Qui continuera son projet d'achat immobilier après le confinement ?


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La crise sanitaire du Covid-19 qui oblige les Français à rester confinés chez eux n'a pas entamé leur appétit pour la pierre. Les incertitudes quant à l'avenir ont sans doute renforcé leur besoin de posséder un bien immobilier, malgré les difficultés de financement qui se profilent. Un sondage réalisé par Opinionway révèle que le confinement est propice à la recherche immobilière.

Du temps pour chercher le logement de ses rêves

Depuis la mi-mars et le début du confinement, les Français ont du temps disponible pour surfer sur le net et initier une envie d'acquisition immobilière. Selon une étude Opinionway pour Artémis Courtage*, 8% des Français profitent de cette période de réclusion obligatoire pour rechercher leur future résidence principale. 7% ont souhaité connaître leurs capacités d'emprunt et 5% ont déjà sollicité des courtiers en crédit et en assurance emprunteur pour faire avancer leur projet. Logiquement, les jeunes manifestent un appétit plus grand : 15% des 18-24 ans et 20% des 25-34 ans ont entamé des recherches pour trouver leur résidence principale.

La ruralité tient ici sa revanche à la faveur des contraintes parfois douloureuses qu'engendre le confinement dans un espace trop petit. 11% des personnes interrogées réfléchissent à l'acquisition d'une logement avec jardin et 8% à un logement avec terrasse, pourquoi pas dans une autre ville (7%) ou en zone ruale (6%). 6% des sondés rêvent d'un logement plus grand. Les personnes vivant en région parisienne expriment plus vivement ce besoin d'espace et de grand air. Elles envisagent l'achat d'un logement avec jardin (15%), d'un logement plus grand (12%), même situé dans une autre ville (13%). Des projets qui sont plus fréquents encore une fois chez les jeunes actifs. À l'échelle nationale, 24% des 25-34 ans s'imaginent dans un logement pourvu d'un jardin, 17% en zone rurale, et 15% pensent à l'achat dans une autre commune.

Le paradis breton ?

Ce sondage fait écho à une autre étude menée par le site SeLoger, spécialiste de la recherche et de l'estimation immobilière en ligne. Au travers des centaines d'annonces immobilières qu'il diffuse, le site a observé un taux de consultation pour les maisons à vendre en très nette hausse depuis le confinement. Les recherches des internautes portent davantage sur les maisons que sur les appartements, avec un regain d'intérêt pour une région, la Bretagne : le taux de consultation des annonces pour devenir propriétaire d'une maison en Bretagne est en hausse de 17% depuis la mi-mars. En revanche, l'Île-de-France séduit moins. Les recherches d'appartement sont en baisse de 20% sur Paris, de 12,5% sur la Petite-Couronne et de 8,3% en grande banlieue. La fuite d'un certain nombre de franciliens vers les régions a démontré que les grandes zones urbaines rendent le confinement plus pesant.

Des inquiétudes pour accéder au crédit immobilier

Du rêve immobilier à la réalité, il y a un passage à l'acte que la crise sanitaire a truffé d'obstacles. Les projets immobiliers sont aujourd'hui bloqués par les mesures de confinement : pas de visites de logement, pas de crédits octroyés par les banques et des difficultés pour la signature à distance de l'acte authentique. À comper du 11 mai, les perspectives s'ouvrent, mais le contexte économique va inévitablement peser sur les capacités d'emprunt des Français. L'étude Opinionway révèle qu'ils sont nombreux à anticiper des difficultés pour accéder au crédit immobilier :

  • 81% pensent que les banques seront plus exigeantes ;
  • 77% craignent que les délais d'obtention de prêt soient allongés ;
  • 74% parient sur une hausse des taux d'intérêts.

Les plus pessimistes sont les francilients : 84% pensent que les délais seront plus longs et 77% que les taux vont augmenter.

La crise actuelle pourrait toutefois avoir un impact sur les prix des logements, sans faire consensus. Pour 42% des Français, les prix de la pierre pourrait baisser en région. Seulement 40% pensent que les prix parisiens pourraient subir une décote.

*Etude réalisée les 12 et 13 avril 2020 auprès d’un échantillon de 1 112 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence

Publié par Astrid Cousin le

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