Immobilier : quel est l'impact de la Covid-19 sur les prix ?


prix-immo-impact-covid19.jpeg

L'épidémie de Covid-19 freine la montée des prix des logements dans l'hexagone. Dans son dernier indice des valeurs immobilières, le site MeilleursAgents observe que la hausse opérée en début d'année laisse désormais la place à une franche stabilité. Le coronavirus va-t-il faire chuter l'immobilier, alors que les acheteurs sont empêchés par les nouvelles conditions d'emprunt ?

Le calme après l'euphorie

La fin du confinement avait sonné l'embellie pour le marché immobilier. Au début de l'été, l'activité était en hausse de 35% par rapport à l'année dernière, déjà exceptionnelle en termes de volume de ventes. Selon le site MeilleursAgents, leader des prix immobiliers et de l'estimation en ligne, ce redémarrage en fanfare n'était pas uniquement lié au phénomène de rattrapage des transactions, mises à l'arrêt depuis mi-mars. Ce spécialiste a remarqué un nombre d'annonces mises en ligne bien plus élevé que l'an passé à la même époque. Les Français ont manifesté leur envie de changer de logement après avoir éprouvé les contraintes du confinement. À cet appétit conjoncturel se sont ajoutés les projets immobiliers printaniers de ceux qui souhaitaient conclure la vente et s’installer avant la rentrée de septembre.

La reprise du marché avait alors engendré un sursaut des prix inattendu. Alors que les prévisions laissaient supposer un recul de l'ordre de 10% entre mars et mai 2020, le marché était relancé sur les mêmes bases tarifaires qu'avant la crise sanitaire. Entre mai et juin, les valeurs gagnaient en moyenne +0,4%. Avec +0,8%, Lille affichait la plus grosse augmentation, suivie par Lyon et Nice (+0,7%). Seules Montpellier et Strasbourg voyaient les prix stagner.

Ce dynamisme est à conjuguer au passé. Le marché est aujourd'hui rattrapé par la crise économique. La tendance est désormais à l'accalmie avant de probables tensions à l'automne. Le déséquilibre du marché se fait déjà senti dans certaines zones, comme à Lyon ou à Rennes où la proportion d'acheteurs par rapport au nombre de vendeurs se contracte nettement. Plus de vendeurs que d'acheteurs : on voit ici la conséquence de la situation économique, marquée par un bond du nombre de chômeurs, avec des perspectives plutôt pessimistes.

Le marché ralenti par les nouvelles conditions d'emprunt

Dans son dernier indice des prix immobiliers, MeilleursAgents observe une stagnation sur un mois. Entre juillet et août, les prix parisiens ont à peine bougé (-0,01%), soit un mètre carré moyen à 10 600 €. Dans les autres grandes villes de France, on observe une même stabilité comme à Lille, Toulouse et Lyon. Après un cycle de hausse de cinq longues années, les prix de l'immobilier dans les dix plus grandes métropoles font du sur-place.

S'il est encore trop tôt pour parler de retournement du marché, certains signes indiquent d'ores et déjà que les prix pourraient se contracter davantage. Mais ceux qui parient sur un effondrement risquent d'être déçus. Pour une raison simple : l'intérêt atavique des Français pour la pierre s'est renforcé durant cette crise sanitaire ; les ménages ont été amenés à considérer la qualité de leur logement comme un élément central, plus essentiel encore qu'il ne l'était traditionnellement. L'immobilier a montré une formidable résilience ces derniers mois, il est fort probable que cette résistance soit confortée par l'assagissement des prix de l'immobilier. 

N'oublions pas de surcroît que les taux d'intérêt du crédit immobilier sont toujours très faibles et qu'ils devraient le rester au moins durant les prochains six mois. S'endetter pour devenir propriétaire se fait toujours à moindre coût, il est en revanche plus difficile d'obtenir un financement à cause des nouveaux critères d'octroi.

Depuis janvier dernier, les banques appliquent sans y déroger les règles de distribution du crédit émises par le Haut Conseil de Stabilité Financière fin 2019. Elles ne peuvent plus accorder de prêt si le taux d'endettement de l'emprunteur excède 33% et sur une durée de remboursement supérieure à 25 ans. À ces restrictions s'ajoute une sélectivité plus aiguë eu égard au marché de l'emploi : les candidats à l'emprunt immobilier qui évoluent dans les secteurs les plus fragiles comme le tourisme, l'hôtellerie-restauration ou l'aérien sont plus fréquemment recalés. Le taux de refus de prêt a doublé en un an, passant de 5% à 11% selon les observations du courtier VousFinancer. Les banques jouent la prudence et réservent désormais leur accord de crédit aux dossiers les plus solides.

Publié par Astrid Cousin le

Dernières publications