Budget : pourquoi se priver de mutuelle santé en 2026 est un mauvais calcul
En 2026, face à l’inflation, à la hausse du coût de la vie et à la hausse importante des primes d’assurance, de nombreux ménages cherchent à réduire leurs dépenses. Parmi les arbitrages budgétaires envisagés, la résiliation de la mutuelle santé apparaît parfois comme une solution immédiate pour alléger les charges mensuelles. Pourtant, cette décision peut s’avérer financièrement risquée à moyen et long terme.
Entre l’augmentation des frais médicaux, le désengagement progressif de l’Assurance maladie sur certains soins et l’augmentation du reste à charge, renoncer à une complémentaire santé peut exposer les assurés à des dépenses imprévues considérables. Voici pourquoi se passer de mutuelle santé constitue souvent un mauvais calcul financier en 2026.
Une hausse continue du coût des mutuelles… et des dépenses de santé
Ces dernières années, les prix des complémentaires santé ont fortement augmenté. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), les cotisations globales des complémentaires santé ont progressé de près de 20 % entre 2020 et 2024. En 2025, les tarifs ont encore augmenté d’environ 6 %, sous l’effet de plusieurs facteurs :
la hausse générale des dépenses de santé
le transfert d’une partie des remboursements vers les complémentaires
l’augmentation des coûts en optique, dentaire et audiologie
le vieillissement de la population.
Même si le gouvernement a imposé aux organismes de geler les tarifs de complémentaire santé, certains avaient déjà augmenté leurs grilles avant l'annonce de cette obligation, et d'autres invoquent a posteriori des contraintes économiques.
Les ménages modestes particulièrement touchés
Les foyers aux revenus modestes subissent de plein fouet cette progression continue des tarifs de complémentaire santé. Retraités, familles monoparentales ou travailleurs indépendants doivent parfois consacrer une part importante de leurs revenus à leur complémentaire santé.
Sans participation de l’employeur — contrairement aux salariés qui bénéficient d‘une mutuelle entreprise à adhésion obligatoire financée au moins à 50 % — la cotisation peut représenter plus de 100 € par mois pour un retraité vivant seul couvert par une mutuelle senior et jusqu’à plus de 200 € par mois pour une famille avec 2 enfants.
Certains assurés prennent des décisions préjudiciables :
ils réduisent leurs garanties
ils renoncent à des soins
ou ils envisagent de se passer totalement de mutuelle, au risque d’augmenter leur exposition financière.
Le risque élevé de reste à charge sans complémentaire santé
Se priver de mutuelle peut sembler rentable à court terme, mais cette stratégie comporte des risques importants.
Une couverture limitée de l’Assurance maladie
En France, l’Assurance Maladie rembourse correctement les affections graves et de longue durée sur la base des tarifs conventionnés, mais la prise en charge des soins courants reste souvent partielle :
consultations chez certains spécialistes avec dépassements d’honoraires
soins dentaires
équipements optiques
prothèses auditives
hospitalisation (forfait journalier, chambre individuelle).
Sans complémentaire santé, ces dépenses restent à la charge du patient.
Cette situation favorise les inégalités d’accès aux soins et peut entraîner des renoncements pour raisons financières.
Important : il est possible d’accéder à des équipements en optique, dentaire et audiologie avec un reste à charge zéro grâce au dispositif 100% Santé, mis en place en 2021. Après remboursement de la Sécu et de la mutuelle responsable, vous n’avez rien à débourser.
Des coûts médicaux imprévisibles
L’absence de mutuelle expose à un risque financier majeur en cas de problème de santé imprévu. Une hospitalisation, une intervention chirurgicale ou des soins spécialisés peuvent rapidement représenter plusieurs milliers d’euros.
D’après les observations de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), une hospitalisation prolongée peut générer un reste à charge très élevé de plusieurs milliers d’euros sans complémentaire. Lors de la crise sanitaire liée au Covid-19, certaines prises en charge en réanimation pouvaient engendrer des coûts restant jusqu’à 10 000 € pour les patients non couverts.
Autrement dit, économiser quelques dizaines d’euros par mois peut exposer à des dépenses exceptionnelles difficilement supportables.
Le renoncement aux soins : une conséquence directe de l’absence de mutuelle santé
L’un des effets les plus préoccupants de l’absence de mutuelle est le renoncement aux soins.
Des soins reportés ou abandonnés
Lorsque le coût des traitements devient trop élevé, certains patients préfèrent :
repousser une consultation médicale
renoncer à des soins dentaires
différer l’achat de lunettes
abandonner certains traitements spécialisés.
Cette stratégie peut entraîner une aggravation de l’état de santé et, à terme, des dépenses encore plus importantes et pour le patient et pour la collectivité.
Une inégalité sociale persistante
Les données statistiques montrent qu’environ 4 % de la population française ne dispose pas de complémentaire santé, avec une proportion nettement plus élevée parmi les ménages les plus modestes (12%). Cette situation accentue les inégalités face à la prévention et à l’accès aux soins.
L’association de consommateurs UFC-Que Choisir alerte régulièrement sur l’impact des hausses tarifaires, qui touchent particulièrement :
les retraités
les jeunes actifs
les demandeurs d’emploi
les personnes sans contrat collectif.
Ces catégories sont les plus exposées au risque de renoncement aux soins.
La mutuelle santé : un outil de protection financière
Malgré son coût, la mutuelle santé constitue avant tout une protection contre les dépenses imprévues.
Une logique de mutualisation des risques
Le principe d’une complémentaire santé repose sur la mutualisation : chacun cotise pour couvrir les dépenses de santé de l’ensemble des assurés. Cette logique permet :
de lisser les dépenses dans le temps
de réduire le reste à charge
de sécuriser l’accès aux soins.
Même si l’on est rarement malade, la cotisation constitue une forme d’assurance contre un risque futur.
Un investissement plutôt qu’une dépense
D’un point de vue budgétaire, la mutuelle doit être considérée comme une dépense préventive. Elle permet d’éviter des coûts exceptionnels beaucoup plus élevés en cas de problème de santé.
Par exemple :
Une hospitalisation sans mutuelle peut coûter plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros.
Un traitement dentaire complexe peut dépasser 4 000 €.
L’orthodontie des enfants peut représenter un reste à charge important.
Dans ces situations, la complémentaire santé joue un rôle de stabilisateur financier.
Des solutions existent pour réduire le coût d’une mutuelle
Se priver totalement de complémentaire n’est pas la seule option pour maîtriser son budget santé.
La Complémentaire Santé Solidaire
Pour les ménages modestes, la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) permet de bénéficier d’une couverture gratuite ou à coût réduit sous conditions de ressources. Ce dispositif limite fortement le reste à charge et supprime tous les dépassements d’honoraires.
Cependant, on estime que la moitié des foyers éligibles ignore ce dispositif. D’autres s’arrêtent à la version gratuite à laquelle ils n’ont pas accès car ils excèdent de peu les plafonds, et négligent la CSS avec participation financière modique (entre 8 € et 30 € par mois selon l’âge du bénéficiaire).
Adapter son contrat à ses besoins
Il est également possible de réduire le coût de sa mutuelle en :
ajustant les garanties
supprimant certaines options non indispensables (médecine douce par exemple)
comparant les offres
choisissant des réseaux de soins partenaires.
Une couverture adaptée permet de conserver une protection tout en maîtrisant son budget.
Grâce à la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé, vous pouvez dénoncer votre contrat à tout moment après un an de souscription et opter pour une formule moins chère qui correspond mieux à vos impératifs financiers.
Pourquoi la mutuelle reste indispensable en 2026
Dans un contexte de hausse des dépenses de santé et de tensions économiques, la mutuelle santé reste un pilier de la protection sociale. Même si son coût augmente, s’en passer expose à des risques financiers importants, à des renoncements aux soins et à une vulnérabilité accrue face aux aléas médicaux.
D’un point de vue strictement budgétaire, la suppression de la complémentaire santé peut sembler avantageuse à court terme, mais elle constitue généralement une stratégie risquée. La mutuelle représente moins une charge qu’un filet de sécurité indispensable pour préserver à la fois sa santé et son équilibre financier.
En 2026, face à l’incertitude économique et au coût croissant des soins, conserver une couverture santé adaptée demeure donc un choix rationnel et protecteur sur le long terme.
Mutuelle Santé
20/02/2026