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Immobilier : comment se porte le marché ?

immobilier comment se porte le marché

La crise sanitaire a rebattu les cartes du marché immobilier en modifiant les attentes des ménages en matière d'habitat. A la faveur de taux d'emprunt au plancher, les Français se ruent sur la pierre, dernière valeur refuge en cette période troublée. Quelles sont vraiment les conditions d'emprunt ? Où les Français achètent-ils ? Comment va l'investissement locatif ? Où en sont les prix ? Les acquéreurs sont-ils prêts à faire des travaux de rénovation ? Voyons quelles sont les dernières tendances du marché immobilier, ancien comme neuf.

Un crédit strictement encadré

Chaque mois depuis l'été 2020, les taux d'intérêt perdent du terrain. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire Crédit Logement, le taux moyen toutes durées confondues s'est établi à 1,05% en septembre (hors assurance et coût des sûretés), soit le niveau d'août qui était déjà le plus bas historique. Jamais le crédit n'a été aussi peu cher, il permet au plus grand nombre d'acheter un bien immobilier en s'endettant à moindre coût. Et cela devrait durer !

En octobre, les barèmes bancaires reçus par les courtiers font état d'une stabilisation des taux ou de baisses marginales sur certaines durées par quelques enseignes. Malgré une inflation en nette hausse (+2,1% sur un an en septembre) et la remontée de l'emprunt d'État sur 10 ans en territoire positif, les banques n'opèrent pour l'heure aucun ajustement. Leurs objectifs d'activité sont ambitieux, tout est mis en œuvre pour attirer le chaland, d'autant que les caisses sont pleines de l'épargne des Français qui ne demande qu'à être dépensée.

Le caractère contraignant des règles d'octroi ne devrait pas bloquer cette dynamique, car les établissements de crédit ont anticipé la mesure depuis des mois. Les clients profitent de cette concurrence interbancaire, propice au maintien de taux d'emprunt au plancher. Cela n'empêche pas une sélectivité plus fine de la part des prêteurs. Les meilleurs dossiers sont favorisés, ceux qui peuvent miser d'entrée de jeu au moins 15% du coût de l'opération. Le recentrage du crédit sur les clientèles les plus aisées est un autre marqueur du marché actuel. Selon la Centrale de Financement, les primo-accédants représentent 50% des demandes de prêt immobilier, mais seulement 30% des contrats signés.

Les zones périurbaines ont la cote

C'est l'Observatoire du Moral Immobilier SeLoger qui le dit : un tiers des acheteurs portent leur choix sur les petites villes (de 2 000 à 20 000 habitants), soit près de trois fois plus qu'il y a un an. Le logement est devenu la préoccupation principale des ménages. Après les confinements répétés, bon nombre de citadins des grandes zones urbaines souhaitent s'installer dans un environnement plus calme, plus agréable, plus sain et moins pollué, sans perdre les avantages de la ville. D'où ce regain d'intérêt pour les petites collectivités locales.

L'attrait pour les biens immobiliers hors des métropoles est une réalité, mais il n'y a pas d'exode vers les campagnes comme on a pu le lire dans certains médias. Le besoin d'espace et de verdure des Français les poussent davantage à rechercher un logement en zones périurbaines et dans les villes moyennes, avec une préférence pour les maisons si tant est que l'offre soit encore présente.

Les notaires constatent pourtant un tassement de cette tendance. L'engouement des ménages pour quitter les grandes cités et s'installer dans les villes petites ou moyennes trouve désormais ses limites après plus d'un an d'une dynamique portée par le télétravail. Il est vrai que la pénurie d'offres dans certaines zones porte un coup aux velléités d'achat.

Sur un an, le nombre de transactions immobilières soumises aux droits de mutation (terrains compris) s'élevait à 1 581 000 à la fin juin, dont 1 130 000 pour les logements anciens, un record loin devant les sommets précédents.

Les prix de l'ancien grimpent toujours

Selon le dernier indice Notaires-INSEE, les prix de l'immobilier ancien ont bondi de près de 6% sur l'ensemble du territoire sur un an au deuxième trimestre 2021. La hausse est plus forte pour les maisons (+6,5%) que pour les appartements (+5,1%). On a pu observer une inversion du mouvement entre communes rurales et moyennes d'une part (+6%) et les grandes métropoles d’autre part qui ont enregistré des baisses sensibles, à l'instar de Paris qui a cédé 1,5%.

C'est du passé. Dans la capitale, les acheteurs reviennent et la pression sur les prix commence à se faire sentir. Les notaires tablent sur un mètre carré parisien à 10 770€ en octobre, après être descendu à 10 600€ en mai dernier. En Île-de-France, l'évolution annuelle est de +2,1% sur un an à fin juin (6 710€/m2 moyen), soit une progression de 26,3% sur cinq ans. Mais les prix flambent davantage à distance de Paris. Les maisons gagnent 5,1% et les appartements environ 4% en petite comme en grande couronne. Les prévisions accentuent le mouvement, tablant sur une hausse annuelle de près de 6% en grande couronne et de 3,3% en petite couronne en octobre.

Qu'en est-il dans les autres régions ? Selon le site MeilleursAgents, c'est à Brest que les prix ont le plus flambé ces douze derniers mois : +8%, soit +38% depuis 2016. Quimper a aussi la cote, preuve en est la progression de 6,8% sur un an. La Bretagne, ça gagne les acheteurs ! L'activité est en hausse de 7,5% par rapport à 2020. Sur l'ensemble de la région, les maisons sont plus chères de 12% et les appartements de 11%. Dans le Top 5, on trouve également Angers, Orléans et Reims, trois villes à distance relativement courte en train de Paris, où les hausses oscillent entre 6% et 7%.

Le réseau d'agences immobilières Orpi a lui aussi son classement. Limoges, Valence et Cannes trustent les premières places avec des valeurs qui grimpent entre 12% et 17% sur les six premiers mois de l'année. Les quatre autres communes les plus recherchées des acheteurs sont Nice, Lyon, Toulouse et Lille.

Le neuf flambe !

Dans le neuf, le manque d'offres pèse toujours sur les prix. Selon le baromètre du site Trouver-un-logement-neuf.com publié le 1er octobre, toutes les villes, petites, moyennes et grandes, sont concernées par le phénomène. L'étude porte sur les appartements T3, surface de référence de la promotion immobilière. Le prix moyen dépasse désormais les 300 000€, soit une augmentation de 3,07% sur six mois pour une inflation à 1,9% fin août.

source : Trouver-un-logement-neuf.com

Si moins de villes sont frappées par la hausse des prix en cette rentrée qu'en début d'année, la pénurie d'offres pousse indubitablement les prix vers le haut. Les ventes au deuxième trimestre sont en retrait de près de 14% par rapport à la période d'avant-crise. 

Les raisons de cette pénurie de logements neufs proposés à la vente : le manque cruel de foncier qui alimente la concurrence entre les promoteurs et fait gonfler les prix de vente des lots, et non des moindres, l'envolée vertigineuse des prix des matériaux de construction (+40% sur les armatures en béton). Pour une maison neuve par exemple, cela représente entre 20 000€ et 30 000€ de plus à débourser. Ajoutons le gel des permis de construire dans de nombreuses communes à quelques mois de l'échéance présidentielle, et le retour des investisseurs institutionnels sur le marché du logement neuf.

L'investissement locatif : toujours une bonne idée

L'appétit pour l'investissement locatif ne se dément pas, en partie soutenu par le niveau plancher des taux d'emprunt et par la recherche d'un placement non volatile. La pierre rassure et se démocratise, puisque 32% des investisseurs sont locataires, et jusqu'à 50% pour ceux qui résident en région parisienne (chiffres SeLoger/Opinion Way).

Pourtant, les conditions d'octroi des crédits, qui imposent un taux d'endettement maximum à 35% et l'abandon du calcul en différentiel, qui permettait de prendre en compte les loyers en déduction de la mensualité de crédit, sont facteurs d'exclusion de beaucoup de candidats à l'investissement immobilier. Les moins de 40 ans en sont davantage victimes que les emprunteurs plus âgés, cadres supérieurs et professions libérales, qui s'en sortent mieux grâce à un meilleur apport ou une plus-value encaissée sur la revente d'un premier bien.

La rénovation ne fait plus peur

Une enquête de SeLoger nous apprend que 8 futurs acheteurs sur 10 se déclarent prêts à acquérir un logement nécessitant des travaux. Pour la moitié d'entre eux, acheter un logement avec travaux est le gage de payer moins cher et de s'installer dans un habitat qu'ils ont aménagé à leur guise. 8 personnes sur 10 estiment que la performance énergétique est une notion importante et 9 sur 10 portent une attention particulière au DPE.

La rénovation, la nouvelle tendance immobilière ? Ça tombe bien, le gouvernement encourage les travaux de rénovation énergétique dans les logements via MaPrimRénov'. 26% des sondés comptent profiter des aides publiques et 60% sont prêts à casser leur tirelire pour financer leur projet. Alors que le nouveau DPE fait la chasse aux passoires thermiques, les Français semblent avoir compris l'enjeu d'un habitat "vert", à la fois pour l'environnement et pour leur portefeuille. Le ministère du Logement l'affirme : sans MaPrimRénov', 70% des bénéficiaires n'auraient pas entrepris des travaux de rénovation énergétique.

Dernières publications

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Mutuelle senior ou mutuelle entreprise : quel contrat choisir pour la retraite ?

La complémentaire santé représente une part importante dans le budget des ménages, a fortiori quand on est senior. Le montant des cotisations progresse avec l’âge en raison, principalement, de l’accroissement des besoins de santé. Il est tentant de conserver sa mutuelle entreprise si l’on était salarié. La réglementation l’autorise mais cette option se révèle très souvent coûteuse et mal adaptée comparativement à une mutuelle spécifiquement dédiée aux seniors. Explications. Conserver sa mutuelle entreprise à la retraite Conformément à la loi Evin de 1989 qui a instauré la portabilité des droits à la mutuelle santé, les salariés qui partent à la retraite ont la possibilité de rester couverts par la mutuelle collective de leur entreprise. Ce dispositif concerne également le régime de prévoyance éventuellement souscrit par l’entreprise pour ses employés. Les personnes licenciées (sauf faute lourde) ou placées en invalidité ont elles aussi le droit de bénéficier de la portabilité. La portabilité de la mutuelle entreprise Pour y avoir droit en tant que retraité, vous devez avoir souscrit à la mutuelle entreprise jusqu’à la fin de votre contrat de travail. Il vous faut en faire la demande par écrit à l’organisme de santé complémentaire dans les 6 mois qui suivent la fin du contrat de travail. L’organisme est obligé d’accepter et ne peut ni imposer de questionnaire médical ni de délai de carence. Vous êtes alors couvert immédiatement, mais votre changement de statut, de salarié à retraité, entraîne plusieurs conséquences : La mutuelle doit maintenir les garanties, même si votre situation a évolué. La mutuelle peut refuser de couvrir vos ayants droit (enfants à charge, conjoint). Vous assumez l’intégralité de la cotisation, qui était jusqu’alors prise en charge au moins à 50% par votre employeur. La première année, la cotisation de la mutuelle individuelle est exactement la même que celle des assurés salariés (cotisation salariale + cotisation employeur). La deuxième année, la mutuelle peut augmenter ses tarifs de 25%. La troisième année, les tarifs peuvent subir une hausse de 50% et à partir de la quatrième année, les tarifs sont libres. Garanties inadaptées L’aspect tarifaire est central, car les seniors subissent généralement une perte de revenus lors du passage à la retraite. Or, cette catégorie de population est celle qui paie le plus cher sa couverture santé complémentaire. Second écueil, les garanties restent les mêmes sans prise en compte de l’évolution des besoins de santé. Si le contrat collectif contenait une garantie maternité et des prestations orthodontie enfant, elles sont maintenues en dépit de leur inutilité. Toutes ces raisons plaident pour une formule individuelle choisie librement au regard des besoins réels et du budget qu’on est en capacité de consacrer. Une mutuelle senior adaptée à ses besoins Le marché de la complémentaire santé est segmenté. Pour chaque profil d’assuré, correspond une mutuelle adaptée à sa tranche d’âge et à ses besoins. La mutuelle entreprise présente un niveau de prestations choisi par l’employeur et destiné à couvrir l’ensemble des salariés, indépendamment des spécifiés de chacun. Les formules individuelles sont conçues pour répondre aux besoins de la clientèle concernée, offrant la possibilité de moduler le niveau de chaque garantie. La mise en concurrence s’impose pour trouver le contrat idoine qui satisfasse à vos exigences en termes de protection et de budget. Comparez les offres en ligne via un outil dédié, simple, rapide et gratuit qui vous donne accès à plusieurs devis de mutuelle santé. Entre deux contrats à garanties équivalentes, la différence tarifaire peut aller jusqu’à 300€ par an. Les garanties essentielles d’une mutuelle senior Analysez vos besoins de santé avant d’entamer la recherche d’une mutuelle senior. Certaines garanties sont indispensables après 55 ans : hospitalisation : au-delà du remboursement des soins, pensez aux frais de confort (chambre individuelle, lit accompagnant, télévision, etc.) médecine de ville : consultations, pharmacie, imagerie et analyses médicales optique dentaire aides auditives. Tous ces postes sont synonymes de restes à charge importants, car le remboursement de la part de l’Assurance maladie n’est que partiel voire très minime. Pensez également aux dépassements d’honoraires si vous consultez régulièrement des médecins qui exercent en secteur 2 (tarifs libres).   Une mutuelle qui rembourse 250% de la BRSS prend en charge 2,5 fois la base de remboursement de la Sécurité Sociale, c'est-à-dire le tarif conventionné. À 100% de la BRSS, vous n’êtes remboursé que du ticket modérateur, soit la différence entre le tarif opposable et la prise en charge du régime général.   Les prestations annexes d’une mutuelle senior En fonction de vos besoins et de votre budget, vous pouvez ajouter des garanties optionnelles : médecines douces : pédicure, ostéopathe, acupuncteur, chiropracteur, naturopathe, … la prestation peut être exprimée en forfait annuel, assorti ou non d’un nombre de séances par an. Attention à bien vérifier les thérapies ouvrant droit à une prise en charge. forfait prévention : vaccins, dépistages, bilan de santé chirurgie réfractive des yeux : la Sécu ne rembourse rien. Les mutuelles seniors les plus généreuses proposent un forfait supérieur à 500€ par œil. implants dentaires : non remboursés par la Sécu car considérés comme soins hors nomenclature, ils font l’objet d’une prise en charge partielle par la mutuelle sur présentation d’un devis détaillé. cures thermales : prise en charge du ticket modérateur pour les cures prescrites, avec ou sans forfait additionnel pouvant aller jusqu’à 600€ par an. Au-delà du niveau de remboursement, soyez vigilant quant aux services annexes de la mutuelle senior : délai de remboursement, réseau de soins, assistance en cas d’hospitalisation ou d’immobilisation à domicile (aide-ménagère, garde des animaux de compagnie, portage des repas et des médicaments), assistance téléphone 24h/24, tiers payant, aide juridique, aide à la recherche d’un établissement de santé. Le coût d’une mutuelle senior Selon les calculs de l’association UFC-Que Choisir, la hausse des tarifs 2024 de mutuelle santé est historique : elle oscille entre +10% et +30% selon les organismes et le type de contrat, les seniors étant ceux qui subissent la plus forte inflation. Alors que les difficultés d’accès à la mutuelle senior font actuellement débat au Sénat, la seule option est de faire jouer la concurrence. En fonction du niveau de garantie, un retraité doit débourser en moyenne 90€ par mois. Les tarifs débutent autour de 30€ par mois pour une formule de base et peuvent aller jusqu’à 200€/mois pour une couverture haut de gamme avec renfort sur toutes les garanties. Plus vous êtes âgé, plus élevée sera la cotisation. Optez toujours pour une mutuelle responsable, car elle présente un panier de soins minimum réglementé et applique la réforme 100% Santé qui supprime les restes à charge sur les lunettes de vue, les prothèses dentaires (couronnes, bridges, dentiers, hors implants) et les aides auditives. Et si vos moyens financiers sont modestes, vous êtes sans doute éligible à la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) : ce dispositif unique vous donne accès à une mutuelle gratuite ou avec une participation forfaitaire minime ne pouvant excéder 30€ par mois et par personne. La CSS est une mutuelle de qualité qui répond au cahier des charges des contrats responsables. Dernière information importante : vous pouvez résilier votre mutuelle à tout moment après un an d’engagement. Vous n’êtes plus tenu par la reconduction tacite si vous manquez la date d’échéance pour résilier le contrat en cours. L’opportunité vous est donnée de faire le tour du marché et de vérifier si votre mutuelle reste compétitive et adaptée à vos besoins de santé.

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Accès à la mutuelle senior : débat au Sénat sur les difficultés des retraités

Les seniors sont les premières victimes de l’augmentation des tarifs de mutuelle santé. Ils paient leur contrat individuel au prix fort, et pour certains, la charge financière est trop lourde pour s’offrir une couverture adéquate. Plusieurs associations et représentants des retraités ont été récemment auditionnés par le Sénat afin d’alerter l'État sur la situation des seniors modestes, dont certains ne sont pas éligibles à la Complémentaire Santé Solidaire. En attendant des décisions concrètes, la seule option est de mettre les mutuelles en concurrence et de comparer les offres.  Prix des mutuelles senior : jusqu’à +30% en 2024 Les tarifs de la mutuelle santé ont enregistré une hausse historique jusqu’à 30% en 2024. Selon l’association UFC-Que Choisir, en première ligne pour la défense des consommateurs, les augmentations de tarifs sur les complémentaires santé sont comprises entre +10% et +30%, les seniors étant ceux qui paient le plus lourd tribut. Une mutuelle senior coûtant au bas mot 100€ par mois par assuré, une progression de 30% équivaut pour un couple de retraités à débourser 60€ de plus par mois, soit 720€ pour l’année. La pression financière de la complémentaire santé n’est pas un fait récent. Chaque année, les tarifs augmentent à cause de la progression endémique des dépenses de santé (environ +3% par an), mais aussi d’autres facteurs qui viennent pénaliser l’équilibre économique des organismes complémentaires et les obligent à compenser en rehaussant les cotisations : transfert de charge, à l’image des frais dentaires qui sont désormais remboursés par la Sécurité Sociale au taux de 60% contre 70% avant octobre 2023 déploiement du dispositif 100% Santé qui supprime les restes à charge sur les frais dentaires (prothèses), optiques (lunettes de vue, verres et montures) et auditifs après intervention de la Sécu et des mutuelles responsables mise en œuvre de la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé qui rend les contrats plus volatiles. Il faut ajouter le contexte inflationniste en 2022 et 2023 qui a renchéri tous les coûts, ainsi que l’augmentation liée à l’âge qui pénalise les assurés seniors (entre +2% et +3% chaque année) et les frais de gestion qui atteignent en moyenne 20% du montant d'une cotisation. Le Sénat s’inquiète pour les retraités modestes La Chambre haute du Parlement prend à cœur cette situation. Une mission d’information sénatoriale à l’initiative des sénateurs RDPI (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) s'intéresse à l’impact de la hausse des tarifs de mutuelle santé en 2024 sur le pouvoir d’achat des Français. La crainte est un affaiblissement du niveau de couverture complémentaire des assurés à revenus modestes et d’un renoncement aux soins. Contrairement aux salariés couverts par la mutuelle entreprise à adhésion obligatoire et financée au moins à 50% par l’employeur, les seniors doivent assumer seuls le financement de leur complémentaire santé, de même que les étudiants et les personnes au chômage (hors dispositif loi Evin sur la portabilité des droits à la mutuelle santé). Dans la foulée de l’UFC-Que Choisir, plusieurs représentants d’organismes de complémentaire santé et associations de retraités ont été auditionnés par le Sénat courant mars et avril pour mettre à plat la situation vécue par les seniors et s’interroger sur le système global de prise en charge. Les difficultés des retraités dans l’accès une mutuelle seraient notamment dus à la généralisation de la complémentaire santé qui a rendu obligatoire la couverture complémentaire pour tous les salariés du secteur privé depuis janvier 2016. Le risque est désormais mutualisé entre les seuls retraités selon la Fédération nationale de la Mutualité Française, qui dénonce par ailleurs la promesse non tenue de l’État d’une répartition des aides fiscales entre les actifs bénéficiaires des contrats collectifs et les autres. Les organismes engrangent peu ou pas de bénéfices sur les contrats collectifs, contrairement aux contrats individuels des seniors où ils peuvent se rattraper. Une situation inadmissible où le déficit du collectif serait compensé grâce aux marges sur l’individuel. Dominique Libault, le président du Haut Conseil au financement de la protection sociale, plaide pour « un équilibre sur les deux parties » via de « nouveaux éléments de solidarité ». Taux de recours à la CSS insuffisant Les assurés les plus modestes peuvent bénéficier de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), un dispositif unique qui remplace la CMU-C et l’ACS depuis fin 2019. Il permet d’accéder à une mutuelle à titre gratuit ou moyennant une participation forfaitaire minime selon l'âge et les revenus. À partir de 70 ans, les assurés éligibles à la CSS paient au maximum 30€ par mois. Selon les derniers chiffres de l’Assurance maladie, plus de 7,3 millions de personnes profitent de la CSS, mais 3 millions d’assurés qui y ont droit ne la réclament pas. Près d’une personne sur deux ignore qu’elle est éligible à la CSS. Si les plafonds de revenus pour en bénéficier ont été relevés le 1er avril dernier, l’effet de seuil exclut les personnes dont les revenus excèdent ces plafonds à la marge. Pour certains seniors, l’effort financier pour se doter d’une mutuelle santé peut dépasser 10% du revenu disponible. Les seniors dépourvus d’aide de l’État n’ont qu’une solution pour minimiser la dépense et maîtriser leurs restes à charge : comparer les mutuelles santé et sélectionner l’offre la plus compétitive en adéquation avec leur budget et leurs besoins. En quelques clics, il est possible d'obtenir un ou plusieurs devis gratuits de mutuelle senior et d’économiser jusqu’à 300€ par an sur le contrat actuel, à garanties équivalentes.

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Prêt immobilier : protégez vos finances grâce à l’assurance emprunteur

L’assurance de prêt immobilier constitue une protection pour la banque et l’emprunteur si jamais ce dernier n’est plus en capacité de rembourser sa dette à cause d’un accident de la vie. Cette couverture peut peser lourd dans le coût global du crédit. Heureusement, le contrat peut être librement choisi, mais aussi être changé en cours de prêt afin d’en diminuer la charge financière. Le rôle de l’assurance emprunteur  Lors de votre demande de prêt immobilier, la banque va exiger la souscription à une assurance emprunteur. La finalité de ce contrat est de prendre en charge le paiement de tout ou d’une partie des mensualités au cas où vous êtes dans l’une des situations suivantes : décès perte totale et irréversible d’autonomie incapacité temporaire de travail invalidité permanente totale ou partielle plus rarement perte d’emploi. Bien que non obligatoire d’un point de vue légal, la souscription à un contrat d’assurance emprunteur reste un préalable à l’obtention du financement bancaire. La couverture exigée pour l’octroi du prêt est la prérogative de la banque : cette dernière détermine les garanties minimales qui vont couvrir les sommes en jeu jusqu’à leur terme et vous les communique via la fiche standardisée d’information. Ce document contient également le coût de l’assurance exprimé en taux annuel effectif assurance (TAEA) et en euros sur plusieurs périodes (mois, année, durée totale), et vous permet de comparer les offres grâce aux outils en ligne. La comparaison sous-tend que vous êtes libre de choisir le contrat qui vous convient le mieux. Depuis la loi Lagarde en septembre 2010, vous bénéficiez du principe de délégation d’assurance qui vous autorise à souscrire un contrat alternatif concurrent du contrat groupe bancaire. L’établissement financier ne peut plus lier le crédit à la souscription de son assurance maison et doit accepter toute assurance externe à garanties au moins équivalentes. Le coût moyen d’une assurance de prêt immobilier  Le coût d’un crédit immobilier ne se limite pas aux intérêts. Ceux-ci rémunèrent la banque pour le service rendu, mais ils sont accompagnés de frais annexes qui conditionnent l’obtention du financement : les frais de dossier la garantie (hypothèque ou caution) les primes d’assurance emprunteur les frais éventuels d’expertise du bien immobilier Les frais d’ouverture et de tenue de compte si le crédit est souscrit dans une nouvelle banque les parts sociales d’une banque mutualiste le cas échéant. Tous ces frais additionnés permettent de calculer le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) qui va exprimer le coût final du prêt immobilier par un pourcentage sur le capital emprunté. L’assurance emprunteur demeure trop souvent le coût caché d’un crédit immobilier, or elle représente la deuxième dépense après les intérêts, soit en moyenne entre 20% et 40% du coût global. En fonction du profil de l’emprunteur (âge, état de santé, profession, fumeur ou non-fumeur, pratique d’un sport dangereux), le poids de l’assurance peut être plus lourd et dépasser 1% du capital initial. Négocier l’assurance pour réduire le coût global du crédit immo Indissociable du crédit, l’assurance emprunteur offre une sécurité indispensable, mais elle peut coûter cher. Comme indiqué plus haut, vous avez l’opportunité de mettre les offres en concurrence pour mieux maîtriser cette dépense. À garanties équivalentes, une assurance bancaire peut être jusqu’à trois fois plus chère qu’un contrat individuel. L’assurance est le seul levier d’économies significatives dans un crédit immobilier. Gagner 10 points sur l’assurance équivaut à négocier 20 points à la baisse sur le taux d’intérêts. La négociation est toujours une démarche délicate en présence d’un professionnel qui maîtrise toutes les subtilités de ce produit complexe. La banque va s’employer à défendre son contrat, quitte à dénigrer la concurrence pour conserver ses marges au détriment de l'intérêt financier de l’emprunteur. Faites-vous accompagner par un courtier en assurance de prêt immobilier pour bien appréhender l’étendue des garanties et trouver le contrat compétitif qui répond à vos exigences et à celles de la banque. Préserver son budget en changeant d’assurance emprunteur En négociant l’assurance lors de votre demande de prêt, vous pouvez économiser jusqu’à 60% sur les cotisations. La délégation reste un exercice difficile compte tenu de la réticence des banques à accepter un contrat externe, la plupart des emprunteurs étant par ailleurs seulement focalisés sur l’obtention du financement. La loi Lemoine vous offre une deuxième chance. Dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier, à tout moment et sans pénalité. Vous pouvez ainsi faire valoir votre droit au libre choix du contrat, même si vous êtes déjà engagé auprès de la banque. Dès lors que vous respectez l’équivalence de niveau de garanties, votre banque ne peut vous refuser la substitution d’assurance. L’acceptation s’appréhende uniquement sur cette notion. Le prêteur dispose de 10 jours ouvrés pour faire connaître sa décision et éditer gratuitement l’avenant au contrat de prêt. Tout refus éventuel doit être motivé par écrit de manière exhaustive sur un document unique. L’intérêt du changement d’assurance en loi Lemoine est double : Vous économisez potentiellement des centaines voire des milliers d’euros sur la durée résiduelle de remboursement. Vous pouvez renforcer votre protection grâce aux garanties sur-mesure du contrat alternatif. Consultez notre baromètre du pouvoir d’achat immobilier d’avril 2024 pour constater que changer d’assurance emprunteur au plus tôt après la signature de l’offre de prêt est générateur de grosses économies.