Assurance de prêt : les 4 motifs qui font grimper le tarif

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Le coût d'une assurance de prêt immobilier est déterminé grâce à plusieurs paramètres, au premier rang desquels l'âge et l'état de santé. Il est des habitudes de vie et des pratiques qui rehaussent la notion de risque, entraînant des exclusions et des surprimes qui viennent alourdir la facture.

Fumer coûte cher

Parmi les risques que l'assureur va scruter avec attention, le fait de fumer aura une incidence notable sur le tarif de votre assurance emprunteur. Dans le questionnaire de santé que vous remplissez lors de la souscription, vous devez informer l'assureur si vous êtes fumeur non-fumeur. Peu importe le nombre de cigarettes grillées, c'est l'acte qui sera retenu. L'assureur ne fait aucune distinction entre fumeur occasionnel et régulier, non plus entre cigarettes, cigares, pipe et cigarette électronique. Il vous demandera des examens complémentaires (prise de sang, radio des poumons, visite chez le cardiologue, etc.), et en fonction des résultats, appliquera une surprime plus ou moins élevée. Si vous souffrez d'asthme, de bronchite chronique, d'emphysème ou d'autres pathologies liées au tabagisme, le taux appliqué peut doubler comparativement à un fumeur qui ne présente aucun souci de santé. En général, un fumeur paie deux fois plus cher son assurance emprunteur qu'un non-fumeur. La facture s'alourdit au fil des ans, puisque vous cumulez les risques liés à l'âge et une pratique à risque.

Vous avez arrêté de fumer ? Bravo ! Vous ne pourrez mettre en avant cette démarche de santé qu'après deux années d'abstinence. Après 24 mois sans tabac, informez votre assureur qui procédera à une révision du tarif après un test de cotinine destiné à confirmer que vous n'êtes plus exposé à la fumée de tabac. Vous pouvez également résilier le contrat en cours et le substituer par une offre concurrente pour obtenir un tarif plus compétitif.

Votre profession comporte des risques accrus

Policier, pompier, militaire, agent de sécurité, ouvrier du bâtiment, agriculteur, personne manipulant des objets lourds, des produits chimiques ou toxiques, docker, … la liste est longue des métiers qui exposent à des risques d'accidents ou de maladie, voire de mort précoce. Les professions médicales peuvent en faire partie, non pas parce qu'elles présentent des risques, mais que les causes pouvant empêcher l'exercice sont nombreuses : un chirurgien ne pourra plus opérer s'il se blesse à la main lors d'un banal accident de la vie courante.

Attention aux garanties incapacité/invalidité en cas d'arrêt de travail. L’IPT (Invalidité Permanente Totale) et l'ITT (Incapacité Totale de Travail) sont définies comme l'inaptitude à exercer toute activité professionnelle ou son activité professionnelle. Cette subtilité a toute son importance : avec la clause d'exclusion "toute activité professionnelle", l'assureur va refuser la mise en jeu de la garantie si vous n'êtes pas en mesure de reprendre votre métier d'origine mais capable d'en exercer un autre.

Vous aimez l'adrénaline

Faire du sport, c'est bon pour la santé, mais certaines disciplines sportives peuvent augmenter le coût de l'assurance emprunteur, compliquer la souscription voire même l'interdire. Les assureurs tiennent compte des statistiques pour définir le niveau de risques de chaque discipline : nombre d'accidents annuels, leur gravité, nombre d'invalidité et de décès. Là encore, la liste des exclusions est longue : aéronautique, équitation, parachutisme, sports de montagne (escalade, trekking, alpinisme, ski hors-piste), sports de combat (boxe, kick boxing, karaté), sports nautiques (plongée sous-marine, plongée en apnée), sports nécessitant l'utilisation d'un engin à moteur, entre autres pratiques dont l'historique des accidents sont susceptibles d'entraîner une exclusion au contrat. Certains assureurs autorisent le rachat d'exclusion contre une surprime, mais toutes les disciplines ne sont pas rachetables.

Attention, les exclusions ne s'appliquent pas si la pratique est occasionnelle (baptême, initiation).

Vous êtes un gros rouleur

Le fait de rouler beaucoup est généralement lié à la profession (agent commercial, chauffeur de poids lourd, de taxi, coursier). Et plus on se déplace, plus on est exposé à des risques. Dans le questionnaire de souscription, il vous sera demandé le nombre de kilomètres parcourus en voiture chaque année, également si vous prenez très souvent l'avion, en particulier des longs courriers ou si vous vous voyagez vers des destinations comportant des risques aggravants d'accidents ou de maladie. La fréquence et l'intensité des déplacements professionnels sont des critères pris en compte pour déterminer le niveau de risque. Rouler plus de 25 000 km même 20 000 km par an en voiture a une incidence sur le calcul de votre cotisation.

Jouez franc jeu avec votre assureur

Avec tous ces facteurs de surcoût, qui ne serait pas tenté de minimiser la situation, par un simple mensonge par omission ? Ce serait prendre un risque inconsidéré, car la réglementation est claire : "le contrat d’assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l’assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l’objet du risque ou en diminue l’opinion pour l’assureur" (article L.113-8 du code des assurances). En cas d'omission ou de déclaration inexacte, l'assureur a le droit de résilier le contrat si la mauvaise foi est établie. Le risque est énorme : vous n'êtes pas couvert, et vous perdez le bénéfice des primes déjà payées. Le fait de mentir sur sa santé ou la pratique d'un loisir à risque va dégager l'assureur de sa responsabilité en cas d'incapacité ou de décès survenu suite à une maladie ou à un accident lié à ces risques non mentionnés. Les charges, à savoir tout ou partie des mensualités d'emprunt, reviennent alors au co-emprunteur ou aux ayants droit.

Le marché de l'assurance emprunteur est très concurrentiel, chaque compagnie applique une politique des risques qui lui est propre. À côté des contrats bancaires que cherchent systématiquement à placer les établissements de crédit, vous avez l'opportunité de souscrire un contrat délégué auprès d'un assureur externe. À garanties équivalentes, il vous en coûtera deux, trois voire quatre fois moins cher. Les personnes présentant des risques accrus pour raisons de santé, professionnelles ou de pratique dangereuse n'ont d'autre alternative que solliciter une assurance spécifique, les banques excluant d'emblée ce type de profil.

Faites confiance aux experts de Magnolia.fr pour trouver l'assurance emprunteur sur-mesure qui correspondra exactement à votre problématique et à votre projet immobilier.

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Assurance de prêt immobilier : 4 astuces pour payer moins cher en 2022

L'assurance qui couvre votre prêt immobilier vise à garantir le paiement des sommes prêtées par la banque en cas d'aléas de la vie dont vous seriez victime (décès, invalidité et incapacité). Cette protection a un coût non négligeable qu'il est possible de minimiser en faisant les bons choix. Voici 4 leviers imparables pour faire baisser le coût de l'assurance emprunteur tout en étant bien protégé. Déléguez le contrat Depuis septembre 2010, vous avez l'opportunité de choisir librement le contrat d'assurance de prêt immobilier. Ne passez pas à côté de ce droit fondamental offert par la loi Lagarde qui permet non seulement de réduire le coût de l'assurance, mais aussi d'être couvert avec des garanties sur-mesure. En fonction de votre profil, l’assurance de prêt coûte entre 0.09% et plus de 1% du capital emprunté, pour un poids moyen estimé à 30% du coût global d’un crédit immobilier exprimé par le TAEG. Le marché de l'assurance de prêt est partagé entre les bancassureurs, qui distribuent les crédits immobiliers et sont en pole position pour proposer leur assurance groupe, et les assureurs alternatifs qui commercialisent des formules individuelles adaptées au profil de chacun. Les premiers détiennent le marché à 87% (en termes de cotisations) en raison d'une législation qui permettait jusque-là le passage en force de leurs contrats. Les seconds sont entre deux et quatre fois moins chers à garanties équivalentes. Le libre choix du contrat est un droit que la banque ne peut vous dénier si vous présentez une offre concurrente à niveau de garanties au moins équivalent. Armez-vous de la FIS (Fiche d'Information Standardisée) que le prêteur doit vous remettre dès les prémices de votre demande de financement. Ce document qui expose toutes les garanties exigées par le prêteur pour accorder le financement va vous aider à mettre les contrats d'assurance en concurrence via un comparateur assurance prêt immobilier. Demandez à être contacté par un courtier en assurance de prêt pour bénéficier de conseils éclairés et sélectionner le contrat qui respecte les exigences de la banque et correspond à votre situation au meilleur prix. Profitez de la loi Lemoine Après plus d'une décennie de réglementations impuissantes à briser significativement le quasi monopole des banques, l'assurance de prêt immobilier entame sa révolution avec l'entrée en vigueur de la loi Lemoine. Depuis le 1er juin 2022, trois dispositifs phares sont mis en place : le changement à tout moment de l'assurance : tout nouvel emprunteur peut résilier son contrat en cours à tout moment, sans attendre la date d’anniversaire, et le substituer par une offre moins chère à couverture similaire. Cette faculté est accessible à tous depuis le 1er septembre dernier. l'extension du droit à l'oubli : les personnes guéries d'un cancer ou d'une hépatite C depuis au moins 5 ans n'ont pas à déclarer leur ancienne maladie dans le questionnaire de santé. la fin de la sélection médicale sous certaines conditions : les emprunteurs qui sollicitent un prêt de moins de 200 000€ remboursé avant leur 60ème anniversaire n'ont pas à remplir le questionnaire de santé. Voilà bien 2 situations qui permettent potentiellement de réduire le coût de l'assurance prêt immobilier : vous détenez déjà un crédit immobilier couvert par l'assurance bancaire : en changeant de contrat pour une formule déléguée, vous pouvez réduire le coût de l'assurance de plusieurs centaines voire milliers d'euros sur la durée restante de votre crédit. Plus tôt vous engagez la démarche, plus importantes seront les économies. La majorité des emprunteurs sont gagnants en 2022 avec le changement d’assurance de prêt immobilier. votre état de santé génère des surprimes d'assurance ou, cas extrême, vous empêche d'accéder à l'assurance et au crédit : selon la situation, vous souscrivez une nouvelle assurance sans avoir à déclarer votre ancienne maladie ou vous échappez au questionnaire assurance prêt immobilier. Soyez assuré au risque La loi Lemoine a malheureusement son revers : l’augmentation des tarifs d'assurance prêt immobilier sur le segment des prêts de moins de 200 000€. Selon l'UFC-Que Choisir, cette inflation oscille entre 8% et 25%, mais peut aller jusqu'à 40% chez certains prestataires. La fin du questionnaire médical oblige en effet les assureurs à mutualiser les risques, ce qui entraîne une hausse tarifaire pour ce type de prêts indépendamment du profil de l'emprunteur. Les jeunes actifs sans antécédent de santé sont pénalisés au bénéfice des profils à risque comme les seniors. Profitez de l'effet de seuil pour être couvert au risque et payez votre assurance au juste prix. En empruntant au-delà de 200 000€ (1€ supplémentaire suffit !), vous accédez à des contrats sur-mesure, adaptés à votre profil. Adaptez les quotités L'assurance de prêt doit couvrir 100% du capital emprunté. En présence d'un seul emprunteur, la quotité va de soi. Si vous empruntez à deux, la répartition de la couverture peut être arbitrée finement afin que chacun d'entre vous soit protégé au mieux de ses intérêts. Si vous optez pour une quotité assurance emprunteur à 100% sur chaque tête, vous êtes couvert de manière optimale, mais l'assurance vous coûte deux fois plus cher qu'une répartition à 50/50. En fonction du profil de chacun (âge, état de santé, profession, revenus), adaptez la quotité (60/40, 70/30, 80/20) pour minimiser le coût de l'assurance. Envisagez toute situation de sinistre (arrêt maladie, invalidité, décès) afin de prévenir toute éventuelle difficulté de remboursement. L'accompagnement d'un courtier en assurance de prêt est utile pour vous aider à définir la bonne quotité, une notion complexe qui renferme de multiples paramètres.

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Crédit immobilier : un site dédié aux refus de prêt

Depuis plusieurs mois, des milliers de ménages voient leur rêve d'accession à la propriété avorté en raison de la problématique de l'usure. Le courtier en crédit immobilier Cafpi s'empare du phénomène et crée une plateforme destinée à recueillir l'expérience malheureuse des candidats déçus et à aider ces derniers à représenter leur dossier. Bienvenue au site "refus de prêt" que d'aucuns auraient préféré ne jamais voir au profit d'une réforme de l'usure. Près de 45% de demandes de prêt immobilier recalées La rédaction de Magnolia.fr s'est faite l'écho à maintes reprises du problème engendré par des taux d'usure 2022 en inadéquation avec la réalité du terrain. Calculés chaque trimestre par la Banque de France sur la base des TAEG moyens octroyés, et augmentés d'un tiers, les taux maximum que les banques ne doivent pas dépasser sur la durée concernée constituent un frein à l'accession au motif que la méthode de calcul opère un décalage entre le moment où les données sont récoltées et les taux d'intérêt à l'instant T. Résultat, un delta de 6 à 9 mois entre la réalité de taux proposés et leur répercussion sur l'usure. Quand les taux d'emprunt évoluent peu, l'usure est une borne nécessaire pour protéger les emprunteurs. Mais avec la hausse des taux d’emprunt en 2022 (+36 points de base rien qu’entre juin et août pour les prêts de 20 ans et plus), elle freine l'accès au crédit et génère de nombreux refus. Depuis juillet 2022, près d'une demande sur deux est retoquée par les banques. Chez certains courtiers, le taux de recalés va jusqu'à 70%, en grande partie pour cause d'usure outrepassée. Usure : utile mais inadaptée Comment rester sous une usure à 2,57% (taux pour les prêts de 20 ans ou plus) quand, avec un taux nominal à 2% voire au-delà sur 20 ans, il faut nécessairement ajouter les autres frais relatifs à l'obtention du crédit ? Aux intérêts d'emprunt, le TAEG doit agréger : les frais de dossiers la garantie (hypothèque ou caution) l'expertise éventuelle du bien l'éventuelle commission du courtier l'assurance de prêt. L'équation est compliquée voire impossible quand l'assurance emprunteur pèse trop lourd dans le TAEG (personnes avec des risques aggravés de santé, seniors, professions à risques), et ce, même si le courtier renonce à sa commission. Aujourd'hui privés d'un accès au crédit bon marché (4 points sous l'inflation), les ménages français doivent attendre un ajustement suffisant de l'usure pour emprunter à des taux qui seront demain beaucoup plus élevés. Les refusés de prêt immobilier ont leur site ! Cette situation insupportable et absurde hérisse les courtiers, qui n'ont de cesse depuis des mois d'alerter les autorités financières du désastre en marche. Leur dernière action : une manifestation devant la Banque de France mardi 20 septembre pour réclamer un relèvement significatif des taux d'usure du crédit immobilier au 1er octobre 2022 à défaut d'obtenir une réforme de l'usure. Les taux maximum légaux seront bien rehaussés au T4 2022 mais sans changement de calcul. C'est dans ce contexte tendu que le courtier Cafpi met en place un site dédié aux ménages empêchés d'emprunter et d'accéder à la propriété. Baptisée tout simplement "refus de prêt", la plateforme donne la parole aux recalés du crédit à l'habitat à cause du taux d'usure, leur permettant en quelques clics d'exprimer en ligne leur douloureuse expérience et d'alerter les pouvoirs publics, leur représentant politique local et UFC-Que Choisir de la situation. Au-delà d'être un lanceur d'alerte, le site offre un soutien à ces exclus du crédit en leur proposant des solutions pour représenter leur dossier avec succès. Plusieurs leviers peuvent être activés : faire jouer la concurrence entre les banques pour gagner quelques points sur le taux d'intérêt, réduire le coût assurance prêt immobilier en déléguant le contrat (l’assurance pèse en moyenne 30% du coût global du crédit), changer la nature et la durée du prêt (prêt à taux variable par exemple), solliciter toutes les aides potentielles (prêts aidés), créer, si le cas le permet, une SCI (Société Civile Immobilière) pour échapper à l'usure. Cette initiative illustre bien l'utilité du courtier en crédit immobilier. Alors en pleine tourmente, l'activité peut compter sur la mobilisation des intermédiaires, porte-paroles de milliers de ménages en quête d'accession, aujourd'hui empêchés non pas à cause de taux d'intérêt trop élevés mais d'un dispositif mathématique obsolète dont la seule vocation est d’être réformé.