Immobilier : les prix baissent à Paris ! Effet Covid ?

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Les prix de l'immobilier parisien reculent. Les valeurs cèdent 0,15% sur un an ! Pas de quoi pavoiser pour un ajustement si anecdotique, les valeurs restent tout de même au-dessus de 10 000€ le mètre carré, mais l'événement fait le buzz, puisqu'il s'agit de la première fois depuis cinq ans, comme l'indiquent les chiffres de Meilleurs Agents. La tension immobilière se relâche à Paris au profit de la couronne, et la tendance s'est accentuée entre janvier et février 2021. 

Prix orientés à la baisse à Paris

Meilleurs Agents, leader de l'estimation immobilière en ligne, livre les derniers chiffres de son baromètre national des prix de l'immobilier. Entre janvier et février 2021, le prix moyen du mètre carré parisien a perdu 0,5%, passant de 10 508€ à 10 350€. Seuls les 12è, 13è, 19è et 20è arrondissements restent sous la barre des 10 000€/m2.

Sur un an, le repli atteint 0,15%, en raison notamment de la baisse marquée des prix des grandes surfaces (-1%). La nouvelle a de quoi surprendre face à un marché national qui fait de la résistance avec des valeurs moyennes très stables à +0,1% sur un mois. Dans certaines grandes métropoles (Nantes, Lille, Strasbourg), la hausse des prix immobiliers va même jusqu'à +0,8%. Comme Paris, Lyon et Montpellier voient leurs valeurs reculer légèrement (-0,3%) au cours du dernier mois. 

Ces chiffres attestent de la résilience du marché, qualité qu'on emploie désormais dans le domaine immobilier. Loin d'être galvaudée, cette résistance tarifaire témoigne du statut de valeur refuge de la pierre dans une période où l'économie s'effondre, emportant avec elle le moral des ménages. Malgré l'assouplissement des règles liées au taux d'endettement maximum (35% au lieu de 33%) et à l'allongement de la durée d'emprunt (27 ans au lieu 25 en cas de différé d'amortissement), le rapport entre l'offre et la demande tend vers l'équilibre dans la plupart de grandes villes dont Paris. La capitale compte désormais 5% d'acheteurs de plus que de vendeurs. 

Indice des prix immobiliers (sur la base de 100 au 1er janvier 2008) :

  Évolution sur 10 ans Évolution sur 5 ans Évolution depuis 1er janvier 2021 Indice en points
France 7,8 % 13,2 % 0,1 % 109,8
Paris 26,6 % 31,4 % -0,5 % 160,9
Top 10 grandes villes 27 % 28,8 % 0,2 % 132,4
Top 50 grandes villes 14,3 % 20,7 % 0,1 % 115,7
Zones rurales -8,7 % 2,9 % 0,3 % 88,3

Source Meilleurs Agents 

La revanche de la banlieue

Faut-il voir dans ce recul des prix parisiens un effet lié à la crise sanitaire ? Il est clair que l'épidémie actuelle rebat les cartes du marché immobilier, dans la capitale comme en province. L'offre culturelle habituellement proposée par Paris n'a plus son rôle porteur. C'est la vie parisienne dans toute sa définition qui perd une grande partie de son attrait avec la fermeture des lieux de loisirs (cinémas, théâtres, musées, etc.), des bars et des restaurants. Sans compter le recours plus large au télétravail qui met le doigt sur les désagréments des logements exigus et mal adaptés. 

La demande immobilière s'est davantage déplacée vers la banlieue, preuve en est la hausse remarquable sur un an des prix des logements en Petite-Couronne (+2,5%) et en Grande-Couronne (+2,7%), portant les prix moyens respectivement à 5 417€/m2 et 3 259€/m2. L'habitat parisien intra-muros fait aujourd'hui moins rêver, les foyers privilégient l'espace, d'autant que les transports en commun contribuent à faciliter ces changements. Des villes limitrophes comme Saint-Ouen et Alfortville, depuis peu desservies par de nouvelles lignes de métro, voient leurs prix progresser jusqu'à 10% sur un an. 

La banlieue continue de prendre de la valeur au détriment de Paris. Hormis dans les Yvelines où les prix sont stables, les autres départements d'Île-de-France affichent une légère progression entre janvier et février 2021 : Val d'Oise (+0,1%) ; Essonne (+0,2%) ; Seine-Saint-Denis (+0,3%) ; Val-de-Marne (+0,4%) ; Hauts-de-Seine (+0,5%) ; Seine-et-Marne (+0,6%). 

Avec le déploiement du Grand Paris et les Jeux Olympiques en ligne de mire, les banlieues parisiennes devraient confirmer cette embellie entamée en 2020 à la faveur d'un contexte économique dégradé pour cause de contraintes sanitaires.

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