Crédit immobilier : les règles d'octroi désormais obligatoires

regles-octroi-obligatoires

Les banques n'auront plus aucune liberté pour distribuer les crédits immobiliers aux particuliers. Les consignes édictées en janvier dernier deviendront bientôt les nouvelles normes obligatoires, les établissements qui ne les appliqueront pas pouvant être sanctionnés. Quelle est l'incidence de cette décision sur les ménages emprunteurs ?

Les règles d'emprunt imposées

Mardi 14 septembre, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), instance placée sous l'égide de la Banque de France et du ministère de l'Économie, a décidé de rendre juridiquement opposables aux établissements bancaires les consignes relatives à la distribution des crédits immobiliers aux particuliers émises en janvier 2021. Rappelons ces deux règles fondamentales qui s'appliquent depuis cette date :

Taux d'endettement

La règle veut que le taux d’endettement ne dépasse pas 35% des revenus nets de l'emprunteur, assurance emprunteur incluse ; cette limite est dorénavant officielle. Vous ne pouvez avoir des mensualités de crédit supérieures à ce plafond, même si vous avez des revenus élevés qui vous permettent de vous endetter davantage, vous laissant un reste à vivre plus que confortable.

Durée de remboursement

Impossible d'emprunter au-delà de 25 ans, sauf si vous achetez dans le neuf, type achat en VEFA sur plan ou construction d'une maison neuve : dans ce cas, votre crédit immobilier peut courir sur 27 ans (2 ans de différé d'amortissement + 25 ans), la jouissance du bien intervenant après l’octroi du financement.

Ces deux limites préconisées depuis janvier 2021 deviennent la norme et vont être prochainement inscrites dans le marbre conformément à la décision du HCSF pour une application ferme à compter de janvier 2022. L'institution a en effet le pouvoir de fixer les conditions d'octroi de crédit en vertu de l'article L.631-2-1 du Code monétaire et financier. La charge de contrôler le respect de cette nouvelle réglementation et de sanctionner les banques prises en défaut revient à l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).

Protéger les emprunteurs

Le ministère de l'Économie justifie l'insertion de ces limites dans les normes bancaires par la protection des consommateurs face à certains établissements qui pourraient se montrer trop généreux. En instaurant ce "garde-fou", l'objectif est de prévenir un endettement excessif des ménages emprunteurs, ainsi que d'éventuels défauts de paiement qui pourraient mettre en péril la stabilité des banques.

La vague de défauts de paiement que beaucoup ont craint avec la crise sanitaire et économique n'a heureusement pas eu lieu, mais la défaillance dans certaines banques comme la Société Générale ou le groupe BNP Paribas excédait les 5% en 2020. Dans une interview hier matin accordée à l'émission Télématin sur France 2, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau indiquait qu'il n'y avait pas eu d'augmentation des dossiers de surendettement et que les sept premiers mois de 2021 étaient même encourageants avec une baisse de 16% par rapport à la situation équivalente en 2019. Il a ajouté que “l’accès des ménages au crédit immobilier reste large”.

Les mesures de protection visent à empêcher la distribution de prêts trop longs avec un taux d'endettement outrepassant les 35%, comme cela était fréquent avant 2020.

Une marge de flexibilité accordée

Cette rigueur dans l'octroi des crédits immobiliers s'accompagne d'une certaine souplesse. Les banques peuvent s'affranchir des règles à hauteur de 20% de leur production trimestrielle à destination de la primo-accession et de l'acquisition de la résidence principale.

Depuis janvier 2021, les banques sont plutôt respectueuses des consignes, puisque seuls 20,9% des dossiers de crédit étaient hors normes selon les statistiques du HCSF de juillet dernier. Ce qui signifie qu'à peine 1% des crédits seraient aujourd'hui hors la loi ; cette proportion était de 41% fin 2020 et à 29% début 2021.

Les emprunteurs pénalisés ?

Pour les candidats à l'emprunt, ces règles visant à limiter le taux d'effort et la durée de remboursement ne changent en rien la donne, puisqu'elles s'appliquent déjà depuis le début de l'année. Pas de surprise donc, le régulateur avait d'ailleurs annoncé vouloir traduire juridiquement ses consignes au cours de l'été 2021. Seules les banques qui s'écarteront des bornes encoureront des pénalités.

L'application des consignes d'octroi ces derniers mois a pourtant montré un recentrage du crédit immobilier vers les clientèles les plus aisées. Les ménages qui peuvent mobiliser un apport personnel suffisant arrivent à rester dans les clous. En revanche, pour ceux qui achètent pour la première fois, généralement des jeunes actifs sans épargne, l'accès à la propriété est compliqué, entre les prix immobiliers qui ne cessent d'augmenter (+5% dans l'ancien en un an) et l'impossibilité de s'endetter au-delà de 25 ans.

Autres victimes, les investisseurs locatifs qui ne peuvent plus compter sur la méthode de calcul de l'endettement sur le différentiel, permettant de déduire les revenus des loyers des mensualités de crédit. Avec les règles d'octroi, leur taux d'effort est largement supérieur au seuil imposé. Le durcissement des règles d’octroi du crédit immobilier est un problème quand on sait que 60% du parc locatif est détenu par des bailleurs privés.

Les courtiers en crédit avaient soulevé ce phénomène d’exclusion des emprunteurs modestes et des investisseurs, réclamant la prise en compte du reste à vivre dans les bornes voulues par les autorités financières. La décision du HCSF du mardi 14 septembre entérine la recommandation de janvier 2021 et selon l’entourage du ministère de l’Économie, ces règles désormais obligatoires ont vocation à le rester pour longtemps.

Dernières publications

mutuelle-senior-limites-100-%-santé

Mutuelle senior : quelles sont les limites du 100 % Santé ?

Depuis janvier 2021, le dispositif 100 % Santé est pleinement opérationnel en France. Né d'un engagement présidentiel autour du reste à charge zéro, il vise à rendre certains soins accessibles à tous, sans avance de frais ni dépense résiduelle. Concrètement, l'Assurance Maladie et la complémentaire santé se partagent intégralement la facture sur une sélection d'équipements dans 3 secteurs précis, optique, dentaire et audiologie. Cette réforme a été construite en concertation avec les professionnels de santé, les fabricants et les organismes de protection sociale. Elle repose sur des paniers de soins définis collectivement, garantissant un niveau de qualité minimal et non une offre au rabais. C'est une nuance importante : le 100 % Santé ne rime pas avec soins dégradés, mais avec choix restreint. Reste que pour les personnes de plus de 60 ans, dont les besoins de santé s'intensifient et se diversifient, la question mérite d'être posée sans détour : ce dispositif suffit-il vraiment ? Ce que couvre réellement le 100 % Santé Le dentaire : prothèses remboursées, implants exclus Le panier reste à charge zéro en dentaire couvre plusieurs types de prothèses, intégralement remboursées : Couronnes en céramique monolithique sur les dents visibles Couronnes métalliques, toutes localisations Bridges céramo-métalliques sur les incisives et bridges métalliques Dentiers amovibles à base résine Ce panorama couvre l'essentiel des situations courantes. Toutefois, une limite majeure s'impose : les implants dentaires sont totalement exclus du dispositif. Or, après 65 ans, les pertes dentaires s'accélèrent et les implants représentent souvent la solution la plus adaptée sur le plan fonctionnel et esthétique. Leur coût, non pris en charge par le 100 % Santé ni même par l'Assurance Maladie, peut atteindre plusieurs milliers d'euros par implant. L'optique : des montures accessibles, pas toujours suffisantes En matière de vision, le dispositif reste à charge zéro en optique propose : Un choix d'au moins 35 montures adultes par opticien, plafonnées à 30 € Des verres correcteurs adaptés à la prescription (simples, progressifs, amincis) Un renouvellement possible selon les délais réglementaires (tous les 2 ans ou en cas d’évolution de la vision sur prescription) Si cette offre convient à de nombreux profils, les séniors présentant des troubles visuels complexes, notamment ceux nécessitant des verres progressifs haut de gamme avec traitements spécifiques, se retrouvent souvent à choisir entre confort et budget. Les montures à 30 € restent fonctionnelles, mais leur solidité et leur ergonomie diffèrent sensiblement des gammes supérieures. Le 100 % Santé ne couvre pas la chirurgie réfractive. L'Assurance Maladie ne prévoit aucune prise en charge pour cette technique qui permet pourtant de corriger l'œil afin de ne plus porter de lunettes. L'audiologie : une avancée réelle pour les appareils d'entrée de gamme C'est sans doute dans ce secteur que le 100 % Santé a eu l'impact le plus significatif pour les séniors. Le taux d'appareillage en France était historiquement faible, notamment en raison du coût prohibitif des aides auditives. Désormais, les appareils auditifs de classe I sont intégralement remboursés, avec un suivi inclus, selon les dispositions du reste à charge zéro en auditif. Pour les personnes souffrant d'une perte auditive modérée, ces dispositifs répondent à une grande partie des besoins quotidiens. En revanche, les appareils de classe II, plus performants dans les environnements bruyants ou offrant des fonctionnalités avancées (Bluetooth, directivité automatique), restent partiellement à la charge de l'assuré. Qui peut accéder au 100 % Santé ? Les conditions d'éligibilité L'accès au dispositif est conditionné à la détention d'une complémentaire santé responsable. Cette exigence concerne la très grande majorité des assurés, puisqu'environ 95 % des contrats vendus en France répondent à ce critère. Autrement dit, si vous avez une mutuelle individuelle ou une mutuelle obligatoire d’entreprise, vous bénéficiez automatiquement du 100 % Santé. Pour les personnes aux ressources modestes ne disposant pas de complémentaire, la Complémentaire santé solidaire (CSS) ouvre également l'accès au 100 % Santé, sans participation ou avec une cotisation réduite selon le niveau de revenus (maximum 30 €/mois). Comment en bénéficier concrètement ? La démarche est accessible et ne nécessite aucune formalité complexe : Consulter votre professionnel de santé (dentiste, opticien, audioprothésiste) Demander un devis incluant obligatoirement l'offre 100 % Santé Comparer avec les alternatives à tarif libre Transmettre le devis à votre mutuelle pour vérifier la prise en charge Depuis 2022, le tiers payant est systématiquement appliqué dans le cadre du 100 % Santé. Vous n'avancez aucuns frais si le professionnel l'accepte, ce qui est généralement le cas. Bon à savoir : la réglementation oblige le prestataire à fournir au patient un devis présentant au moins une solution 100 % Santé. Libre à l’assuré de choisir une offre hors panier 100 % ou de combiner les 2 comme cela est possible en optique (monture hors dispositif + verres sans reste à charge, ou inversement). Pourquoi une mutuelle sénior reste indispensable Les limites structurelles du dispositif après 60 ans Le 100 % Santé constitue un socle de protection, pas une couverture complète. Pour les séniors, dont les besoins de santé dépassent largement ce cadre, plusieurs angles morts persistent : En dentaire : les implants, les reconstructions complexes et les prothèses sur mesure ne sont pas couverts. En optique : les verres à indice élevé, les traitements antireflets premium ou les montures spécifiques engendrent un reste à charge. En audiologie : les appareils classe II, plus adaptés aux environnements sonores exigeants, impliquent une participation financière généralement élevée. Hors des 3 paniers : l'ostéopathie, les cures thermales, les consultations de médecine douce, particulièrement sollicitées après 55 ans, ne font l'objet d'aucune prise en charge dans le cadre du 100 % Santé. Ce qu'apporte une complémentaire santé adaptée Une mutuelle sénior bien calibrée intervient précisément là où le dispositif atteint ses limites. Elle permet notamment de : Couvrir les prothèses dentaires haut de gamme et les implants Financer des équipements optiques personnalisés au-delà du plafond réglementaire Accéder aux aides auditives de classe II avec un reste à charge réduit Bénéficier de forfaits pour les médecines douces, la kinésithérapie ou les séjours thermaux Obtenir des remboursements complémentaires sur l'hospitalisation (dépassements d’honoraires, chambre particulière, lit accompagnant, télévision) Certaines offres incluent également des services concrets comme la téléconsultation médicale disponible 7j/7, un tiers payant étendu auprès d'un large réseau de soins, ou encore des bonus de fidélité qui renforcent progressivement les garanties au fil des années de contrat. Le 100 % Santé en optique, dentaire et audiologie représente une avancée sociale indéniable : il a permis à des millions de Français d'accéder à des soins auparavant inaccessibles faute de moyens. Pour les séniors, c'est un point de départ utile, particulièrement en audiologie où son impact a été le plus visible. Mais ce dispositif ne saurait se substituer à une complémentaire santé adaptée. Les besoins évoluent avec l'âge, les pathologies se cumulent, et les soins non couverts par le panier de base peuvent représenter des dépenses considérables. Choisir la meilleure mutuelle sénior, c'est s'assurer que le 100 % Santé ne constitue pas un plafond, mais bien un plancher de protection.

mutuelle-santé-mentale

Mutuelle et santé mentale : garanties et remboursements en 2026

La santé mentale est devenue un enjeu de santé publique majeur en France. Burn-out, anxiété, dépression, troubles du sommeil… de plus en plus de Français consultent des professionnels de la psychiatrie et de la psychologie. Pourtant, le reste à charge reste élevé, car l'Assurance maladie ne couvre qu'une partie limitée de ces soins. En 2026, les mutuelles santé jouent un rôle central pour compléter ces remboursements. Tour d'horizon complet des garanties disponibles et des dispositifs à connaître. Pourquoi la santé mentale est-elle mal remboursée par la Sécurité sociale ? L'Assurance Maladie prend en charge certains soins psychiatriques, notamment les consultations chez un médecin psychiatre conventionné. Cependant, de nombreuses dépenses restent à la charge du patient. Les limites du régime obligatoire Le régime de base rembourse (dans le cadre du parcours de soins coordonnés) : Les consultations chez un psychiatre de secteur 1 : tarif conventionné à 52 € pour patient de plus de 25 ans, remboursé à 70 % soit 36,40 €, moins la participation forfaitaire de 2 € ; tarif conventionné de 70 € pour les patients de moins de 25 ans, soit une prise en charge de 47 € Les consultations chez un psychiatre de secteur 2 (honoraires libres) sur la base de 52 € ou 70 € si adhérent à l’OPTAM, ou 42,50 € si non-adhérent à l’OPTAM (taux de remboursement 70 %) Les séances de psychologie dans le cadre du dispositif Mon Psy (jusqu'à 12 séances par an) : tarif à 50 € chez un psychologue partenaire, remboursé à 60 % ; dépassement d’honoraires interdit L'hospitalisation psychiatrique prise en charge à 80 % (100 % en ALD) En revanche, il ne couvre pas : Les consultations hors parcours de soins coordonnés si vous avez plus de 25 ans Les consultations chez un psychologue libéral hors MonPsy Les séances de psychothérapie non médicale Les praticiens en secteur 3 avec dépassements d'honoraires Les thérapies alternatives (EMDR, sophrologie, hypnothérapie) Des dépassements d'honoraires fréquents En France, plus de 60 % des psychiatres exercent en secteur 2 ou 3. Leurs honoraires peuvent atteindre 100 à 200 € la séance, laissant un reste à charge très important sans complémentaire santé adaptée. Ce que rembourse la mutuelle pour la santé mentale en 2026 Les consultations chez le psychiatre Une mutuelle santé peut prendre en charge tout ou partie des dépassements d'honoraires pratiqués par les psychiatres en secteur 2 ou 3. Selon le niveau de garantie souscrit : Garantie de base : remboursement limité au ticket modérateur (tarif conventionné, pas de couverture des dépassements) Garantie intermédiaire : prise en charge des dépassements jusqu'à 150 % ou 200 % du tarif opposable Garantie haut de gamme : remboursement intégral ou quasi-intégral, même avec des honoraires élevés Les séances de psychologue Depuis le lancement du dispositif Mon Psy en 2022, les séances réalisées par des psychologues partenaires sont remboursées par l'Assurance Maladie à 60 % sur la base d’un tarif fixé à 50 € la séance. Les contrats de mutuelle responsable couvrent intégralement le reste à charge. Pour les consultations hors MonPsy, certaines mutuelles proposent un forfait psychologue spécifique, couvrant entre 20 et 60 € par séance, dans une limite annuelle de 4 à 10 séances selon les contrats, inclus dans le forfait prévention. Important : le dispositif Mon Psy n’est pas adapté aux patients qui nécessitent un avis psychiatrique. Les thérapies alternatives liées au bien-être mental De nombreuses complémentaires santé incluent dans leurs garanties optionnelles de remboursement pour la médecine douce : La sophrologie L'hypnothérapie La relaxation et la gestion du stress L'ostéopathie (utile pour les troubles psychosomatiques) La naturopathie Ces remboursements sont souvent regroupés dans le forfait prévention compris entre 100 et 300 € par an. Comment choisir une mutuelle adaptée à la santé mentale ? Les critères essentiels à comparer Avant de souscrire ou de changer de mutuelle, évaluez les points suivants : Le taux de remboursement des psychiatres (en secteur 1, 2 et 3) L'existence d'un forfait psychologue et son montant annuel La couverture des médecines douces (sophrologie, hypnose, etc.) Les délais de carence (certains contrats imposent un délai avant d'accéder aux remboursements en psychiatrie) Le réseau de soins partenaire (accès facilité à des praticiens dans votre région) Questions à poser à votre conseiller La mutuelle couvre-t-elle les consultations hors MonPsy ? Existe-t-il un plafond annuel pour les remboursements en santé mentale ? Les séances de thérapie de groupe sont-elles prises en charge ? Le contrat couvre-t-il les soins en cas d'hospitalisation psychiatrique en clinique privée ? Garanties et remboursements : tableau comparatif selon le niveau de couverture Type de soin Base  Intermédiaire Premium Psychiatre secteur 1 (pas de dépassements d’honoraires) Ticket modérateur Ticket modérateur Ticket modérateur Psychiatre secteur 2 (honoraires libres) Ticket modérateur  Dépassements partiels Dépassements jusqu’à 100 % Psychiatre secteur 3 (non conventionné) Pas de remboursement Prise en charge éventuelle Prise en charge éventuelle Psychologue (Mon Psy) 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable 100 % couvert par Sécurité Sociale et la mutuelle responsable Psychologue (hors Mon Psy) Non couvert Option forfait prévention Option forfait prévention Médecines douces Non couvert Forfait prévention à partir de 50 €/an Forfait prévention jusqu’à 300 €/an Conseils pour optimiser vos remboursements en santé mentale Passez toujours par votre médecin traitant pour obtenir une orientation : cela ouvre des droits supplémentaires (MonPsy, ALD, protocole de soins). Demandez un devis préalable à votre praticien pour connaître le montant exact du reste à charge. Contactez votre mutuelle avant d'entamer un suivi long pour connaître vos plafonds annuels. Comparez les offres de mutuelle santé lors de chaque renouvellement : le marché des complémentaires santé évolue rapidement, notamment sur la prise en charge de la santé mentale. Vérifiez votre éligibilité à la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) si vos revenus sont modestes : elle couvre intégralement les soins psychiatriques sans reste à charge. La prise en charge de la santé mentale par les mutuelles s'améliore progressivement, portée par une demande croissante et une meilleure reconnaissance de ces troubles. Choisir une complémentaire santé adaptée à vos besoins psychiques est aujourd'hui aussi stratégique que de vérifier la couverture dentaire ou optique. Prenez le temps de comparer les garanties, d'identifier les forfaits spécifiques et de vous faire accompagner pour trouver le contrat le plus adapté à votre situation.

assurance-prêt-2-emprunteurs

Assurance de prêt 2 emprunteurs : souscrivez séparément pour économiser

Contracter un crédit immobilier à deux est une démarche courante pour les couples, les co-emprunteurs ou les partenaires d'investissement. Mais lorsqu'il s'agit de l'assurance emprunteur, beaucoup ignorent qu'il existe une stratégie simple et légale pour réduire considérablement le coût total du prêt : souscrire des contrats d'assurance séparés. Décryptage complet de cette option méconnue, mais particulièrement avantageuse. Pourquoi l'assurance de prêt à 2 emprunteurs est-elle cruciale ? L'assurance emprunteur représente en moyenne entre 20 % et 40 % du coût total d'un crédit immobilier. Elle garantit le remboursement des mensualités en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail de l'un des emprunteurs. Pour un prêt souscrit à deux, la banque exige une couverture sur les 2 têtes, afin de se protéger contre le risque de défaut de paiement. Emprunt à 2 : une seule ou 2 assurances de prêt ? Deux co-emprunteurs peuvent souscrire un seul contrat d'assurance de prêt pour couvrir un même crédit immobilier. Ce contrat unique couvre les 2 personnes, mais il est impératif de répartir la quotité (le pourcentage de couverture) entre eux, de façon à ce que le total atteigne au moins 100% du capital emprunté.  Points clés à retenir : Contrat unique : Souvent proposé par la banque (assurance groupe), il couvre les deux têtes sur le même document. Répartition (Quotité) : La répartition est flexible (ex: 50/50, 100/100, 30/70). Pour une protection maximale, un total de 200% (100% sur chaque tête) est possible (lire plus bas). Obligation : La banque exige toujours que la totalité du capital (minimum 100%) soit assurée.  Un contrat unique est possible et fréquent, mais le choix de la quotité est crucial pour déterminer le niveau de couverture de chaque emprunteur en cas de sinistre.  L’alternative est de souscrire 2 contrats individuels distincts, ce qui est parfois plus avantageux financièrement ou en cas de profils de risque différents. Qu'est-ce que la quotité d'assurance ? La quotité d’assurance de prêt immobilier correspond à la part du capital assuré attribuée à chaque emprunteur. Elle est exprimée en pourcentage et doit totaliser au minimum 100 % — et au maximum 200 % si les 2 emprunteurs sont couverts à 100 % chacun. Quelques exemples de répartition : 100 % / 100 % : chaque emprunteur est couvert sur la totalité du capital restant dû. C'est la couverture maximale, mais aussi la plus coûteuse. 70 % / 30 % : le co-emprunteur qui gagne le plus est couvert à 70 %, l'autre à 30 %. Une solution souvent recommandée pour équilibrer le coût et la protection. 50 % / 50 % : répartition équitable, adaptée aux couples aux revenus similaires. Le choix de la quotité doit être mûrement réfléchi. Il impacte directement le niveau de protection en cas de sinistre, mais aussi la prime mensuelle à régler. Quels sont les avantages de souscrire 2 contrats d'assurance séparés ? Pendant longtemps, les banques ont imposé leur propre contrat groupe à leurs clients. Grâce à la loi Lagarde (2010) et à la loi Lemoine (2022), les emprunteurs ont désormais le droit de choisir librement leur assurance et de la changer à tout moment. Des économies substantielles sur la durée Opter pour des contrats individuels séparés permet à chaque co-emprunteur d'obtenir un tarif adapté à son propre profil de risque : Son âge  Son état de santé Sa profession Ses habitudes de vie (fumeur, pratique sportive, etc.) Résultat : si l'un des deux emprunteurs est jeune, en bonne santé et non-fumeur, il bénéficiera d'un taux d'assurance nettement inférieur à celui proposé à son co-emprunteur si ce dernier présente des risques spécifiques.  Par ailleurs, le contrat groupe bancaire, qui lisse les risques sur l'ensemble de ses assurés via le principe de mutualisation, sera très souvent moins avantageux qu’une offre alternative avec des garanties sur-mesure. Une couverture personnalisée pour chaque profil Les contrats individuels permettent également d'adapter précisément les garanties d’assurance de prêt à chaque emprunteur : Garanties optionnelles (perte d'emploi, couverture des maladies non objectivables - affections dorsales ou psychiques) Franchises modulables Délais de carence ajustés Couverture des métiers à risque Cette personnalisation est quasi impossible avec un contrat groupe, qui applique les mêmes conditions à tous. Une souplesse accrue grâce à la loi Lemoine Depuis 2022, la loi Lemoine autorise tout emprunteur à changer de contrat d'assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais ni pénalités. Cela signifie que même si vous avez initialement souscrit un contrat groupe avec votre banque, vous pouvez : Résilier l'un ou les deux contrats à n'importe quel moment Souscrire immédiatement un nouveau contrat auprès d'un assureur externe Profiter des meilleures offres du marché en cours de remboursement Comment procéder pour souscrire séparément une assurance de prêt ? Étape 1 : Comparer les offres du marché Avant toute souscription, il est indispensable de comparer les contrats en utilisant des comparateurs en ligne ou en faisant appel à un courtier en assurance emprunteur. Parmi les critères à examiner : Le TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance) Les garanties et les exclusions de garantie Les conditions d'indemnisation (remboursement forfaitaire ou indemnitaire) Le niveau de franchise et de carence L’important est de n’écarter aucune option. La comparaison permet de mettre en concurrence toutes les offres disponibles. Un contrat bancaire peut être compétitif pour un des co-emprunteurs mais être plus cher pour le partenaire qu’une assurance déléguée, et inversement. Étape 2 : Remplir le questionnaire médical Chaque emprunteur doit remplir son propre questionnaire de santé (sauf dans certains cas prévus par la loi Lemoine, pour les parts assurées jusqu’à 200 000 € remboursées avant les 60 ans de l'emprunteur). Ce questionnaire permet à l'assureur d'évaluer le risque et de proposer un tarif individualisé. Étape 3 : Vérifier l'équivalence des garanties L’acceptation de la banque d’une offre concurrente de la sienne est conditionnée à l’équivalence de garantie ; elle peut refuser la délégation d'assurance si le contrat externe ne présente pas des garanties au moins équivalentes à celles de son contrat groupe. Vérifiez les critères exigés via la fiche standardisée d’information remise lors de votre demande de prêt. Étape 4 : Transmettre le contrat à la banque Une fois les 2 contrats souscrits séparément, chaque emprunteur transmet à la banque son certificat d’adhésion d'assurance de prêt. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la délégation Les erreurs à éviter avec l'assurance 2 emprunteurs Ne pas adapter la quotité au niveau de revenus de chaque emprunteur : en cas de sinistre, une couverture insuffisante peut mettre le co-emprunteur en difficulté financière. Choisir uniquement selon le prix : une prime basse peut masquer des exclusions importantes. Oublier de déclarer certains antécédents médicaux : toute fausse déclaration en assurance de prêt peut entraîner la nullité du contrat. Ne pas anticiper les évolutions de situation : grossesse, changement de profession, arrêt du tabac... certains événements permettent de renégocier votre contrat. En résumé : 2 contrats, 2 profils, des économies maximisées Souscrire séparément une assurance de prêt pour 2 emprunteurs n'est pas seulement permis, c'est souvent la stratégie la plus intelligente sur le plan financier. En individualisant la couverture de chaque co-emprunteur, vous adaptez le niveau de risque à la réalité de chaque profil et vous tirez pleinement parti de la concurrence entre assureurs. Faites comparer vos contrats dès aujourd'hui et découvrez combien vous pouvez économiser sur la durée totale de votre crédit immobilier.