Médecins non conventionnés : fin du remboursement des prescriptions en janvier 2027

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À partir du 1er janvier 2027, une évolution réglementaire majeure va modifier les règles de remboursement des soins en France. Une disposition issue de la loi de financement de la Sécurité sociale prévoit en effet de supprimer la prise en charge par l’Assurance Maladie des prescriptions réalisées par des médecins non conventionnés. Cette mesure concerne directement les praticiens dits de « secteur 3 », qui exercent en dehors du cadre conventionnel et appliquent des honoraires libres.

Une réforme qui cible les prescriptions des médecins hors convention

Jusqu’à présent, même si les consultations auprès de médecins non conventionnés sont très faiblement remboursées, les prescriptions qu’ils établissent (médicaments, examens, actes médicaux) peuvent encore ouvrir droit à un remboursement par l’Assurance Maladie. Ce ne sera bientôt plus le cas.

À compter de janvier 2027, les produits de santé, actes et prestations prescrits par ces praticiens ne donneront plus lieu à aucun remboursement. Cette évolution marque un durcissement significatif du cadre de prise en charge de la part du régime général, avec des conséquences concrètes pour les patients qui consultent ces professionnels du secteur 3.

Qu’est-ce qu’un médecin non conventionné ?

Les médecins non conventionnés du secteur 3 sont des praticiens qui ont fait le choix de ne pas adhérer à la convention médicale signée entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie. Contrairement aux médecins de secteur 1 (tarifs opposables) et de secteur 2 (honoraires libres, déterminés avec tact et mesure), ils fixent leurs tarifs sans contrainte réglementaire.

En pratique, leur présence reste marginale dans le système de santé français. Les estimations varient toutefois selon les sources :

  • environ 800 médecins exerçant en secteur 3 d’après une étude du Sénat  
  • autour de 1 300 professionnels selon les organisations représentatives de ces praticiens.

Le secteur 3 est donc très minoritaire, comparativement aux secteurs 1 et 2 où environ 108 000 médecins exercent aujourd’hui.

Cette situation s’explique en grande partie par les faibles niveaux de remboursement associés à ces consultation, à savoir sur la base d’un tarif d’autorité très faible (16% des tarifs conventionnés) avec une prise en charge dérisoire :

  • de 0,43 € à 0,61 € pour une consultation chez un généraliste du secteur 3
  • de 0,85 € à 1,22 € pour une consultation chez un spécialiste du secteur 3.

Quant aux prescriptions, elles sont remboursées au taux habituel du secteur conventionné… jusqu’au 31 décembre 2026.

Pourquoi la fin du remboursement du secteur 3 ?

La suppression du remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés s’inscrit dans une logique de régulation des dépenses de santé et d’incitation à respecter le cadre conventionnel.

En effet, le système actuel repose largement sur un équilibre entre liberté tarifaire et accès aux soins. En limitant la prise en charge des actes liés aux praticiens hors convention, les pouvoirs publics cherchent à orienter les patients vers des médecins conventionnés, tout en maîtrisant les dépenses de l’Assurance Maladie.

Comment vérifier le secteur de votre médecin ?

Avant de consulter, il est utile de connaître le statut conventionnel du professionnel de santé. Plusieurs outils permettent d’obtenir cette information rapidement :

  • L’annuaire en ligne de l’Assurance Maladie permet de rechercher un praticien par nom et localisation 
  • Les plateformes de prise de rendez-vous médical, comme Doctolib, indiquent généralement le secteur d’exercice (secteur 1, secteur 2 ou non conventionné).

Si la mention « secteur 3 » ou « non conventionné » apparaît, cela signifie que le médecin pratique des honoraires libres et que ses prescriptions ne seront plus remboursées à partir de 2027.

Quelles conséquences pour les patients ?

L’impact de cette réforme concerne le coût des actes et produits prescrits par les praticiens de secteur 3.

Sur le remboursement des consultations

Aujourd’hui déjà, les consultations chez les médecins non conventionnés donnent lieu à des remboursements très faibles. Cette situation ne changera pas après 2027. Les assurés continueront à être remboursés sur la base de tarifs d’autorité très bas comme indiqué plus haut.

Sur les prescriptions médicales et autres produits de santé

C’est sur ce point que la réforme est la plus structurante. À partir de 2027 :

  • Les médicaments prescrits par un médecin non conventionné ne seront plus remboursés ;
  • Les examens médicaux (analyses, imagerie, etc.) ne donneront plus lieu à une prise en charge ;
  • Les actes paramédicaux prescrits (kinésithérapie, soins infirmiers…) ne seront plus couverts non plus ;
  • Le transport sanitaire ne sera plus pris en charge.

En d’autres termes, consulter un médecin de secteur 3 impliquera d’assumer l’intégralité des frais liés aux soins prescrits.

Médecin de secteur 3 : quel rôle pour la mutuelle santé ?

Les complémentaires santé interviennent en relais de l’Assurance Maladie. Elles calculent leurs remboursements à partir d’une base appelée « Base de Remboursement de la Sécurité Sociale » (BRSS).

Or, si l’Assurance Maladie ne prend plus en charge un acte ou une prestation, cette base disparaît. Cela a des conséquences directes :

  • Pour les consultations : la prise en charge reste très limitée, car la plupart des contrats sont des mutuelles responsables qui excluent le remboursement des dépassements d’honoraires des médecins non conventionnés en vertu du cahier des charges ;
  • Pour les prescriptions : en l’absence de remboursement par la Sécurité sociale, les mutuelles ne peuvent généralement plus intervenir.

Il existe toutefois des exceptions. Certains contrats proposent des garanties spécifiques sous forme de forfaits pour les frais non remboursés (médecine douce, acte hors nomenclature, etc.). Dans ce cas, une partie des dépenses pourrait être prise en charge, mais cela dépend entièrement des conditions du contrat.

Une vigilance accrue sur votre contrat

Face à cette évolution, il est essentiel d’anticiper et de vérifier les garanties de votre complémentaire santé. Plusieurs réflexes sont à adopter :

  • Relire attentivement votre tableau de garanties de votre mutuelle santé
  • Identifier les éventuels forfaits pour soins non remboursés par la Sécu
  • Vérifier les exclusions liées aux médecins non conventionnés  
  • Contacter votre assureur ou votre conseiller pour obtenir des précisions.

Dans certains cas, il peut être pertinent d’adapter votre contrat si vous consultez régulièrement des praticiens hors convention. La résiliation infra-annuelle en mutuelle santé vous permet de dénoncer votre contrat actuel à tout moment après une année de souscription. Vous pouvez ainsi mettre les offres en concurrence via un comparateur de mutuelle santé et sélectionner une complémentaire non responsable qui ne soit pas soumise à des contraintes réglementaires.

Faut-il éviter les médecins non conventionnés ?

La question mérite d’être posée, mais la réponse dépend de votre situation personnelle. Certains patients choisissent ces praticiens pour des raisons spécifiques : spécialisation, approche thérapeutique, expertise, disponibilité ou réputation.

Cependant, avec la réforme de 2027, le coût global des soins associés à ces consultations va fortement augmenter. Il sera donc nécessaire d’arbitrer entre la liberté de choix du praticien et le niveau de remboursement.

Ce qu’il faut retenir

La fin du remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés constitue un tournant important dans la politique de santé. À partir de 2027 :

  • Les produits et actes prescrits par ces praticiens ne seront plus pris en charge par l’Assurance Maladie.
  • Les mutuelles seront, dans la plupart des cas, incapables de compenser cette absence de remboursement.
  • Les patients devront assumer des frais de santé potentiellement élevés.

Dans ce contexte, s’informer sur le secteur de son médecin et sur les garanties de sa complémentaire santé devient indispensable pour éviter les mauvaises surprises financières.

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Le mode forfaitaire : la couverture la plus protectrice Avec une indemnisation forfaitaire, l'assureur prend en charge une fraction définie de la mensualité de remboursement, indépendamment de votre situation financière réelle au moment du sinistre. Avantages du mode forfaitaire : Remboursement basé sur la mensualité du crédit, quelle que soit votre perte de revenus effective Particulièrement avantageux pour les travailleurs non-salariés (indépendants, professions libérales, artisans Aucune déduction des prestations versées par la Sécurité sociale ou la prévoyance collective Prévisibilité totale : vous savez à l'avance ce que l'assureur paiera Exemple concret : Votre mensualité est de 1 200 €. En cas d'arrêt de travail, l'assureur couvre 100 % de cette mensualité, peu importe que vous perceviez ou non des indemnités journalières. 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Un contrat bon marché avec une indemnisation indemnitaire, une définition de l'incapacité "toute profession" et des exclusions MNO non rachetées peut s'avérer quasi inutile au moment du sinistre. Récapitulatif des 3 critères essentiels : Mode forfaitaire : pour une indemnisation prévisible et indépendante de vos autres revenus Définition "sa profession" : pour être couvert en fonction de votre métier réel Rachat des exclusions MNO : pour ne pas être exposé aux refus sur les pathologies les plus fréquentes Grâce à la loi Lemoine (en vigueur depuis 2022), vous pouvez désormais changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités. C'est l'occasion idéale de revoir votre contrat actuel à la lumière de ces 3 critères et, si nécessaire, de le remplacer par une offre véritablement adaptée à votre profil et à vos besoins.

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Mutuelle senior : quelles garanties sont vraiment indispensables en 2026 ?

Avec l’âge, les dépenses de santé augmentent, parfois fortement. En 2024, les Français de plus de 65 ans ont déboursé en moyenne 4 320 euros par an pour leurs soins, dont une part importante reste à leur charge malgré les remboursements de l’Assurance Maladie. Dans ce contexte, choisir une complémentaire santé adaptée devient essentiel. Une mutuelle senior efficace n’est pas forcément celle qui rembourse tout, mais celle qui protège efficacement sur les postes de dépenses réellement importants tout en restant compatible avec le budget du retraité. Quelles sont les garanties indispensables d’une mutuelle senior ? La majorité des contrats commercialisés en 2026 sont des contrats de mutuelle responsable. Ils doivent respecter un socle minimum de garanties fixé par la réglementation (article R.871-2 du Code de la Sécurité Sociale). La prise en charge du ticket modérateur Une bonne mutuelle senior doit rembourser intégralement le ticket modérateur sur : les consultations médicales  l’imagerie médicale  les analyses biologiques les médicaments remboursés  les actes médicaux courants. Cette couverture concerne principalement les médecins de secteur 1 et les praticiens OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée). Le forfait journalier hospitalier L’hospitalisation représente l’un des principaux postes de dépenses des retraités. La mutuelle doit prendre en charge le forfait journalier hospitalier, quel que soit le nombre de jour en hôpital ou clinique conventionnée : 20 € par jour en médecine et chirurgie  15 € par jour en soins dans un service de psychiatrie. Sans cette garantie, une hospitalisation longue peut rapidement devenir coûteuse. Les garanties du panier 100 % Santé Le dispositif 100 % Santé ou reste à charge zéro permet d’obtenir des équipements de qualité sans débourser un centime. Les mutuelles responsables doivent couvrir : les lunettes du panier 100 % Santé  certaines prothèses dentaires  les appareils auditifs de classe I. Les garanties complémentaires prioritaires d’une bonne mutuelle senior Certaines garanties ne sont pas obligatoires mais deviennent quasiment indispensables après 65 ans. Les dépassements d’honoraires Les consultations de spécialistes en secteur 2 génèrent souvent des dépassements importants. Il est conseillé de choisir une mutuelle remboursant entre 200 % et 350 % de la base de remboursement de la Sécurité Sociale (BRSS). Une prise en charge à 100 % BRSS signifie que vous êtes remboursé uniquement du ticket modérateur, souvent loin de la dépense engagée. Les appareils auditifs On constate vite les limites du 100 % quand on est senior. Les aides auditives haut de gamme dépassent souvent les plafonds du dispositif. Une garantie renforcée peut couvrir les appareils de classe II (incluant accessoires et suivi), plus qualitatifs et plus discrets. L’optique hors 100 % Santé La même remarque vaut pour l’optique. Les verres progressifs restent coûteux et le choix des montures du panier I est limité. Les contrats renforcés proposent souvent : un forfait annuel ou biannuel  des remboursements élevés sur les verres complexes  des équipements premium. La kinésithérapie et la rééducation Avec l’âge, les pathologies articulaires et musculaires deviennent fréquentes. Une mutuelle senior performante peut prendre en charge : les séances supplémentaires de kinésithérapie  la rééducation fonctionnelle  certains soins post-opératoires. Les garanties optionnelles de la mutuelle senior : utiles selon le profil Certaines garanties ne sont pas nécessaires pour tous les retraités. Elles sont proposées en option, leur souscription n’est donc pas systématique. Les médecines douces Le forfait prévention de la mutuelle santé couvre souvent les disciplines suivantes : l’ostéopathie  l’acupuncture  la naturopathie  la chiropractie. Les remboursements sont toujours limités (plafond annuel, doublé d’un prix par séance avec un nombre limité de séances annuelles). Les cures thermales Les mutuelles haut de gamme peuvent participer aux frais engagés pour une cure thermale prescrite par un médecin et donnant droit à un remboursement partiel de la Sécu : aux frais d’hébergement  au transport  aux soins thermaux. Cette garantie intéresse surtout les personnes souffrant d’arthrose ou de douleurs chroniques. L’assistance à domicile Après une hospitalisation, certaines mutuelles proposent : une aide-ménagère  le portage de repas et des médicaments une assistance administrative  un accompagnement temporaire. Les garanties voyage et rapatriement Elles concernent principalement les seniors voyageant régulièrement à l’étranger. Tableau récapitulatif des garanties indispensables et optionnelles Garanties Caractère Remboursement Sécu Prise en charge mutuelle Profil concerné   Socle réglementaire obligatoire des contrats responsables   Ticket modérateur Indispensable Variable selon acte 100 % du TM Tous les assurés Forfait journalier hospitalier Indispensable Non pris en charge 20 € / 15 € Tous les assurés Dentaire 100 % Santé Indispensable Partiel Complément jusqu’à 0 € du RAC Tous les assurés Optique 100 % Santé Indispensable Partiel Complément jusqu’à 0 € du RAC Tous les assurés   Garanties complémentaires prioritaires pour les 65 ans et plus Dépassements d'honoraires secteur 2 Prioritaire Base SS uniquement 250 à 400 % de BRSS Patients réguliers de spécialistes   Audioprothèses classe II Prioritaire 950 €/oreille max (panier I) Jusqu’à 1 950 €/oreille au-delà du plafond SS Malentendants, 70 ans et plus   Kinésithérapie Prioritaire Limité en nb de séances Jusqu’à 20 séances en sus de la SS Pathologies rhumatismales et orthopédiques   Médecine préventive Prioritaire Non remboursé Forfait annuel selon contrat Suivi préventif, retraités actifs   Prothèses dentaires hors 100 % Prioritaire Faible (base SS) Jusqu’à 480 €/couronne – implant moy. 1 850 € Besoins prothétiques confirmés     Garanties strictement optionnelles  (à souscrire selon analyse coût/bénéfice) Cure thermale Optionnelle Partiel (forfait thermal SS) 50 % des frais réels, limite 600 €/cure     Médecines douces Optionnelle Non remboursé Forfait annuel de 50 € à 250 € selon contrat Usage personnel spécifique   Assistance à domicile Optionnelle Non remboursé Inclus ou en option selon formule Isolement, mobilité réduite   Rapatriement sanitaire Optionnelle Non remboursé Variable selon contrat Voyageurs fréquents à l’étranger   Comment analyser efficacement un tableau de garanties de mutuelle santé ? Vérifier le reste à charge réel Le plus important n’est pas seulement le taux affiché des garanties de la mutuelle santé, mais le montant restant à payer après remboursement. Il faut comparer : le coût réel des soins  le remboursement de la Sécurité sociale  celui de la mutuelle. Il y a quelques années, les organismes de complémentaire santé se sont engagés à rendre leurs contrats plus lisibles, et à mentionner entre autres des exemples chiffrés de remboursement sur les postes de base. Contrôler les plafonds annuels Certaines garanties affichent des pourcentages élevés mais comportent des limites annuelles faibles. Il faut notamment vérifier : les plafonds dentaires  les plafonds optiques  les limites en audiologie. Adapter les garanties à son état de santé Un contrat doit correspondre aux besoins médicaux réels du retraité. Par exemple : un senior suivi en cardiologie aura besoin d’une forte couverture des dépassements d’honoraires ; une personne souffrant d’arthrose privilégiera la kinésithérapie ; un retraité sans problème dentaire important peut éviter les formules premium. Quel budget prévoir pour une mutuelle senior ? Le coût dépend : de l’âge  du niveau de garanties  du lieu de résidence  des renforts choisis. En 2026, les experts estiment qu’un budget raisonnable représente entre 4,8 % et 7,2 % du revenu mensuel net. Exemple de budget moyen Pension nette mensuelle Budget conseillé pour la mutuelle 1 500 € 72 à 108 € 2 400 € 115 à 172 € Au-delà de 8 % des revenus mensuels, le risque de renoncement aux soins augmente fortement selon les données de l'IRDES (Institut de Recherche et de Documentation en Économie de la Santé) de septembre 2025. Comment choisir la bonne mutuelle senior ? Pour sélectionner le bon contrat, il est conseillé de : donner la priorité aux garanties essentielles  analyser ses dépenses de santé réelles  comparer le reste à charge  éviter les options inutiles  vérifier les plafonds et exclusions  vérifier la possibilité de modifier facilement les garanties. Une mutuelle senior efficace n’est pas forcément celle qui rembourse tout, mais celle qui protège efficacement sur les postes de dépenses réellement importants tout en restant compatible avec le budget du retraité. Les erreurs fréquentes à éviter  Choisir la mutuelle la plus chère Un tarif élevé ne garantit pas une meilleure protection sur les garanties essentielles. Certaines formules premium incluent surtout : des médecines alternatives  des cures thermales  des options peu utilisées. Négliger la résiliation infra-annuelle Après un an de contrat, il est possible de changer de mutuelle à tout moment sans frais. Entrée en vigueur en décembre 2020, la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé permet d’adapter sa couverture, de réduire ses cotisations et d’améliorer ses remboursements sans subir la reconduction tacite. Quelles mutuelles seniors se distinguent en 2026 ? Plusieurs assureurs proposent des offres adaptées aux besoins des retraités. Malakoff Humanis Cette compagnie cible les seniors ayant des besoins médicaux modérés avec : une bonne couverture des spécialistes OPTAM  des garanties optiques renforcées  des options activables selon les besoins. Harmonie Mutuelle Les offres de HM sont adaptées aux retraités ayant des besoins plus importants : dépassements d’honoraires élevés ; kinésithérapie renforcée ; prothèses dentaires mieux remboursées. Swiss Life L’assureur propose des contrats particulièrement intéressants pour : les seniors fortement médicalisés  les hospitalisations fréquentes  les besoins en audiologie. Allianz Les formules du leader mondial de l’assurance misent sur la modularité : ajout ou suppression d’options  évolution des garanties sans changer de contrat  personnalisation progressive de la couverture.

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Assurance prêt conso : un marché juteux sous haute surveillance

En dix ans, l'assurance des crédits à la consommation est passée d'un produit confidentiel à un marché pesant près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, avec une croissance de 60 %. Aujourd'hui, 7 crédits conso sur 10 sont couverts par une assurance, alors même que celle-ci reste facultative. Ce paradoxe interroge : comment un produit optionnel est-il devenu quasi systématique ? Et à quel prix pour le consommateur ? Entre commissions jugées excessives, sinistralité anormalement basse et manque de transparence, les régulateurs européen et français ont mis ce secteur sous surveillance renforcée. Décryptage d'un marché en pleine mutation, à l'heure où le surendettement des ménages français repart à la hausse. Un secteur en plein essor Des Français de plus en plus endettés Le crédit à la consommation s'est profondément ancré dans les habitudes financières des ménages français. Deux tiers d'entre eux y ont déjà eu recours au cours de leur vie, principalement pour financer : L'achat d'un véhicule (36 % des cas) Des travaux de rénovation (27 %) De l'électroménager ou des équipements électroniques (17 %) Malgré un léger repli du nombre de ménages détenteurs d'un tel crédit — passé de 20,9 % en 2023 à 18,1 % en 2025 — l'encours total ne cesse de gonfler, atteignant 218 milliards d'euros début 2026, soit une hausse de 3,2 % selon la Banque de France. Une assurance facultative devenue quasi systématique Si la souscription à l'assurance emprunteur conditionne l’obtention d’un prêt immobilier, elle reste théoriquement optionnelle pour les crédits à la consommation. Pourtant, 7 contrats sur 10 sont aujourd'hui couverts par une assurance. En 10 ans, ce marché a bondi de 57 %, pour peser désormais près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ce paradoxe s'explique en partie par les pratiques commerciales : le taux d'équipement est particulièrement élevé lorsque le crédit est distribué via le canal bancaire, où les conseillers sont mieux formés à la vente d'assurance. À l'inverse, il chute sensiblement lorsque le crédit est proposé directement sur le lieu de vente par un vendeur non spécialiste. Les garanties proposées : similaires à l'immobilier, mais plus chères Des couvertures classiques sur des durées courtes Les garanties offertes dans le cadre de l'assurance de prêt conso couvrent les mêmes aléas de la vie que celles de l'assurance emprunteur immobilier : Arrêt de travail Invalidité Chômage Décès Cependant, rapportée au capital emprunté, la prime est 2 à 3 fois plus élevée que pour un prêt immobilier. À titre d'illustration, pour un crédit de 13 000 €, l'assurance représente environ 8 € par mois, soit près de 300 € sur 3 ans. 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La réponse du marché et ses perspectives Des ajustements en cours Face à la pression réglementaire, les acteurs du secteur ont commencé à réagir sur plusieurs fronts : Révision tarifaire : les prix deviennent progressivement plus compétitifs. Élargissement des garanties : couverture du chômage du conjoint, prise en charge des mensualités en cas de divorce (premier motif de surendettement), extension des protections aux événements imprévus. Réduction des exclusions : simplification des conditions pour limiter les refus de sinistres. Amélioration de la communication : rappels réguliers aux clients de leurs droits, pour accroître la fréquence de recours. Un marché durablement attractif Malgré les corrections en cours, l'assurance de prêt conso demeure un jackpot pour les banques. Ses marges restent largement supérieures à celles des activités principales des distributeurs, ce qui entretient une forte dynamique sur ce segment. Les experts s'accordent à prévoir une croissance continue dans les années à venir, portée par la demande persistante de protection affinitaire. Un enjeu social sous-estimé Dans un contexte de surendettement croissant — les dépôts de dossiers ont progressé de 14,1 % au premier trimestre 2026 par rapport à 2025 — la question de l'assurance crédit prend une dimension sociale préoccupante. Les crédits courts et les paiements fractionnés (mini crédits, LOA, paiement en plusieurs fois) représentent désormais près de la moitié des dettes des ménages surendettés. L'ACPR le rappelle sans détour : il n'est pas acceptable que des distorsions tarifaires se perpétuent « à la faveur de l'ignorance d'une clientèle souvent peu informée et financièrement fragile ». Une réforme des règles d'octroi de crédit est attendue en fin d'année dans le cadre de la transposition d'une directive européenne, mais elle ne suffira pas sans un véritable effort de pédagogie et de transparence de la part des acteurs du marché. Source L’Argus de l’Assurance