Résidences secondaires : un regain d'intérêt pour l’immobilier de montagne

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La crise sanitaire et économique fait bouger les lignes de l'immobilier résidentiel et touristique. Les biens situés en montagne sont de nouveau prisés par une clientèle, essentiellement française, qui renonce à l'hôtellerie pour éviter les risques de contamination.

La montagne, ça nous gagne !

La France est, avec l'Autriche, le leader incontesté du tourisme hivernal avec près de 54 millions de journées-skieurs vendues en 2018. Avec un domaine skiable que le monde nous envie, la France attire chaque année des millions de touristes étrangers, au premier rang desquels les Britanniques suivis des Belges et des Hollandais. Les Français constituent 72% de la clientèle et cela tombe bien, car les stations françaises vont devoir encore plus compter sur les locaux pour se réinventer.

La montagne a été l'une des destinations gagnantes de la saison touristique estivale 2020. Exit les grandes villes et les mauvais souvenirs du confinement, place aux espaces ouverts et à une nature accueillante. Depuis trois ans, la montagne figure en deuxième position des destinations préférées des Français, devant la campagne et la ville, loin toutefois des bords de mer. Selon Jean-Marc Silva, directeur de France Montagnes, les Français n'ont pas hésité cet été à réserver en dernière minute, voire dernière seconde, offrant à la montagne en période estivale un nouvel essor en raison des contraintes dues à la Covid-19. Peu d'étrangers, malgré des conditions d'annulation très flexibles pour les raisons qu'on connaît.

La montagne a vécu cet été grâce aux Francais qui pouvaient se déplacer facilement en voiture ou en train. L'Isère a enregistré +15% de fréquentation et tous massifs confondus, le taux d'occupation a atteint 80% malgré l'annulation de nombreux évènements qui a pesé sur certaines stations.

Avec la crise sanitaire, il est fort probable que les stations exclusivement tournées vers les sports d'hiver fassent dorénavant preuve de pragmatisme en élargissant leur potentiel touristique à longueur d'année comme l'ont déjà fait Avoriaz et Les Arcs, deux stations visionnaires construites pour les deux saisons. Alors que le tourisme français va devoir apprendre à vivre sur le long terme avec moins de clients étrangers, la montagne met en avant ses atouts auprès de la clientèle franco-française.

La montagne : une destination à vivre

Si le marché de la location s'en est bien sorti, celui de la transaction a lui aussi bénéficié d'un regain d'intérêt. Malgré le report des signatures authentiques pour cause de confinement, peu des ventes ont été annulées. À l'image des résidences secondaires partout en France, les biens proposés en montagne séduisent davantage d’acheteurs en quête d'un achat plaisir et d'un investissement immobilier, synonyme de valeur refuge. Cimalpes, leader de la vente de chalets et appartements haut de gamme dans les Alpes, a observé sur son réseau, entre le 15 mai et le 15 août, une hausse de plus de 60% d'acheteurs potentiels par rapport à la même période en 2019.

Les acquéreurs viennent chercher une qualité de vie qui fait défaut en milieu urbain, mais aussi, crise oblige, une forme de sécurité. La peur légitime de contracter le virus place le logement individuel en position privilégiée face à l'hébergement hôtelier. Le développement du télétravail a aussi ses vertus sur l'immobilier de montagne, comme il l'a sur les résidences secondaires en général, quelle que soit la localisation. Les médias ont parlé de mise au vert des citadins : la montagne, comme le littoral et la campagne, est aujourd'hui regardée comme une destination pour installer sa famille, ou y vivre plus longtemps que la durée de simples vacances.

Immobilier de montagne : les prix grimpent-ils ?

Avec un tel appétit pour la montagne, l'inflation des prix n'est jamais loin. La demande dans les grandes villes diminue au profit des zones rurales et notamment des territoires de montagne comme en témoigne le site de ventes entre particuliers Pap.fr où les recherches de biens ont explosé pour le seul mois d'août : +132% pour la Savoie, +124% pour la Haute-Savoie et +151% pour l'Isère. Toutes ces visites ne se concrétisent pas en achats, mais force est de constater une demande phénoménale qui pourrait tenter les vendeurs de revoir leurs prétentions à la hausse.

Il est encore trop tôt pour savoir si l'engouement actuel aura une incidence sur les prix des logements en montagne compte tenu du décalage de plusieurs mois entre les prix affichés sur les annonces et les signatures des actes authentiques. Selon la note de conjoncture des notaires de la région Rhône-Alpes diffusée en juin dernier, le marché immobilier de montagne est très spécifique à chaque station. Sur la période du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, les prix ont évolué différemment selon les régions alpines : entre +1,6% (Isère) et +3% (Savoie) pour les appartements, et entre 2,6% (Isère) et +5,5% (Haute-Savoie) pour les maisons. Les prix des prochains mois nous diront si la tendance à la hausse se confirme.

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Mutuelle et santé mentale : garanties et remboursements en 2026

La santé mentale est devenue un enjeu de santé publique majeur en France. Burn-out, anxiété, dépression, troubles du sommeil… de plus en plus de Français consultent des professionnels de la psychiatrie et de la psychologie. Pourtant, le reste à charge reste élevé, car l'Assurance maladie ne couvre qu'une partie limitée de ces soins. En 2026, les mutuelles santé jouent un rôle central pour compléter ces remboursements. Tour d'horizon complet des garanties disponibles et des dispositifs à connaître. Pourquoi la santé mentale est-elle mal remboursée par la Sécurité sociale ? L'Assurance Maladie prend en charge certains soins psychiatriques, notamment les consultations chez un médecin psychiatre conventionné. Cependant, de nombreuses dépenses restent à la charge du patient. Les limites du régime obligatoire Le régime de base rembourse (dans le cadre du parcours de soins coordonnés) : Les consultations chez un psychiatre de secteur 1 : tarif conventionné à 52 € pour patient de plus de 25 ans, remboursé à 70 % soit 36,40 €, moins la participation forfaitaire de 2 € ; tarif conventionné de 70 € pour les patients de moins de 25 ans, soit une prise en charge de 47 € Les consultations chez un psychiatre de secteur 2 (honoraires libres) sur la base de 52 € ou 70 € si adhérent à l’OPTAM, ou 42,50 € si non-adhérent à l’OPTAM (taux de remboursement 70 %) Les séances de psychologie dans le cadre du dispositif Mon Psy (jusqu'à 12 séances par an) : tarif à 50 € chez un psychologue partenaire, remboursé à 60 % ; dépassement d’honoraires interdit L'hospitalisation psychiatrique prise en charge à 80 % (100 % en ALD) En revanche, il ne couvre pas : Les consultations hors parcours de soins coordonnés si vous avez plus de 25 ans Les consultations chez un psychologue libéral hors MonPsy Les séances de psychothérapie non médicale Les praticiens en secteur 3 avec dépassements d'honoraires Les thérapies alternatives (EMDR, sophrologie, hypnothérapie) Des dépassements d'honoraires fréquents En France, plus de 60 % des psychiatres exercent en secteur 2 ou 3. Leurs honoraires peuvent atteindre 100 à 200 € la séance, laissant un reste à charge très important sans complémentaire santé adaptée. Ce que rembourse la mutuelle pour la santé mentale en 2026 Les consultations chez le psychiatre Une mutuelle santé peut prendre en charge tout ou partie des dépassements d'honoraires pratiqués par les psychiatres en secteur 2 ou 3. Selon le niveau de garantie souscrit : Garantie de base : remboursement limité au ticket modérateur (tarif conventionné, pas de couverture des dépassements) Garantie intermédiaire : prise en charge des dépassements jusqu'à 150 % ou 200 % du tarif opposable Garantie haut de gamme : remboursement intégral ou quasi-intégral, même avec des honoraires élevés Les séances de psychologue Depuis le lancement du dispositif Mon Psy en 2022, les séances réalisées par des psychologues partenaires sont remboursées par l'Assurance Maladie à 60 % sur la base d’un tarif fixé à 50 € la séance. Les contrats de mutuelle responsable couvrent intégralement le reste à charge. Pour les consultations hors MonPsy, certaines mutuelles proposent un forfait psychologue spécifique, couvrant entre 20 et 60 € par séance, dans une limite annuelle de 4 à 10 séances selon les contrats, inclus dans le forfait prévention. Important : le dispositif Mon Psy n’est pas adapté aux patients qui nécessitent un avis psychiatrique. Les thérapies alternatives liées au bien-être mental De nombreuses complémentaires santé incluent dans leurs garanties optionnelles de remboursement pour la médecine douce : La sophrologie L'hypnothérapie La relaxation et la gestion du stress L'ostéopathie (utile pour les troubles psychosomatiques) La naturopathie Ces remboursements sont souvent regroupés dans le forfait prévention compris entre 100 et 300 € par an. Comment choisir une mutuelle adaptée à la santé mentale ? Les critères essentiels à comparer Avant de souscrire ou de changer de mutuelle, évaluez les points suivants : Le taux de remboursement des psychiatres (en secteur 1, 2 et 3) L'existence d'un forfait psychologue et son montant annuel La couverture des médecines douces (sophrologie, hypnose, etc.) Les délais de carence (certains contrats imposent un délai avant d'accéder aux remboursements en psychiatrie) Le réseau de soins partenaire (accès facilité à des praticiens dans votre région) Questions à poser à votre conseiller La mutuelle couvre-t-elle les consultations hors MonPsy ? Existe-t-il un plafond annuel pour les remboursements en santé mentale ? Les séances de thérapie de groupe sont-elles prises en charge ? Le contrat couvre-t-il les soins en cas d'hospitalisation psychiatrique en clinique privée ? Garanties et remboursements : tableau comparatif selon le niveau de couverture Type de soin Base  Intermédiaire Premium Psychiatre secteur 1 (pas de dépassements d’honoraires) Ticket modérateur Ticket modérateur Ticket modérateur Psychiatre secteur 2 (honoraires libres) Ticket modérateur  Dépassements partiels Dépassements jusqu’à 100 % Psychiatre secteur 3 (non conventionné) Pas de remboursement Prise en charge éventuelle Prise en charge éventuelle Psychologue (Mon Psy) 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable Psychologue (hors Mon Psy) Non couvert Option forfait prévention Option forfait prévention Médecines douces Non couvert Forfait prévention à partir de 50 €/an Forfait prévention jusqu’à 300 €/an Conseils pour optimiser vos remboursements en santé mentale Passez toujours par votre médecin traitant pour obtenir une orientation : cela ouvre des droits supplémentaires (MonPsy, ALD, protocole de soins). Demandez un devis préalable à votre praticien pour connaître le montant exact du reste à charge. Contactez votre mutuelle avant d'entamer un suivi long pour connaître vos plafonds annuels. Comparez les offres de mutuelle santé lors de chaque renouvellement : le marché des complémentaires santé évolue rapidement, notamment sur la prise en charge de la santé mentale. Vérifiez votre éligibilité à la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) si vos revenus sont modestes : elle couvre intégralement les soins psychiatriques sans reste à charge. La prise en charge de la santé mentale par les mutuelles s'améliore progressivement, portée par une demande croissante et une meilleure reconnaissance de ces troubles. Choisir une complémentaire santé adaptée à vos besoins psychiques est aujourd'hui aussi stratégique que de vérifier la couverture dentaire ou optique. Prenez le temps de comparer les garanties, d'identifier les forfaits spécifiques et de vous faire accompagner pour trouver le contrat le plus adapté à votre situation.

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Assurance de prêt 2 emprunteurs : souscrivez séparément pour économiser

Contracter un crédit immobilier à deux est une démarche courante pour les couples, les co-emprunteurs ou les partenaires d'investissement. Mais lorsqu'il s'agit de l'assurance emprunteur, beaucoup ignorent qu'il existe une stratégie simple et légale pour réduire considérablement le coût total du prêt : souscrire des contrats d'assurance séparés. Décryptage complet de cette option méconnue, mais particulièrement avantageuse. Pourquoi l'assurance de prêt à 2 emprunteurs est-elle cruciale ? L'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût total d'un crédit immobilier. Elle garantit le remboursement des mensualités en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail de l'un des emprunteurs. Pour un prêt souscrit à deux, la banque exige une couverture sur les 2 têtes, afin de se protéger contre le risque de défaut de paiement. Emprunt à 2 : une seule ou 2 assurances de prêt ? Deux co-emprunteurs peuvent souscrire un seul contrat d'assurance de prêt pour couvrir un même crédit immobilier. Ce contrat unique couvre les 2 personnes, mais il est impératif de répartir la quotité (le pourcentage de couverture) entre eux, de façon à ce que le total atteigne au moins 100% du capital emprunté.  Points clés à retenir : Contrat unique : Souvent proposé par la banque (assurance groupe), il couvre les deux têtes sur le même document. Répartition (Quotité) : La répartition est flexible (ex: 50/50, 100/100, 30/70). Pour une protection maximale, un total de 200% (100% sur chaque tête) est possible (lire plus bas). Obligation : La banque exige toujours que la totalité du capital (minimum 100%) soit assurée.  Un contrat unique est possible et fréquent, mais le choix de la quotité est crucial pour déterminer le niveau de couverture de chaque emprunteur en cas de sinistre.  L’alternative est de souscrire 2 contrats individuels distincts, ce qui est parfois plus avantageux financièrement ou en cas de profils de risque différents. Qu'est-ce que la quotité d'assurance ? La quotité d’assurance de prêt immobilier correspond à la part du capital assuré attribuée à chaque emprunteur. Elle est exprimée en pourcentage et doit totaliser au minimum 100 % — et au maximum 200 % si les 2 emprunteurs sont couverts à 100 % chacun. Quelques exemples de répartition : 100 % / 100 % : chaque emprunteur est couvert sur la totalité du capital restant dû. C'est la couverture maximale, mais aussi la plus coûteuse. 70 % / 30 % : le co-emprunteur qui gagne le plus est couvert à 70 %, l'autre à 30 %. Une solution souvent recommandée pour équilibrer le coût et la protection. 50 % / 50 % : répartition équitable, adaptée aux couples aux revenus similaires. Le choix de la quotité doit être mûrement réfléchi. Il impacte directement le niveau de protection en cas de sinistre, mais aussi la prime mensuelle à régler. Quels sont les avantages de souscrire 2 contrats d'assurance séparés ? Pendant longtemps, les banques ont imposé leur propre contrat groupe à leurs clients. Grâce à la loi Lagarde (2010) et à la loi Lemoine (2022), les emprunteurs ont désormais le droit de choisir librement leur assurance et de la changer à tout moment. Des économies substantielles sur la durée Opter pour des contrats individuels séparés permet à chaque co-emprunteur d'obtenir un tarif adapté à son propre profil de risque : Son âge  Son état de santé Sa profession Ses habitudes de vie (fumeur, pratique sportive, etc.) Résultat : si l'un des deux emprunteurs est jeune, en bonne santé et non-fumeur, il bénéficiera d'un taux d'assurance nettement inférieur à celui proposé à son co-emprunteur si ce dernier présente des risques spécifiques.  Par ailleurs, le contrat groupe bancaire, qui lisse les risques sur l'ensemble de ses assurés via le principe de mutualisation, sera très souvent moins avantageux qu’une offre alternative avec des garanties sur-mesure. Une couverture personnalisée pour chaque profil Les contrats individuels permettent également d'adapter précisément les garanties d’assurance de prêt à chaque emprunteur : Garanties optionnelles (perte d'emploi, couverture des maladies non objectivables - affections dorsales ou psychiques) Franchises modulables Délais de carence ajustés Couverture des métiers à risque Cette personnalisation est quasi impossible avec un contrat groupe, qui applique les mêmes conditions à tous. Une souplesse accrue grâce à la loi Lemoine Depuis 2022, la loi Lemoine autorise tout emprunteur à changer de contrat d'assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais ni pénalités. Cela signifie que même si vous avez initialement souscrit un contrat groupe avec votre banque, vous pouvez : Résilier l'un ou les deux contrats à n'importe quel moment Souscrire immédiatement un nouveau contrat auprès d'un assureur externe Profiter des meilleures offres du marché en cours de remboursement Comment procéder pour souscrire séparément une assurance de prêt ? Étape 1 : Comparer les offres du marché Avant toute souscription, il est indispensable de comparer les contrats en utilisant des comparateurs en ligne ou en faisant appel à un courtier en assurance emprunteur. Parmi les critères à examiner : Le TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance) Les garanties et les exclusions de garantie Les conditions d'indemnisation (remboursement forfaitaire ou indemnitaire) Le niveau de franchise et de carence L’important est de n’écarter aucune option. La comparaison permet de mettre en concurrence toutes les offres disponibles. Un contrat bancaire peut être compétitif pour un des co-emprunteurs mais être plus cher pour le partenaire qu’une assurance déléguée, et inversement. Étape 2 : Remplir le questionnaire médical Chaque emprunteur doit remplir son propre questionnaire de santé (sauf dans certains cas prévus par la loi Lemoine, pour les parts assurées jusqu’à 200 000 € remboursées avant les 60 ans de l'emprunteur). Ce questionnaire permet à l'assureur d'évaluer le risque et de proposer un tarif individualisé. Étape 3 : Vérifier l'équivalence des garanties L’acceptation de la banque d’une offre concurrente de la sienne est conditionnée à l’équivalence de garantie ; elle peut refuser la délégation d'assurance si le contrat externe ne présente pas des garanties au moins équivalentes à celles de son contrat groupe. Vérifiez les critères exigés via la fiche standardisée d’information remise lors de votre demande de prêt. Étape 4 : Transmettre le contrat à la banque Une fois les 2 contrats souscrits séparément, chaque emprunteur transmet à la banque son certificat d’adhésion d'assurance de prêt. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la délégation Les erreurs à éviter avec l'assurance 2 emprunteurs Ne pas adapter la quotité au niveau de revenus de chaque emprunteur : en cas de sinistre, une couverture insuffisante peut mettre le co-emprunteur en difficulté financière. Choisir uniquement selon le prix : une prime basse peut masquer des exclusions importantes. Oublier de déclarer certains antécédents médicaux : toute fausse déclaration en assurance de prêt peut entraîner la nullité du contrat. Ne pas anticiper les évolutions de situation : grossesse, changement de profession, arrêt du tabac... certains événements permettent de renégocier votre contrat. En résumé : 2 contrats, 2 profils, des économies maximisées Souscrire séparément une assurance de prêt pour 2 emprunteurs n'est pas seulement permis, c'est souvent la stratégie la plus intelligente sur le plan financier. En individualisant la couverture de chaque co-emprunteur, vous adaptez le niveau de risque à la réalité de chaque profil et vous tirez pleinement parti de la concurrence entre assureurs. Faites comparer vos contrats dès aujourd'hui et découvrez combien vous pouvez économiser sur la durée totale de votre crédit immobilier.

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Taux d’usure 2026, de nouveau un frein à l’accès au crédit immobilier : raisons et solutions

Le taux d'usure, conçu à l'origine pour protéger les emprunteurs contre des pratiques bancaires abusives, redevient paradoxalement un obstacle à l'accès au crédit immobilier. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de remontée rapide des taux d’emprunt, de nombreux dossiers pourraient se retrouver bloqués mécaniquement, y compris ceux de profils pourtant solides. La solution : la délégation d’assurance de prêt. Comprendre le taux d'usure et ses limites Un mécanisme de protection devenu double tranchant Le taux d'usure est le plafond légal au-delà duquel aucune banque n'est autorisée à accorder un crédit. Calculé chaque trimestre par la Banque de France, il correspond au taux moyen constaté sur la période précédente, majoré d'un tiers. Depuis le 1er avril 2026, il s'établit à : 4,48 % pour les prêts d'une durée comprise entre 10 et 20 ans 5,19 % pour les prêts sur 20 ans et plus Ce dispositif a longtemps joué son rôle de garde-fou. Mais il présente une fragilité structurelle : son mode de calcul introduit un décalage temporel. Quand les taux de crédit progressent rapidement, le taux d'usure tarde à suivre. Ce phénomène, connu sous le nom d'« effet ciseaux », crée une situation absurde dans laquelle des emprunteurs aux finances saines se voient refuser un prêt, non pas en raison de leur profil de risque, mais parce que le taux annuel effectif global (TAEG) de leur dossier dépasse mécaniquement le plafond autorisé. Le TAEG, bien plus qu'un simple taux de crédit C'est là que réside souvent l'incompréhension. Le TAEG ne se résume pas au taux nominal affiché par la banque. Il intègre l'ensemble des coûts qui conditionnent l’octroi du financement bancaire : Le taux nominal du crédit La prime d'assurance emprunteur Les frais de dossier Les frais de garantie (hypothèque ou caution) Ces éléments, pris individuellement, peuvent sembler anodins. Additionnés, ils peuvent faire basculer un dossier au-dessus du seuil légal, même lorsque le taux nominal reste raisonnable. Une remontée des taux qui relance la menace d’un blocage du marché immobilier Des marchés obligataires sous tension Après plusieurs mois de relative stabilité, les taux immobiliers repartent à la hausse. En mai 2026, les barèmes bancaires ont déjà progressé de 0,10 à 0,20 point en moyenne. Mais c'est surtout l'évolution des marchés obligataires qui inquiète les professionnels du secteur. L'OAT 10 ans, référence utilisée par les établissements bancaires pour fixer leurs coûts de financement, a bondi de 3,30 % à près de 3,80 % en l'espace de quelques semaines seulement. Cette poussée brutale est directement imputable aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui alimentent les craintes d'un nouveau choc pétrolier et d'une résurgence de l'inflation. Un plafond réglementaire figé jusqu'en juillet Le problème est structurel : si les taux de crédit continuent de progresser dans les prochaines semaines, le taux d'usure, lui, ne sera pas révisé avant le mois de juillet. Le marché risque donc d'entrer dans une nouvelle phase de décalage, similaire à celle vécue en 2022, qui avait conduit à une paralysie partielle du crédit immobilier. À l’époque, la Banque de France avait décidé la révision mensuelle et provisoire du taux d’usure entre février 2023 et janvier 2024. Quels profils d'emprunteurs sont réellement menacés par le taux d’usure ? Les ménages modestes aux ressources limitées Prenons le cas d'un couple de trentenaires avec 3 000 € de revenus mensuels, souhaitant emprunter 200 000 euros avec un apport de 10 % et peu d'épargne de précaution. Avec un taux nominal de 3,60 % sur 20 ans, une assurance à 0,6 % (0,30 % sur chaque tête), 500 euros de frais de dossier et 2 100 euros de frais de garantie, le TAEG s'établit à 4,80 %, encore sous le seuil pour les prêts longs. Mais la situation se dégrade rapidement si les taux progressent. Avec une hypothèse de taux nominal à 4,0 %, le TAEG monte à 5,20 %, soit au-delà du taux d'usure. En quelques dixièmes de point, un dossier viable devient légalement irrecevable. Les emprunteurs sur durée courte : un risque souvent sous-estimé Contrairement aux idées reçues, les profils aisés ne sont pas à l'abri. Les emprunteurs qui souscrivent des crédits sur des durées plus courtes, notamment les quinquagénaires souhaitant rembourser rapidement compte tenu de leur âge, sont particulièrement exposés, car le seuil d'usure applicable est plus bas. Illustration concrète : un couple de cinquantenaires souhaite emprunter 180 000 euros sur 15 ans. Avec un taux nominal de 3,47 %, une assurance à 0,72 %, 0,36 % sur chaque tête), 500 euros de frais de dossier et 2 020 euros de frais de garantie, le TAEG calculé atteint 4,98 %. Or, le taux d'usure applicable à cette durée n'est que de 4,48 %. Le dossier est bloqué, en dépit de leur solvabilité (capacité d’emprunt). Les emprunteurs seniors pénalisés par l'assurance L'âge constitue un facteur aggravant. Plus l'emprunteur est âgé, plus la prime d'assurance de prêt est élevée, indépendamment de tout éventuel risque de santé, ce qui gonfle mécaniquement le TAEG. Au-delà de 55 ans, le taux moyen d’assurance oscille entre 0,40 % et 0,65 %. Un senior de 60 ans souhaite emprunter 150 000 € sur 10 ans au taux nominal de 3,30 %, couvert par l’assurance bancaire au taux de 0,65 % et avec des frais annexes totalisant 2 200 € (500 € frais de dossier + 1700 € de garantie) : le TAEG s’établit à 4,87 %, hors des clous de l’usure. La délégation d’assurance emprunteur pour rester sous l’usure La solution existe : profiter de la délégation d'assurance emprunteur. En souscrivant un contrat externe concurrent de l’assurance proposée par la banque prêteuse, vous pouvez abaisser le TAEG et le maintenir sous le plafond réglementaire. Un trentenaire peut être couvert par une assurance déléguée à un taux performant débutant à 0,10 %. Reprenons le premier exemple : avec un taux nominal de 3,60 % et une assurance alternative au taux de 0,10 % sur chaque tête (soit 0,20 %), le TAEG tombe à 4,15 %. Si le taux d’intérêts grimpe à 4 % d’ici juillet 2026, le TAEG reste sous l’usure à 4,56 %. Notre conseil : comparez les assurances de prêt immobilier. Vous constaterez que les formules alternatives sont jusqu’à 4 fois moins chères que les offres mutualisées des bancassureurs, à garanties équivalentes. La délégation en assurance emprunteur est aujourd’hui la seule option qui permet de contourner la rigidité de l’usure, en l’attente d’une hypothétique décision du régulateur de mensualiser les seuils légaux.