Crédit immobilier et naissance d'un enfant : anticipez la baisse des revenus


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L'arrivée d'un enfant est synonyme de nombreux changements pour les parents. Si l'achat du logement est fait en prévision de l'agrandissement de la famille, il faudra penser à une éventuelle baisse de revenus lors du montage du crédit immobilier. L'heureux évènement peut également avoir une incidence sur l'assurance emprunteur.

Capacité d'emprunt et reste à vivre : deux variables qui évoluent avec l'arrivée d'un enfant

Que la grossesse soit en route ou programmée, il est judicieux d'en tenir compte dans le montage financier d'un prêt immobilier, car elle aura un impact sur votre capacité d'emprunt. Celle-ci correspond au montant maximum que vous pouvez emprunter sur une période donnée en fonction de vos ressources et de vos charges. Elle est déterminée d'après votre capacité d'endettement, des caractéristiques du prêt (montant, durée, mensualités, apport personnel) et de votre âge à la souscription, éventuellement des aides publiques auxquelles vous avez droit.

Si la règle du taux d'endettement limité à 33% des revenus est devenue intangible depuis la mise en place des consignes du Haut Conseil de Stabilité Financière, un reste à vivre décent demeure une élément fondamental, les banques continuent de le prendre en compte pour motiver leur décision d'octroyer ou non le financement. Le reste à vivre représente la somme qu'il vous reste en poche une fois que vous avez payé vos mensualités de crédit, soit les 67% après retranchement des 33% du taux d'effort.

Le reste à vivre ne repose sur aucune définition légale ni sur aucun minimum légal, mais il est une donnée essentielle pour les établissements de crédit qui se basent sur son évaluation pour déterminer votre capacité d'emprunt. Le crédit doit vous permettre de continuer à vivre décemment et de pouvoir faire face au financement de la vie quotidienne. Il est clair que le reste à vivre dépend des revenus. Une personne salariée au Smic devra restée bien en-deçà du seuil des 33% pour conserver un reste à vivre suffisant. Plus les revenus sont faibles, plus la banque jugera nécessaire de respecter un reste à vivre important.

Le reste à vivre du foyer se trouve modifié avec la naissance d'un enfant, alors que les revenus n'évoluent pas. À salaires équivalents, un couple sans enfant n'aura pas la même capacité d'emprunt qu'un couple avec un enfant à charge. Le reste à vivre varie d'une banque à l'autre en fonction de sa politique commerciale, mais aussi de la situation géographique. Informez votre banquier de votre projet d'agrandir la famille afin qu'il en tienne compte dans le calcul de votre capacité d'emprunt, notamment si vous envisagez un congé parental, une décision qui aura un impact sur vos revenus. Généralement, les établissements financiers exigent un reste à vivre à hauteur de 2 000€ pour un couple, augmenté de 500€ par enfant au moment de la signature de l'offre de prêt.

Congé maternité : que prévoit la réglementation

Le congé maternité est une suspension du contrat de travail accordé aux femmes enceintes salariées de leur activité professionnelle durant la grossesse et après la naissance de leur(s) enfant(s). Le salaire de base de la future maman est alors maintenu sous la forme d'indemnités journalières sous réserve d'être assurée sociale depuis au moins 10 mois en tant que salariée et de remplir l'une des conditions suivantes :

  • avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant la grossesse ;
  • avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois précédant la grossesse ;
  • avoir perçu 1 015 fois le Smic horaire au cours de 6 mois précédant la grossesse (ou 2 030 fois le Smic au cours de 12 mois précédents).

Le montant de l'indemnité journalière est calculé sur les salaires des 3 mois qui précèdent le congé maternité ou les 12 mois précédents en cas d'activité non continue ou saisonnière, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité Sociale de l'année en cours, soit 3 428€/mois depuis le 1er janvier 2020.

Au 1er janvier 2020, le montant maximum de l'indemnité journalière maternité est de 89,03€ par jour avant déduction des 21% de charges sociales (CSG et CRDS). Les indemnités journalières maternité sont versées en moyenne tous les 14 jours par votre CPAM, dès le premier jour du congé maternité sans délai de carence et pour chaque jour de la semaine, y compris les samedis, dimanches et jours fériés. Des dispositions collectives peuvent prévoir une indemnisation plus généreuse que celle de la Sécu, pouvant aller jusqu'au maintien intégral du salaire.

Le code du travail prévoit un congé maternité d'une durée de (addition du congé prénatal et du congé postnatal) :

  • 16 semaines pour une 1ère ou 2ème naissance ;
  • 26 semaines pour une 3ème naissance ;
  • 34 semaines pour la naissance de jumeaux ;
  • 46 semaines pour la naissances simultanée de plus de deux enfants.

Compte tenu du plafonnement des indemnités journalières de maternité, vos revenus vont diminuer sur la période concernée si votre salaire excède les seuils de la Sécu. Il est important de prendre en considération cette donnée lors de votre demande de crédit immobilier pour éviter une contraction momentanée du reste à vivre et un déséquilibre de votre budget. Si le père fait valoir son droit au congé paternité, la recommandation vaut également. La durée du congé paternité est de 11 jours calendaires consécutifs et l'indemnité journalière est subordonnée à des conditions identiques à celles citées plus haut, pour des plafonds et des montants similaires.

Congé maternité et assurance de prêt immobilier

Le congé légal de maternité n'est jamais garanti par les assurances emprunteur lesquelles ne couvrent que les arrêts de travail pour maladie ou accident. Le congé maternité étant un événement certain, il ne peut être assimilé à une pathologie. En revanche, les cas de grossesse pathologique qui nécessitent un arrêt de travail prématuré sont pris en charge au même titre qu'une incapacité de travail pour raison de santé. Attention : certains contrats appliquent la couverture seulement en cas d'hospitalisation. Si vous devez rester alitée plusieurs semaines avant la naissance de votre enfant, les garanties incapacité pour arrêt de travail risquent de ne pas s’appliquer.

L'assurance intervient pour rembourser à la banque les mensualités du prêt jusqu'à la date du congé légal de maternité. Si les garanties sont indemnitaires, la prise en charge par l'assurance entrera en jeu uniquement en cas de perte de salaire, au contraire des garanties forfaitaires, plus protectrices, car elles ne prennent pas en compte les indemnités journalières du congé maternité.

Publié par Astrid Cousin le

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