Téléconsultation : une pratique qui se répand


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Confinement oblige, les Français ont plus largement eu recours à la consultation médicale à distance au mois de novembre. Jusqu'à 500 000 téléconsultations par semaine ont été dénombrées. Les mesures mises en place par les pouvoirs publics pour encourager ce mode de consultation en période épidémique commencent à porter leurs fruits.

Le boom des téléconsultations

Le reconfinement du mois de novembre a favorisé le recours à la téléconsultation. En hausse depuis début septembre, le nombre hebdomadaire de consultations médicales à distance a doublé le mois dernier, à près de 500 000 actes par semaine en moyenne. Selon les chiffres transmis par l'Assurance Maladie à l'AFP mercredi 9 décembre, les téléconsultations, qui s'élevaient à 150 000 par semaine fin août, ont bondi à 250 000 fin septembre, et poursuivi leur progression pour atteindre 331 000 la dernière semaine d'octobre, juste avant la mise en place du confinement épisode 2. 

La nouvelle restriction des déplacements a permis aux chiffres de passer à la vitesse supérieure : 500 000 téléconsultations la première semaine de novembre, 483 000 la deuxième, 528 000 la troisième et 476 000 la quatrième et dernière semaine, soit un rythme moyen de 496 000 actes hebdomadaires.

Jusqu'à l'irruption de la crise sanitaire due au Covid-19, le recours à cette pratique était plutôt confidentiel, à 10 000 actes en moyenne par semaine. Le confinement du printemps a provoqué un essor fulgurant de cette nouvelle méthode de consultation médicale : entre début avril et début mai 2020, un million d'actes était réalisé chaque semaine. Depuis la mi-mars, l'Assurance Maladie a comptabilisé et remboursé 17 millions de téléconsultations.

Aujourd'hui, une personne sur cinq ayant recours à cette pratique médicale a plus de 70 ans.

Le remboursement de la téléconsultation

Nouvelle voie d'accès aux soins, la téléconsultation est une consultation effectuée à distance par un médecin doté d'un équipement spécifique. Elle peut aussi se dérouler sans logiciel spécifique par la solution d'échange vidéo proposée par le praticien (Skype, Whatsapp, Facetime, etc.). 

Depuis 2018, l'Assurance Maladie rembourse la téléconsultation médicale dans le cadre du parcours de soins coordonnés au taux habituel de 70% sur la base du tarif conventionné d'une consultation en face-à-face. La mutuelle complète le remboursement et les éventuels dépassements d'honoraires en fonction du niveau de garantie souscrit.

Encouragée par les pouvoirs publics dans un contexte de crise sanitaire, la téléconsultation bénéficie désormais d'une prise en charge améliorée, puisque le remboursement se fait au taux de 100% sur la base du tarif Sécu depuis le 18 mars 2020 et ce, jusqu'à la fin de l'état d'urgence sanitaire, soit jusqu'au 16 février 2021 inclus selon la loi du 14 novembre 2020

Le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2021 (PFLSS 2021) prévoit une prise en charge intégrale des actes de téléconsultation en 2021 et 2022. La téléconsultation par téléphone, c'est-à-dire sans moyen vidéo, est intégralement remboursée uniquement pour les patients vivant dans une zone qui n'est pas desservie par un réseau internet (zone blanche).

Le patient n'a rien à régler si le médecin pratique le tiers payant. À l'inverse, l'acte est payé selon le moyen indiqué par le professionnel de santé (paiement en ligne, chèque, virement). La feuille de soins électronique est envoyée directement à la CPAM. En format papier, elle est transmise par le médecin par voie postale, le patient devra alors l'adresser à sa caisse pour être remboursé. Si le médecin émet une ordonnance, celle-ci est transmise par mail au pharmacien choisi par le patient ou envoyée directement au patient par courrier ou par mail.

Le recours à la téléconsultation doit respecter le parcours de soins coordonnés, c'est-à-dire que le médecin traitant doit être consulté en première intention pour ouvrir droit à un remboursement à taux plein, mais par dérogation, une personne atteinte du Covid ou susceptible de l'être peut s'adresser à tout autre praticien si son médecin référent est absent ou si elle n'en a pas déclaré un.

Publié par Astrid Cousin le

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