Une étude internationale publiée fin 2025 indique que la France est le pays ayant la plus forte incidence de cancer, soit 389 cas pour 100 000 habitants. Malgré ce état de fait accablant, notre pays affiche un taux de mortalité lié au cancer parmi les plus faibles en Europe grâce au dépistage précoce et au système de santé performant. Ce constat est déterminant quand les personnes touchées par une tumeur cancéreuse veulent accéder à la propriété. À l’occasion de la Journée Mondiale contre le cancer le 4 février 2026, Magnolia.fr fait le point sur les dispositions en vigueur en matière d’assurance emprunteur, garantie incontournable pour obtenir un prêt immobilier.
Cancer et crédit immobilier : pourquoi l’assurance emprunteur reste un enjeu clé
En France, l’assurance emprunteur n’est pas légalement obligatoire, mais elle est exigée dans la quasi-totalité des cas par les banques pour accorder un crédit immobilier. Elle protège à la fois l’emprunteur et l’établissement prêteur contre les risques de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail.
Lorsqu’un emprunteur souffre ou a souffert d’un cancer, l’accès à cette assurance peut s’avérer plus complexe. La pathologie est considérée comme un risque aggravé de santé, ce qui peut entraîner :
- une surprime d’assurance emprunteur importante
- des exclusions de garanties liées à la pathologie
- voire un refus d’assurance de prêt.
Pourtant, le cadre réglementaire et les pratiques des assureurs ont fortement évolué ces dernières années, améliorant sensiblement les chances d’emprunter après un cancer, même avec un cancer en cours de traitement.
Le droit à l’oubli en 2026 : un levier majeur pour emprunter après un cancer
Un délai réduit et harmonisé
Le droit à l’oubli en assurance emprunteur permet à un ancien malade du cancer de ne plus déclarer sa pathologie passée à l’assureur, sous certaines conditions. Depuis les dernières évolutions législatives, ce droit s’applique :
- 5 ans après la fin du protocole thérapeutique,
- sans rechute constatée,
- quel que soit le type de cancer concerné.
En pratique, cela signifie qu’en 2026, de nombreux anciens patients peuvent accéder à une assurance emprunteur aux conditions standards, sans surprime ni exclusion liées à leur ancienne maladie.
Attention : Le droit à l’oubli ne signifie pas la suppression du questionnaire de santé. Vous devez déclarer à l’assureur votre état de santé, notamment toute autre pathologie, ainsi que les séquelles ou conséquences existantes qui peuvent découler du traitement contre le cancer.
Des conditions de prêt encadrées
Le droit à l’oubli s’applique pour les crédits immobiliers :
- dont le montant assuré n’excède pas 420 000 € par assuré, tous crédits confondus
- arrivant à échéance avant le 71ème anniversaire de l’emprunteur.
Ces seuils, relevés en 2022 grâce à la loi Lemoine, couvrent désormais une grande majorité des projets immobiliers.
La convention AERAS : une solution pour les cancers récents ou évolutifs
Lorsque le droit à l’oubli ne s’applique pas encore, les emprunteurs peuvent bénéficier de la convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé).
Un dispositif en 3 niveaux d’analyse
La convention AERAS impose aux assureurs un examen approfondi du dossier médical, structuré en 3 étapes :
- Analyse standard par l’assureur
- Étude spécialisée en cas de refus ou de conditions excessives
- Réexamen par un pool d’assureurs pour les situations les plus complexes.
Ce mécanisme permet souvent d’aboutir à une proposition d’assurance, même en présence d’un cancer récent ou en cours de suivi.
Assurance emprunteur et cancer : quelles garanties sont concernées ?
Selon la situation médicale, l’assureur peut adapter les garanties proposées :
- Décès : accordée, parfois avec surprime
- PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) : souvent maintenue
- Incapacité Temporaire Totale de travail (ITT) / Invalidité Permanente Partielle ou Totale ( IPP ou IPT) : plus fréquemment exclues ou limitées selon le type de cancer et le recul médical.
En cas de refus des garanties ITT et invalidité permanente partielle ou totale, l’assureur propose la GIS (Garantie Invalidité Spécifique), accessible sans restriction concernant une pathologie déclarée. Pour en bénéficier, il faut que le taux d’invalidité soit d’au moins 70%.
L’impact sur le coût global du crédit dépend donc fortement des garanties exigées par la banque et de la quotité assurée.
Assurance emprunteur sans surprime ni exclusion
Grâce à la convention Aeras, il est possible d’accéder à l’assurance de prêt immobilier sans surprime ni exclusion de garantie pour certains cancers (selon le stade et les constantes biologiques) :
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Types de pathologie |
Délai d’accès à compter de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute |
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Cancers du testicule |
3 ans |
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Cancers du sein in situ |
1 an |
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Mélanome de la peau |
1 an |
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Cancer du col de l’utérus |
1 an |
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Cancers du côlon et du rectum |
1 an ou 4 ans |
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Cancers de la thyroïde |
3 ans |
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Leucémie aiguë promyélocytaire |
3 ans |
Un plafonnement des surprimes
Dans d’autres situations, l’accès à l’assurance emprunteur est possible avec une surprime plafonnée, applicable obligatoirement par les assureurs.
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Type de pathologie |
Délai d’accès à compter du diagnostic |
Délai d’acceptation par garantie et surprime applicable |
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Leucémie myéloïde chronique |
5 ans |
Décès et PTIA : 150 % GIS : 150 % |
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Leucémie de Burkitt / Lymphome de Burkitt |
5 ans |
Décès et PTIA : 50 % GIS : 50 % |
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Adénocarcinome de la prostate en surveillance active |
Sans délai |
Décès et PTIA : 75 % GIS : non proposée |
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Adénocarcinome de la prostate |
1 an |
Décès et PTIA : sans surprime GIS : surprime |
Il convient de lire la grille de référence de la convention Aeras pour connaître les définitions précises ou les stades de référence des pathologies cancéreuses concernées par le dispositif.
Bon à savoir : Pour les jeunes primo-accédants aux revenus modestes, le dispositif AERAS prévoit un écrêtement des surprimes, afin de ne pas rendre le projet immobilier financièrement inaccessible. En 2026, cette protection reste un pilier de l’accès au crédit pour les profils fragilisés par la maladie.
Questionnaire de santé et suppression partielle en 2026
Quand le questionnaire de santé n’est plus exigé
Depuis la réforme de l’assurance emprunteur en 2022 avec la loi Lemoine, le questionnaire médical est supprimé lorsque les 2 conditions suivantes sont réunies :
- le montant du prêt assuré est inférieur ou égal à 200 000 € par assuré ;
- le crédit est intégralement remboursé avant les 60 ans de l’emprunteur.
Dans ce cas, un cancer, qu’il soit ancien ou récent, n’a pas à être déclaré, ce qui constitue une avancée majeure pour les primo-accédants et les projets de petite ou moyenne envergure.
Attention aux fausses déclarations
En dehors de ces cas précis, le questionnaire de santé d’assurance de prêt immobilier reste obligatoire. Toute omission ou fausse déclaration peut entraîner la nullité des garanties, voire la déchéance du contrat d’assurance.
Changer d’assurance emprunteur après un cancer grâce à la loi Lemoine
Depuis 2022, la loi Lemoine permet de changer de prêt immobilier à tout moment, sans frais ni pénalité. Cette faculté peut être utilisée par les anciens malades du cancer.
Pourquoi renégocier son assurance emprunteur ?
Un emprunteur assuré pendant ou juste après la maladie peut, quelques années plus tard :
- bénéficier du droit à l’oubli
- accéder à une tarification standard
- supprimer des exclusions devenues injustifiées.
Il est ainsi possible de réaliser une économie potentielle de plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du prêt en délégant l’assurance auprès d’un prestataire externe à la banque prêteuse. La concurrence propose en effet des contrats sur-mesure à des tarifs jusqu’à 4 fois moins chers, à garanties équivalentes.
L’accompagnement d’un courtier spécialisé : un atout décisif
Face à la complexité des règles et à la diversité des pratiques des assureurs, se faire accompagner par un courtier en assurance emprunteur spécialisé dans les risques aggravés de santé est souvent déterminant.
Un expert comme Magnolia.fr permet notamment de :
- cibler les assureurs les plus ouverts aux profils médicaux complexes
- optimiser la présentation du dossier médical
- négocier les surprimes et exclusions
- sécuriser le changement d’assurance en cours de prêt.
Cancer et projet immobilier en 2026 : des perspectives plus favorables
Grâce aux avancées médicales, à l’évolution de la réglementation et à une meilleure prise en compte de la réalité des parcours de soins, emprunter après un cancer n’est plus une exception en 2026. Droit à l’oubli, convention AERAS, suppression partielle du questionnaire de santé et liberté de résiliation ont profondément transformé l’assurance emprunteur.
Avec une stratégie adaptée et un accompagnement professionnel, de nombreux anciens malades peuvent aujourd’hui concrétiser leur projet immobilier dans des conditions proches de celles des emprunteurs dits « standards ».