Comment emprunter quand on a eu un Covid long ?

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Souscrire une assurance de prêt immobilier pour emprunter quand on a des problèmes de santé est un véritable parcours du combattant, notamment en cas de Covid long, pathologie que même les autorités de santé peinent à définir, et qui touche aujourd'hui des milliers de personnes. Comment les assureurs appréhendent cette problématique ? Peut-on emprunter avec un Covid long ?

Définition du Covid long

Le Covid long est la forme longue de l'infection au virus Covid-19, épidémie qui sévit depuis plus de deux ans en France et dans le monde. Dès lors qu'une personne infectée ressent toujours les symptômes initiaux ou qu'elle a développé d'autres symptômes survenus secondairement trois mois après avoir été touchée, les médecins considèrent qu'elle souffre de Covid long.

Le ministère de la Santé estime qu'environ 700 000 personnes seraient concernées par les formes longues du Covid-19, formes au pluriel car cette pathologie, qui ressemble plutôt à un syndrome post-infectieux, présente une multitude de symptômes qui peuvent s'apparenter à d'autres maladies. Voici une liste non exhaustive* des symptômes post-Covid qui indiquent une forme longue :

  • fatigue intense,
  • malaises post effort,
  • troubles cognitifs (concentration, mémoire, manque de mot) et sensoriels (bourdonnements d’oreille, vertiges),
  • maux de tête,
  • difficultés respiratoires,
  • douleurs et oppressions thoraciques,
  • palpitations,
  • troubles dysautonomiques,
  • troubles de l’odorat et du goût,
  • maux de gorge et toux,
  • sueurs,
  • douleurs musculo-tendineuses,
  • sensations anormales de type de brûlures ou picotements,
  • troubles digestifs (anorexie, douleurs abdominales, diarrhée),
  • manifestations cutanées (prurit, urticaire),
  • chute des cheveux,
  • troubles du sommeil,
  • irritabilité,
  • anxiété et humeur dépressive.

On voit ici toute la difficulté à poser un diagnostic de Covid long en raison des différentes manifestations physiologiques et/ou psychologiques qui peuvent s'additionner ou apparaître de manière isolée. Le gouvernement a engagé un plan spécifique de 30 millions d'euros étalés sur trois ans pour encadrer et mieux connaître le Covid long, axé sur la formation des médecins, la structuration du parcours de soins des malades et la recherche médicale.

Selon les estimations du ministère de la Santé, sur les 700 000 patients présentant une forme longue du Covid-19, 10% seraient sérieusement affectés et nécessiteraient une prise en charge spécifique dans une structure dédiée. D'après l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 25% des personnes infectées par le Covid-19 sont toujours souffrantes plus d'un mois après et au moins une personne sur dix présente des symptômes persistants après douze semaines. Pour 10% d'entre elles, la vie personnelle et professionnelle est suffisamment affectée pour entraîner une situation de précarité.

Comment est pris en charge un Covid long par la Sécu ?

Pour l'heure, l'Assurance Maladie n'a pas inscrit les formes longues du Covid sur la liste des ALD 30 (Affections de Longue Durée), liste fixée par décret de 30 maladies dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessite un traitement prolongé et particulièrement coûteux, comme certains cancers, le diabète, la mucoviscidose, le VIH ou encore la sclérose en plaques. Les maladies de cette liste sont dites exonérantes, c'est-à-dire prises en charge à 100% sur la base de remboursement de la Sécu (sauf participations forfaitaires).

Il existe des ALD hors liste (ALD 31) qui concernent d'autres pathologies évoluant sur une durée prévisible supérieure à 6 mois, dont le traitement est particulièrement coûteux. La prise en charge à 100% comprend obligatoirement un traitement médicamenteux ou un appareillage, et 2 critères parmi les 4 suivants doivent être réunis :

  • hospitalisation à venir
  • actes médicaux répétés
  • actes biologiques répétés
  • soins paramédicaux fréquents et réguliers.

En cas de cumul de plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant nécessitant un traitement d'une durée supérieure à 6 mois et particulièrement coûteux, on parle d'ALD 32, affection elle aussi exonérante.

L'ultime catégorie d'ALD est dite non exonérante et concerne les affections nécessitant une interruption de travail ou des soins d'une durée prévisible supérieure à 6 mois, sans ouvrir droit à la suppression du ticket modérateur. Les soins sont remboursés aux taux habituels et le patient peut bénéficier d'une prise en charge des transports en lien avec sa maladie.

Les personnes qui développent un Covid long sont le plus souvent des patients ayant été hospitalisés pour une forme grave et peuvent relever de l'une des ces listes en fonction des symptômes qu'elles présentent et de la durée de l'affection. Depuis le début de la pandémie, les autorités de santé chiffrent à près de 4 000 le nombre de patients admis en ALD hors liste (ALD 31 ou 32) ayant été admis sur la liste ALD 30.

Les formes longues du Covid-19 sont principalement dues au variant Delta, le variant Omicron étant plus contagieux mais moins virulent. Ce variant étant aujourd'hui dominant, il est prévisible que les formes graves, tout comme les formes longues de la maladie, disparaissent au fil du temps.

Assurance de prêt en cas de Covid long

Emprunter avec un Covid long s'avère compliqué en raison de la complexité pour les assureurs d'appréhender correctement la maladie, qui n'est pas nommée dans le questionnaire de santé. Les personnes touchées doivent déclarer les arrêts de travail quelle que soit leur durée, ainsi que les traitements en cours, autant d'éléments discriminants qui entraînent des exclusions de garantie ou des surprimes, voire un refus d'assurance

En cas d'exclusion sur la garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail), rares sont les banques à accorder le financement, car cette garantie, qui entre jeu en cas d'arrêt de travail pour maladie ou accident, prend en charge une partie des mensualités de crédit.

Selon la nature des symptômes du Covid long, il est possible de racheter les exclusions de garanties. Les troubles psychiques ou psychiatriques, comme l'anxiété, ainsi que les affections dorso-vertébrales et la fatigue intense sont considérés par les assureurs comme des maladies non objectivables (MNO), et peuvent être couvertes au titre des garanties incapacité et invalidité moyennant une surprime. Cette option est souvent conditionnée à un nombre minimum de jours d'hospitalisation.

Si la personne souffrant d'un Covid long est déclarée en ALD, elle relève de la convention Aeras (s'Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), dispositif qui facilite l'accès à l'assurance et au crédit (consommation, immobilier et professionnel) aux candidats qui ne peuvent être couverts aux conditions standard pour cause de graves problèmes de santé. Les surprimes sont plafonnées pour les pathologies listées sur la grille de référence, pour les autres, les banques et les assureurs facturent librement. Ajoutons que pour être éligible à la convention Aeras il faut cumuler deux conditions :

  • emprunter moins de 320 000€
  • rembourser le crédit avant le 70ème anniversaire.

La solution pour ces profils à risques dont les personnes avec un Covid long est d'attendre l'entrée en application de la loi Lemoine le 1er juin prochain. Cette réforme de l'assurance emprunteur supprime la sélection médicale pour tous les nouveaux candidats à l'emprunt immobilier sous réserve que la somme assurée n'excède pas 200 000€ et qu'elle soit remboursée avant 60 ans. Plus de questionnaire de santé à remplir, ce qui signifie un accès sans entrave au crédit et à l'assurance nonobstant les problèmes de santé qu'on incarne.

*source Capital

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Cadrer son projet avec lucidité Acheter seule implique de supporter l'intégralité des mensualités, sans filet. Il est donc indispensable de conserver une marge financière suffisante pour faire face aux imprévus :  Travaux Perte d'emploi Dépenses exceptionnelles. Dans les grandes métropoles où les prix au mètre carré restent élevés, certains compromis sur la localisation, la surface ou les prestations peuvent s'avérer nécessaires pour rendre le projet viable. Mieux vaut acheter moins grand dans de bonnes conditions financières qu’avoir des ambitions irréalistes et passer à côté de l’accession à la propriété.

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Nouvelles règles en 2026 pour la rupture conventionnelle : quel impact sur votre assurance emprunteur ?

Un accord entre patronat et syndicats vient de modifier en profondeur les règles d'indemnisation chômage liées à la rupture conventionnelle. Pour les emprunteurs immobiliers, ces changements soulèvent une question cruciale : votre garantie perte d'emploi est-elle toujours adaptée à votre situation ? Décryptage des nouvelles règles et de leurs conséquences sur votre assurance de prêt. Les nouvelles règles d'indemnisation en cas de rupture conventionnelle Un accord entre le Medef, la CPME, l'U2P et la CFDT a acté la réduction de la durée maximale d'indemnisation chômage pour les salariés ayant signé une rupture conventionnelle. Ces nouvelles dispositions, réclamées par le gouvernement pour générer au moins 400 millions d'euros d'économies annuelles, introduisent des paliers selon l'âge du salarié. Des durées d'indemnisation réduites selon votre âge Moins de 55 ans : la durée maximale passe de 18 à 15 mois, soit 3 mois de moins. 55 ou 56 ans : la durée passe de 22,5 à 20,5 mois, une réduction de 2 mois. 57 ans et plus : c'est la tranche la plus impactée, avec une chute de 27 mois à 20,5 mois — près de 6 mois et demi d'indemnisation en moins. Un accompagnement renforcé en contrepartie À la demande de la CFDT, l'accord prévoit la mise en place d'un accompagnement personnalisé et intensif assuré par France Travail pour les demandeurs d'emploi issus d'une rupture conventionnelle. Ces mesures devraient permettre de dégager 20 millions d'euros d'économies dès la première année, pour atteindre 940 millions d'euros par an à terme, selon les premières estimations. Rupture conventionnelle et assurance emprunteur : les règles à connaître La garantie perte d'emploi, option facultative de l'assurance emprunteur, couvre le remboursement des mensualités de crédit immobilier en cas de chômage involontaire. Mais elle ne s'applique pas automatiquement à la rupture conventionnelle, et les changements de 2026 renforcent l'importance de bien vérifier votre contrat. Les conditions générales de la garantie perte d'emploi Cette garantie est réservée aux salariés en CDI hors période d'essai. Elle est soumise à 2 délais clés : un délai de carence (6 à 12 mois après la date de souscription) un délai de franchise (3 à 6 mois après la perte d'emploi). Durant ces périodes, les mensualités restent entièrement à votre charge. Une fois les délais échus, la garantie perte d’emploi peut vous prendre en charge les mensualités du crédit immobilier (selon les contrats) : entre 30% et 80% du montant de la mensualité sur une durée maximale de 18 mois consécutifs Ce que dit réellement votre contrat sur la rupture conventionnelle La prise en charge dépend avant tout des termes exacts de votre assurance : Si votre contrat exclut expressément la rupture conventionnelle, aucune indemnisation n'est possible. S'il conditionne la garantie à une indemnisation par France Travail, vous pouvez être couvert, car la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage. Si le contrat ne mentionne rien sur ce cas, la jurisprudence considère généralement que la rupture conventionnelle, étant une décision conjointe, ne constitue pas une perte d'emploi subie ouvrant droit à la garantie. Pourquoi les changements 2026 sur la rupture conventionnelle modifient la donne pour votre prêt immobilier Avec la réduction de la durée d'indemnisation chômage, la période pendant laquelle un emprunteur ayant signé une rupture conventionnelle percevra des allocations est désormais plus courte. Cela signifie concrètement que la fenêtre de protection financière se réduit et que les mensualités du prêt risquent de ne plus être couvertes. Les emprunteurs de 57 ans et plus, les plus exposés Pour les emprunteurs de 57 ans et plus, la situation est particulièrement sensible : perdre près de 6 mois et demi d'indemnisation peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de mensualités non couvertes. Or, ce sont souvent des profils qui disposent encore de crédits immobiliers en cours, avec des montants d'emprunt parfois significatifs. Un profil d'emprunteur particulièrement concerné D'après l'Unedic, les personnes qui signent une rupture conventionnelle sont en moyenne plus jeunes et plus diplômées que l'ensemble des allocataires, avec des droits plus longs et une indemnisation journalière plus élevée (53 euros bruts contre 39 en moyenne). Ces profils, quand ils sont propriétaires avec un crédit en cours, sont donc directement dans la ligne de mire de ces nouvelles règles. Prenons comme exemple un emprunteur de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle avec son employeur et couvert par une assurance de prêt qui peut agir en cas de rupture conventionnelle :  France Travail l’indemnise pour une durée maximale de 15 mois, conformément aux nouvelles règles. La garantie perte d’emploi de l’assurance entre en jeu après 6 mois de franchise.  Elle couvre partiellement les mensualités du crédit pour une durée pouvant aller jusqu’à 18 mois, si l’emprunteur est toujours indemnisé par France Travail à l’issue de la période d’allocations chômage en cas de rupture conventionnelle. Comment adapter votre assurance emprunteur face aux nouvelles règles d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle Face à ce nouveau contexte, plusieurs démarches s'imposent avant d'envisager une rupture conventionnelle. Vérifiez votre contrat d'assurance emprunteur Relisez attentivement les conditions générales, la notice d'information et la fiche standardisée d'information (FSI) pour identifier si la rupture conventionnelle est explicitement mentionnée, exclue ou conditionnée à une indemnisation France Travail. En cas de doute, demandez une confirmation écrite à votre assureur ou votre courtier en assurance emprunteur. Profitez de la loi Lemoine pour changer de contrat Depuis 2022 et les dispositions de la loi Lemoine, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités, dès lors que les garanties du nouveau contrat sont au moins équivalentes. C'est une opportunité concrète pour renforcer votre couverture si vous envisagez une rupture conventionnelle dans les prochains mois. Anticipez avec votre banque et vos allocations chômage Si votre assurance ne couvre pas la rupture conventionnelle, contactez votre conseiller bancaire pour étudier un aménagement des mensualités :  suspension temporaire report ou modulation d'échéances de prêt immobilier.  Parallèlement, n'attendez pas pour vous inscrire auprès de France Travail : la rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE (Aide au Retour à l’Emploi) et chaque semaine de délai est une semaine d'indemnisation perdue. Ce qu’il faut retenir Les changements prévus en 2026 sur l'indemnisation chômage après rupture conventionnelle réduisent significativement la durée de protection financière des salariés concernés, en particulier pour les plus de 57 ans. Pour les emprunteurs immobiliers, cela peut fragiliser le remboursement du crédit si la garantie perte d'emploi n'est pas correctement adaptée. Avant de signer une rupture conventionnelle, vérifiez systématiquement les clauses de votre assurance emprunteur, évaluez vos droits à l'indemnisation chômage selon votre âge et votre ancienneté, et consultez un courtier spécialisé. Une anticipation rigoureuse reste le meilleur moyen de préserver votre équilibre financier et la sécurité de votre bien immobilier.

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Crédit immobilier : le HCSF maintient le taux d’endettement à 35%

Le message est clair : les règles d’octroi des prêts immobiliers ne seront pas modifiées. Réuni le 3 mars, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a confirmé le maintien du cadre actuel, estimant que les dispositifs en place assurent un équilibre satisfaisant entre soutien au marché immobilier et prévention des risques financiers. Malgré les demandes d’assouplissement formulées par certains professionnels, l’autorité macroprudentielle considère que les garde-fous instaurés depuis 2022 remplissent leur rôle. Le taux d’endettement maximal reste fixé à 35 %, la durée des crédits à 25 ans (hors exceptions encadrées), et la marge de flexibilité à 20 % de la production trimestrielle des banques. Des règles de financement maintenues en l’état Un cadre instauré depuis 2022 Depuis le 1er janvier 2022, les établissements bancaires doivent respecter des critères stricts lorsqu’ils accordent un prêt immobilier. Deux paramètres structurants s’imposent : une durée maximale de remboursement de 25 ans (27 ans en cas de différé lié à une VEFA ou à des travaux dont l’enveloppe représente au moins 10% du montant de l’opération) ; un taux d’endettement ou taux d’effort plafonné à 35 %, assurance emprunteur incluse. Ce taux d’endettement correspond à la part des revenus consacrée au remboursement du ou des prêts. Concrètement, un ménage ne peut pas affecter plus de 35 % de ses revenus nets mensuels au service de sa dette immobilière. Pour le HCSF, ces limites constituent un socle de prudence indispensable, notamment dans un environnement marqué par la volatilité des taux d’intérêt observée ces dernières années. Une reprise jugée “saine” du marché immobilier L’argument central avancé par l’institution repose sur la dynamique récente du crédit. Selon les données communiquées lors du point presse, la production de prêts destinés à financer l’immobilier résidentiel aurait progressé de 33 % en 2025 par rapport à 2024. Cette hausse est interprétée comme le signe d’un redémarrage maîtrisé du marché. Autrement dit, la réglementation actuelle n’entrave pas la distribution de crédits, contrairement aux critiques émises en 2023 et 2024, lorsque la contraction du marché était marquée. Pour le HCSF, le marché a retrouvé un “rythme de croisière” compatible avec la stabilité financière, sans emballement excessif ni blocage structurel. Le taux d’endettement à 35 % : un pilier inchangé Pourquoi ce plafond est stratégique Le taux d’effort plafonné à 35 % vise à prévenir le surendettement des ménages. Il s’agit d’un outil macroprudentiel destiné à limiter l’accumulation de risques systémiques dans le secteur bancaire. En période de hausse des taux ou de ralentissement économique, un taux d’effort trop élevé fragilise les emprunteurs et, par ricochet, les établissements prêteurs. Le maintien de cette limite répond donc à une logique de stabilité globale du système financier. Pour les banques, cette contrainte implique une analyse fine : des revenus stables et pérennes  du reste à vivre après remboursement  de la nature du projet financé  de l’apport personnel mobilisé. Le HCSF considère que ce niveau de 35 % demeure adapté au contexte économique actuel. Les courtiers en crédit ne cessent de rétorquer au HCSF qu’un ménage avec des revenus confortables peut s’endetter au-delà de la norme et conserver un reste à vivre très suffisant, tandis qu’un foyer au Smic ne peut vivre décemment s’il atteint ce plafond. Ce travail d’appréciation visant à prévenir les défauts de paiement a toujours été effectué par les banques sans qu’il y ait besoin de l’encadrer. Rappelons que le taux d’impayés en France est le plus faible de la zone euro (autour de 0,50% de la production de crédits immobiliers). Bon à savoir : un moyen très efficace de réduire le taux d'endettement est faire jouer la délégation d'assurance emprunteur. Les offres des alternatifs sont en effet jusqu'à 4 fois moins chères que les propositions des bancassureurs. Une norme qui ne serait pas “excessivement contraignante” Face aux critiques évoquant un accès au crédit trop restrictif, l’autorité estime que la réglementation n’entrave pas excessivement l’activité bancaire. L’un des indicateurs clés mis en avant est le taux d’utilisation de la marge de flexibilité. En moyenne, les banques mobilisent 17,1 % des 20 % autorisés (lire plus bas). Ce chiffre, en légère progression sur un an, reste en dessous du plafond réglementaire. Pour le HCSF, cette sous-utilisation démontre que les établissements disposent encore de marges de manœuvre significatives. La marge de flexibilité de 20 % : un levier encadré Un dispositif dérogatoire structuré Pour éviter un effet de rigidité excessive, le régulateur a introduit une soupape : 20 % des nouveaux crédits distribués chaque trimestre peuvent déroger aux critères standards (durée ou taux d’endettement). Cette flexibilité n’est toutefois pas laissée à la discrétion totale des banques. Elle obéit à une répartition précise : 70 % de cette enveloppe doivent concerner l’acquisition d’une résidence principale  au sein de ces 70 %, 30 % sont réservés aux primo-accédants. En volume global, cela signifie : 14 % de la production totale de crédits peuvent financer une résidence principale en dérogation ; 6 % de la production totale sont théoriquement fléchés vers les primo-accédants. L’objectif est clair : soutenir l’accession à la propriété tout en encadrant le risque. Une enveloppe encore sous-utilisée Le constat du HCSF est sans ambiguïté : les banques n’exploitent pas pleinement cette latitude. Avec un taux d’utilisation moyen de 17,1 % sur les 20 % autorisés, le système n’est pas saturé. Pour l’institution, cela prouve que les établissements n’ont pas besoin d’un relèvement du plafond pour financer davantage de dossiers atypiques. En d’autres termes, avant d’envisager un assouplissement réglementaire, il existe déjà des capacités inexploitées dans le cadre actuel. Investissement locatif : une flexibilité encore plus large Une marge spécifique de 6 % S’agissant de l’investissement locatif, la réglementation prévoit une part dédiée au sein de la flexibilité globale. Cette enveloppe représente 6 % de la production totale de crédits. Or, selon les chiffres communiqués, seulement 3,5 % seraient effectivement mobilisés à ce titre. Le potentiel de financement supplémentaire est donc loin d’être épuisé. Pour le HCSF, cet écart montre que les conditions d’octroi ne constituent pas le principal frein à l’investissement locatif. D’autres facteurs — rentabilité, fiscalité, contexte économique — jouent un rôle plus déterminant. Pas de justification pour un assouplissement Compte tenu de cette sous-utilisation, l’autorité ne voit pas de motif objectif pour modifier les règles. Les banques disposent, en théorie, de la latitude nécessaire pour accompagner les projets locatifs lorsque les dossiers présentent des fondamentaux solides. Ainsi, la décision de maintenir le cadre actuel repose sur un raisonnement quantitatif : tant que les marges disponibles ne sont pas intégralement utilisées, un relâchement des contraintes ne se justifie pas. Quels impacts pour les emprunteurs en 2026 ? Un cadre stable et prévisible Pour les ménages, la principale conséquence est la stabilité réglementaire. Les critères d’octroi restent identiques. Cette visibilité est un élément positif dans un environnement où les taux d’intérêt et les prix immobiliers ont fortement fluctué ces dernières années. 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