Assurance santé : des restes à charge colossaux pour certains patients

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En 2017, le reste à charge après intervention de la Sécurité Sociale et des organismes complémentaires atteignait en moyenne 220€ par an. Le montant de cette participation financière varie du simple au triple en fonction de l'âge, et pour 1% des assurés, il dépasse les 3 700€. Voici les données clefs d'une étude menée par la Drees.

96% des Français couverts par une assurance santé complémentaire

Dans son numéro de novembre, la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) révèle les chiffres des restes à charge en santé pour l'année 2017. Pour évaluer les restes à charge (RAC), sont prises en compte les dépenses de santé remboursables et présentées au remboursement à l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Les dépenses non remboursables ou non présentées au remboursement ne sont pas comptabilisées. Le RAC AMO se compose de la part opposable comprenant le ticket modérateur, les participations forfaitaires, et les dépassements d'honoraires, ainsi que les tarifs libres sur certains produits ou actes (dentaire, optique, audiologie). Ce RAC est ainsi facturé au patient et/ou à sa mutuelle.

En 2017, 96% des assurés au régime général bénéficient d'une couverture complémentaire. Quasiment tous les contrats d'assurance santé complémentaire sont dits responsables et solidaires, et prennent en charge l'intégralité du ticket modérateur, à savoir la différence entre le tarif de convention et le remboursement de la Sécu. Les dépassements d'honoraires, en aucun cas remboursés par la Sécu, font l'objet d'une prise en charge selon le niveau de garanties prévu au contrat.

Des dépenses de santé trois fois plus élevées pour les plus de 65 ans

La Drees a calculé que le RAC après remboursement de l'AMO est d'environ 620€ en 2017. Après intervention de la couverture complémentaire, le RAC tombe à 220€ en moyenne. Le montant de la participation financière aux soins dépend ainsi de la protection à un deuxième niveau et des prestations du contrat. Le RAC varie grandement d'une tranche d'âge à l'autre, il est bien évidemment corrélé aux dépenses de santé qui s'accroissent au fil des années. Pourtant le RAC croît de manière plus modérée que les dépenses de santé.

Entre 6 et 10 ans, un jeune patient consomme en moyenne 800€ de soins par an. Son RAC AMO est évalué à 200€ par an. Les 41-45 ans dépensent en moyenne 1 900€ par an pour se soigner, pour un RAC AMO de 450€/an. À partir de 66 ans, la dépense moyenne de santé est supérieure à 4 500€/an pour un RAC AMO aux environs de 1 000€. Les plus de 70 ans qui représentent 10% des patients concentrent plus de 25% des dépenses de santé et 20% du RAC AMO. L'AMO prend en charge moins de 80% des dépenses de santé des 41-45 ans, mais près de 90% chez les plus de 85 ans.

Le graphique ci-dessous compare la courbe de la dépense de santé à celle du RAC AMO. 

courbe RAC AMO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Drees

1% des patients avec des RAC supérieurs à 3 700€

Pour la moitié des patients, le RAC AMO est inférieur à 240€. Pour 20% des personnes, il excède 760€ et les 10% d'assurés ayant les RAC les plus élevés doivent assumer en moyenne 2 200€. Pour 1% de la population, le RAC est extrême, se situant au-delà de 3 700€, avec une moyenne de 5 400€. Et pour 0,1% d'entre eux, le RAC AMO culmine à plus de 10 000€ par an. 

Pour ces personnes exposées à un RAC AMO très élevé, la participation financière est réduite de près de la moitié après intervention d'un contrat responsable.

Les dépassements d'honoraires sont la cause principale de RAC AMO extrêmes. Pour les 1% des patients avec les RAC AMO les plus élevés, les dépassements tarifaires représentent en moyenne 3 000€ du RAC AMO, dont 1 400€ pour les seuls soins dentaires.

Selon la Drees, le profil majoritaire de 0,1% des patients aux RAC AMO les plus élevés (40% d’entre eux) sont principalement des personnes entre 55 et 85 ans, "ayant une consommation continue de soins de ville et plusieurs épisodes d’hospitalisation relativement courts" (huit jours à temps complet sur l'année). La moitié d'entre eux ne souffre pas d'ALD (Affection de Longue Durée), ce qui met en lumière le niveau élevé des RAC que doivent assumer ces patients ne bénéficiant pas du régime avantageux de l'ALD (100% du tarif conventionné). Ces chiffres rendent compte, une nouvelle fois, de l'importance d'être couvert par un contrat de santé complémentaire.

La réforme du RAC 0 (100% Santé) est entrée progressivement en vigueur depuis janvier 2019. Elle vise à garantir l’accès à des soins de qualité, tout en diminuant les RAC. Au terme de sa mise en œuvre en janvier 2021, les contrats complémentaires dits responsables devront présenter 3 paniers remboursés à 100% en optique, prothèses dentaires et audiologie. Libre à l’assuré de préférer des prestations en dehors de cette offre, il s’expose alors à des RAC plus élevés s’il n’a pas souscrit des garanties renforcées sur ces 3 postes. 

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Ménopause : un acte de prévention entièrement gratuit depuis le 1er avril 2026

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L'objectif de ce nouveau rendez-vous de santé n'est pas simplement de traiter les symptômes apparents, mais d'offrir une approche globale et anticipatrice de la santé féminine après 45 ans. Les autorités sanitaires ont souhaité combler un vide dans le parcours de soins : jusqu'ici, aucune consultation spécifiquement dédiée à cette période charnière n'existait dans le dispositif de remboursement de la Sécurité Sociale. Désormais, chaque femme concernée dispose d'un espace médical dédié pour aborder librement les changements liés à la fin des cycles menstruels. Qui est concerné et qui consulter ? Ce bilan s'adresse aux femmes âgées de 45 à 65 ans, qu'elles soient en périménopause ou en ménopause confirmée. Elles ont la liberté de choisir le professionnel de santé qui assure leur suivi habituel : Médecin généraliste Gynécologue Sage-femme Pour les femmes touchées par une ménopause précoce, c'est-à-dire survenant avant 45 ans, ce dispositif ne s'applique pas encore. 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Il n'est donc pas nécessaire de faire intervenir sa mutuelle santé pour cette consultation spécifique. Lors de la prise de rendez-vous, il convient de préciser explicitement le motif (consultation ménopause), afin que le professionnel de santé puisse coder l'acte de façon appropriée et éviter tout dépassement d'honoraires involontaire. Quels sont les bénéfices concrets de ce bilan ménopause au quotidien ? Une prévention active des risques liés à la ménopause La ménopause n'est pas une maladie, mais elle expose les femmes à des vulnérabilités spécifiques que ce bilan permet d'anticiper efficacement. 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Comparer les offres de mutuelles permet de s'assurer que sa couverture est bien alignée avec ces nouveaux enjeux de santé, et d'éviter des restes à charge importants sur les soins non couverts par la Sécurité sociale.

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Achat immobilier 2026 : emprunteur maintenant ou attendre ?

Dans un contexte mondial agité, où le conflit entre les États-Unis et l'Iran fait peser une pression inflationniste sur l’économie mondiale, la question du crédit immobilier se pose avec une acuité particulière. Les répercussions de ces fortes tensions se traduisent concrètement : hausse du prix de l'énergie, regain d'inflation, et des taux directeurs qui peinent à baisser aussi vite que les emprunteurs l'espéraient. Faut-il sauter le pas en 2026 ou temporiser ? La réponse dépend de la préparation de votre dossier autant que du marché. Un contexte géopolitique qui pèse sur les taux de crédit immobilier L'effet domino USA/Iran sur les marchés financiers Le conflit entre Washington et Téhéran a déclenché une série de réactions en chaîne sur les marchés internationaux : La flambée du pétrole alimente directement l'inflation dans la zone euro (2,5 % sur un an à fin mars, contre 1,9 % en février). Les banques centrales, la Banque Centrale Européenne en tête, maintiennent une politique monétaire prudente (taux de refinancement de la BCE maintenu à 2,15 %). Les taux obligataires français restent élevés, ce qui freine la baisse des taux immobiliers (OAT 10 ans à 3,70 % en avril 2026, marquant une hausse récente). La volatilité des marchés rend les établissements bancaires plus sélectifs dans leurs attributions de crédit. Ce que cela signifie concrètement pour votre emprunt En 2026, les taux de crédit immobilier oscillent autour de niveaux significativement plus élevés qu'en 2020-2021 (taux moyens, hors assurance emprunteur et coût des sûretés) : Sur 15 ans : entre 3,20 % et 3,30 % Sur 20 ans : entre 3,35 % et 3,50 % Sur 25 ans : entre 3,45 % et 3,55 %. Pour un emprunt de 250 000 €, quelques dixièmes de point supplémentaires représentent des dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Plus que jamais, chaque décision doit être réfléchie et chaque poste, négocié. Préparer un dossier qui rassure les banques Les piliers d'un profil accepté Dans un environnement où les établissements bancaires restent sur leurs gardes, votre demande de prêt immobilier doit afficher une solidité irréprochable. Les critères fondamentaux restent identiques, mais leur examen est désormais plus rigoureux : Stabilité professionnelle : un CDI reste le passeport idéal ; les indépendants devront présenter plusieurs bilans comptables. Historique bancaire sain : aucun incident de paiement, pas de découvert bancaire, des comptes réguliers et maîtrisés. Épargne démontrée : une capacité à mettre de l'argent de côté rassure davantage que le solde brut d'un compte. Apport personnel : il doit couvrir au minimum les frais de notaire et de garantie, soit environ 10 % du prix du bien, parfois plus pour les profils atypiques. Le taux d'endettement : une règle à ne pas sous-estimer Le taux d'endettement reste fixé à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse. Dépasser ce plafond condamne la quasi-totalité des dossiers, à l'exception de quelques primo-accédants bénéficiant de dérogations accordées au cas par cas (marge de flexibilité sur les règles d’octroi, autorisée par le régulateur). Avant même de rencontrer un banquier : Soldez ou réduisez vos crédits à la consommation en cours. Évitez tout nouvel achat à crédit dans les 6 mois précédant votre demande. Calculez votre capacité d'emprunt avec précision, jusqu'au dernier euro. Constituez un apport personnel significatif. Taux fixe ou taux variable : que choisir en 2026 ? La solidité rassurante du taux fixe En France, le taux fixe d’un prêt immobilier constitue la norme et représente une protection réelle pour l'emprunteur. Contrairement à de nombreux pays anglo-saxons où la mensualité peut évoluer au gré des décisions des banques centrales, le système français garantit une mensualité stable du premier au dernier remboursement. Dans un contexte d'incertitude géopolitique persistante, cette prévisibilité prend une valeur supplémentaire. Le taux variable : un produit de niche Le crédit immobilier à taux variable existe encore sur le marché, le plus souvent assorti d'un cap de taux limitant la hausse ou la baisse maximale (taux capé à - ou + 1 ou 2 %). Mais il reste marginal et réservé à des profils très spécifiques : Emprunteurs prévoyant de revendre rapidement Projets à durée de détention courte Profils avec une forte capacité à absorber une éventuelle hausse de mensualité Pour la grande majorité des ménages, le taux fixe demeure le choix le plus prudent, surtout en période d'instabilité mondiale. L'assurance de prêt immobilier : un levier d'économies souvent négligé Un coût qui peut dépasser 30 000 € sur la durée du prêt L'assurance emprunteur est souvent traitée comme une formalité. C'est une erreur, il s’agit du deuxième coût après les intérêts d’emprunt, soit généralement des milliers d’euros sur la durée de remboursement. La bonne nouvelle : la loi vous donne désormais tous les outils pour agir. Comment optimiser ce poste Délégation d'assurance dès la signature : vous n'êtes pas obligé d'accepter le contrat groupe de votre banque (loi Lagarde). Résiliation à tout moment : depuis la réforme Lemoine de 2022, changer d'assurance emprunteur en cours de prêt est devenu simple et accessible. Comparaison sur les garanties réelles : 2 contrats affichant le même taux peuvent couvrir des risques très différents. Révision régulière : votre profil de risque évolue avec le temps ; revisiter son contrat après quelques années peut générer plusieurs milliers d'euros d'économies. Mettez les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt pour identifier le contrat adapté le plus compétitif.   Durée du prêt immobilier et coût total : l'arbitrage décisif Allonger la durée d'un crédit à l’habitat réduit la mensualité mais augmente mécaniquement le coût total. À l'inverse, raccourcir la durée allège la facture globale mais exige une mensualité plus élevée. Les simulations en ligne permettent de jouer sur le coût total du prêt en fonction de la durée. C’est votre capacité d’endettement qui va déterminer la mensualité maximale que vous pouvez assumer. Dans un contexte de taux encore soutenus, ce calcul mérite une attention particulière : Sur 15 ans vs 25 ans, la différence de coût total peut atteindre 30 % à 60 % du capital emprunté. Préférez la durée la plus courte compatible avec votre taux d'endettement. Négociez des clauses de remboursement anticipé si votre situation venait à s'améliorer. Acheter maintenant ou attendre en 2026 ? Les arguments pour agir maintenant Les prix de l'immobilier dans certaines zones ont déjà amorcé une correction. Attendre une baisse des taux hypothétique, c'est souvent retarder un projet de vie. La renégociation reste possible si les taux venaient à baisser significativement. Chaque année de location représente un loyer qui ne constitue aucun patrimoine. Les raisons de patienter L'incertitude géopolitique pourrait maintenir les taux élevés durant plusieurs mois. Un dossier insuffisamment préparé coûte cher en conditions moins favorables. Des signes de détente sur l'inflation pourraient se matérialiser d'ici fin 2026 si les tensions géopolitiques s’apaisent. La règle d'or : la préparation prime sur le timing Ni l'euphorie ni la panique ne doivent guider une décision d'achat immobilier. Ce qui compte, c'est la qualité de votre préparation : dossier solide, apport optimisé, assurance négociée, durée calibrée. Quelle que soit l'évolution des taux, l'emprunteur bien préparé part toujours avec une longueur d'avance.

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Baisse du pouvoir d'achat en 2026 : plutôt qu'allonger votre prêt, optimisez votre assurance emprunteur

Face à la hausse des taux d’intérêts, aux prix immobiliers toujours élevés et au climat économique anxiogène, les ménages français ajustent leurs stratégies d'emprunt. Le premier trimestre 2026 marque un tournant : selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, la durée moyenne des prêts immobiliers atteint 252 mois, soit 21 ans — un niveau jamais enregistré jusqu'ici. Pour la moitié des financements, la durée se hisse à 25 ans ou plus, dans le trait du plafond réglementaire. L'allongement de la durée de remboursement s'impose comme le levier d'adaptation pour maintenir des mensualités accessibles. Mais cette solution, efficace à court terme, alourdit mécaniquement le coût total du crédit. Il existe une autre option pour faire baisser le coût d’un crédit immobilier : la délégation d’assurance emprunteur. Un prêt immobilier sur deux signé sur 25 ans ou plus Des chiffres historiques au premier trimestre 2026 Les données publiées le 16 avril 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA sont sans ambiguïté : 49 % des prêts immobiliers accordés en mars 2026 portent sur une durée de 25 ans ou plus. La durée moyenne a progressé de 6 mois en un an, atteignant 252 mois. Plus de 81,7 % des crédits sont désormais contractés sur 20 ans ou davantage. L'observatoire qualifie ces résultats de « niveaux les plus élevés jamais observés ». La part des prêts à 25 ans et plus avait culminé à 51,1 % en 2024, tandis que la tranche des 20-25 ans est passée de 27,9 % à 32,7 % sur la même période. Répartition des durées de prêt en mars 2026  Durée du prêt Part sur l’ensemble des crédits immo Moins de 10 ans 0,9 % De 10 à 15 ans 6,6 % De 15 à moins de 20 ans 10,8 % De 20 à moins de 25 ans 32,7 % 25 ans ou plus 49 % Source : Observatoire Crédit Logement – CSA, mars 2026 Les prêts courts (moins de 15 ans) ne représentent plus que 7,5 % de la production, confirmant leur marginalisation progressive sur le marché. Pour rappel, la durée maximale légale d’un prêt immobilier est de 25 ans, selon les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière. Elle peut toutefois aller jusqu’à 27 ans en cas de jouissance décalée du bien (achat en VEFA, achat dans l’ancien avec travaux dont le montant représente au moins 10% de l’opération). Pourquoi les Français empruntent-ils sur des durées toujours plus longues ? Une réponse directe à l'érosion du pouvoir d'achat immobilier Plusieurs facteurs combinés contraignent les emprunteurs à étaler leur prêt immobilier sur de longues périodes : Des taux d'intérêt encore élevés, qui amputent la capacité d'emprunt Des prix immobiliers qui ne reculent pas, notamment dans les grandes agglomérations Un environnement économique incertain, qui pousse les ménages à freiner leurs projets  Des critères d'octroi stricts, imposés par les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) En allongeant la durée du prêt, l'emprunteur réduit ses mensualités et se maintient sous le plafond légal du taux d'endettement de 35 % (assurance emprunteur comprise), condition indispensable à l'obtention du financement. Les banques contraintes de redoubler d'efforts Habituellement, le printemps stimule les offres commerciales bancaires pour capter les projets immobiliers saisonniers. En 2026, les établissements de crédit ont dû aller plus loin face à un repli marqué de la demande. L'Observatoire Crédit Logement/CSA souligne que « les banques ont dû faire encore plus, face au repli de la demande de crédits, alors que les ménages freinent leurs projets dans le climat anxiogène actuel ». Réduire le coût de son crédit autrement : la délégation d'assurance emprunteur Une alternative souvent négligée à l'allongement de durée Si étaler son prêt sur 25 ans permet de contenir les mensualités, cela augmente significativement la facture finale. Il existe pourtant un levier bien moins coûteux et trop souvent ignoré : la délégation d'assurance emprunteur. Cette démarche consiste à souscrire son assurance de prêt auprès d'un assureur externe plutôt qu'auprès de la banque prêteuse. Les avantages sont concrets : Des économies pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du crédit Des garanties équivalentes, voire supérieures, à celles proposées par l’assurance de groupe proposée par l’établissement bancaire Une liberté de résiliation annuelle, garantie par la loi Lemoine depuis 2022, permettant de changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment Pour une mensualité autour de 1 070 €, la durée de remboursement d’un prêt immobilier de 200 000 € peut être réduite de 25 à 23 ans en négociant le taux d’assurance de 0,34 % à 0,10 % (profil jeune et sans risque spécifique) grâce à la délégation. Ce que dit la loi Lemoine Quand la délégation d’assurance se révèle difficile à mettre en place lors de la demande de financement, elle peut se faire dans un deuxième temps. Depuis le 1er septembre 2022 (loi Lemoine), tout emprunteur peut résilier son contrat d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais, à condition de présenter un contrat de substitution offrant des garanties au moins équivalentes. Cette réforme majeure a ouvert la concurrence sur un marché longtemps dominé par les bancassureurs, au bénéfice direct des ménages. Les économies manquées initialement peuvent être réalisées a posteriori grâce à la loi Lemoine. Accès à la propriété : une mutation structurelle du marché Un endettement étalé sur plusieurs décennies Le basculement vers des crédits longs traduit une transformation profonde du modèle d'accession à la propriété en France. Acheter un bien immobilier repose désormais davantage sur la capacité à s'engager financièrement sur le long terme que sur une épargne préalable solide. Ce changement emporte plusieurs conséquences directes : Un coût total du crédit alourdi : plus la durée est longue, plus les intérêts versés sont importants. Un endettement prolongé : les primo-accédants restent engagés bien au-delà de la cinquantaine. Une sensibilité accrue aux fluctuations économiques sur toute la durée du remboursement. Une tendance qui s'ancre durablement La montée en puissance des prêts sur 25 ans ou plus — passés de valeurs marginales à près d'un crédit sur deux — signe une reconfiguration structurelle du marché, et non un simple effet conjoncturel. Tant que les prix immobiliers resteront à leurs niveaux actuels et que les taux ne baisseront pas significativement, l'allongement des durées continuera de constituer le principal mécanisme d'ajustement. Dans ce contexte, optimiser chaque poste de coût — à commencer par l'assurance emprunteur — devient une priorité pour tous les ménages qui empruntent.