Crédit immobilier : booster sa demande de prêt


booster-sa-demande-de-pret-immobilier

Ralenti durant la période estivale, le marché immobilier passe à la vitesse supérieure en cette rentrée 2021. Les taux d'intérêt au plus bas encouragent l'achat d'un logement et la crise sanitaire étant toujours présente dans le quotidien des Français, bon nombre de ménages aspirent toujours à un meilleur habitat et à un environnement plus agréable pour échapper aux affres d'un éventuel nouveau confinement. Pour obtenir son prêt, et aux meilleures conditions, il est plus que jamais nécessaire d'adopter les bonnes pratiques pour muscler son dossier de prêt immobilier.

Vérifiez votre capacité d'emprunt

L'accès au financement s'est durci depuis plus d'un an et demi avec la mise en place de nouvelles règles d'octroi. Tout en soutenant la demande de crédit, les banques ont renforcé leur vigilance et doivent appliquer ces consignes, qui risquent fort de devenir juridiquement contraignantes après la réunion du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) mardi 14 septembre. Tout le monde connaît les 2 limites imposées par le HCSF, les souligner permet toutefois de rappeler que les banques ne peuvent distribuer le crédit à l'habitat comme elles l'entendent sous peine d'être sanctionnées par le régulateur.

Taux d'endettement

Le taux d'endettement ou taux d'effort dans le jargon professionnel ne doit pas dépasser 35% des revenus nets de l'emprunteur. En clair, vos remboursements de crédit, tous confondus, ne doivent pas excéder ce seuil. Au-delà, les autorités estiment qu'il y a un risque d'endettement excessif.

On peut regretter que les autorités financières n'aient pas intégré une autre valeur : le reste à vivre qui détermine la somme disponible une fois les mensualités d'emprunt acquittées. Un ménage avec des revenus confortables pourrait s'endetter au-delà de la limite des 35% sans mettre en péril son reste à vivre, tandis que le taux d'effort d'un emprunteur gagnant tout juste le Smic devra être bien inférieur à la limite imposée pour lui permettre de finir le mois décemment.

Les banques ont cependant la possibilité de s'affranchir à la marge des règles d'octroi pour faciliter l'accès au crédit aux personnes qui souhaitent acquérir leur résidence principale, tout particulièrement les primo-accédants. 20% de leur production trimestrielle peuvent contrevenir aux normes à destination de cette clientèle.

Avant de clore le sujet de l'endettement maximum, il convient de préciser que cette limite des 35% s'entend tous frais annexes compris. Le coût d'un crédit immobilier ne se réduit pas aux seuls intérêts d'emprunt, d'autres frais sont exigés par la banque pour accorder le financement : garantie (hypothèque ou caution), frais de courtage éventuels, frais d'ouverture et de tenue de compte, et surtout l'assurance de prêt, une dépense qui représente en moyenne 40% du coût global du crédit, et qui pèse parfois autant que les intérêts. La réglementation indique que tous ces frais agrégés, dès lors qu'ils sont imposés par le prêteur, déterminent le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), indicateur du coût final du crédit qui doit légalement rester inférieur au taux de l'usure sur la durée d'emprunt concernée.

Durée de remboursement

Justement, cette durée ne doit plus outrepasser les 25 ans. Impossible désormais de contracter un crédit immobilier sur une maturité supérieure, sauf exception : pour les achats immobiliers dans le neuf où la jouissance du bien est postérieure à l'octroi du financement, le prêt peut courir sur 27 ans.

Votre demande de financement doit obligatoirement respecter ces deux limites relatives au taux d'effort et à la durée de remboursement. Avant de vous engager sur un bien immobilier, vérifiez votre capacité d'emprunt à l'aune de ces deux paramètres. Avec l'aide d'un calculateur en ligne, vous pouvez évaluer votre capacité d'endettement, et en faisant appel aux services d'un courtier spécialisé, vous bénéficiez d'une expertise indispensable pour garantir la faisabilité de votre projet compte tenu de ces règles immuables.

Renforcez votre apport personnel

La mise en œuvre de ces critères d'octroi a engendré une autre contrainte : disposer d'un apport suffisant. Pour rester dans les clous de l'endettement, il faut bien souvent poser d'entrée de jeu une mise supérieure à 10% du montant de l'opération, le pré-requis pour décrocher un financement immobilier. Devenues plus frileuses depuis l'émergence de la crise sanitaire et économique, les banques accordent davantage d'intérêt aux candidats en capacité de présenter un apport personnel conséquent.

Cette somme, qui permet de couvrir a minima les frais d'acquisition (frais de notaire et d'agence) et les frais de dossiers, témoigne de votre capacité d'épargne et de votre motivation à concrétiser votre projet. Plus l'apport sera élevé, meilleures seront les conditions d'emprunt. Vous serez en position de force pour négocier le taux d'intérêt et des conditions de crédit plus satisfaisantes.

Avec un bel apport personnel, vous pouvez aborder plus confortablement la suppression des frais de remboursement anticipé (si vous envisagez de revendre avant la fin initiale du crédit) et demander la modularité des mensualités, une option à souscrire dès le départ dans l'éventualité d'une rentrée d'argent en cours de prêt ou au contraire de difficultés de remboursement.

Pour graisser votre apport personnel, mobilisez vos livrets d'épargne, un contrat d'assurance vie, votre épargne salariale ou encore demandez l'aide familiale avec un don ou un prêt. Sachez que le prêt à taux zéro (PTZ), réservé aux primo-accédants pour l'achat de la résidence principale, n'est plus considéré comme un apport personnel par les banques.

Purgez vos comptes

Votre dossier de prêt comporte toujours les 3 derniers relevés de compte, mais certains établissements de crédit sont plus exigeants et réclament des relevés annuels pour s'assurer que le demandeur n'a pas opéré un simple assainissement cosmétique de ses finances.

Tout écart comptable va vous pénaliser. Les découverts bancaires sont rédhibitoires pour obtenir un crédit immobilier, tout comme les défauts de paiement, même exceptionnels (rejets de chèque ou d'autorisation de prélèvement automatique). La banque va scruter à la loupe vos dépenses et sanctionner un profil de flambeur. Les éventuels excès de l'été pourraient vous desservir.

Dernière démarche salutaire : soldez les crédits à la consommation qui peuvent l'être. Si vos prêts arrivent à leur terme dans quelques mois, vous serez bien inspiré de les rembourser par anticipation. En les laissant courir, vous diminuez votre capacité d'emprunt immobilier. En les soldant, vous envoyez un signal positif à la banque, lui démontrant que votre projet immobilier est désormais votre priorité.

Publié par Astrid Cousin le

Dernières publications