorables ne doivent pas masquer les difficultés budgétaires persistantes. Le maintien de la note évite une nouvelle dégradation, mais elle ne signifie pas, loin de là, que les finances publiques soient redressées. Des déficits encore très élevés Le déficit public français s’est légèrement réduit, passant de 5,8 % du PIB en 2024 à 5,2 % en 2025. Toutefois, Fitch n’anticipe pas d’amélioration significative à court terme. L’agence prévoit ainsi un déficit de : 5,2 % du PIB en 2026  5,5 % en 2027  5,2 % en 2028. Cette situation entretient la pression sur la dette publique. Selon les projections citées, celle-ci pourrait atteindre 122,7 % du PIB en 2028, contre environ 117,5 % actuellement. La question n’est donc pas uniquement le montant de la dette, mais également son coût. Lorsque les taux auxquels la France emprunte augmentent, les intérêts versés par l’État progressent à leur tour. Pourquoi la dette française peut faire augmenter les taux immobiliers ? L’OAT 10 ans, une référence importante Pour comprendre le lien entre dette publique et crédit immobilier, il faut regarder du côté de l’OAT 10 ans (Obligation Assimilable du Trésor sur 10 ans), c’est-à-dire le taux auquel l’État français emprunte sur une échéance de 10 ans. Cette référence joue un rôle important dans la fixation des taux de prêt immobilier. Les banques doivent en effet intégrer leurs propres coûts de refinancement et leur rémunération lorsqu'elles déterminent leurs barèmes. Depuis la mi-août 2026, l’OAT 10 ans dépasse la barre des 4 %. Elle atteint environ 4,25 % en septembre, contre 3,53 % en janvier dernier. Cette progression reflète notamment les inquiétudes concernant les finances publiques françaises, auxquelles s’ajoutent les tensions géopolitiques (Ukraine/Russie, Iran/USA) et les incertitudes concernant l’évolution de l’inflation. En août 2026, l'inflation en France a atteint 2,4 % sur un an, selon l'estimation provisoire de l'Insee, après 2,1 % en juillet. En zone euro, l’indice annuel des prix à la consommation était de 3,3 % en août 2026, contre 2,9 % en juillet. Pourquoi les banques ne répercutent-elles pas immédiatement la hausse ? Une hausse de l’OAT ne se traduit pas nécessairement par une augmentation instantanée des taux immobiliers. Il existe un délai entre l’évolution des marchés obligataires et l’actualisation des grilles commerciales des banques. En septembre 2026, ce décalage pourrait toutefois se réduire. Les banques révisent désormais leurs barèmes plus fréquemment. Une offre obtenue à la rentrée pourrait donc être révisée rapidement si la pression sur les marchés se poursuit. Lisez notre article pour savoir si une banque peut actualiser une offre de prêt en raison de la hausse des taux en septembre. Quel impact sur votre pouvoir d’achat immobilier ? Une hausse des taux réduit votre capacité d’emprunt C’est probablement la conséquence la plus importante pour les ménages. À revenus identiques et avec une mensualité maximale inchangée, une hausse du taux d’intérêt entraîne mécaniquement une diminution du capital que l’emprunteur peut financer. Prenons l’exemple d’un crédit de 250 000 euros sur 20 ans. Avec un taux nominal de 3,60 %, la mensualité se situe à 1 463 euros (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). À 3,70 %, elle atteint 1 476 euros. Sur toute la durée du financement, cette différence représente près de 3 107 euros de coût supplémentaire. Sur un projet plus important, l’écart devient encore plus significatif. Pour 300 000 euros empruntés sur 25 ans, passer d'un taux brut de 3,70 % à 3,90 % induit un coût additionnel de près de 10 000 euros sur la durée du crédit. Un effet direct sur le prix du logement accessible Lorsque la mensualité maximale est plafonnée par les revenus du ménage, l’acquéreur ne peut pas simplement absorber la hausse du coût du crédit. Il doit généralement : augmenter son apport personnel  rechercher un bien moins cher  allonger la durée du prêt lorsque cela reste possible* négocier davantage les conditions du financement  revoir certains frais liés au crédit. Le pouvoir d’achat immobilier diminue même si les prix des logements restent parfaitement stables.  *Important : la durée d’emprunt maximale autorisée est de 25 ans selon les règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière). Elle peut aller jusqu’à 27 ans en cas d’achat dans le neuf (en VEFA) ou dans l’ancien avec travaux de rénovation. Une baisse des prix immobiliers qui tarde Du côté des prix de l’immobilier, un rééquilibrage du marché pourrait se dessiner au cours des prochains mois. En effet, les valeurs immobilières n’ont pas encore suffisamment corrigé pour compenser la remontée du coût du crédit observée ces dernières années. Le décalage entre l’évolution des prix des logements et celle des taux d’emprunt continue ainsi de peser sur le pouvoir d’achat des ménages. L’année 2027 pourrait donc marquer une phase de correction plus prononcée. Une baisse plus nette des prix permettrait progressivement de restaurer une certaine cohérence entre la capacité d’emprunt des acquéreurs et les niveaux de valorisation des biens. Les taux immobiliers pourraient-ils remonter fin 2026 ? Une hausse progressive plutôt qu’un choc brutal Les taux moyens observés en septembre 2026 sont indiqués autour de 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans. Si l’OAT 10 ans reste durablement supérieure à 4 %, les banques vont devoir intégrer progressivement cette tension dans leurs nouvelles grilles. Le scénario privilégié n’est pas nécessairement celui d’une envolée brutale des taux. Les établissements bancaires peuvent procéder par ajustements successifs afin de préserver leur production de crédits. Pour les emprunteurs, cela signifie néanmoins que quelques semaines peuvent faire une différence sur le coût total du projet. La BCE constitue un autre facteur à surveiller L’évolution des taux immobiliers dépend également de la politique monétaire européenne. La persistance de l’inflation incite la Banque centrale européenne (BCE) à maintenir une politique monétaire restrictive. Jeudi 10 septembre, l'institution a  relevé ses taux directeurs compte tenu des pressions inflationnistes s’intensifient. Un tel scénario va exercer une tension supplémentaire sur les marchés obligataires et compliquer davantage les conditions de financement immobilier. Comment préserver son pouvoir d’achat immobilier ? Mettre les banques en concurrence Dans un environnement de hausse des taux, comparer plusieurs établissements devient essentiel. Les banques ne proposent pas toutes les mêmes conditions et certains profils peuvent encore obtenir une décote sur le taux nominal, notamment lorsque le dossier présente de solides garanties. La négociation peut porter sur : le taux d’intérêt  les frais de dossier  les conditions de remboursement anticipé  les garanties (hypothèque ou caution) l’assurance emprunteur. Ne pas négliger l’assurance emprunteur L’assurance de prêt immobilier constitue le principal levier pour réduire le coût global du financement. Elle représente une part significative du coût total d’un crédit, en moyenne entre 20 % et 40 %. Grâce à la possibilité de choisir une assurance externe à la banque, vous pouvez comparer les offres et rechercher un contrat compétitif, davantage adapté à votre profil. À garanties équivalentes, une assurance déléguée est jusqu’à 60 % moins chère que l’assurance de groupe proposée par le prêteur. Cela peut représenter des milliers d'euros d'économie sur la durée du crédit. Le gain réalisé sur l’assurance ne compense pas directement une remontée des taux, mais il peut contribuer à préserver le budget global consacré au projet immobilier. Important : si vous n’avez pas pu souscrire une assurance externe, rattrapez-vous dans un deuxième temps. La loi Lemoine de 2022 autorise tout emprunteur à changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt. Anticiper plutôt que subir la remontée des taux Dans ce contexte, attendre une éventuelle baisse des taux est illusoire et comporte un risque. Si les marchés continuent de se tendre, les conditions proposées quelques semaines plus tard pourraient être moins favorables. En tant que futur acquéreur, vous avez intérêt à : faire calculer votre capacité d’emprunt dès maintenant  comparer plusieurs offres bancaires  négocier le taux et les frais  comparer l’assurance emprunteur  sécuriser rapidement votre financement lorsque le dossier est prêt. Dette française : faut-il reporter son projet immobilier ? La situation budgétaire française ne signifie évidemment pas qu’il faut renoncer à acheter un logement. Elle rappelle plutôt que le coût du crédit est sensible à l’environnement financier et économique. Une remontée de l’OAT, une inflation persistante ou un durcissement de la politique de la BCE peuvent progressivement modifier les conditions d'emprunt. Pour un ménage dont le budget est déjà serré, quelques dixièmes de point peuvent avoir des conséquences importantes sur la capacité d’achat. À l’inverse, un emprunteur disposant d’un apport conséquent, de revenus stables et d’un dossier solide conserve plusieurs leviers pour limiter l’impact d’une remontée des taux. Il existe un autre facteur qui risque de bloquer les velléités d’achat. En 2027, l’élection présidentielle va limiter les grandes réformes immobilières. Par ailleurs, la poursuite des conflits en Ukraine et en Iran continue d’entretenir un climat d’incertitude susceptible de peser sur le marché immobilier.