Comment renégocier son prêt immobilier ?


Les taux de crédit immobilier connaissent une chute historique ces dernières années, et il est désormais courant de souscrire un prêt à un taux avantageux de 2 %... au lieu de 4 à 4.5 % les années précédentes ! Dès lors, on peut être tenté de renégocier son prêt auprès de sa banque, au vu des offres du moment. Mais comment se préparer efficacement à cette démarche ? Est-ce pour autant rentable ?

Bien se préparer au combat

Avant toute chose, il s’agira de déterminer si la démarche de renégociation de votre emprunt immobilier est rentable ou non : attendez-vous à des frais pour les nouvelles garanties et les indemnités de remboursement anticipé notamment. Attention à ce qu’ils ne dépassent pas le montant de base, autrement vous seriez perdant.

Pour s’en rendre compte, c’est assez simple : il vous suffit de réaliser une simulation en ligne pour vérifier si vous y gagnez au change, ou non. Les outils de simulation que l’on trouve en ligne se basent sur les éléments inhérents à votre situation : 

  • Le montant initial du prêt,
  • Sa date de souscription,
  • Le taux en vigueur,
  • La durée du prêt,
  • Le département de l’emprunteur.

Si un manque à gagner se dégage après calcul, il sera intéressant de contacter sa banque pour entamer une renégociation. Mais rien n’est encore gagné ! Les banques ne sont tenues par aucune obligation légale d’accepter votre requête, et il sera alors très important de se préparer en amont.

Les options qui s’offrent à vous

Comment convaincre sa banque de revoir les modalités de son emprunt immobilier ? Les établissements bancaires anticipent les démarches de renégociation dès lors que les taux commencent à chuter. Il faudra alors se démarquer du lot et proposer des arguments solides pour tenter de la convaincre de baisser ces taux.

Certains jouent la carte de l’affectif en menaçant de quitter la banque en cas de refus, au risque de perdre leur statut de client fidèle, mais c’est généralement une mauvaise idée, tant les démarches administratives liées à l’ouverture d’un nouveau compte et à la souscription d’un crédit immobilier sont redondantes. Sans parler des frais de dossier, de prise et de mainlevée d’hypothèque, etc.

Le mieux reste encore de préparer des arguments et un dossier solide, présentant les éléments suivants : 

  • Un tableau d’amortissement du prêt immobilier en cours et de tous vos autres crédits,
  • L’acte d’achat du bien financé par le prêt,
  • Des justificatifs de revenus mensuels (bulletins de salaire ou liasses fiscales annuels),
  • Une pièce d’identité,
  • Les relevés bancaires du dernier trimestre écoulé,
  • Les trois derniers avis d’imposition sur l’impôt sur le revenu.

En dehors des économies potentielles pour votre personne, il faudra également mettre en avant les intérêts financiers pour la banque en question, à travers trois conditions : la différence de taux entre l’ancien et le nouveau prêt doit être d’au moins 1 point (sauf en cas de prêt élevé ou d’une durée de plus de 20 ans), le capital restant devra être de 70 000 euros au minimum et la renégociation doit être entamée dans le premier tiers de l’échéancier de remboursement. Pour plus d’informations sur ce sujet, cliquez ici.

L’option du rachat de crédit

Si vous essuyez un refus catégorique de la part de votre banque pour votre demande de renégociation, sachez qu’il est donc possible de vous tourner vers la concurrence et de faire une demande de rachat de crédit auprès de votre nouvelle banque. 

Vous serez alors en mesure de contracter un nouveau prêt immobilier dans une autre banque, avec un taux plus bas à votre précédent emprunt. Mais, attention, le rachat de crédit est évidemment encadré par l’administration fiscale française !

Il est ainsi obligatoire de conserver le bien immobilier acheté via ce prêt pendant au moins deux ans, tout en prêtant attention aux pénalités de remboursement anticipé. Racheter son crédit, est-ce pour autant une bonne idée ? Oui, à condition que la différence entre le taux du premier et le taux du second emprunt puisse couvrir les pénalités de remboursement anticipé, mais aussi que le montant de votre capital restant dû soit supérieur à 50 000 € notamment. 

Renégocier son crédit immobilier est globalement moins cher qu’un rachat de crédit complet, il faudra donc privilégier cette démarche pour réaliser des économies ! À noter que ce type d’opération peut être réalisé autant de fois que voulu, durant toute la durée de vie du crédit. Vous avez renégocié votre taux après une baisse de ces derniers ? Bien. Les taux continuent de baisser ? Rien ne vous empêche de réitérer votre démarche, mais votre banque pourra refuser, surtout si votre dernière négociation a été effectuée récemment. 

Publié par Astrid Cousin le

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