COMMUNIQUE DE PRESSE
à Paris, le 25 mars 2026
Alors que les cotisations de mutuelles santé continuent d’augmenter fortement, la question se pose avec acuité : est-il encore pertinent, voire possible, de vivre sans mutuelle aujourd’hui en France ?
Selon plusieurs estimations du secteur, les tarifs des complémentaires santé ont progressé d’environ 6 % en 2025, avec des hausses anticipées comprises entre 4 % et 15 % en 2026. Cette inflation s’inscrit dans un contexte où les tentatives de régulation, notamment les appels de l’État à modérer les prix, peinent à produire des effets durables.
Une hausse structurelle des dépenses de santé
Cette augmentation n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète une tendance de fond : la progression continue des dépenses de santé. D’après la DREES, celles-ci représentent désormais plus de 12 % du PIB en France, avec une croissance annuelle moyenne de 3 à 4 %, pouvant atteindre 6 % ces deux dernières années.
Trois facteurs principaux expliquent cette dynamique :
- Le vieillissement de la population : les seniors concentrent une part importante des dépenses de santé, notamment en raison de besoins accrus en soins.
- L’augmentation du coût des soins : dépassements d’honoraires, hausse des prix en optique, dentaire et audioprothèses, ainsi que le financement d’innovations médicales plus coûteuses.
- Le transfert de charges vers les complémentaires : une part croissante des dépenses est moins remboursée par l’Assurance Maladie et davantage prise en charge par les mutuelles.
Les seniors en première ligne
Les retraités sont particulièrement touchés. Le montant des cotisations varie fortement avec l’âge : une mutuelle peut coûter environ 400 € par an pour un jeune, contre jusqu’à 1 600 € par an pour un senior, soit 8 à 12 % du budget d’un retraité selon ses revenus.
Face à cette pression financière, certains font le choix — ou subissent la contrainte — de renoncer à une complémentaire santé. D’après la DREES, environ 5 % de la population française, soit près de 3 millions de personnes, vivent aujourd’hui sans mutuelle.
Un pari risqué : le coût réel sans mutuelle

- Consultation chez un médecin généraliste (30 €)
Remboursement Assurance Maladie : 21 €
→ Reste à charge sans mutuelle : 9 € - Couronne dentaire (offre 100 % santé – 472,50 €)
Remboursement : environ 72 €
→ Reste à charge sans mutuelle : environ 400 € - Hospitalisation (coût moyen estimé : 8 480 €)
Remboursement Assurance Maladie : 6 400 €
→ Reste à charge sans mutuelle : environ 2 080 €
Ces exemples illustrent le risque financier important en cas d’imprévu.
Quelles alternatives pour les Français ?
Face à cette situation, plusieurs solutions existent :
1. Adapter son contrat
Il est possible de changer de mutuelle chaque année afin d’opter pour une formule plus économique, notamment si les besoins en santé diminuent.
2. Se tourner vers des offres à prix réduit
Certaines complémentaires proposent des contrats adaptés aux seniors, incluant les dispositifs « 100 % santé », avec des niveaux de cotisation plus accessibles.
- Formules économiques (entrée de gamme) : entre 50 € et 80 € par mois, soit 600 € à 960 € par an, avec une prise en charge centrée sur les soins essentiels et le panier « 100 % santé »
- Formules intermédiaires : entre 80 € et 150 € par mois, offrant un bon équilibre entre budget et garanties renforcées (optique, dentaire)
- Formules complètes (premium) : entre 150 € et 250 € par mois, voire davantage pour les profils les plus âgés
À titre d’exemple, en 2026 :
- une personne de 60 à 64 ans peut trouver une formule économique autour de 55 à 75 € par mois,
- tandis qu’un senior de 70 ans ou plus devra plutôt compter 80 à 110 € par mois pour une couverture basique
Ces offres « à prix réduit » impliquent généralement des remboursements limités hors panier 100 % santé, mais elles permettent néanmoins de se protéger contre les dépenses les plus lourdes, notamment en cas d’hospitalisation.
3. Bénéficier de la Complémentaire santé solidaire (C2S)
Destinée aux ménages aux revenus modestes, la C2S permet une prise en charge étendue des soins sans avance de frais. Selon les ressources, elle est :
- soit gratuite,
- soit accessible pour une contribution modérée (jusqu’à environ 1 € par jour et par personne).
4. Anticiper par l’épargne
Enfin, certains choisissent de constituer une épargne dédiée aux dépenses de santé. Cette stratégie nécessite toutefois une capacité financière suffisante et une épargne immédiatement mobilisable.
Dans un contexte de hausse continue des coûts, renoncer à une mutuelle peut apparaître comme une solution économique à court terme, mais constitue un risque financier majeur en cas de problème de santé. Plus que jamais, l’enjeu réside dans l’arbitrage entre budget contraint et sécurité sanitaire.