Immobilier ancien : où vont les prix ?

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La crise, quelle crise ? Le marché de l'immobilier ne fléchit pas malgré le contexte économique très perturbé par l'épidémie de Covid-19. Les Français se ruent sur la pierre, comme en témoigne le chiffre record de transactions sur un an. La morphologie du marché a évolué cependant à la faveur d’un changement de comportement des acheteurs. S'endetter pour acquérir un bien immobilier se fait à moindre coût grâce aux taux d'intérêts au plancher, mais les prix s'emballent, avec une envolée plus nette pour les maisons. Ceux qui parient sur une baisse pour devenir propriétaires en seront pour leurs frais.

Plus d'un million de ventes en un an

Selon la dernière note de conjoncture des Notaires de France, le marché immobilier ancien a totalisé 1 130 000 transactions sur un an à fin mai 2021, du jamais vu depuis 2000. Ce volume record traduit l'exceptionnel dynamisme de l'activité immobilière, même s'il comptabilise le report des ventes qui n'ont pas pu être finalisées durant le premier confinement du printemps 2020.

L'année 2020 avait enregistré également plus d'un million de ventes immobilières, 1 024 000 pour être exact, illustrant une tendance qui n'a cessé de se confirmer au fil des mois. La crise sanitaire profite au marché immobilier, mais le tableau s'est quelque peu modifié, car les attentes des Français en matière d'habitat ont évolué en raison des contraintes opérées par les divers confinements et le bouleversement de l'organisation du travail.

Un engouement pour les maisons

Ces changements de comportement des acheteurs se déchiffrent à deux niveaux :

  • un attrait pour les villes petites et moyennes
  • un appétit nouveau pour les maisons anciennes.

La tendance s'est d'abord observée pour les maisons autour de Paris. Les Parisiens se sont jetés sur les biens situés dans les petites communes des départements limitrophes. Les données des Notaires confirment un mouvement similaire des autres grandes métropoles au profit des villes moyennes dès le deuxième semestre 2020.

Pour échapper aux prix souvent rédhibitoires des grandes zones urbaines, les acheteurs partent s'installer dans les petites communes, à l'instar des Lyonnais qui ont ciblé en priorité les bourgs de moins de 3 500 habitants situés en périphérie de la cité des Gones et dans les départements voisins (Ain, Isère, Loire). Même constat à Toulouse où les habitants délaissent la zone intra-muros, ainsi que la métropole, pour chercher une meilleure qualité de vie dans les communes rurales périphériques. En 2020, le nombre de personnes ayant quitté leur département a progressé de 13%.

Pour illustrer cette inclination et cette volonté de verdure, les Notaires emploient une expression antonymique : déconnexion connectée ! C'est bien l'essor du télétravail qui permet cet échappatoire vers les zones rurales sans trop s'éloigner des plaisirs et des commodités de la grande cité. La situation actuelle révèle "l'attrait vers un besoin renforcé d'espace, notamment des résidents des grandes métropoles", une appétence qui n'est pas nouvelle mais qui prend de l'ampleur avec la crise sanitaire.

Des prix toujours orientés à la hausse

Cette vague immobilière a bien évidemment une incidence sur les prix. En un an, la valeur des maisons anciennes a gagné 8,9%, et celle des appartements 5,5%. Ces chiffres se basent sur les avant-contrats avec une projection à fin août 2021. Les Notaires constatent toutefois un ralentissement de la hausse des prix par rapport à 2020. Au T1 2021, la progression des prix des logements anciens est estimée à 1,4% par rapport au  T4 2020, contre +2,4% au trimestre précédent. 

Sur un an, la hausse décélère, passant de +6,4% à +5,9%, en raison principalement du ralentissement opéré sur le marché des appartements. En revanche, les maisons continuent de voir leurs prix grimper à un rythme similaire, à +6,6% sur un an contre +6,5% au T4 2020.

L'arrivée de citadins des grandes métropoles sur les marchés limitrophes et ruraux est préjudiciable aux locaux, qui peinent à acheter ou qui n'en ont plus les moyens. Dans plusieurs zones, les prix des maisons ont bondi de 10% et plus sur un an, comme autour de Brest, d’Amiens, de Chartres, de Poitiers, de Montpellier et de Metz, et jusqu'à 17,3% en Corse-du-Sud.

Boom de l'immobilier grâce aux taux d'emprunt

Cet engouement des Français pour la pierre trouve aussi son explication dans les conditions d'emprunt. Jamais s'endetter pour acheter un bien immobilier n'a été aussi peu cher. Selon les données de l'Observatoire Crédit Logement, le taux d'intérêt moyen toutes durées confondues s'est établi à 1,05% en juin dernier, soit le record absolu depuis 1964, date des premières statistiques. Sur la maturité de 20 ans, les banques ont octroyé des crédits à l'habitat au taux moyen de 0,98%, soit 23 points de base en moins qu'en juillet 2020.

La mise en œuvre des nouvelles règles d'octroi depuis janvier 2020, amendées en janvier 2021, oblige les banques à soutenir le dynamisme de l'activité en tirant les taux vers le bas. La double limitation du taux d'endettement à 35% des revenus nets et de la durée de remboursement à 25 ans (27 ans pour un achat dans le neuf) a toutefois davantage recentré la production de crédits vers les clientèles les plus aisées et celles dotées d'un apport personnel suffisant (au moins 10% du montant de l'opération).

Les Notaires estiment qu'une raisonnable hausse des taux n'entacherait pas le moral des Français et ne modifierait nullement, de manière importante, leur effort de trésorerie pour devenir propriétaires. Les ménages français, champions de l'épargne depuis le début de la crise sanitaire, sont désormais plus enclins à orienter leurs dépenses vers leur bien-être. La pierre n'est plus seulement un investissement ou la constitution d'un patrimoine, mais le moyen d'améliorer son cadre de vie.

Et après ?

Les Notaires se sont également penchés sur l'évolution des prix depuis 15 ans en France et dans l'Union Européenne. Alors que la période 2007-2009 est marquée par la crise des subprimes venue des USA, les prix ont davantage reculé en 2009 en France et en Espagne qu’ailleurs (-6% et -7% respectivement). En Allemagne et en Suède, ils ont même progressé à la marge. Mais notre pays s'est repris plus rapidement avec une hausse de 5% sur un an dès 2010.

Entre 2005 et 2020, les prix immobiliers ont gagné 46% sur l'ensemble des pays de l'UE, contre 38% en France. Le bond est spectaculaire pour l'Allemagne (+66%) et pour la Suède (+135%).

S'il ne fait pas bon être acheteur en Allemagne ou en Suède, nonobstant le pouvoir d'achat immobilier dans ces deux pays, le chiffre suivant risque de doucher les ardeurs des Français. Un récent rapport de l'OCDE indique qu'en France l'inflation réelle sur les prix des logements est de +90% entre 2000 et 2020.  En 20 ans, les prix ont quasiment doublé !

Les Français semblent avoir intégré que les prix immobiliers ne baisseront jamais, ce qui les encourage à devenir acquéreurs en vue d'une plus-value à la revente qu'ils estiment certaine. Le niveau historiquement bas des taux d'intérêts facilite, il est vrai, le passage à l'acte, mais il convient d'ajouter que les maigres rendements de l'assurance vie ces dernières années et la volatilité des placements boursiers poussent à l'achat immobilier, un investissement qui se déprécie rarement.

Résultat, la demande excède l'offre dans certaines zones, en particulier en Bretagne Sud où "les biens à la vente se sont raréfiés" d'après les Notaires, et les prix prennent de la hauteur dans des proportions inassumables pour les plus modestes. Certains spécialistes parlent de "fracture immobilière" : d'un côté, ceux qui peuvent acheter malgré des prix élevés voire exorbitants, de l'autre, ceux qui restent sur la touche, car disposant d'un apport insuffisant et de revenus trop justes. L'éternelle dualité entre une France de propriétaires et une France de locataires qui mérite de repenser les dispositifs d'aide à l'accession. En attendant, les prix sont sous pression, et vont le rester tant que le pays ne construira pas de logements accessibles aux ménages qui vivent dans les zones tendues.

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Emprunteur, habitation, santé, auto : regrouper ses assurances chez le même assureur, bonne ou mauvaise idée ?

Regrouper ses différentes assurances chez un même prestataire peut sembler une bonne idée. Promesse de simplicité, de réductions tarifaires et d’un interlocuteur unique : la stratégie du regroupement de contrats d’assurance apparaît, sur le papier, avantageuse. Mais est-ce réellement la meilleure solution sur le long terme ? Entre économies potentielles et perte de flexibilité, le choix mérite une analyse approfondie. Regrouper ses assurances : de quoi parle-t-on exactement ? Le regroupement consiste à souscrire plusieurs contrats d’assurance auprès d’un seul et même assureur ou groupe assurantiel.  Cela peut concerner : l’assurance emprunteur liée à un crédit immobilier l’assurance habitation (résidence principale ou secondaire, bien en locatif) la mutuelle santé l’assurance auto/moto toute autre couverture comme la GAV (Garantie Accident de la Vie), l’assurance scolaire, l’assurance animaux de compagnie. Les assureurs traditionnels comme les bancassureurs mettent en avant des offres packagées ou des remises multi-contrats pour encourager cette pratique. Quels sont les avantages du regroupement de contrats d’assurance ? Des économies potentielles grâce aux remises multi-contrats Le principal argument commercial repose sur le prix. En regroupant plusieurs assurances, vous pouvez bénéficier : de réductions immédiates (5 à 15 % en moyenne selon les contrats) de frais de gestion allégés d’avantages tarifaires progressifs dans le temps. Sur un budget annuel comprenant une assurance auto, habitation et santé, les économies peuvent atteindre 200 à 400 euros par an, selon les profils. Une gestion simplifiée au quotidien Avoir un seul assureur permet de : centraliser les échéanciers et les prélèvements disposer d’un interlocuteur unique en cas de sinistre ou de question accéder à un espace client commun pour tous les contrats Pour les ménages peu enclins à comparer régulièrement les offres et ceux qui souffrent de phobie administrative, cette simplicité est un vrai confort. Une meilleure relation commerciale Un client multi-équipé est souvent mieux considéré par son assureur. Cela peut se traduire par : une plus grande souplesse lors d’un sinistre des gestes commerciaux ponctuels une négociation facilitée lors d’un changement de situation (déménagement, nouvel emprunt, naissance). Quels sont les limites et risques du regroupement chez un seul assureur ? Une perte de compétitivité sur certains contrats Chaque assureur a ses contrats phares. Un excellent contrat auto ne garantit pas une mutuelle santé performante ou une assurance emprunteur compétitive. En regroupant, vous acceptez parfois : des garanties moins couvrantes des plafonds de remboursement plus faibles des exclusions plus nombreuses. C’est particulièrement vrai pour l’assurance emprunteur, qui court sur le long, voire très long terme, sur la durée totale d’un prêt immobilier. La banque va tenter de vous imposer son contrat maison et de placer dans la foulée d’autres offres d’assurance, comme la MRH (Multirisque habitation) dont la souscription peut paraître logique dans le contexte d’un financement immobilier (lire plus bas). Une dépendance accrue à un seul acteur En cas de hausse tarifaire ou de litige, le fait d’avoir tous ses contrats chez le même assureur limite votre marge de manœuvre. Changer d’assureur implique alors : plusieurs résiliations simultanées une réorganisation complète de vos garanties. Cette dépendance peut devenir contraignante à long terme. Des économies parfois surestimées Les remises multi-contrats peuvent masquer des tarifs de base plus élevés. Autrement dit, même avec une réduction, le coût global peut rester supérieur à celui obtenu en souscrivant chaque assurance chez un spécialiste différent. Cas particulier : faut-il regrouper l’assurance emprunteur avec d’autres contrats ? L’assurance emprunteur mérite une attention spécifique. Elle pèse lourd dans un prêt immobilier, jusqu'à 40% du coût global. Sur la durée totale de remboursement, on parle de plusieurs milliers d'euros. Grâce à la loi Lagarde sur la liberté de choix et à la loi Lemoine sur la substitution à tout moment, il est aujourd’hui possible de souscrire une assurance externe au contrat bancaire. Dans la majorité des cas : l’assurance emprunteur proposée par la banque est plus chère ; les garanties ne sont pas toujours mieux adaptées au profil de l’emprunteur. Les assurances de prêt individuelles sont plus performantes que les offres de groupe des bancassureurs, à la fois en termes de couverture que de tarifs. À garanties équivalentes, vous pouvez payer jusqu’à 60% moins cher en faisant jouer la délégation. Regrouper l’assurance emprunteur avec l’habitation ou l’auto chez un bancassureur n’est donc pas systématiquement pertinent, surtout pour les profils jeunes ou en bonne santé. Important : l’assurance de prêt immobilier est la seule et unique assurance résiliable à n'importe quel moment, sans engagement minimum, contrairement aux autres types d’assurance où il faut attendre un an révolu pour pouvoir changer sans contrainte de temps ni préavis à donner. Assurance habitation, auto et santé : le regroupement est-il plus pertinent ? Habitation et auto : un duo souvent avantageux Le regroupement assurance habitation + auto est généralement le plus cohérent : garanties souvent harmonisées sinistres gérés plus efficacement remises multi-contrats réellement intéressantes. C’est souvent sur ce couple de contrats que les assureurs sont les plus compétitifs. Mutuelle santé : attention à la qualité des garanties La complémentaire santé doit avant tout répondre à vos besoins médicaux. Regrouper pour économiser quelques dizaines d’euros peut être contre-productif si : les remboursements optiques ou dentaires sont insuffisants les délais de carence sont longs le réseau de soins est limité. Comparer les niveaux de garanties reste indispensable. La concurrence est rude en matière de complémentaire santé. À couverture équivalente, vous pouvez économiser jusqu’à 300 € par an entre 2 contrats. Faut-il privilégier le regroupement ou la mise en concurrence de ses assurances ? La meilleure stratégie repose souvent sur un équilibre : regrouper certains contrats (auto et habitation) conserver une assurance emprunteur indépendante choisir une mutuelle santé spécialisée et adaptée à votre profil. Grâce à la résiliation infra-annuelle et à la concurrence accrue, il est désormais possible d’optimiser chaque poste d’assurance sans subir de contraintes excessives. Comment décider concrètement ? Avant de regrouper vos assurances, il est recommandé de : comparer les contrats garantie par garantie, et pas uniquement sur le prix chiffrer précisément les économies réelles vérifier les conditions de résiliation anticiper l’évolution de vos besoins (famille, projet immobilier, retraite). Un audit annuel de vos assurances permet de conserver une couverture optimale tout en maîtrisant votre budget. Regrouper ses assurances : une bonne idée sous conditions Souscrire ses assurances emprunteur, habitation, santé et auto chez le même assureur peut être judicieux pour simplifier la gestion et réaliser des économies ponctuelles. Toutefois, cette stratégie n’est réellement pertinente que si les contrats proposés sont compétitifs individuellement. Dans un contexte de liberté accrue pour les assurés, la mise en concurrence régulière reste le levier le plus efficace pour optimiser ses assurances, sans sacrifier la qualité des garanties.  

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Changement d’assurance emprunteur en 2026 : simple et économique avec la loi Lemoine

Changer d’assurance emprunteur n’a jamais été aussi simple. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, les emprunteurs disposent d’une liberté totale pour résilier et substituer leur assurance de prêt immobilier, sans contrainte de date ni pénalité. Cette réforme constitue un levier majeur d’économies et d’optimisation du coût global du crédit. Décryptage complet d’un dispositif désormais incontournable, mais qui manque encore de visibilité. La loi Lemoine : un tournant pour l’assurance emprunteur Adoptée en 2022 pour renforcer la concurrence et le pouvoir d’achat des ménages, la loi Lemoine a profondément modifié les règles du jeu sur le marché de l’assurance de prêt. Une résiliation possible à tout moment Depuis cette loi, tout emprunteur peut changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat. Cette disposition s’applique : aux nouveaux crédits immobiliers à l’ensemble des prêts en cours, quelle que soit leur date de souscription. Cette liberté marque la fin des contraintes issues des dispositifs précédents (loi Hamon et amendement Bourquin), souvent jugés complexes et restrictifs. La suppression du questionnaire médical sous conditions Une autre avancée majeure est la possibilité offerte à certains profils de souscrire une assurance de prêt sans questionnaire de santé. Aucun questionnaire médical n’est exigé si : la part assurée par emprunteur est inférieure ou égale à 200 000 €, ce qui porte à 400 000 € le plafond pour un prêt immobilier à deux et si le remboursement du prêt intervient avant le 60ᵉ anniversaire de l’assuré. Cette mesure inclusive facilite l’accès à l’assurance emprunteur, notamment pour les personnes ayant ou ayant eu des problèmes de santé. La loi Lemoine a par ailleurs amélioré le droit à l’oubli en raccourcissant le délai pour en bénéficier de 10 à 5 ans. Désormais, les personnes en rémission d’un cancer ou guéries d’une hépatite virale C n’ont pas à déclarer leur ancienne maladie à l’assureur. Pourquoi changer d’assurance emprunteur en 2026 ? Le changement d’assurance emprunteur n’est pas qu’une formalité administrative. Il s’agit avant tout d’un levier financier stratégique. Des économies substantielles à la clé L’assurance proposée par la banque, dite contrat groupe, est souvent plus coûteuse qu’une assurance individuelle. À garanties équivalentes, elle peut être jusqu’à 4 fois plus chère. En changeant d’assureur, les économies peuvent donc être significatives : jusqu’à 15 000 €, voire plus, sur le coût total du crédit des cotisations mieux adaptées à l’âge et au profil de l’emprunteur un tarif calculé sur le capital restant dû plutôt que sur le capital initial. Des garanties plus personnalisées Les contrats alternatifs offrent généralement des garanties plus fines et mieux calibrées. Il est possible de choisir : des quotités d’assurance de prêt adaptées à chaque co-emprunteur des garanties plus étendues (décès, PTIA, IPT, IPP, ITT) des exclusions moins pénalisantes (métiers à risques, sports dangereux, maladies non objectivables). Quelles sont les conditions à respecter pour changer d’assurance de prêt ? Même si la loi Lemoine a simplifié la procédure, certaines règles restent impératives. Le principe d’équivalence de garanties La banque ne peut refuser un nouveau contrat si celui-ci ne respecte pas l’équivalence de garanties. Concrètement : le niveau de couverture doit être au moins équivalent à celui du contrat initial la comparaison se fait sur la base de critères précis définis par le CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier). Le seul motif légal pour un refus de délégation d’assurance est la non-équivalence de garanties. Aucune autre raison invoquée par la banque ne peut être retenue. Des délais de réponse encadrés L’établissement prêteur dispose : de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la substitution, et rédiger l’avenant au contrat en cas d’acceptation d’une obligation de motiver par écrit tout refus, et ce, de manière exhaustive, afin que l’emprunteur recalé puisse refaire une demande de substitution dans les règles. En cas de non-respect, l'établissement s’expose à des sanctions financières. Il y a quelques semaines 4 banques ont été sanctionnées par la répression des fraudes pour manquement à leurs obligations. Comment procéder simplement au changement d’assurance emprunteur en 2026 ? La démarche est aujourd’hui largement simplifiée, notamment grâce aux outils numériques et à l’accompagnement des courtiers spécialisés. Les étapes clés du changement d’assurance Voici les principales étapes à suivre : analyser son contrat actuel (coût, garanties, quotités) mettre les offres en concurrence via un comparateur d’assurance de prêt souscrire une nouvelle assurance emprunteur transmettre la demande de substitution à la banque accompagnée du certificat d’adhésion d’assurance de prêt et des conditions générales obtenir l’avenant au contrat de prêt. Dans la majorité des cas, la nouvelle assurance prend le relais sans interruption de couverture. Les éventuelles cotisations trop perçues sont remboursées dans le mois qui suit. L’intérêt de passer par un courtier Faire appel à un courtier en assurance emprunteur permet de : gagner du temps sécuriser l’équivalence de garanties sélectionner une offre parfaitement adaptée aux risques incarnés par l’emprunteur bénéficier d’une négociation tarifaire optimisée. Le courtier agit comme intermédiaire entre l’assureur et la banque, réduisant ainsi les risques de refus. Changement d’assurance emprunteur : quels profils sont les plus gagnants ? Si tous les emprunteurs peuvent tirer parti de la loi Lemoine, certains profils sont particulièrement concernés. Les emprunteurs jeunes et en bonne santé Les moins de 40 ans bénéficient souvent de : taux d’assurance très compétitifs garanties étendues à coût réduit économies maximales sur la durée du prêt. Les crédits récents ou à long terme Plus la durée restante du crédit est importante, plus l’impact financier du changement est élevé. Les prêts souscrits récemment, d’une durée de 20 à 25 ans, offrent un potentiel d’économies particulièrement attractif. Exemple d’économies avec le changement d’assurance de prêt immobilier Prenons un couple de trentenaires (cadre et non-cadre, non-fumeurs), qui contracte un crédit de 250 000 € sur 20 ans pour acquérir sa résidence principale. L’assurance bancaire affiche le taux de 0,34% sur chaque tête, soit un coût total sur la durée de 34 000 €. Notre couple décide de substituer l’assurance de groupe par une assurance externe dans le mois qui suit la signature de l’offre de prêt. Voici les 5 meilleures assurances déléguées proposées par le courtier Magnolia et le gain potentiel en comparaison avec l’assurance du prêteur : Nom assurance Taux moyen assurance Coût mensuel Coût total Économies Spiti – Harmonie Mutuelle 0,08 % 31 € 7 871,14 € 11 128,86 € Iriade Emprunteur 0,09 % 34 € 8 506,03 € 10 493,97 € April Intégrale 0,09 % 36 € 8 616,38 € 10 383,62 € Utwin 0,09 % 36 € 8 871,60 € 10 128,40 € Safi 0,09 % 37 € 9 190,81 € 9 809,19 € Tout le processus de souscription peut se faire en ligne : le questionnaire médical est digitalisé, ainsi que la signature du contrat. Et en plus, il n’y a aucuns frais de courtage. Assurance emprunteur en 2026 : un levier d’économies à ne pas négliger En 2026, le changement d’assurance emprunteur s’impose comme une démarche de gestion financière rationnelle. Grâce à la loi Lemoine, les freins administratifs ont été levés et la concurrence joue pleinement en faveur des emprunteurs. Changer d’assurance emprunteur permet : de réduire significativement le coût du crédit immobilier d’accéder à des garanties mieux adaptées de simplifier les démarches grâce aux dispositions de la loi Lemoine. Dans un environnement économique incertain, optimiser son assurance de prêt ne doit plus être une velléité, mais une opportunité à saisir sans tarder.

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Crédit immobilier : est-ce pénalisant d’avoir plusieurs comptes bancaires en 2026 ?

Le crédit immobilier est un levier stratégique pour accéder à la propriété, malgré un contexte de taux qui repartent à la hausse et des critères d’octroi toujours scrutés par les banques. Parmi les questions que se posent de nombreux emprunteurs figure celle de la multiplication des comptes bancaires : avoir plusieurs comptes courants, dans différentes banques ou établissements en ligne, est-il perçu négativement lors d’une demande de prêt immobilier ? Peut-on être pénalisé, ou au contraire y trouver un avantage ? Décryptage complet pour comprendre l’impact réel de cette situation sur votre dossier de crédit immobilier en 2026. Pourquoi les banques analysent-elles vos comptes bancaires ? Lors de l’étude d’un dossier de prêt immobilier, la banque cherche avant tout à évaluer le risque emprunteur. Les relevés de comptes constituent une source d’information centrale pour apprécier votre comportement financier. Les objectifs de l’analyse bancaire Les établissements prêteurs examinent vos comptes afin de : vérifier la stabilité de vos revenus  analyser votre capacité d’épargne  identifier vos charges récurrentes  détecter d’éventuels incidents bancaires (découverts fréquents, rejets de prélèvements). En 2026, cette analyse reste généralement centrée sur les 3 à 6 derniers mois de relevés, avec une attention particulière portée à la régularité et à la lisibilité des flux. Avoir plusieurs comptes bancaires : une situation courante en 2026 La détention de plusieurs comptes bancaires est devenue fréquente, notamment avec l’essor des banques en ligne et des néobanques. 42% des clients bancaires français seraient multibancarisés. Les raisons les plus fréquentes Un emprunteur peut disposer de plusieurs comptes pour : séparer dépenses personnelles et professionnelles bénéficier d’offres spécifiques (carte gratuite, épargne rémunérée)  conserver un ancien compte tout en utilisant une nouvelle banque  gérer un compte joint et un compte individuel. En soi, avoir plusieurs comptes bancaires n’est ni interdit ni anormal, et ne constitue pas automatiquement un frein à l’obtention d’un crédit immobilier. Détenir plusieurs comptes bancaires peut-il compromettre l’obtention d’un prêt immobilier ? Le principe : pas de pénalité automatique En 2026, aucune règle bancaire n’interdit l’octroi d’un crédit immobilier à un emprunteur multi-bancarisé. Ce n’est donc pas le nombre de comptes qui pose problème, mais la manière dont ils sont utilisés. La banque s’intéresse avant tout à la cohérence globale de votre situation financière. Les situations pouvant poser difficulté Avoir plusieurs comptes bancaires peut devenir pénalisant dans certains cas précis : flux financiers éclatés rendant la lecture difficile comptes régulièrement à découvert, même sur de faibles montants transferts fréquents masquant une gestion tendue crédits à la consommation dissimulés sur un compte secondaire. Dans ces situations, la banque peut percevoir un manque de maîtrise budgétaire, ce qui impacte négativement votre profil emprunteur. Quels comptes faut-il déclarer lors d’une demande de prêt immobilier ? L’obligation de transparence Lors d’une demande de crédit immobilier, vous devez déclarer l’ensemble de vos comptes bancaires actifs, qu’ils soient utilisés quotidiennement ou occasionnellement. Cela inclut : comptes courants comptes joints comptes détenus dans des banques en ligne ou néobanques comptes à l’étranger, le cas échéant. Toute omission volontaire peut être interprétée comme une tentative de dissimulation, ce qui fragilise la relation de confiance avec le prêteur. L’agrégation bancaire Face à un client multibancarisé, le prêteur peut utiliser un outil d’agrégation bancaire qui lui permet d’avoir accès de manière sécurisée aux différentes données bancaires. Ce dispositif d’open banking est réglementé par la Directive Européenne sur les Services de Paiement (DSP) et nécessite l’autorisation préalable du client. Comment présenter plusieurs comptes sans pénaliser son dossier de prêt immobilier ? Centraliser les flux principaux Pour rassurer la banque, il est recommandé de : domicilier vos revenus principaux sur un seul compte  regrouper vos charges fixes (loyer, crédits, assurances) sur ce même compte. Les autres comptes peuvent être présentés comme des comptes secondaires, dédiés à l’épargne ou aux placements, ou à des usages ponctuels (loisirs, voyages, vacances, études des enfants). Justifier clairement l’utilité de chaque compte En 2026, les conseillers bancaires apprécient les dossiers bien expliqués. Indiquer la fonction de chaque compte permet de : lever toute ambiguïté démontrer une gestion structurée éviter les interprétations défavorables. Les banques sont-elles plus exigeantes en 2026 ? Un contexte de vigilance renforcée Avec la poursuite des règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière), les banques restent attentives à : un taux d’endettement maîtrisé : au plus 35% des revenus nets, assurance emprunteur comprise un reste à vivre suffisant  une épargne résiduelle après opération : au moins 6 mensualités du crédit. Dans ce contexte, des comptes multiples mal organisés peuvent compliquer l’analyse, sans pour autant entraîner un refus systématique. L’importance de la stabilité Plus que le nombre de comptes, la banque privilégie : la stabilité des revenus l’absence d’incidents récents une capacité d’épargne régulière. Un emprunteur multi-bancarisé mais rigoureux sera souvent mieux perçu qu’un emprunteur mono-bancarisé en difficulté. La domiciliation bancaire : un enjeu clé du crédit immobilier La domiciliation bancaire des revenus est très souvent demandée par la banque prêteuse. Cette exigence est encadrée par la loi et se fait en contrepartie d’un avantage clairement mentionné dans l’offre de prêt (taux nominal ou frais de dossier réduits par exemple). Toutefois : cette domiciliation est limitée dans le temps (10 ans maximum) ; rien n’interdit de conserver d’autres comptes parallèlement. L’essentiel est de respecter les engagements contractuels liés au crédit immobilier. Faut-il fermer des comptes avant de demander un crédit immobilier ? Pas systématiquement Il n’est pas nécessaire de fermer des comptes s’ils sont : peu utilisés sans découvert depuis plusieurs mois sans frais excessifs. En revanche, fermer un compte générant des incidents récurrents peut améliorer la lisibilité de votre dossier. L’anticipation, un levier clé Idéalement, il est conseillé de : faire le point sur vos comptes 6 à 12 mois avant la demande assainir votre situation bancaire (par exemple solder un crédit à la consommation) limiter les mouvements inutiles. Crédit immobilier et multi-bancarisation : ce qu’il faut retenir En 2026, avoir plusieurs comptes bancaires n’est pas pénalisant en soi pour obtenir un crédit immobilier. Ce qui compte réellement, c’est la qualité de votre gestion financière, la transparence de votre dossier et la stabilité de vos flux. Les bonnes pratiques à adopter centraliser revenus et charges principales éviter les découverts, même autorisés expliquer clairement la fonction de chaque compte anticiper la préparation du dossier. Une multi-bancarisation bien maîtrisée peut même devenir un atout, à condition qu’elle reflète une organisation financière saine et lisible, parfaitement compatible avec les exigences des banques en 2026.