Immobilier : hausse du prix des maisons individuelles

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À compter du 1er janvier 2022, la RE2020 ou Réglementation Environnementale 2020 va remplacer l'actuelle RT2012 pour la construction des bâtiments neufs. Ces nouvelles normes vont s'imposer aux projets de maisons individuelles et générer une hausse des prix. Vous avez jusqu'au 31 décembre 2021 pour déposer votre permis de construire et éviter de payer plus cher votre maison individuelle.

 

RE2020 et maison neuve : impact sur le coût de construction

En parallèle du vaste plan de rénovation de l'habitat ancien qui vise l'éradication totale des passoires thermiques à l'horizon 2028, le gouvernement fait évoluer les normes de construction pour améliorer les performances thermiques et diminuer l'empreinte carbone des bâtiments. 

L'actuelle Réglementation Thermique 2012 (RT2012) va être remplacée par la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) qui s'appliquera dès janvier 2022 pour la construction de logements, avec des étapes ultérieures jusqu'en 2031. Ces nouvelles exigences de sobriété en matière d'énergie vont augmenter les coûts de construction, et notamment ceux des maisons individuelles.

Selon le ministère de la Transition écologique, les surcoûts immédiats seront a priori faibles, de l'ordre de 3% à 4% des coûts de construction, avec des variations selon les types de construction. Et à l'horizon 2031, les surcoûts anticipés ne dépasseront pas 10% du coût actuel, que ce soit pour les maisons individuelles ou des logements collectifs. 

Lors du lancement de la RT2012, le surcoût était évalué entre 10% et 15%, mais se révèlera quasiment nul grâce aux progrès des matériaux et des techniques, et aux économies d'échelle de production de ces matériaux. Le ministère insiste sur les gains socio-économiques générés par la mise en œuvre de ces normes censées compenser les surcoûts : baisse de facture énergétique, diminution des émissions de gaz à effet de serre, création d'emplois.

Les chiffres avancés par les autorités publiques sont contestés par les professionnels du bâtiment dont certains anticipent un surcoût de 10% à 15% dès 2022 pour les maisons neuves si l'on veut respecter cette future réglementation. D'autres spécialistes de la construction passive avancent même un surcoût qui pourrait atteindre jusqu'à 25%, sous réserve d'une industrialisation poussée de la construction en ossature bois. Les matériaux biosourcés et renouvelables seront en effet privilégiés, ce qui va booster les bâtiments en bois aux dépens du béton et de l'acier. Ces surcoûts sont loin d'être maîtrisés comme le laisse entendre le ministère de la Transition écologique.

RE2020 et dépôt permis de construire

Si vous portez un projet de construction de maison individuelle, vous pouvez échapper à ces surcoûts liés à la RE2020 en déposant votre permis de construire avant le 31 décembre 2021. Si votre budget ne peut supporter les coûts additionnels pour rendre votre maison conforme à la RE2020, il vous faut absolument faire votre demande à la mairie de votre commune avant cette date butoir.

Pour un projet de maison neuve située dans un lotissement, c'est-à-dire avec une division foncière, le dépôt du permis de construire ne peut se faire qu'après achèvement des travaux d'aménagement du lotissement. Vous êtes alors dépendant de l'avancement de ces équipements desservant le lot.

Si vous avez déjà entrepris des démarches auprès des banques pour financer votre projet, les surcoûts inévitables d'une construction neuve à compter de 2022 vont avoir un impact sur votre taux d'endettement. Avec un taux d'effort sur le fil du rasoir (au plus 35% de vos revenus nets), votre projet va être fragilisé par la hausse automatique des prix de la construction. Si vous en avez la possibilité, adaptez votre projet en diminuant par exemple la surface habitable ou en réduisant le coût du foncier en construisant ailleurs.

RE2020 : une réglementation ambitieuse

L'entrée en vigueur de la RE2020 était initialement prévue en janvier 2021, puis reportée à l'été 2021, pour finalement être effective au 1er janvier 2022 après concession faite aux acteurs du bâtiment. 

Cette nouvelle réglementation vise 3 objectifs :

  1. diminuer l'impact sur le climat des bâtiments neufs : la norme doit inciter les constructeurs à utiliser des modes constructifs qui émettent peu de gaz à effet de serre ou qui permettent d'en stocker, tel que le recours aux matériaux biosourcés.
  2. poursuivre l'amélioration de la performance énergétique et la baisse des consommations des bâtiments neufs : les performances d'isolation sont renforcées, quel que soit le mode de chauffage installé. Comme en RT2012, le Bbio exprime le besoin bioclimatique par un coefficient évaluant l'efficacité énergétique du bâti, indépendamment du système énergétique mis en œuvre. Par rapport à la RT2012, le Bbio de la RE2020 est réduit en moyenne de 30%.
  3. garantir un logement adapté aux conditions climatiques par l'introduction d'un objectif de confort en été : les futurs logements neufs devront offrir un confort suffisant en périodes caniculaires.

Une des évolutions majeures apportées par la RE2020 est d'atteindre un bilan énergétique passif, en clair une maison neuve devra produire autant d'énergie qu'elle en consomme. Cela signifie entre autres la fin du chauffage au gaz pour laisser place aux pompes à chaleur, à l'électrique et au chauffage à granulés de bois, ainsi que la pose de panneaux solaires ou photovoltaïques et l'utilisation d'isolants plus vertueux que les laines minérales comme le chanvre, le bois ou la ouate de cellulose.

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Crédit immobilier : rentable ou pas rentable pour les banques en 2026 ?

Le crédit immobilier reste un produit stratégique pour les banques françaises. Alors que les établissements cherchent à attirer de nouveaux emprunteurs en proposant des conditions commerciales compétitives, la rentabilité immédiate d’un prêt peut parfois être limitée, voire négative. Pourtant, les banques continuent de prêter, pour la simple raison que le crédit immobilier constitue une porte d’entrée vers une relation bancaire appelée à durer plusieurs années. Compte courant, épargne, assurance emprunteur, moyens de paiement ou encore placements contribuent à la rentabilité du nouveau client. Pourquoi les banques continuent-elles de proposer des crédits immobiliers ? Le marché du crédit immobilier a fortement repris en 2025. Les banques françaises ont accordé 171,3 milliards d’euros de crédits à l’habitat en 2025, soit une progression de 29,3 % sur un an. Cette reprise intervient après 2 années plus compliquées pour le financement immobilier. En 2026, les établissements bancaires cherchent donc à poursuivre cette dynamique et à conquérir de nouveaux clients. Un prêt immobilier n’est pas rentable à lui seul L’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) nous apprend que les marges à l’octroi déclarées par les établissements sont restées négatives en 2025. Autrement dit, le taux appliqué au crédit ne suffit pas à couvrir l’ensemble des coûts supportés par la banque. Cette situation peut sembler surprenante. Une banque prête de l’argent et perçoit des intérêts pendant plusieurs années. Mais elle doit également tenir compte : de son propre coût de refinancement ; des exigences réglementaires liées au financement ; du coût des ressources mobilisées ; des frais liés à la distribution du crédit ; du niveau de concurrence entre les établissements. Or, en 2026, comme en 2025, les banques prêtent à perte si l’on considère la problématique sous le seul angle du taux. Pourtant elles ne perdent pas d’argent. Explications. Le crédit immobilier sert à conquérir de nouveaux clients La rentabilité doit donc être analysée sur l’ensemble de la relation commerciale et non uniquement sur le taux du prêt. Pour les banques, l’intérêt d’un prêt immobilier dépasse largement les intérêts perçus sur le capital emprunté. Un achat immobilier constitue en effet un moment privilégié pour changer d’établissement bancaire. Le nouveau propriétaire peut être amené à transférer une partie de ses revenus, parfois son épargne et différents contrats auprès de la banque qui finance son projet. Une relation bancaire qui peut durer plusieurs années Lorsqu’un établissement accepte de financer un achat immobilier, il peut espérer conserver son client pendant toute la durée du crédit, voire au-delà. La banque en profite pour proposer ou commercialiser différents produits : compte courant ; cartes et moyens de paiement ; assurance emprunteur ; assurance habitation ; produits d’épargne ; placements financiers ; services bancaires complémentaires. La rentabilité du dossier est donc susceptible de se construire progressivement. Les profils recherchés peuvent bénéficier de conditions commerciales Cette logique explique pourquoi certaines banques sont prêtes à consentir des conditions particulièrement attractives à certains emprunteurs. Le taux de prêt immobilier n’est alors qu’un élément de la négociation. L’établissement prend en considération le niveau de revenus, l’épargne disponible ou le potentiel commercial du foyer. Pour l’emprunteur, cela signifie qu’il peut être pertinent de comparer plusieurs propositions et de négocier l’ensemble du financement, plutôt que de se concentrer uniquement sur le taux nominal. Quelles contreparties une banque peut-elle rechercher ? Un taux particulièrement compétitif peut parfois être associé à des attentes commerciales de la banque. L’établissement peut notamment souhaiter récupérer une partie des revenus ou de l’épargne du client. La domiciliation des revenus La banque peut demander au futur emprunteur de transférer ses revenus sur le compte ouvert dans l’établissement. Dans un dossier impliquant deux emprunteurs, les revenus des deux membres du couple peuvent ainsi entrer dans les discussions commerciales. La domiciliation bancaire doit être assortie d’un avantage individualisé, clairement nommé et chiffré dans l’offre de prêt (loi PACTE de 2019). Le transfert d’une partie de l’épargne L’épargne constitue également un élément susceptible d’être pris en considération lors des négociations. Un emprunteur disposant de placements ou d’une épargne importante dans une autre banque peut se voir proposer des conditions intéressantes en contrepartie d’une relation bancaire plus large. Ces frais annexes qui participent à la rentabilité du crédit Le taux d’intérêt n’est pas le seul élément permettant à une banque de générer des revenus avec un crédit immobilier. Des frais de dossier en hausse Les établissements appliquent des frais de dossier, qui représentent généralement plus d'un millier d’euros selon les situations et les politiques commerciales appliquées. En moyenne, les frais de dossier pour un crédit immobilier s'élèvent à environ 1 500 € à 1 900 € selon le montant emprunté (souvent entre 0,5 % et 1,5 % du capital). Certaines banques ont augmenté ces frais en 2026, parfois de 100 à 150 euros. Le marché juteux de l’assurance emprunteur Les marges moyennes des bancassureurs sur l’assurance emprunteur sont estimées entre 70 % et 80 %, contre 40 % pour les alternatifs. Le produit est donc très rémunérateur pour les prêteurs, avec un ratio primes/prestations qui se situe entre 30 % et 40 %.  L’assurance emprunteur est ainsi le produit avec le rapport sinistre sur primes le plus bas du marché de l’assurance. Le taux immobilier affiché ne permet donc pas, à lui seul, de mesurer la rentabilité d’un dossier pour l’établissement prêteur. Des éléments annexes qui conditionnent l'obtention du financement contribuent davantage à cette rentabilité. Pour l’emprunteur, il est important de se référer au TAEG (Taux Annuel Effectif Global) pour estimer le coût réel d’un prêt immobilier. Les banques vont-elles continuer à proposer des taux attractifs ? La stratégie commerciale des banques reste néanmoins dépendante de leurs propres coûts de financement. En octobre 2026, les taux immobiliers se situent autour de 3,6 % sur 20 ans (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). Dans le même temps, les conditions de financement des banques se sont sévèrement tendues. L’OAT 10 ans, boussole principale des banques pour fixer des taux de crédit immobilier, a franchi la barre des 4 % début septembre et se rapproche désormais des 5 %.    Par ailleurs, le taux de refinancement des banques commerciales est à 2,65 % depuis le 16 septembre dernier. Il fixe le coût auquel les établissements empruntent de l'argent auprès de la BCE (Banque Centrale Européenne), ce qui détermine directement le taux minimum qu'elles répercutent sur votre crédit immobilier. Cette situation limite mécaniquement la capacité des établissements à maintenir durablement des taux de crédit très bas. Des taux à 4 % d’ici fin 2026 Quand le coût auquel les banques se financent augmente, cette évolution est progressivement répercutée sur leurs propres barèmes. Cela se traduit par : une hausse des taux proposés aux nouveaux emprunteurs ; une réduction des décotes commerciales ; une sélection plus importante des dossiers ; une diminution de certaines offres promotionnelles. Pour l’heure, la concurrence reste cependant forte entre les établissements qui cherchent à atteindre leurs objectifs de conquête de clientèle. On s’attend malgré tout à des taux d’emprunt à 4 % pour la fin 2026.  Un marché encore favorable à la négociation En cette rentrée 2026, les banques continuent donc de chercher de nouveaux clients malgré une rentabilité limitée voire nulle du crédit immobilier pris isolément. Cette situation entretient la concurrence entre établissements et peut créer des opportunités pour les emprunteurs disposant d’un dossier solide. Mais une offre attractive doit être analysée dans son ensemble. Un taux plus faible n’est pas forcément synonyme de crédit moins cher si des frais, une assurance ou d'autres coûts viennent augmenter le coût total de l'opération. L’enjeu consiste donc à comparer le financement dans sa globalité et à négocier simultanément le taux, les frais et l’assurance emprunteur.

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Crédit immobilier : les règles du HCSF vont-elles disparaître en 2027 ?

Le cadre imposé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) au crédit immobilier depuis 2021 pourrait devenir un sujet majeur de la campagne présidentielle de 2027. La Fédération bancaire française (FBF) demande en effet que les normes actuelles cessent d’être juridiquement contraignantes. Parmi elles, figure la fameuse limite de 35 % de taux d’endettement. Les établissements de crédit ne souhaitent pas une suppression pure et simple de cette règle, mais davantage de liberté pour apprécier la solvabilité de chaque emprunteur. Quelles sont les règles du HCSF pour un crédit immobilier ? Depuis le 1er janvier 2021, les établissements bancaires doivent respecter les règles édictées par le HCSF, lorsqu’ils accordent un prêt immobilier. Ce cadre est devenu contraignant à compter du 1er janvier 2022. Il repose sur 2 critères. Un taux d’effort limité à 35 % Le taux d’effort ou taux d’endettement correspond à la part des revenus consacrée au remboursement des crédits immobiliers. Il ne doit pas dépasser 35 % des revenus nets avant impôt, assurance emprunteur comprise. Cette limite vise à éviter qu'un ménage ne s'endette excessivement et ne rencontre des difficultés pour rembourser son prêt. Bon à savoir : en France, le défaut de paiement concernant les crédits à l'habitat représente à peine 1 % des encours. Une durée d'emprunt plafonnée Le HCSF limite également la durée des crédits immobiliers à 25 ans. Une tolérance de 2 années peut être prévue dans certaines opérations lorsque la jouissance du logement est différée, comme pour les achats en VEFA ou les opérations nécessitant des travaux importants. Les banques disposent toutefois d'une marge de flexibilité. Elles peuvent dépasser les critères du HCSF pour une partie de leur production de crédits, dans la limite de 20 % par trimestre. Cette enveloppe est en partie réservée aux acquisitions de résidence principale et aux primo-accédants. Pourquoi les banques souhaitent-elles davantage de liberté ? La Fédération bancaire française (Fbf) estime que les règles actuelles conduisent à une appréciation trop standardisée des dossiers. Dans ses propositions formulées en vue de l'élection présidentielle de 2027, elle demande ainsi de supprimer le caractère contraignant des normes du HCSF. L'objectif n’est pas d’oblitérer la notion de taux d'endettement, qui reste cardinale dans l’octroi d’un financement bancaire. Il s'agit plutôt de redonner aux prêteurs la possibilité d'évaluer plus largement la situation financière de chaque client. Le reste à vivre pourrait davantage compter Pour les professionnels favorables à un assouplissement, le taux de 35 % ne reflète pas toujours la capacité réelle d'un ménage à rembourser un emprunt. Un foyer disposant de revenus élevés peut, par exemple, supporter une mensualité représentant plus de 35 % de ses ressources tout en conservant un reste à vivre important. À l'inverse, atteindre le seuil des 35 %, a fortiori le dépasser, est beaucoup plus problématique pour un ménage disposant de revenus modestes. Cette approche, qui vise à rendre tout son sens au reste à vivre, pourrait faciliter l'accès au crédit de certains ménages aujourd'hui bloqués par le seuil réglementaire. L’APIC (Association Professionnelle des Intermédiaires en Crédit) souhaite que cette liberté d’appréciation soit réservée principalement aux investisseurs immobiliers et aux profils aisés. La règle des 35 % va-t-elle vraiment disparaître en 2027 ? Le débat porte surtout sur le caractère contraignant des normes du HCSF, et non nécessairement sur la disparition de toute limite d'endettement. Le HCSF a confirmé en septembre 2026 le maintien des règles actuelles sur le taux d'effort à 35 % et la durée d’emprunt de 25 ans, signe qu'aucun assouplissement n'est pour l'heure envisagé. La situation pourrait néanmoins évoluer après l'élection présidentielle si une nouvelle majorité décide de modifier le cadre réglementaire. Rappelons qu’en mai dernier le député Lionel Causse a déposé un projet de loi qui vise à assouplir la règle des 35 % d’endettement pour donner plus de place au reste à vivre. Le Conseil consultatif du secteur financier (CCSF) a relevé en 2026 l'intérêt d'une réévaluation régulière des normes du HCSF, même si la Banque de France considère qu'une telle approche pourrait affaiblir le caractère structurel de ce dispositif prudentiel. Le taux d'usure, cet autre obstacle au crédit La suppression ou l'assouplissement du seuil de 35 % ne réglerait pas toutes les difficultés rencontrées par les emprunteurs. Le taux d'usure constitue également une contrainte importante. Ce plafond légal correspond au taux maximal auquel un établissement peut accorder un prêt. Il est fixé chaque trimestre sur la base des moyennes des TAEG (Taux Annuel Effectif Global) pratiqués sur le marché les 3 mois précédents. Lorsque les taux immobiliers remontent rapidement, le décalage entre les conditions proposées par les banques et le taux d'usure en place pour 3 mois peut conduire certains dossiers à être refusés, même lorsque l'emprunteur présente un bon profil. C’est ce qu’on appelle dans le jargon l’effet ciseau. Le coût de l'assurance emprunteur entre également dans le calcul du TAEG. Pour certains profils comme les seniors et les personnes avec un risque aggravé de santé, une assurance coûteuse contribue à rapprocher le dossier du seuil d'usure, voire à l’excéder. 2027 pourrait donc marquer un tournant À ce stade, les règles du HCSF ne sont pas programmées pour disparaître en 2027. Elles constituent toujours le cadre réglementaire applicable au crédit immobilier en France. Mais leur avenir pourrait devenir un véritable enjeu politique. La demande des banques ouvre en effet la voie à une réflexion sur un système dans lequel la solvabilité serait appréciée de façon plus individualisée, au lieu de reposer principalement sur des seuils réglementaires. Pour les emprunteurs, le véritable changement pourrait donc être moins la suppression du fameux 35 % que l'introduction d'une plus grande souplesse dans l'analyse des dossiers.

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Plafond du prêt travaux à 100 000 € : faut-il souscrire une assurance emprunteur ?

À compter du 20 novembre 2026, le financement des travaux va connaître une évolution importante : le plafond permettant de relever du crédit à la consommation passe de 75 000 à 100 000 euros. Cette réforme concerne notamment les dépenses de réparation, d’amélioration et d’entretien d’un logement lorsqu’aucune sûreté réelle immobilière ne garantit le crédit. Pour les particuliers qui empruntent des sommes importantes pour une rénovation énergétique, une réfection de toiture ou un chantier de copropriété, ce changement modifie les règles du financement. Il soulève également une question essentielle : faut-il souscrire une assurance emprunteur pour un prêt travaux de 100 000 euros ? L’assurance emprunteur n’est pas automatiquement obligatoire pour un crédit à la consommation. En revanche, le prêteur peut en faire une condition d’octroi du crédit. Magnolia vous explique pourquoi l'assurance de prêt devient particulièrement pertinente lorsque le montant emprunté et la durée de remboursement exposent fortement l’emprunteur au risque d’impayé. Pourquoi le plafond du prêt travaux passe à 100 000 euros ? En vertu d’une directive européenne, la réforme issue de l’ordonnance du 3 septembre 2025 et précisée par l’arrêté du 7 août 2026 relève de 75 000 à 100 000 euros le seuil d’application du régime du crédit à la consommation. Cette nouvelle limite entrera en vigueur le 20 novembre 2026. Jusqu’à présent, un prêt travaux d’un montant supérieur à 75 000 € ou s’il était adossé à une sûreté réelle (hypothèque ou privilège du prêteur de deniers) relevait de la réglementation du crédit immobilier.  Le passage au régime du crédit à la consommation simplifie et accélère la souscription : contrairement au crédit immobilier, qui prévoit un délai de réflexion de 10 jours, l’emprunteur peut accepter l’offre immédiatement, tout en bénéficiant ensuite d’un délai de rétractation de 14 jours. L’absence d’hypothèque permet également de réduire les frais liés au financement, notamment ceux du notaire et de la publicité foncière. En contrepartie, la banque peut renforcer son analyse de solvabilité et demander une garantie personnelle ou une assurance emprunteur. Enfin, les prêts déjà souscrits avant le 20 novembre 2026 restent soumis aux anciennes règles. Ils ne basculent donc pas automatiquement vers le régime du crédit à la consommation. Important : hormis pour le crédit renouvelable, la loi n'impose aucune durée maximale réglementaire pour le remboursement d'un crédit à la consommation. Les banques limitent généralement le remboursement à 84 mois (7 ans) maximum. En revanche, les règles du HCSF fixent à 25 ans la durée maximale d’un prêt immobilier (voire jusqu’à 27 ans). Quels travaux sont concernés ? Le nouveau plafond peut concerner des opérations importantes de rénovation, notamment : la réfection complète d'une toiture  des travaux d’isolation thermique  un ravalement avec amélioration énergétique  des travaux d’entretien ou d’amélioration du logement  certains travaux réalisés dans une copropriété. Un financement de 90 000 euros, par exemple, pourra relever du crédit à la consommation si les conditions prévues par les textes sont réunies et si le prêt n’est pas garanti par une sûreté réelle immobilière.  Cette évolution évite notamment que certains chantiers importants soient automatiquement traités comme des financements immobiliers en raison de leur montant. Une distinction importante selon la garantie du prêt Le montant de 100 000 euros ne suffit toutefois pas à déterminer à lui seul le régime juridique du crédit. Lorsqu’un financement de travaux est garanti par une hypothèque ou une sûreté comparable portant sur un bien immobilier, les règles applicables au crédit immobilier peuvent continuer à s’appliquer. Il est donc indispensable de regarder à la fois le montant du prêt, sa destination et les garanties exigées par la banque. L’assurance emprunteur est-elle obligatoire pour un prêt travaux de 100 000 euros ? Contrairement aux idées reçues, l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire, ni pour un crédit à la consommation ni pour un prêt immobilier. En revanche, la banque peut demander une assurance pour accepter le financement. Elle doit alors préciser si cette assurance est imposée ou facultative.  Si l’assurance emprunteur est systématiquement requise pour contracter un crédit à l’habitat, elle conditionne rarement l’octroi d’un crédit conso. Toutefois, le relèvement du plafond des prêts travaux à 100 000 € vient modifier la donne. Pourquoi une banque peut-elle demander une assurance crédit conso ? Avec un prêt travaux pouvant atteindre 100 000 euros, l'établissement prêteur prend un risque financier significatif. Une assurance emprunteur permet de prévoir le remboursement partiel ou total des échéances du prêt lorsque survient un événement garanti (décès, invalidité, incapacité de travail). La prise en charge dépend toujours des garanties souscrites, des exclusions, des franchises et des conditions contractuelles. Pourquoi souscrire une assurance emprunteur pour un prêt travaux important ? Plus le montant du crédit est élevé, plus une interruption durable de revenus peut fragiliser l'équilibre financier du ménage. Prenons l’exemple d’un propriétaire qui emprunte 90 000 euros sur une longue durée pour financer une rénovation énergétique. Si une maladie ou un accident l’empêche temporairement de travailler, les mensualités du prêt continuent normalement d’être dues. L’assurance emprunteur peut alors constituer une protection contre ce risque, si l’événement entre dans le champ des garanties. Quand la banque exige l’assurance pour un prêt travaux En pratique, l'établissement prêteur a le droit de refuser d'accorder le prêt travaux si vous ne présentez pas de garantie de remboursement, surtout pour de gros montants. En l’absence de sûreté réelle, seule l’assurance emprunteur permet de rassurer la banque et de vous protéger, ainsi que votre famille, en cas de coup dur. La loi vous autorise néanmoins à choisir librement le contrat d’assurance. La banque ne peut vous imposer son assurance maison et doit accepter toute offre déléguée présentant un niveau de garanties équivalent. Un taux d’usure plus élevé pour un prêt conso Le nouveau rattachement de certains prêts travaux au crédit à la consommation entraîne également un changement de catégorie pour le calcul du taux d’usure. À montant identique (exemple 90 000 €), l’écart entre le plafond applicable au crédit immobilier et celui applicable au prêt à la consommation est significatif :  prêt immobilier à taux fixe d’une durée inférieure à 10 ans : 4,07 % prêt conso : 8,56 % (plafond pour les montants supérieurs à 6 000 €). Le taux d’usure exprime toujours le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) maximal, indicateur qui intègre tous les coûts nécessaires à l’octroi du financement (frais de dossier, assurance, etc). Pour l’emprunteur, le bon réflexe consiste à comparer le coût total du financement, et non uniquement le taux nominal affiché par la banque. Il faut notamment examiner : le taux nominal  le TAEG  les frais de dossier  le coût de l’assurance emprunteur  les éventuels frais de garantie  le coût total du crédit  les conditions de remboursement anticipé. Prêt travaux de 100 000 euros : les bons réflexes avant de signer Le relèvement du plafond facilite l’accès au financement pour des projets de rénovation importants, mais il ne dispense pas de comparer les offres. Avant de vous engager, vérifiez notamment : Le régime juridique du prêt : crédit à la consommation ou crédit immobilier selon la nature et les garanties du financement. Le montant total à rembourser : ne vous limitez pas à la mensualité. Le TAEG : il permet d’apprécier le coût global du crédit. L’assurance emprunteur : vérifiez si elle est obligatoire et quelles garanties sont demandées. Les exclusions et franchises : elles peuvent modifier fortement la portée réelle de la couverture. La quotité d’assurance pour un couple : elle doit être cohérente avec la situation financière de chaque co-emprunteur. Le relèvement du plafond du prêt travaux à 100 000 euros à compter du 20 novembre 2026 élargit le champ du crédit à la consommation pour certaines opérations de rénovation. Pour l’emprunteur, l’assurance emprunteur devient un élément à examiner avec attention. Elle n’est pas automatiquement obligatoire, mais la banque peut l’exiger pour accorder le financement. Dans ce cas, il convient de comparer le coût de la couverture avec les garanties proposées et de vérifier son impact sur le TAEG. Pour un prêt travaux de plusieurs dizaines de milliers d’euros, la bonne stratégie consiste donc à ne pas comparer uniquement les taux : le coût de l’assurance, les garanties, les exclusions et la protection apportée au ménage doivent être intégrés à l’analyse globale du crédit.