Sports Equestres

Assurance de prêt et horse ball : comment se protéger malgré un sport à risque aggravé ?

Article écrit par

Astrid Cousin

Responsable contenu

Magnolia.fr

Le horse ball est un sport équestre à la fois spectaculaire et exigeant, où l’agilité du cavalier et la puissance du cheval se conjuguent dans un jeu collectif d’une intensité rare. Discipline reconnue par la Fédération Française d’Équitation, le horse ball séduit les amateurs de sensations fortes. Mais derrière la passion, se cachent des risques bien réels : chutes, fractures, traumatismes ou blessures graves peuvent survenir à tout moment.

Or, lorsqu’on souscrit un prêt immobilier, ces risques peuvent avoir des conséquences directes sur l’assurance emprunteur. En effet, la pratique du horse ball est considérée par la majorité des compagnies d’assurance comme une activité à risque aggravé, au même titre que le polo ou le cross-country. Cela peut entraîner des surprimes, des exclusions de garanties voire, dans certains cas, un refus total de couverture.

Dans cet article, nous vous expliquons :

  • pourquoi le horse ball est classé parmi les sports à risque aggravé en assurance de prêt
  • quelles conséquences cela entraîne sur votre couverture
  • comment déclarer correctement votre pratique
  • quelles sont les solutions pour obtenir une assurance de prêt adaptée sans payer trop cher.

Pourquoi le horse ball est-il considéré comme un sport à risque aggravé ?

Qu’est-ce qu’un risque aggravé en assurance emprunteur ?

En assurance de prêt immobilier, un risque aggravé correspond à toute situation augmentant la probabilité de survenue d’un sinistre (décès, invalidité, incapacité de travail). Ce risque peut découler :

  • d’un état de santé fragile (maladie chronique, opération récente)
  • d’une profession dangereuse (sapeur-pompier, militaire, policier, agent de sécurité, artisan du BTP, convoyeur de fonds)
  • ou encore d’une activité sportive à haut risque, comme l’alpinisme, la plongée, ou certains sports équestres.

Le horse ball entre clairement dans cette dernière catégorie. Ce sport collectif, mélange de rugby et de basket à cheval, combine vitesse, contacts physiques et imprévisibilité animale, un cocktail qui multiplie les risques d’accidents graves.

Les caractéristiques du horse ball qui inquiètent les assureurs

Apparu à la fin des années 1970, le horse ball est un sport équestre collectif, inspiré du Pato argentin et du Bouzkachi afghan. Sur le terrain, 2 équipes de 4 cavaliers s’affrontent pour marquer des buts en lançant une balle équipée de 6 sangles en cuir. 

Le jeu se déroule à pleine vitesse et nécessite des gestes techniques spectaculaires : ramasser la balle sans descendre de cheval, éviter les collisions et coordonner ses mouvements avec sa monture.

Ces conditions de pratique en font un sport accidentogène malgré des règles très encadrées visant la sécurité du cavalier et de son cheval. Voici les principaux facteurs de risque analysés par les assureurs :

Facteur de risque

Description

Conséquences possibles

Impact pour l’assureur

Contact physique

Chocs entre chevaux ou cavaliers

Fractures, traumatismes crâniens

Risque d’invalidité élevé

Vitesse de jeu

Galop rapide sur terrain irrégulier

Chutes violentes, commotions

Risque de décès ou d’invalidité

Animal imprévisible

Réactions brusques du cheval (cabrement, écart)

Chute, coups de sabot

Risque aggravé difficilement maîtrisable

Terrain accidenté

Sol glissant, irrégulier ou trop dur

Entorses, lésions musculaires

Risque d’arrêt de travail

Ramassage de balle

Inclinaison extrême du cavalier en mouvement

Chute, perte d’équilibre

Risque d’accident fréquent

Le horse ball parmi les sports équestres les plus risqués

Les statistiques sont sans appel : les sports équestres représentent environ 4 % des accidents de sport en France, soit près de 6 000 blessures par an. Parmi eux, le polo, le cross-country et le horse ball.

En raison de sa nature de sport collectif et de sa pratique à grande vitesse, le horse ball expose les cavaliers à des traumatismes multiples : fractures, entorses, lésions musculaires, voire atteintes neurologiques. Pour les assureurs, ces données justifient pleinement son classement parmi les sports à risque aggravé.

Quelles répercussions entraîne la pratique du horse ball sur votre assurance de prêt immobilier ?

1. Des surprimes souvent inévitables

Lorsqu’un assureur évalue votre profil, il détermine le taux de risque global. La pratique du horse ball entraîne généralement une majoration du tarif, appelée surprime d’assurance emprunteur.

Voici quelques ordres de grandeur :

  • Pratique loisir occasionnelle (moins de 10 matchs par an, encadrée en club) : surprime de +20 à +40 % sur les garanties décès et PTIA.
  • Pratique régulière ou en compétition amateur : surprime de +50 à +80 %, voire exclusion d’invalidité.
  • Pratique professionnelle ou internationale : surprime pouvant dépasser +100 %, ou refus total de couverture pour la garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail) qui couvre les arrêts de travail pour maladie ou accident.

2. Des exclusions de garanties fréquentes

Dans la majorité des contrats standards proposés par les banques, les sinistres liés à la pratique d’un sport dangereux comme le horse ball sont exclus de la couverture.

Cela signifie que :

  • un décès survenu lors d’un match ou d’un entraînement ne sera pas indemnisé 
  • une invalidité consécutive à une chute à cheval ne sera pas prise en charge 
  • un arrêt de travail dû à un accident sur le terrain pourra être refusé.

Certaines compagnies concurrentes acceptent cependant de racheter cette exclusion, moyennant une surprime spécifique. Cette option reste rare mais possible si vous présentez un dossier solide (pratique encadrée, certificat médical récent, absence d’accident).

3. Le risque de refus de couverture

Dans les cas les plus risqués, à savoir la pratique en compétition de haut niveau, la participation à des tournois internationaux ou des antécédents médicaux lourds, l’assureur peut :

  • limiter la couverture à la garantie décès seule, ou
  • refuser purement et simplement la couverture du risque sportif.

Un tel refus peut retarder votre projet immobilier, car les banques exigent une assurance complète (décès, invalidité, incapacité) avant d’accorder le financement. Vous devez alors vous tourner vers d’autres garanties pour sécuriser le financement (caution d’un tiers, nantissement d’une assurance vie, hypothèque sur un autre bien immobilier).

Assurance de prêt : faut-il déclarer sa pratique du horse ball ?

Le questionnaire médical et sportif

Lors de la souscription, l’assureur vous demandera de remplir un questionnaire de santé et un questionnaire sportif si vous pratiquez. Celui-ci porte notamment sur :

  • votre fréquence de pratique (occasionnelle, régulière, compétitive)
  • votre cadre de pratique (club, fédération, entraînement libre)
  • vos antécédents d’accidents ou d’hospitalisation.

Ces informations permettent à l’assureur de calibrer le contrat à votre profil réel.

Bon à savoir : un simple baptême équestre ou une initiation ponctuelle ne nécessite pas de déclaration.

Attention : toute omission ou fausse déclaration en assurance emprunteur a de lourdes conséquences (refus d’indemnisation, nullité du contrat d’assurance, remboursement immédiat du crédit). 

Comment trouver une assurance de prêt adaptée aux cavaliers pratiquant le horse ball ?

1. Profiter de la délégation d’assurance

Depuis la loi Lagarde (2010), tout emprunteur peut refuser l’assurance proposée par sa banque pour choisir une offre externe, souvent plus flexible et personnalisée.

Les contrats individuels proposés par les assureurs spécialisés permettent notamment de :

  • négocier les exclusions liées aux sports équestres
  • ajuster les surprimes selon la fréquence de pratique
  • racheter certaines exclusions.

C’est la meilleure option pour les cavaliers passionnés souhaitant un contrat sur mesure et être protégé en toutes circonstances.

2. Faire appel à un courtier spécialisé en assurance de prêt

Un courtier en assurance emprunteur est aussi un expert des risques aggravés ; il peut vous aider à trouver la meilleure couverture.

Il dispose d’un réseau d’assureurs partenaires et sait négocier la surprime en mettant en avant :

  • votre licence FFE
  • votre encadrement en club
  • votre historique sans accident
  • votre niveau de sécurité (port du casque, protections, encadrement médical).

Exemple : un joueur licencié depuis plus de 5 ans sans accident peut obtenir une réduction de 25 % sur la surprime initialement prévue.

3. Le rachat d’exclusion : une solution sur mesure

Certaines compagnies acceptent de racheter l’exclusion des sports équestres, à condition de :

  • fournir un certificat médical récent
  • justifier d’une pratique encadrée en club affilié FFE
  • ne pas avoir connu d’accident grave au cours des dernières années.

Cette option permet d’être entièrement couvert, y compris pour un accident de horse ball.

4. Comparatif : assurance standard et assurance adaptée au horse ball

Type de garantie

Assurance de groupe (banque)

Assurance individuelle spécialisée

Décès toutes causes

Oui, sauf en cas de pratique du horse ball

Oui avec surprime

Décès en match ou entraînement

Exclu

Inclus avec rachat d’exclusion

Invalidité (PTIA/IPT ou IPP)

Oui hors accident de horse ball

Oui sous conditions

ITT (arrêt de travail après accident à cheval)

Exclu

Oui avec surprime

Surprime moyenne

0 %

+20 % à +80 % selon le profil

Comment réduire le coût de son assurance de prêt quand on pratique le horse ball ?

1. Anticiper dès la demande de prêt

Mentionnez votre pratique sportive dès le début des discussions avec la banque. Cela évite les mauvaises surprises (refus ou majoration tardive). Certaines banques ont des assureurs partenaires spécialisés dans les profils sportifs.

2. Comparer plusieurs devis d’assureurs spécialisés

Chaque compagnie a ses propres critères d’évaluation. Comparez au moins 3 devis afin de :

  • repérer les exclusions implicites
  • identifier les surprimes excessives
  • choisir l’offre la mieux adaptée à votre profil.

3. Présenter un dossier complet et rassurant

Un dossier bien préparé peut faire baisser votre surprime.
Incluez :

  • votre licence FFE
  • un bilan médical récent
  • un historique de pratique sans accident
  • et, si possible, des attestations d’encadrement.

Ces éléments prouvent votre sérieux et rassurent l’assureur.

4. Utiliser la loi Lemoine pour changer d’assurance à tout moment

Depuis 2022, la loi Lemoine vous autorise à changer d’assurance de prêt quand vous le souhaitez, sans attendre l’anniversaire du contrat.

Vous pouvez donc :

  • renégocier votre surprime si vous ne pratiquez plus le horse ball
  • changer d’assureur pour une offre moins chère
  • ou adapter vos garanties à l’évolution de votre profil sportif.

Les bonnes pratiques pour les emprunteurs pratiquant le horse ball

  • Déclarez toujours votre activité dans le questionnaire de souscription.
  • Conservez vos justificatifs (licence, certificats médicaux, attestations de club).
  • Privilégiez une pratique encadrée, en club affilié FFE.
  • Actualisez votre contrat si votre niveau de pratique change.
  • Profitez de la concurrence pour renégocier ou changer d’assurance.

Ces réflexes vous permettront d’obtenir une couverture complète et sécurisée, sans compromettre votre passion pour le horse ball.

Pratiquer le horse ball et obtenir un crédit immobilier sont parfaitement compatibles, à condition d’être bien informé et bien accompagné. Même si ce sport est perçu comme à risque sportif aggravé, il existe aujourd’hui de nombreuses solutions d’assurance emprunteur adaptées : délégation d’assurance, contrats personnalisés, rachat d’exclusions, et toujours recours à un courtier spécialisé.

FAQ – Assurance de prêt et horse ball

Le horse ball est-il considéré comme un sport dangereux par les assureurs ?

Oui. Le horse ball est classé parmi les sports équestres à haut risque, du fait de la vitesse, du contact physique et des chutes fréquentes.

Peut-on être assuré si l’on joue seulement en loisir ?

Oui, à condition de le déclarer. Certains assureurs couvrent les joueurs loisirs avec une surprime modérée.

Peut-on racheter les exclusions liées au horse ball ?

Oui, certains assureurs le permettent, sous conditions médicales et administratives.

Que risque-t-on si on ne déclare pas sa pratique ?

L’assureur peut refuser toute indemnisation, annuler le contrat et la banque peut exiger le remboursement du prêt.