Les cotisations de mutuelle santé risque de subir une nouvelle hausse en 2027. Après plusieurs années d'augmentations successives, les complémentaires santé risquent une nouvelle fois de répercuter sur leurs adhérents les décisions budgétaires de l'État. En cause : les économies envisagées sur les dépenses de l'Assurance maladie, qui entraîneraient un transfert d'une partie des remboursements vers les organismes complémentaires. Résultat, les ménages pourraient être confrontés à une nouvelle augmentation de leur budget santé.
Un nouveau transfert des dépenses vers les complémentaires santé
Pour financer le coût de la guerre en Iran, le gouvernement étudie plusieurs pistes d'économies. L'objectif est de limiter les dépenses publiques, dont celles de la Sécurité Sociale, tout en finançant d'autres priorités budgétaires.
Parmi les mesures évoquées figure une diminution de certains remboursements de l'Assurance maladie obligatoire. Cette stratégie consiste à faire supporter une plus grande partie des dépenses de santé aux complémentaires santé, qui couvrent déjà une large part du reste à charge des assurés.
Le ticket modérateur pourrait encore évoluer
Qu'est-ce que le ticket modérateur ?
Le ticket modérateur correspond à la partie des dépenses de santé qui reste à la charge de l'assuré après le remboursement de la Sécurité Sociale. Il est toujours sur la base du tarif conventionné, donc il ne tient pas compte des éventuels dépassements. Les contrats de mutuelle responsable ont l’obligation de rembourser l’intégralité du ticket modérateur des actes et produits de santé prescrits.
Aujourd'hui, le gouvernement envisagerait d'augmenter ce ticket modérateur sur certains postes de dépenses.
Les pistes étudiées concernent les médicaments ou les transports sanitaires, voire ces 2 catégories simultanément.
Une telle évolution reviendrait mécaniquement à transférer entre 1,2 et 1,5 milliard d’euros vers les organismes complémentaires.
Une hausse qui finira par peser sur les cotisations
Les organismes de complémentaire santé (mutuelles, institutions de prévoyance et compagnies d'assurance) disposent de peu de marges de manœuvre face à une augmentation brutale des remboursements qu'elles doivent assurer.
Pour préserver leur équilibre financier, plusieurs solutions existent :
- augmenter les cotisations
- réduire certaines garanties
- renforcer les exclusions ou plafonds de remboursement.
Historiquement, l'augmentation des tarifs constitue l'option retenue.
Une taxe exceptionnelle qui pourrait être prolongée
Autre élément susceptible de renchérir le coût des complémentaires santé : le maintien de la contribution exceptionnelle mise en place sur les cotisations des organismes complémentaires.
Instaurée pour 2026, cette taxe supplémentaire d’un milliard d’euros pourrait finalement être prolongée en 2027. Si cette hypothèse se confirme, elle représenterait une charge additionnelle importante pour les organismes.
L'addition serait donc doublement pénalisante :
- davantage de remboursements à financer
- une fiscalité toujours plus lourde.
L'ensemble de ces facteurs crée un contexte favorable à une nouvelle augmentation des cotisations.
Pourquoi les mutuelles répercutent-elles ces décisions ?
Contrairement à une idée reçue, les complémentaires santé ne fixent pas uniquement leurs tarifs en fonction de leurs résultats financiers.
Le montant des cotisations dépend de nombreux paramètres :
- l'évolution des dépenses de santé
- le vieillissement de la population
- le coût des innovations médicales
- l'inflation des honoraires médicaux
- les décisions réglementaires de l'État
- la fiscalité applicable aux contrats (taxe mutuelle).
Lorsque plusieurs de ces facteurs se cumulent, les hausses deviennent difficiles à éviter.
Les assurés risquent de voir leur reste à charge augmenter
Même si les mutuelles absorbent une partie des nouveaux coûts, les assurés pourraient être confrontés à une double conséquence.
Des cotisations plus élevées
Les contrats individuels comme les contrats collectifs (mutuelle obligatoire entreprise) pourraient enregistrer une nouvelle progression des tarifs en 2027.
Les premières victimes sont les retraités, qui financent eux-mêmes l'intégralité de leur complémentaire santé.
Un niveau de garanties parfois revu à la baisse
Pour limiter les augmentations de prix, certains organismes pourraient également revoir certaines prestations :
- baisse des forfaits médecines douces
- diminution des remboursements en optique ou en dentaire
- plafonds plus restrictifs sur certains soins.
Les contrats de mutuelle économique pourraient être les premiers concernés.
Les représentants des complémentaires santé dénoncent un mauvais signal
Les fédérations représentant les organismes complémentaires ont exprimé leurs inquiétudes face aux pistes actuellement étudiées.
Selon elles, transférer les dépenses de santé vers les mutuelles ne permet pas de réduire les coûts globaux du système de santé. Cette stratégie déplacerait simplement la charge financière vers les assurés et les entreprises, qui financent les contrats collectifs.
Elles estiment également que d'autres leviers d'économies pourraient être privilégiés afin de mieux maîtriser les dépenses sans pénaliser directement les cotisations des Français.
À partir de quand ces mesures pourraient-elles s'appliquer ?
Le calendrier n'est pas encore définitivement arrêté. Deux hypothèses sont actuellement évoquées :
- une entrée en vigueur dès l'automne 2026
- une application au 1er janvier 2027.
Le choix de la date aura un impact direct sur les prochaines campagnes tarifaires des complémentaires santé. Si les mesures sont confirmées rapidement, certains organismes pourraient intégrer ces nouvelles charges dans leurs cotisations dès le début de l'année 2027.
Comment limiter l'impact de ces nouvelles hausses de mutuelle santé ?
Face à une nouvelle augmentation annoncée des cotisations, les assurés ont tout intérêt à anticiper.
Quelques bonnes pratiques permettent de maîtriser leur budget santé :
- comparer régulièrement les contrats disponibles sur le marché
- adapter les garanties à leurs besoins réels
- respecter le parcours de soins coordonnés
- supprimer les options devenues inutiles
- vérifier le niveau des remboursements sur les postes les plus coûteux
- profiter de la résiliation infra-annuelle pour changer de mutuelle après un an de contrat.
Une comparaison régulière permet souvent d'obtenir un meilleur rapport entre le niveau de garanties et le montant des cotisations.
Source L’Argus de l’Assurance