La pratique du polo à cheval peut être incompatible avec la souscription à une assurance de prêt immobilier. Ce sport équestre d’élite, à la fois technique et physique, est considéré comme une activité à risque aggravé par les compagnies d’assurance. Chutes, traumatismes, fractures ou accidents impliquant le cheval : les dangers sont bien réels. Les assureurs appliquent souvent des surprimes, des exclusions de garanties voire, dans certains cas, un refus de couverture. Pourtant, sécuriser son crédit reste une étape obligatoire dans tout projet immobilier.
Cet article vous explique quels sont les impacts du polo à cheval sur l’assurance de prêt et les précautions à prendre, vous donne les solutions pour réduire le coût de votre couverture et les conseils pour trouver un assureur adapté aux sports équestres.
Pourquoi le polo à cheval est-il classé comme un sport à risque aggravé en assurance de prêt ?
Définition du risque aggravé en assurance emprunteur
En assurance de prêt, un risque aggravé désigne toute situation susceptible d’augmenter la probabilité de sinistre (décès, invalidité, incapacité de travail).
Les causes peuvent être multiples :
- Des antécédents médicaux (pathologies chroniques, opérations récentes)
- Une profession dangereuse (militaire, pompier, artisan du bâtiment)
- Ou un sport à risque, comme l’équitation, le saut d’obstacles, le cross ou le polo.
Le polo à cheval coche plusieurs de ces cases. Il combine :
- vitesse
- contact physique
- chutes
- interactions animales imprévisibles.
Tous ces facteurs classent le polo à cheval dans la catégorie des risques sportifs aggravés.
Les spécificités du polo à cheval qui inquiètent les assureurs
Le polo est un sport spectaculaire, mêlant stratégie et puissance. Les joueurs évoluent à cheval à pleine vitesse, manient un maillet long de plus d’un mètre, et s’affrontent sur un terrain d’environ 300 mètres de long.
Ces conditions rendent la discipline particulièrement accidentogène.
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Facteur analysé |
Description |
Conséquences possibles |
Impact pour l’assureur |
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Contact physique |
Collisions entre cavaliers ou avec les chevaux |
Fractures, traumatismes crâniens |
Risque d’invalidité élevé |
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Vitesse de jeu |
Galop rapide sur terrain irrégulier |
Chutes violentes |
Risque de décès ou d’ITT |
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Animal imprévisible |
Réactions brusques du cheval (cabrement, écart) |
Chutes, coups de sabot |
Risque aggravé difficilement maîtrisable |
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Terrain accidenté |
Sol dur ou glissant |
Lésions musculaires, entorses |
Risque accru d’accident |
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Maniement du maillet |
Balle projetée à grande vitesse |
Traumatisme facial, main ou œil |
Risque d’invalidité partielle |
Le classement du polo parmi les sports équestres à risque
Les sports équestres sont cités comme étant à l'origine d'environ 4 % des accidents de sport en France, entraînant environ 6000 blessures par an.
Le polo, pratiqué à vive allure et en confrontation directe, se situe parmi les disciplines les plus risquées, aux côtés du cross country et du saut d’obstacles.
Une étude britannique estime qu’un joueur de polo professionnel présente un risque de blessure 3 fois supérieur à celui d’un footballeur et 5 fois supérieur à celui d’un joueur de rugby.
Pour les assureurs, ces chiffres justifient pleinement le classement du polo parmi les sports à risque aggravé.
Quelles sont les conséquences de la pratique du polo sur votre assurance de prêt immobilier ?
La pratique du polo a une incidence directe sur votre assurance emprunteur. L’assureur évalue le risque global pour ajuster le tarif et les garanties du contrat.
Des surprimes souvent inévitables
Les assureurs appliquent une surprime d’assurance de prêt proportionnelle au niveau de risque perçu.
Voici quelques repères :
- Joueur loisir encadré (pratique occasionnelle, en club) : surprime modérée de +20 à +40 % sur la garantie décès et PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie).
- Joueur régulier ou amateur de compétition : surprime plus forte, de +50 à +80 %, voire exclusion d’invalidité.
- Joueur professionnel ou international : surprime pouvant dépasser +100 %, ou refus total de couverture ITT (incapacité temporaire de travail).
Ces ajustements reflètent le taux d’accidents graves recensés dans cette discipline.
Des exclusions de garanties fréquentes
Les contrats standards d’assurance de prêt excluent les sinistres survenus pendant la pratique du polo.
Concrètement, cela signifie qu’en cas d’accident de polo :
- Le décès n’est pas couvert s’il survient en match ou à l’entraînement ;
- L’invalidité permanente totale (IPT) ou la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA) consécutive à une chute n’est pas indemnisée ;
- L’incapacité temporaire de travail (ITT) liée à un accident à cheval peut être exclue.
Certaines compagnies proposent toutefois un rachat d’exclusion, moyennant une surprime supplémentaire, mais cette option est peu répandue et soumise à conditions.
Le risque de refus de couverture
Dans les cas les plus risqués (joueur pro, participation à des tournois internationaux, antécédents d’accidents graves), l’assureur peut :
- Limiter la couverture à la garantie décès seule, ou
- Exclure explicitement tout sinistre survenu lors de la pratique du polo.
Ces restrictions peuvent compliquer l’obtention du prêt, car la banque exige une couverture complète pour accorder le financement.
Assurance de prêt : faut-il déclarer la pratique du polo à cheval ?
Le questionnaire médical et sportif
Lors de la souscription, l’assureur vous soumet un questionnaire médical et un questionnaire dédié à la pratique sportive.
Les questions concernent notamment :
- Votre fréquence de pratique (occasionnelle, régulière, compétitive)
- Le cadre de pratique (club, loisir, compétition fédérale)
- Vos antécédents d’accidents ou d’hospitalisations liés au polo.
Ces informations permettent à l’assureur d’évaluer votre niveau de risque réel et d’ajuster le tarif.
Bon à savoir : vous n’avez pas à déclarer une simple initiation ou un stage ponctuel.
Les sanctions en cas de fausse déclaration
Toute omission ou fausse déclaration en assurance emprunteur peut entraîner de lourdes conséquences, que le sinistre ait un lien ou non avec le sport non mentionné.
Selon l’article L.113-8 du Code des assurances, l’assureur peut :
- Annuler le contrat (nullité rétroactive)
- Refuser toute indemnisation en cas d’accident
- Et, par effet domino, la banque peut exiger le remboursement immédiat du prêt.
L’assureur doit toutefois prouver la mauvaise foi, mais même une erreur non intentionnelle peut compliquer la gestion du sinistre.
Soyez transparent dès la souscription, c’est la meilleure protection juridique.
Comment trouver la meilleure assurance emprunteur quand on pratique le polo ?
Malgré les contraintes, il existe des solutions pour se couvrir efficacement. La réglementation offre aujourd’hui une réelle liberté pour choisir et changer son assurance de prêt.
Profiter de la délégation d’assurance
Vous n’êtes pas obligé d’accepter l’assurance proposée par la banque. Grâce à la délégation d’assurance prônée par la loi Lagarde, vous pouvez souscrire un contrat externe, souvent plus flexible et mieux adapté aux profils sportifs.
Avantages :
- Garanties personnalisées et exclusions rachetables
- Tarification ajustée selon votre niveau de pratique
- Reconnaissance de votre encadrement et de votre expérience.
Faire appel à un courtier spécialisé dans les profils à risques
Un courtier spécialisé en assurance emprunteur pour risques aggravés peut faire une vraie différence.
Il sait identifier les compagnies qui acceptent les sports équestres et négocier la surprime.
Il met en avant :
- Votre pratique encadrée en club
- Votre licence FFE à jour
- Votre historique sans accident
- Et votre équipement de sécurité.
Exemple : un joueur licencié, encadré et équipé, sans accident depuis 5 ans, pourra obtenir une surprime réduite de 25 % par rapport à un joueur non encadré.
Le rachat d’exclusion pour les sports équestres
Certaines compagnies acceptent de racheter l’exclusion polo sous conditions :
- Présentation d’un certificat médical récent
- Détention d’une licence FFE
- Justification d’un encadrement régulier en club agréé
- Absence d’antécédents d’accidents graves.
Cette option permet d’obtenir une couverture complète, y compris en cas d’accident à cheval.
Comparatif : assurance standard vs assurance adaptée au polo à cheval
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Type de garantie |
Assurance standard |
Assurance adaptée au polo |
|
Décès toutes causes |
Oui (avec exclusion du polo) |
Oui (avec surprime) |
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Décès en match ou entraînement |
Exclu |
Inclus avec option de rachat |
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Invalidité (IPT/PTIA) |
Oui (avec exclusion du polo) |
Oui sous conditions |
|
ITT (arrêt de travail après chute au polo) |
Non |
Oui avec exclusion rachetable |
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Surprime moyenne |
0 % |
+20 % à +80 % selon le profil |
Les assurances de groupe proposées par les banques ne permettent pas une couverture optimale des risques liés à la pratique du polo à cheval. Seules les offres individuelles des prestataires concurrents peuvent garantir totalement ou partiellement les sports extrêmes moyennant un surcoût plus ou moins élevé.
Comment réduire le coût de votre assurance de prêt quand vous pratiquez le polo ?
Même avec une surprime, plusieurs leviers permettent de réduire le coût global de votre assurance emprunteur.
Anticiper la déclaration dès la demande de prêt
Mentionner votre pratique du polo dès la première simulation permet d’éviter un refus de couverture en dernière minute.
Certaines banques refusent les profils à risque, mais d’autres collaborent avec des assureurs partenaires spécialisés.
Comparer plusieurs assureurs spécialisés
Chaque assureur applique ses propres critères. Comparer au moins 3 devis permet de :
- Repérer les exclusions cachées
- Identifier les surprimes injustifiées
- Choisir une offre adaptée à votre profil (niveau, fréquence, compétition).
Fournir un dossier complet et documenté
Un dossier complet rassure l’assureur et peut réduire votre surprime :
- Licence FFE en cours de validité
- Carnet de pratique ou historique de matchs
- Bilan médical récent
- Certificats de formation en sécurité équestre.
Ces documents témoignent de votre sérieux et de votre encadrement.
Négocier après la souscription grâce à la loi Lemoine
Depuis 2022, la loi Lemoine permet de changer d’assurance emprunteur à tout moment.
Si l’assurance initiale ne vous couvre pas correctement, si elle est trop chère, si vous n’avez eu aucun accident ou si vous arrêtez la pratique du polo, vous pouvez :
- Trouver une offre moins chère
- Négocier la suppression partielle ou totale de votre surprime
- Réaliser des économies substantielles sur la durée du prêt.
Les bonnes pratiques pour les emprunteurs cavaliers
Pour concilier passion et projet immobilier, adoptez ces réflexes :
- Déclarez toujours votre pratique dans le questionnaire de souscription.
- Conservez vos justificatifs (licence, certificats, attestations de club).
- Privilégiez les entraînements encadrés.
- Actualisez votre contrat en cas d’évolution de pratique.
- Changez d’assureur si vos conditions s’améliorent.
Tableau récapitulatif : les impacts du polo sur l’assurance emprunteur
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Élément étudié |
Impact sur l’assurance |
Solutions possibles |
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Risque de décès |
Moyen à élevé |
Surprime modérée ou exclusion spécifique |
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Invalidité |
Risque élevé en cas de chute |
Rachat d’exclusion possible |
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ITT |
Souvent exclue |
Couverture optionnelle |
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Prime annuelle |
+20 % à +80 % |
Comparer et négocier |
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Droit au changement |
Oui (loi Lemoine) |
Substitution à tout moment |
Bien que le polo à cheval soit une activité noble et passionnante, il reste perçu comme un sport extrême par les assureurs.
Pour ne pas compromettre votre projet immobilier, vous devez :
- Déclarer votre pratique avec transparence.
- Comparer les offres d’assureurs spécialisés dans les sports équestres.
- Négocier ou changer de contrat grâce à la délégation et à la loi Lemoine.
En suivant ces conseils, vous obtiendrez une assurance de prêt adaptée, sans renoncer à votre passion pour le polo.
FAQ – Assurance de prêt et polo à cheval
Le polo est-il considéré comme un sport dangereux par les assureurs ?
Oui. Le polo est classé parmi les sports équestres à risque, en raison de la vitesse, du contact et des chutes fréquentes.
Peut-on être assuré si l’on joue seulement en loisir ?
Oui, à condition de le déclarer. Certains assureurs acceptent de couvrir les joueurs loisirs avec une surprime modérée.
Les matchs encadrés sont-ils mieux perçus par les assureurs ?
Absolument. La pratique encadrée en club, sous licence FFE, réduit la surprime et améliore la couverture.
Peut-on racheter les exclusions liées au polo ?
Oui, sous conditions. Certains assureurs permettent un rachat d’exclusion contre une surprime supplémentaire.
Que risque-t-on si on ne déclare pas sa pratique du polo ?
L’assureur peut refuser toute indemnisation et annuler le contrat, laissant la banque réclamer le remboursement du prêt.
